| | Petit dictionnaire des mots creux | |
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| Auteur | Message |
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Murat Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 21 Nov 2006 Messages : 506
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Dim 21 Jan 2007 - 18:49 | |
| | Français, mot qui n'a plus aucun sens après 30 ans d'Umpspcf. |
|  | | Mr.Marcel Yéti Valet apatride du Grand Capital


   Age : 29 Inscrit le : 04 Déc 2006 Messages : 159 Localisation : Paris 20e
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 26 Jan 2007 - 1:52 | |
| | -Les slogans publicitaires, de plus en plus débilisants ("ZERO TRACAS, ZERO BLABLA, MMA") de plus en plus agressifs ("CEUX QUI ONT UN CERVEAU ONT UNE PUNTO"...pourquoi pas "SI T'AS PAS DE PUNTO T'ES QU'UN GROS CON"?) et de plus en plus éhontés ("AUCHAN, LA VIE LA VRAIE"...Rien que ça!). Est-ce qu'il y a vraiment des mecs qui après les avoir entendu se ruent au magasin, convaincus par tant de pertinence et d'à propos? |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 26 Jan 2007 - 19:26 | |
| - menace pour la paix - menace pour la paix - menace pour la paix - menace pour la paix - menace pour la paix - menace pour la paix - menace pour la paix - menace pour la paix - menace pour la paix - dictature - dictature - dictature - dictature - dictature - dictature - armes de destruction massife - crimes de guerre - crimes contre l'humanité - egalité - egalité - egalité - egalité - caves de vin - regime democratique - liberté des medias - on s'inquiette - democratie - democratie - democratie - democratie - democratie - democratie - opposant au regime - dictateur - dictateur - dictateur - dictateur - dictateur - dictateur - dictateur
une autre fois le champ lexique de l'egalité des femmes...
Mes preferés sont 'la dictature' et 'menace pour la paix'. D'abord, comme si la dictature etait qqchose de mauvais (nous vivons dans un semblant total de democratie, vous en etes tous conscients que c'est de l'hypocrisie enorme, tout regime est autocratique par definition) et de 2, en quoi la paix (etat de passivité et de stagnation) represente le bien absolu ? Depuis que la vie est apparue sur terre, son devoir et un des instincts primaires est de se battre car sinon elle disparait. Je ne vois pas de mal à se battre et faire la guerre pour une cause raisonable (au niveau de la nation), sans rentrer dans la philosophie, niveau au quel tous les actes humains sont deraisonables et inutiles mais ca c'est un autre debat.
Tout comme la question, en quoi la souffrance serait synonime de mal absolu? Et puis, qu'est le mal et qu'est le bien? Ce ne sont que des termes inventées par les demagogues de l'eglise. Nous pouvons qualifier les choses du monde uniquement par relativement construtives et [/u]relativement destructives[/u], dans le sens ou la destruction de l'une entitée quelconque est de toute facon le gain d'une autre . Mais, si on admettait ca, qu'est ce qu'il en adviendrait des 'bons' si nous prouvoins qu'il n'y a pas de mauvais, et des 'innoncents' alors que tout le monde a sa part de culpabilité, indirecte et mechanique ou bien consciente.
Ces medias donnent envie de vomir et de les sacager. Il faut les boycotter totalement.
Bravo pour l'idée du theme. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Sam 27 Jan 2007 - 11:58 | |
| Le petit poucet (Pendant la coupe de france de football) |
|  | | Sebsebforce Idiot utile


   Age : 36 Inscrit le : 07 Déc 2006 Messages : 603
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Sam 27 Jan 2007 - 19:24 | |
| | Mr.Marcel Yéti a écrit: | | -Les slogans publicitaires, de plus en plus débilisants ("ZERO TRACAS, ZERO BLABLA, MMA") de plus en plus agressifs ("CEUX QUI ONT UN CERVEAU ONT UNE PUNTO"...pourquoi pas "SI T'AS PAS DE PUNTO T'ES QU'UN GROS CON"?) et de plus en plus éhontés ("AUCHAN, LA VIE LA VRAIE"...Rien que ça!). Est-ce qu'il y a vraiment des mecs qui après les avoir entendu se ruent au magasin, convaincus par tant de pertinence et d'à propos? |
80% des produits consommés en France sont des produits sans marque. pourtant, la publicité fait vivre le système pourrito-médiatique. Cherchez l'erreur. _________________ Résister ou mourir |
|  | | el spirito Sophiste d'estaminet


   Age : 43 Inscrit le : 09 Oct 2006 Messages : 757 Localisation : république bananière!
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Dim 28 Jan 2007 - 1:39 | |
| Liberté de pensée
S'arrête à l'ouverture du micro
Politiquement incorrect
"quoi!..La caméra tourne encore??"
