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ALM Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 13 Mai 2007 Messages : 87
 | Sujet: Philippe MURAY Mer 9 Avr 2008 - 16:03 | |
| Quelques extraits, disparates mais significtatifs, en guise de présentation:
" L'histoire de ces quinze ou vingt dernières années est celle de l'éradication, plus ou moins consciente et violente, du principe de contradiction (alternative, pouvoir des oppositions, prestige des antithèses, choix des possibles) , plus largement de toute négativité et de toute possibilité d'exprimer cette négativité, au profit (et parce qu'il faut bien, comme disait Kojève, que l'homme puisse faire semblant de continuer à s'opposer à lui même et aux autres) d'une sorte d' "auto-négativité inter-subjective" qui est la négativité de remplacement d'une période béate, par ailleurs, de sentir s'effacer les "identités". D'où cette pléonasmisation généralisée dont il est possible, aujourd'hui, d'admirer tant d'exemples. Trivialement, cette pléonasmisation s'illustre dans des myriades de spectacles télévisés, plus farcesques les uns que les autres, et supposés mettre en scène des opinions antagonistes sur telle ou telle "questions de sociétés" qui ne se pose qu'à ceux qui ont tout abdiqué. Deux "camps" s'affrontent. Des sondages sont réalisés. On fait semblant de retenir son souffle. Mais on discerne tout de suite ce qui manque, dans de telles discussions, on reconnaît avec ou sans peine le "courant de pensée" qui en est d'office éliminé : celui qui ne relèverait pas du ou bien/ ou bien pré-imposé ; qui serait en dehors de l'engluante comédie des échanges de vues ; le tiers exclu, en somme, qui, insoucieux criminellement des grandes espérances de l'espèce, s'en battrait l'oeil, pour dire le vrai, de ces belles controverses. La télévision, par exemple, a mené avec pétulance, durant cette époque, sa guerre chimique et bactériologique contre l'esprit. L'objectif était que l'homme ne puisse plus imaginer d'autres réponses que celle qu'elle apporte, ni d'autres réalités que celle qu'elle présente, ni d'autres plaisirs que ceux qu'elle indique pour une période donnée. Il ne peut exister de contradictions au Pays du cliché réconfortant. L'acquiescement y est donc la condition d'accession aux sphères supérieures. Il est aussi le plus sûr vecteur de la nouvelle ignorance. Car le renoncement à la connaissance suit l'approbation comme son ombre.
Le comique réellement moderne est d'autant plus interdit d'accès que l'on ne voit plus que lui si on a de bons yeux. [...] Il leur faut, à tous ces petits penseurs à la Croix de bois, des ennemis assez grossiers qui permettent de les méconnaître, eux , comme Ennemi. Ces gens qui ont absorbé le négatif à si haute dose qu'ils en sont mithridatisés ont besoin d'épouvantails chargés de représenter le négatif haïssable sous forme d'ersatz. Les totalitarismes soviètique ou maoïste avaient inventé la fable de l'intensification des résistances et de l'augmentation de la lutte des classes en régime socialiste : ainsi pouvaient-on appeler des peuples entiers à lutter imaginairement (et de manière sanglante) contre des complots d'adversaires redoutables et imaginaires, tandis que ceux qui les appelaient à lutter combattaient tout aussi oniriquement (et sanguinairement) entre eux. Notre totalitarisme à nous, souple, complexe, inconscient, puisant sa dynamique dans la décomposition des anciens totalitarismes (la "chute du Mur" et la fin de l'URSS sont les cellules neuves de l'Empire du Bien), a repris ce procédé à son compte. Il l'a repris en désordre, parce qu'il n'a pas de programme (c'est d'ailleurs l'absence de programme qui constitue la puissance de ce totalitarisme là), mais il l'a repris. La subversion est au pouvoir et radote dans le subversif."