Politiquement correct
"Nous allons faire voter une loi favorisant la reconnaissance et l'embauche obligatoire des jeunes autistes malentendant homoséxuels sans papiers et en fauteuil roulant dans des organismes sociaux construit spécialement à leur intention dans le cadre d'un vaste programme annuel de lutte contre les discriminations et l'insertion des minorités peu visibles dans le brouillard....etc!!!" |
|  | | Corto Valet apatride du Grand Capital


   Age : 41 Inscrit le : 22 Mai 2008 Messages : 63 Localisation : pas sur la route de Madison
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Jeu 19 Juin 2008 - 22:38 | |
| Divorce sans douleur Travail sur soi "Je me fous du regard des autres"( et mon oeil) Guerre chirurgicale Rebondir "Aller de l'avant" "Se réconcilier avec son corps" "S'aimer soi même" Positiver "Le bonheur ça s'apprend" Plan de sauvergarde de l'emploi Technicien de surface Hôte de caisse Responsable de la mise en valeur de la luminosité( = laveur de carreaux) "Se libérer du poids du passé" "Vous vivez votre vie ou celle de votre famille ?" "Vous êtes heureuse ?" ( sur le ton de "Vos papiers !") "Le surmoi est toujours tyrannique" "Je ne suis pas nostalgique du passé"( sous entendu "pas comme vous") Dialogue Efficacité Maillon faible Se "responsabiliser" "Ressources" humaines
Et le meilleur pour la fin.....
"Il faut vous interroger sur vous-même" ( balancé à quelqu'un qui vient de perdre son emploi )  |
|  | | MAGGLE Pax Christi


 Inscrit le : 01 Oct 2006 Messages : 2327 Localisation : orgueil, grosse tête, arrogance, suffisance...
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Jeu 19 Juin 2008 - 23:30 | |
| Démocratieparticipative
Maillageterritorial
Développementdurable
Libertéimmuable _________________ Cadavres de tous les placards : Unissez-vous ! A Rome, fais comme les Barbares ! il est obligé d'obliger ! |
|  | | Corto Valet apatride du Grand Capital


   Age : 41 Inscrit le : 22 Mai 2008 Messages : 63 Localisation : pas sur la route de Madison
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Jeu 19 Juin 2008 - 23:33 | |
| Celui-ci aussi il est croquignolet :
"Confiance en soi"
Plus soporifique, tu meurs |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 0:21 | |
| Et quand vous voulez exprimer des idées recouvrant une forme de réalité, telles que "travail sur soi", "s'aimer soi-même", "confiance en soi", vous faites quoi ? Des périphrases ?
J'affine, je résume encore : si vous voulez dire par exemple "confiance en soi", serez-vous systématiquement arrêtée par votre conscience du caractère rebattu, consensuel et galvaudé de ces termes et donc vous interdirez-vous de les utiliser, ou essaierez-vous de passer par-dessus cette horreur du lieu commun qui est elle-même un lieu commun, et non des moindres, pour aller chercher le sens et la vérité où ils se trouvent, même en des lieux humbles et méprisables tels que ce fonds verbal collectif de notre temps que vous semblez tant détester ?
Ailleurs un membre de ce forum a parlé d'honnêteté spirituelle, de la nature de "vrai homme". Pour moi cela passe aussi par une ouverture qui fait fi de ce qu'il est de bon ton ou non d'accepter ou de refuser. Des diamants peuvent se trouver là où tout le monde met les pieds, oui, à côté même des crottes de chien. Et même un jour en regardant TF1, ou un psy médiatique à la télé, ou en entendant une chanson complètement idiote à la radio, vous pourriez attraper au vol une bribe infime de sagesse réelle qui éclora et prendra des proportions inattendues. Vous ne savez jamais où vous allez trouver ce que vous cherchez, voilà pourquoi je me méfie pour ma part des cartographies trop précises du rejet et de la détestation. |
|  | | ALM Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 13 Mai 2007 Messages : 87
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 2:26 | |
| Le premier paragraphe de Nada m'a immédiatement fait penser à cette phrase de Baudelaire : "Il y a du génie dans le poncif". Cette citation est remarquable, et nombreux sont les enseignements qui en découlent. Sans rentrer dans le détail, disons que ce que Baudelaire nous dit du poncif peut s'appliquer tout aussi bien au cliché, à la tautologie, voire aux dictons populaires. Laissant au lecteur le soin de tirer lui-même les conclusions qui s'imposent, je me me contenterais donc de dire, avec elle, qu'un lieu commun est plus à vivifier qu'à bannir.
Son deuxième paragraphe est tout aussi intéressant, pourvu que l'on y fasse la restriction suivante : s'il est parfaitement exact de dire de la Vérité qu'elle se manifeste sans contrainte, et que finalement "l'Esprit souffle où il veut", il convient cependant de rappeller que "l'idiot qui dit une sagesse n'en demeure pas moins idiot," et que " le sage qui dit une idiotie n'en demeure pas moins sage"... Cela étant, et pour aller plus avant, on peut dire de toute personne qu'elle saisit la vérité, en fonction de ses moyens, partout où elle la trouve, et ce pour la bonne et simple raison que l'erreur absolue ne saurait exister. Ce texte de l'Emir AbdelKader http://vraishommes.frbb.net/fosse-de-babel-f17/perspectives-traditionnelles-t3001.htm#63606 en est l'illustration parfaite. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 8:03 | |
| Je n'étais pas en train de parler de poncifs. ALM, restons sur le propos et surtout restons simples. Les termes que je cite au premier paragraphe ne sont pas des poncifs. Ce sont des mots simples qu'il serait bon, de la part de quelqu'un qui se pique de spiritualité, de prendre sans tentative d'imposer son autorité coûte que coûte (et bien à côté de la plaque). L'usage galvaudé ou commercial qui est fait par ailleurs de ces mots n'est pas notre problème. Une orange est un agrume avec toutes les associations gustatives, olfactives et poétiques qui s'y rattachent : un univers. C'est aussi une marque de téléphonie : circulez, y a rien à voir. C'est juste cela que je voulais dire.
Il n'y a aucune restriction à ajouter à la phrase simple "l'esprit souffle où il veut". Elle est à prendre dans sa pureté et avec humilité. |
|  | | Corto Valet apatride du Grand Capital


   Age : 41 Inscrit le : 22 Mai 2008 Messages : 63 Localisation : pas sur la route de Madison
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 10:09 | |
| Bonjour,
je m'attendais à vrai dire à ce que ce soit une femme qui réagisse avec hostilité à ce que j'ai dit...comme si la psychologie étaient inattaquable, comme si je touchais là à une vache sacrée. "Détester", "se pique de spiritualité"...pourquoi pas : c'est ce que l'on peut conclure à première lecture de ma manière un peu vive de faire du "rentre dedans". Il ne s'agit pas tant de détestation que d'un oeil vigilant que j'entends garder sur le rabachage continuel des psys. Pour moi, la vulgate psy actuellement galvaudée fait partie de la pensée unique et peut-être de la façon la plus efficace parce qu'inattaquable et parée des alibis de l'aide et de la guérison. Plus exactement l'interprétation psy de nos souffrances, quelle que soit l'école, nous en fait porter la quasi entière responsabilité : c'est pourquoi je pense qu'elle s'intègre bien aux normes d'une société atomisée et désymbolisée. Ce qui me met en colère n'est pas tant le fond neutre exprimé par ces termes mais l'aura d'invulnérabilité dont on les entoure, l'usage totalitarisant qu'on en fait, la complicité de la vulgate psy avec l'économie de marché et ses idéaux d'efficacité maximum, de transparence, de rentabilité, de casse du lien social, ses exigeances adaptatives. En effet, si tout est une question de "travail sur soi" ou de "représentations"qu'il suffirait de changer pour aller mieux ou trouver du boulot par exemple( "se changer soi et non pas le monde"), si on pousse la logique psy à son extrême, à quoi bon au fond une réflexion de citoyen et d'humain sur ce qui nous relie, sur le monde qui nous entoure, sur l'avenir que nous préparons à nos enfants, sur l'héritage de nos ancêtres, sur les nvariants de l'espèce humaine ? Partout il est question de travail sur soi, on met le "manque de confiance en soi" à toutes les sauces. Plus qu'une panacée, c'est une injionction faite à chacun de trouver "en lui-même" le sens de sa vie, de découvrir en lui les causes du malaise dont il souffre, et donc de s'adapter à un modèle économique et social qui a intérêt à nous renvoyer chacun à nous-mêmes et à faire abstraction du lien social. Il y a dans cet envahissement par le tout-psy actuel, plus qu'un risque d'enlisement dans nos égos, un mépris évident pour toute dimension sociale, relationelle, transcendantale de l'être humain. Ce que je critique n'est pas le métier de psy en soi noble et généreux( et plutôt éreintant), ni le courage de ceux qui se sentent appelés à effectuer un travail sur eux lorsque c'est une décision vraiment libre. C'est la tendance actuelle à faire du travail sur soi ne obligation depuis 3 décennies, ces injonctions permanentes à nous détouner d'une responsabilité vis-à-vis de l'histoire et du monde pour aller trifouiller nos égos de manière à les adapter à une économie qui a tout intérêt à empêcher les mouvements collectifs, à culpabiliser les individus, à leur inventer à tort et à travers des vices de fabrication ou des traumatismes qu'il faudrait découvrir et "travailler". Il y a des types de sociétés dont la nôtre qui favorisent les dépressions comme l'a montré Ehrenberg dans "La fatigue d'être soi", il se trouve que ce sont les sociétés atomisées qui évacuent les questions de sens et surtout la question de l'autre.
Alm, merci pour votre intervention. Il se peut que je fasse partie des idiots, après tout il y a des dingues et des débiles dans chaque groupe social. Je suis croyante et je pense que chaque créature a sa place, la belle comme la moche, la suradaptée comme la marginale, l'idiote finie comme la surdouée. Je pense surtout que j'ai la liberté de penser et d'exprimer ce que je pense et exprime à propos de ce que je vois comme une complicité d'une bonne partie des psys avec les normes du néolibéralisme. Mais cela, je ne peux le développer dans un seul post. Je peux toutefois indiquer une lecture, celle de l'excellent essai critique de Michel Lacroix "Le développement personnel".