" Rien n'est plus délectable pour l'amateur éclairé qu'une Fête de la musique qui se noie, en plein mois de juin, dans la détresse d'une pluie d'hiver. Ce n'est peut-être pas grand'chose, mais ça fait plaisir tout de même, ça soulage trois minutes de voir retransmises par une télévision en plein naufrage ces pures images de débâcle. "Criez pour faire voir que vous êtes là!", glapissait pathétiquement au public transi, en direct de la place de la Bastille, le miséreux animateur (Pascal Sevran), sur Antenne 2, de cette Fête de la Fraternité gâchée par la méchanceté des éléments. Criez et dansez pour faire croire que vous existez! Chantez pour faire croire que vous vous aimez! C'était intéressant, cette supplication, comme l'aveu d'un secret de Polichinelle. Le vrai Dieu en a eu assez de toutes ces conneries, il a déchaîné ses escadrons de nuages contre les fanfares consensuelles du plus répugnant des divertissments néo-mussoliniens. Sa colère se comprend d'autant mieux que, paraît-il, cette cochonnerie s'exporte : la France de Jack Lang envoie aux quatre coins du monde son choléra mélomane. La musique est devenue une maladie, depuis qu'on l'impose comme le signe par excellence de la grande Reconciliation planétaire de la fin de siècle. Lang, auquel un excès bovaryque de mauvaises lectures romanesques a sans doute fait croire que le monde enchanté de la Culture existait, est d'ailleurs l'un des hommes qui à le plus fait, depuis longtemps, depuis très longtemps, pour rendre haïssable des choses qui, au départ, avaient tout pour être supportées (la photo, le livre, Rimbaud, les musées, etc.) à condition qu'on ne les transforme pas en objets de célébration, donc en instruments de persécution. C'était une fête de la non-musique, à l'extrême rigueur, qu'il fallait instaurer. Un jour sans le moindre son! Une heure sans tambours ni trompettes! Dans un univers que le bruit de la musique a englouti (chose bien révélatrice), c'était la seule chose qui aurait eu un peu d'allure. Et puis non, il ne fallait rien faire du tout, rien instaurer surtout. La "fête" est toujours une obligation que l'on crée [...] Aucun individu lucide d'aujourd'hui, donc ennemi par définition de ce qui est aujourd'hui, ne peut ignorer que le contrôle du monde s'effectue massivement par la musique. Qui tient la musique tient les jeunes, et qui tient les jeunes tient l'avenir. Il faut que cesse ce terrorisme industriel dégoûtant de la Joie par les guitares, ce Nouvel Ordre Mondial des synthés sans frontières. Tous les ratés de la Machine infernale, ses moindres faux pas sont donc bons à prendre : plus on verra les feux d'artifices de la grande démagogie musicale planétaire se transformer en pétards mouillés sous un ciel où rien ne luit, et plus on sera proches de la délivrance. "
"Désaccord parfait", Tel Gallimard |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Mer 9 Avr 2008 - 17:03 | |
| Oh pitié, non ! Pas le vieux pisse-vinaigre ! Laissons les morts enterrer les morts, et occupons-nous plutôt de gens moins tristes et plus intemporels. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ | Edgar a écrit: | Qui est ce monsieur ? Qu'est-ce que tu lui reproches exactement, Nada ? |
Je crois que tu trouveras tout dans le texte du monsieur et dans ma réaction, si brève soit-elle. À mon sens le sujet ne mérite pas que je lui consacre plus d'effort. (Même si je le fais ci-dessous.)
La réponse présente n'a rien d'une esquive, je pourrais me pencher un peu plus sur le sort de Muray et voici une dizaine d'années je l'aurais fait, et longuement. Mais aujourd'hui en 2008 je trouve que ça n'en vaut plus la peine. Que ces pseudo-penseurs aillent aux poubelles de l'histoire où est leur place, et qu'on passe à autre chose. Michéa restera, Todd aussi, Muray non. C'est une question de solidité de la base intellectuelle.