Je répète ceci : il y a des nuances à introduire et l'on ne peut mettre toutes les branches de la psy dans le même sac. Toutes ces distinctions feraient l'objet d'un autre post. Ce que je critique est le côté réducteur, le caractère d'absolu, que prend actuellement la grille de lecture psy de nos souffrances. Dans les termes que j'ai voulu railler, j'ai trop souvent lu et senti un profond mépris de la personne humaine. Ces termes sont des flèches empoisonnées à l'aide desqiuelles on tire sur des gens qui vont mal en leur assurant que c'est pour leur bien. On les réenfonce dans leur sentiment d'indignité, on en remet une louche de culpabilisation tout en restant persuadé de ses bonnes intentions. Blesser, humilier en toute bonne conscience. C'est pourquoi je les fais figurer sur ma liste noire: l'emploi qu'on en fait aujourd'hui à tort et à travers le justifie amplement. Ce n'est pas tant le poncif ou le lieu commun qui me font horreur mais le totalitarisme de la pensée, surtout quand il amène des gens biens à se suicider. Je n'ai pas trouvé à vrai dire beaucoup de diamants du côté de ceux qui manient ces termes, et Dieu sait pourtant que j'ai longuement, inlassablement essayé et reéssayé...force est de constater que je ne trouve pas ces diamants. Je suis peut-être complètement perdue à cette cause. Ou irréductiblement athée du Dieu "travail sur soi". Et si je suis la seule à le penser, tant pis je me rappellerai le vers de Victor Hugo "Et s'il n'en reste qu'un je serai celui-là". Victor Hugo que la misère humaine révoltait. |
|  | | Corto Valet apatride du Grand Capital


   Age : 41 Inscrit le : 22 Mai 2008 Messages : 63 Localisation : pas sur la route de Madison
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 10:18 | |
| | de toutes façon je n'ai fait que répondre sans hors sujet à la question de filantropic dans mon premier post. Il demandait de mettre des termes rabachés 24 heures sur 24. |
|  | | Corto Valet apatride du Grand Capital


   Age : 41 Inscrit le : 22 Mai 2008 Messages : 63 Localisation : pas sur la route de Madison
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 11:10 | |
| Je récapitule : ce n'est pas la grille de lecture des différentes écoles psys que je critique( encore que j'aurais beaucoup à dire sur la PNL et les thérapies cognitives et comportementales). Cette interprétation de la souffrance humaine n'est pas fausse en soi. Ce que je critique c'est la manière dont on tend aujourd'hui à en faire une vérité unique et absolue, répertoriable, quantifiable, la seule qui soit, et à exclure les autres ou à ne leur donner qu'une place secondaire. La "responsabilité personnelle" d'abord, et d'après des tableaux d'évaluations. Et ceci parce qu'au fond ce sont bien les intérêts de la société de marché que de promouvoir cette idée de l'homme au détriment des autres. D'où le foisonnement actuel du marché psy qui ne fait pas que répondre à une demande mais qui la devance et qui formate les esprits. C'est ce caractère d'absolu que je critique, ce côté "religion d'état"( disons plutôt religion de marché) en plus de son caractère insistant et intrusif ( tout le monde, même les non spécialistes, vous récite le même crédo). |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 11:12 | |
| Corto,
Pour ce qui est de la vulgate psy galvaudée, je suis parfaitement d'accord avec vous sur le principe, et si vous m'aviez lue plus attentivement (et par exemple si vous n'aviez pas attribué pour vous ce qui s'adressait à ALM et non à vous), vous auriez compris que je me contentais de vous suggérer de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, rien de plus.
Aucun mot n'est creux en soi, et même les expressions que vous citez ne sont pas creuses. Seul l'usage qu'on en fait peut être, selon le contexte, creux ou au contraire plein.
Par ailleurs je ne vois pas où vous avez pu trouver de l'hostilité dans mon message. N'est-ce pas plutôt que vous l'attendez a priori et donc réagissez au quart de tour à la lecture du moindre avis qui émet une réserve sur le vôtre ?
En outre, votre phrase "je m'attendais à vrai dire à ce que ce soit une femme qui réagisse avec hostilité" me semble symptomatique, notez que je ne la prends pas pour moi mais la vision de l'humain qu'elle laisse deviner n'est pas réjouissante. J'ai déjà remarqué qu'avec vous les femmes en prenaient régulièrement plein la figure, plus sur la foi de rumeurs et des écrits d'autrui que sur un examen réel de la question.
Alors même quand on n'a aucune tendance — c'est mon cas — à psychologiser toute conversation, c'est une envie qui me vient malgré moi avec vous ; ou plus exactement la réponse qui me vient ne manque pas de provoquer en vous une réponse hérissée, me reprochant une démarche psychologique que je n'ai pas a priori mais qui en votre présence, comme par enchantement, me vient naturellement. Et je remarque que je ne suis pas seule dans ce cas avec vous. C'est assez bizarre, comme si vous faisiez tout pour provoquer les situations que vous dites avoir en horreur.
N'êtes-vous pas plus pétrie de psychologisme que vous ne voudriez le laisser croire, puisque vous n'arrivez pas à vous en détacher ?
En tout cas, cette méfiance profonde pour la femme de la part d'une femme est toujours une chose assez triste à voir. Surtout pour une femme.
Par ailleurs des notions comme "travail sur soi", si vous les dépoussiérez de la couche "moderniste" qui vous embête (malgré son insignifiance, mais oui, je comprends que ça vous embête), n'ont rien de psychologisant et n'appartiennent pas à une vulgate, même si celle-ci s'en est emparée. Ça fait des millénaires qu'on travaille sur soi. À Eleusis on travaillait sur soi. La jihad au sens mystique est un travail sur soi. Le processus d'initiation chamanique est un travail sur soi. Mon propos visait juste à élargir le champ, et cela vaut aussi pour les autres expressions que vous avez citées. S'aimer soi-même ? C'est peut-être vulgaire comme expression mais on n'y coupe pas, tout est là.
Edit : sinon pour le reste je suis assez d'accord avec vos messages suivants. Au fond on est d'accord, mais nous exprimons vous et moi les choses de façon très différente. Et les questions de genre et de sexe ont pour moi moins d'importance que pour vous. |
|  | | Edgar Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 01 Fév 2008 Messages : 46
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 11:17 | |
| Il y a beaucoup à dire sur l'évolution de la langue aujourd'hui, et dresser la liste des expressions martelées par les médias est très révélatrice (jolie liste, Corto !). (Ce qui ne veut pas dire, Nada, qu'on ne puisse plus les employer avec sincérité, mais effectivement, aujourd'hui, il y a des choses qu'il est plus judicieux d'exprimer en périphrases, certains mots et expressions étant totalement vidés de leur sens. Ex: "je suis déprimé")
Je me permets de vous copier-coller une petite étude que j'ai faite cette année pour un cour de français moderne, je crois que ça colle bien avec le sujet. Elle est loin d'être parfaite, mais il y a quand même des petites choses intéressantes dedans. (malheureusement, je n'ai rien pour scanner les brochures sur lesquelles ça portait) Je reviendrai sur le sujet quand j'aurai plus de temps, il m'interesse énormément.
La langue française, une arme politique.
« Si les mots étaient des armes, est-ce qu’ils resteraient le seul moyen de conciliation comme on le dit partout ? » Arnaud Michniak
Qui se souvient encore aujourd’hui qu’il y a seulement un an, nous étions tous en train de faire « un choix historique » ? Tous les médias, et les français avec eux, avaient les yeux rivés sur les faits et gestes de quelques personnes. Après une campagne présidentielle extrêmement longue, les deux candidats dont les journaux n’avaient cessé de répéter qu’ils s’affronteraient au second tour s’étaient effectivement affrontés au second tour et l’élection de Nicolas Sarkozy était venue clore cette épopée médiatique. Pourquoi revenir sur cette élection aujourd’hui ? Il m’a semblé intéressant, dans le cadre d’une étude sur un usage contemporain de la langue française, d’observer et d’étudier des exemples significatifs de textes politiques contemporains. Les hommes politiques sont, avec les publicitaires, les personnes qui ont le plus à gagner d’un usage efficace de la langue : il en va de leur popularité et de leur carrière. Si il y a des personnes pour qui les mots sont des outils, voire des armes, ce sont eux. Au prix parfois de l’honnêteté… Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont sans aucun douté été les candidats les plus attentifs à la maîtrise de leur image et de leurs propos. Il aurait été intéressant d’étudier des documents pour chacun des candidats, mais par soucis de concision, j’ai préféré me limiter à ces deux personnes-là, d’autant plus qu’ils sont les plus représentatifs des évolutions récentes de l’usage de la langue en politique. Cette étude porte donc sur quatre documents issus des bureaux de ces deux personnes. Il s’agit des brochures envoyées par la poste à chaque électeur avant le premier tour et entre les deux tours des élections. Document 1 : Ségolène Royal, premier tour Document 2 : Nicolas Sarkozy, premier tour Document 3 : Ségolène Royal, second tour Document 4 : Nicolas Sarkozy, second tour Les lignes de chacune des brochures ont été numérotées pour faciliter les citations.
J’ai choisi de traiter point par point les principaux éléments particularisant les textes de ces documents. Sans axe directeur précis, j’ai tenté malgré tout de rendre cohérent l’enchaînement des points étudiés en les hiérarchisant ainsi : du plus superficiel au plus profond. Nous commencerons donc par les fautes de langue.
-une syntaxe et des constructions déconcertantes.