J'en suis simplement venue, depuis, au constat que les plumitifs et écrivains atrabilaires ou paranos qui ont connu leur heure de gloire de la fin des années 90 au milieu des années 2000, et qui ont empuanti l'air pendant des années de leurs renvois céliniens non digérés (la référence est décidément la plaie de la culture française), sont tout simplement trop mauvais pour que je leur accorde une portion de mon temps afin d'expliquer pourquoi ils sont mauvais. Mais bon, rien que pour te faire plaisir :
En général ils partent d'observations justes, mais superficiellement étudiées et uniquement issues d'affects ; et à partir de là ça se gâte tout de suite, quand ils se mettent à généraliser, globaliser, émettre des théories, stigmatiser, identifier des responsables, dresser un tableau de la société telle qu'ils la voient; et quand ils se mettent à chercher des causes et des origines (cf. l'obsessionnel Dix-Neuvième Siècle à travers les âges), ça devient une vraie catastrophe. Il n'y a aucune observation structurelle, systématique à la base de leurs écrits, juste des mouvements d'humeur. Or c'est bien pour réaliser un pamphlet (et encore ! Un pamphlet a autant besoin d'une structure sous-jacente qu'un essai de six cents pages), mais pour construire une œuvre c'est un peu juste...
Alors ils se rattrapent sur la mauvaise humeur de salon, la misanthropie à deux balles, la dénonciation vague, l'affirmation qu'on ne la leur fait pas, qu'ils ont tout compris, et une espèce de rejet du spontané, du non calculé, de l'innocent - en l'occurrence il s'agit de faire le procès de la notion de fête tout court, à travers celle de la prétendue festivité contemporaine. Un public attentif vient toujours couronner les efforts de celui qui ronchonne publiquement, c'est une façon d'attirer l'attention à peu de frais. La profondeur d'analyse, elle, ira se rhabiller. Ainsi que cette parole voltairienne que je crois très juste, et qui dit en substance que la réalité profonde des choses est dans leur gaieté.
Pour résumer, je crois que même un peu de niaiserie est préférable à la fausse intelligence de Muray. Comme l'écrivait Chesterton, "tout homme a haï l'humanité alors qu'il était moins qu'un homme" et il décrivait ce genre d'état d'esprit littéro-atrabilaire, manifesté superbement par Muray, comme très facile à comprendre pour quiconque est un jour resté debout dans un omnibus bondé. Moi aussi, les rollers sur les trottoirs m'emmerdent (non pas parce qu'ils s'amusent mais parce que j'ai toujours peur d'en prendre un dans la figure). Et quand je commence à râler intérieurement je pense à Muray, ça me calme tout de suite et je me remets à aimer l'humanité telle qu'elle est.
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| zatopek a écrit: | | Nada a écrit: | | Et quand je commence à râler intérieurement je pense à Muray, ça me calme tout de suite et je me remets à aimer l'humanité telle qu'elle est. |
...un petit pois plein d'humilité...  |
Je ne sais vraiment pas si je suis un petit pois plein d'humilité (merci de le penser toutefois) mais en tout cas je suis certaine que l'humilité est un optimum humain à atteindre, peut-être le principal. Et je suis tout aussi certaine que les écriveurs du genre dont je m'occupe plus haut en sont totalement dépourvus. |
|  | | ALM Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 13 Mai 2007 Messages : 87
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Ven 11 Avr 2008 - 17:02 | |
| Il me semble que la critique faite par Nada mérite quelques révisions. Tout en reconnaissant volontiers les limites de l'oeuvre de Muray, et pour un "guénonien" c'est d'autant plus compréhensible, je pense toutefois que de pareils "pamphlets" ont une certaine utilité.
" Considérons Philippe Muray comme une machine, dans laquelle on introduit des faits (parfois réels, souvent médiatisés), et dont il ressort des interprétations. Ces interprétations sont guidées par une théorie cohérente, celle de la montée en puissance d'une terreur molle, d'un type nouveau, dont il a synthétisé l'essence par quelques formules brillantes et définitives (l'« hyperfestif », l'« envie de pénal », et surtout la tolérance « qui ne tolère plus rien auprès d'elle-même »). Cette théorie, désormais classique, doit à mon sens faire partie du bagage de tout homme cultivé.