On peut en premier lieu relever dans ces documents des constructions syntaxiques hasardeuses, voire fausses : « un euro dépensé doit être un euro utile, au lieu de laisser la dette publique se creuser », nous dit Mme Royal (doc 1, l.49), alors que M. Sarkozy affirme (doc 4, p.3) dans un passage mis en évidence : « L’enjeu, c’est entre répéter les recettes du passé ou faire les choix de l’avenir ». Outre un mauvais emploi du mot « enjeu », la construction est incorrecte. La défense de langue française était pourtant au programme (doc.4, l.209). En second lieu, certaines expressions posent des problèmes à qui veut les comprendre : selon Mme Royal, les Français ont exprimé « un profond désir d’avenir » (doc 1, l.5). La formule est agréable à l’oreille mais interpelle la raison : de quel avenir s’agit-il ? Le qualifier pour donner un semblant de sens à l’expression aurait pu être utile. De le même façon, et bien qu’elles soient correctes, certaines formules de M. Sarkozy telles que « créer des richesses » (doc 4 , l.97) ou « libérer les énergies » (doc 4, l.70) (copiée d’ailleurs sur la première brochure de Mme Royal (doc 1, l.12)), dont l’absence de sens précis est masquée par l’aura positive qu’elles dégagent, nous conduisent à un deuxième constat : la langue est ici employée comme un voile servant à masquer soit certaines réalités sociales, soit la nature profonde de ce qui est dit. C’est cet usage, plus connu sous le nom de langue de bois, que nous allons étudier à présent.
-la langue de bois
« Je vous ai écouté pour agir juste et pour tenir parole ». Ainsi commence le premier document de Mme Royal. A elle seule, cette phrase est un condensé de politiquement correct : l’écoute, la justice, l’honnêteté, l’action, toutes les valeurs attendues y sont affichées, sans pour autant donner de piste d’interprétation sérieuse : que peut bien signifier « agir juste » ? Ses deux brochures sont jalonnées de ces formules toutes aussi agréables que floues, toutes aussi incertaines sur ce qu’elles nomment. Ainsi, nous avons la promesse d’une modernisation du dialogue social « par le compromis gagnant-gagnant » (doc 1, l.40). Un compromis nécessitant nécessairement des concessions mutuelles, on peut ici parler d’oxymoron, à moins que cette formulation ne fasse que masquer la partie moins lumineuse de ce futur compromis. M. Sarkozy n’est cependant pas en reste et cherche de son coté à faire oublier le plus possible sa présence centrale au sein du gouvernement sortant. Nous nous retrouvons alors avec des phrases déroutantes: « Je réduirai la dette et le déficit, qui ont été creusés par l’échec des politiques antérieures, alors que nos politiques réussiront » (doc 2, l.175). A la limite de la correction, cette phrase témoigne surtout du travail de dissimulation des faits opérés dans ces textes. Les « politiques antérieures » en question sont bien celles du gouvernement dont faisait partie M. Sarkozy. Enfin, signalons chez les deux candidats l’omniprésence du vocabulaire et des formules qu’Eric Hazan a qualifié de « propagande du quotidien » dans son ouvrage LQR. Développement durable, sécurités nouvelles, sources de croissance et d’emploi, « quartiers (sensibles)» employé pour « banlieues», jurys-citoyens, démocratie sociale, autant d’expressions qui soit dissimulent une réalité désagréable, soit ne font que masquer leur absence de signification derrière une formule ou un mot positifs. Cet abus du vocabulaire positif se retrouve également dans l’omniprésence de certains motifs. -les motifs de l’évènement, du changement et du progrès
Il ne s’agit plus ici de masquer la réalité, mais de la déformer pour faire de ces élections un évènement historique sans précédent. M. Sarkozy affirme ainsi qu’à l’issu du premier tour, « un immense espoir s’est levé dans le pays » (doc 4, l.5) et conclue en faisant du vote pour sa candidature « le seul choix qui compte, celui de la France » (l.175), alors que Mme Royal teinte son texte de tonalités épiques : « La France Présidente se relève avec vous. Avec nous tous et toutes. » (doc 1, l.22). De tels propos laissent penser qu’une guerre vient de ravager le pays. Ce motif de l’évènement est associé de près à un autre motif récurent dans la prose politique : le diptyque crise/changement. Nous avons affaire à une « crise » et une « fracture républicaine », nous dit Mme Royal, alors que M. Sarkozy fait de la lutte contre la « triple crise » (doc 2, l.14) son cheval de bataille. Cette lutte, d’un coté comme de l’autre, semble appeller nécessairement des solutions nouvelles, rendant omniprésent les champs lexicaux du changement et du progrès. Du coté de Mme Royal, voici ce que nous trouvons : « Il est urgent d’inventer une France neuve » (doc 3, l.8), « Je veux que la France soit l’avant-garde … » (doc 3, l.21) et en grosses lettres blanches sur fond rouge, en première page de la première brochure : « Le changement ». Les propositions poursuivent ce travail lexical : « moderniser », « réformer », « création », « modernisation », etc… Il est intéressant de noter que ce vocabulaire côtoie, non sans paradoxe, un vocabulaire conservateur plus discret: « réhabiliter », « garantir », « valeur travail ». M. Sarkozy opère le même travail et multiplie les promesses de réformes, énoncées au futur le plus affirmatif : « Je supprimerai les droits de donation et de succession » (doc 2, l.31), « nous créerons la sécurité sociale professionnelle » (l.105)… Ses brochures sont elles aussi jalonnées de ces mots annonçant de profonds changements : « Dans un monde qui bouge à toute vitesse, notre pays doit changer » (doc 4, l.31), « les choix de l’avenir » (l.53), « démocratie renouvelée » (l.120), « vrais changements » (l.158), « révolution écologique » (doc 2, l.172). Notons que ce champ lexical est associé de près à celui de la croissance : récurrence de ce terme, saturation de certains passages par le mot « plus » : « plus de formation, plus de protection, plus de justice, plus d’égalité des chances » (doc 4, l.140), puis quelques lignes plus loin : « plus d’emploi, plus de pouvoir d’achat, plus de réussite scolaire, etc.. » et enfin le désormais fameux « travailler plus pour gagner plus » (l.57). Cette association est intéressante car elle élimine d’emblée, mais avec la discrétion qui sied à la propagande moderne, toute possibilité d’analyse des « crises » sous un autre jour. Les solutions aux « crises » sont nécessairement la croissance et le changement permanent, nous explique-t-on ici. Que la croissance et le changement permanent puissent être des symptômes, voire les causes, des « crises » du monde moderne n’est pas seulement envisagé. Le langage est ici à la fois révélateur de l’idéologie soutenant ces discours, et véhicule de ses idées, arme de propagande masquée par le ton objectif et protecteur adopté par nos candidats. |
|  | | Edgar Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 01 Fév 2008 Messages : 46
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 11:18 | |
| (suite et fin) -le ton protecteur
D’un coté comme de l’autre, l’ambiance se dégageant des textes est douce et protectrice. Les candidats semblent être des envoyés chargés de nous aider à surmonter « la (triple) crise », faisant don de leur personne pour cette noble cause. « Le travail qui est devant nous est important. Mais il est faisable. Nous le ferons ensemble, sereinement… » (doc 4, l.154). Cette phrase résume bien la mise en scène qui est opérée dans ces textes : le candidat se fait l’accompagnateur du peuple dans une sorte d’épreuve inévitable et délicate. L’énonciation travaille cet aspect, opérant de subtiles transitions entre le « je », le « vous » et le « nous ». Les candidats sont alternativement entité surplombante et omnisciente (« j’ai entendu vos inquiétudes et vos espoirs » (doc 4, l.11), formule copiée sur la première brochure de Mme Royal (doc 1, l.4)) et membre à part entière du peuple (« … nous resterons nous-mêmes, fidèles à nos valeurs qui ont fait notre force » (doc 4, l.41)). Il s’agit là encore de gommer ce qui pourrait évoquer tout conflit d’intérêt, toute barrière sociale, toute différence de classe. Il s’agit de ne désigner aucun responsable, de ne heurter la sensibilité d’aucun électeur. Les causes de « la crise » ne sont jamais exprimées, et les éventuels responsables n’apparaissent que sous la forme d’un « on » aussi flou que pratique. « Depuis vingt-cinq ans, on vous dit que contre le chômage, la crise du logement, l’exclusion, les délocalisation, on ne peut rien faire » (doc 4, l.2). Mais qui est ce «on », si ce n’est l’élite politique dont font partie les candidats ? Tout le travail sur l’énonciation consiste à masquer leur appartenance à une catégorie à part de la population, et à les faire se fondre dans le peuple tout en les habillant d’une aura messianique. Mme Royal peut ainsi prétendre en appeler à tous ceux qui ne veulent plus d’une France « dominée […] par la concentration des pouvoirs entre quelques mains, toujours les mêmes. » (doc 3, l.19), au prix d’une nouvelle hypocrisie la conduisant à reprendre à son compte un lieu commun visant initialement les personnes comme elle. L’étude de cet usage répété des lieux communs constituera notre dernière partie.
-quand lieux communs et slogans valent arguments.
S’adressant au plus grand nombre, il est probablement incontournable pour les candidats d’opérer une certaine vulgarisation de leurs idées dans ces brochures. Mais vulgariser ne signifie ni déformer, ni se montrer démagogue. Mme Royal et M. Sarkozy, loin de lutter contre idées reçues et lieux communs, n’ont de cesse de les reprendre à leur compte. On retrouve au fil des textes tout un ensemble de formules stéréotypées dont la véracité du sens est présentée comme indiscutable. Du coté de Mme Royal, nous trouvons (doc 1) « les petites et moyennes entreprises qui créent des emplois et innovent », le « patronat le plus rétrograde », le creusement de la dette publique, le système bureaucratique, etc… De son coté, M. Sarkozy fait siennes les discussions de bistrot en affirmant qu’ « avec l’euro qui fait augmenter les prix, les salaires qui sont trop bas, le logement qui est trop cher, les impôts qui sont trop élevés, le pouvoir d’achat baisse dans notre pays » (doc 4, l.83). Les textes sont de plus jalonnée de formules et de slogans à la profondeur douteuse : « Je sais que si nous voulons, nous pouvons » (doc 4, l.13), « ensemble, tout devient possible » (doc 4, slogan), « travailler plus pour gagner plus », puis chez Mme Royal, « compromis gagnant-gagnant », « règle du donnant-donnant » (doc 1, l.40 puis 45). Les textes de brochures sont conçus comme des discours, et obéissent donc à certaines règles rhétoriques. On pourrait donc ne pas s’inquiéter d’y trouver des topoï, des lieux communs facilitant la réception du message par les lecteurs. Mais là où cet aspect se révèle dangereux, c’est dans son absolu manque de sincérité et de profondeur. La simplification opérée dans le discours ne semble pas être pédagogique, mais semble au contraire avoir pour but de masquer les incohérences voire les mensonges que contiennent ces textes. Nous prendrons pour preuve ce double grand écart réalisé par M. Sarkozy dans deux brefs paragraphes : « notre pays peut changer […] tout en restant lui-même » (doc 4, l.20), puis « c’est en changeant que nous resterons nous-mêmes » (doc 2, l.39). Formules aussi incohérentes que péremptoires qui illustrent l’inconséquence d’une pensée qui s’abrite derrière d’élégants aphorismes pour ne pas avoir à (s’)avouer ses mensonges.
Conclusion :
Cette étude m’a semblé justifier la mise en exergue d’une phrase d’Arnaud Michniak, poète et chanteur qui a cherché, selon ses propres termes, à « percer le voile du réel » par ses textes, démarche qui l’a conduit à s’interroger sur les enjeux des usages de la langue. Ses conclusions ne sont pas optimistes : « des experts recousent les maux dans des débats […] et quand une parole juste y fait surface, ils ont toujours derrière de quoi dédramatiser ». C’est ce constat qui le conduit à douter de la force des mots et à ne plus voir en eux que des moyens de conciliation. Moyen de conciliation, les mots le sont sans aucun doute puisqu’ils permettent à nos hommes politiques de masquer la réalité et de transformer une société tourmentée, éclatée et explosive en communauté soudée face à une « crise » présentée comme une mauvaise passe sans responsable. Mais c’est une conciliation bien superficielle qui s’opère et on peut aisément comprendre que les mots se transforment en armes au service de la propagande moderne quand le réel refait surface et risque de conduire à des prises de conscience. Nous avons ici parlé de la langue en politique, mais une étude sur d’autres textes, en particulier les publicités, aurait sans doute conduit à des conclusions proches. Juger de la bonne foi des candidats est impossible, mais on peut néanmoins les condamner sans appel pour l’usage mensonger et démagogue qu’ils font de la langue. Une telle propension à masquer leur pensée, à la dissimuler derrière des formules vides de sens et des expressions consensuelles, écrites dans une langue française à peine maîtrisée, semble n’indiquer de la part de ces personnes qu’une volonté de pouvoir vide de tout réel souci des valeurs dont ils se font pourtant les défenseurs. Volonté de pouvoir ou intérêts financiers, car de nombreuses personnes n’ont aucun intérêt à voir la propagande moderne prendre fin. Entre ce qui est dit et ce qui est vrai, il y a mille milliards de dollars. (Arnaud Michniak)
Note : les citations d’Arnaud Michniak sont extraites du morceau de son groupe Programme, morceau intitulé « La ville disparaît », conclusion de l’album « L’enfer tiède » édité en 2002 chez Lithium Records. |
|  | | ALM Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 13 Mai 2007 Messages : 87
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 14:16 | |
| Votre réponse, Nada, m'a surpris. Soit vous n'avez pas compris l'occasion de ma digression, soit vous êtes malhonnête ; dans tous les cas, vous tombez dans un procès d'intention qui n'arrange pas votre affaire. D'autre part, veuillez prendre note qu'une chose, pour être simple, n'en n'est pas moins subtile et susceptible de longs développements, a fortiori quand nous parlons d'une parole d'Evangile. Vous, qui tenez le rejet passionné et les simplifications en horreur et l'humilité pour vertu, seriez donc bien inspirée, sur ces points, de rester cohérente.
J'aimerais préciser à Corto, dont je parviens pas à saisir le ton, que ma remarque n'avait rien de désobligeant à son égard et que, si nous ne pouvons qu'être d'accord sur cette réalité (décrite assez justement dans le dernier post d'Edgar), il semblait tout de même bon présenter un autre aspect de ces "mots creux" listés ici. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Petit dictionnaire des mots creux Ven 20 Juin 2008 - 14:21 | |
| ALM, ce n'est pas de ma faute si vous répondez à côté de la plaque et en tirant la couverture à vous, cherchant à faire tomber une conversation initialement simple dans votre labyrinthe personnel, espérant ainsi assurer une espèce d'autorité spirituelle dont vous devinez ce que j'en pense. Il n'est pas question de poncifs dans ce que j'ai évoqué, or vous commencez pile sur ce terme. Quand ça commence mal, ça ne continue pas bien. C'est tout.
Votre "veuillez prendre note" annonçant un bel enfoncement de porte ouverte a été reçu cinq sur cinq, mais pas dans le sens où vous l'éspériez. |
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