L'année 2002 restera, aussi, celle où la machine Muray a, pour la première fois, connu quelques ratés. Son fonctionnement, pourtant, n'est nullement en cause; on peut même dire qu'il n'a jamais été aussi brillant. Sa magnifique description, par exemple, de la quinzaine anti-Le Pen qui a égayé la France en avril-mai 2002 est sans doute un de ses plus beaux textes.
Toutes ses qualités s'y montrent à plein : ampleur de vues, sens historique, précision dans le détail, et surtout ce coup d'œil prodigieux qui lui permet, au cœur des détails, de choisir le plus significatif, celui qui va d'emblée au cœur du problème (en l'occurrence, la pancarte : « Non aux méchants » brandie par la petite fille). Ma thèse en réalité est que ce n'est pas Philippe Muray qui va de travers, mais le monde ; que le monde, autour de lui, commence à produire quelques phénomènes aberrants, dont on ne peut assurer qu'ils soient non Muray-interprétables, mais qui sont au moins Muray-ambivalents ; qu'en somme la bonne pensée unique et la terreur molle qui en procède commencent à laisser entendre de légers craquements. "
Michel Houellebecq, Le Figaro
Citer Houellebecq ici m'aidera à signifier mon propos. Son papier me parait non seulement définir assez précisement la manière dont il faut appréhender la pensée du défunt, mais il est encore, par sa signature même, révélateur d'un certain aspect de la "réaction". Muray est un observateur à coloration littéraire, chose qui le différencie, mais qui ne l'oppose pas, des analystes à vocation strucuraliste type Todd ou Michéa, par exemple. Cette coloration, qu'on retrouve aussi chez Nabe, a pour moi l'interêt principal de destabiliser l'environnement dans lequel elle voit le jour et de susciter la réflexion dans un milieu particulier. L'analyse d'un Todd se base sur les phénomènes de la socio-économie, celle d'un Muray, paradoxalement plus abstraite et plus concrète, sur cette "tradition" conservatiste littéraire moderne, un peu fourre-tout, où se croise Balzac, Baudelaire, Céline et j'en passe. Nada parle "d'affect", et elle n'a pas complètement tort. C'est certainement le viscéral qui anime ici. Mais un viscéral orienté, une passion éclairée, un "coup de gueule" intelligent. Décrire le quotidien pour le situer dans l'Histoire, telle est la perspective ici; mais cette perspective est tout à la fois force et faiblesse.
Pour le coup, je pense que Nada a, sentimentalement, forcé le trait pour faire ressortir ce qui vient d'être dit.
Deux ou trois remarques sur certains éléments de sa critique pour finir.
Je ne qualifierais pas Muray de "Célinien"pour ma part, même si ce qui précède semble le faire entendre. Si elle en a le loisir, qu'elle lise ou relise son essai sur Céline.
Son bouquin sur les origines, occultistes, du socialisme, n'a à mon sens rien de l'obsession (Muray n'est pas Druon). Il a pour moi le grand avantage de mettre un coup de projecteur sur une réalité trop souvent passée sous silence, celle de l'influence énorme qu'eu le spiritisme et ses avatars sur la généalogie de l'idée au XIXème. Et cet état de fait n'est pas sans conséquence profonde (cf "L'Erreur spirite" de R. Guénon).
"...rejet du spontané, du non calculé, de l'innocent..." écrit Nada, et là aussi je pense qu'elle ne va pas assez loin. Dire d'une chose qu'elle est spontanée ne signifie pas qu'elle soit soit sans cause. Tout au contraire. Analyser la source d'une réaction, d'une émotion, ou d'un "processus chaotique" est indicatif d'une situation quelle qu'elle soit (du roller en ville jusqu'au suicide). Concernant "l'hyper-festif", deux constats sont fait par Muray. D'une la festivité, ambiante, n'est pas innocente car instaurée, de deux, et conséquemment, elle obeit à de nombreuses motivations. A coté de l'aspect manifestement économique de la chose, Muray nous dit de la festivité moderne qu'elle répond à deux impératifs connexes : cacher son nihilsme non-avoué, et abrutir le demos pour emousser son cratos . La Fête, ou le Plaisir, est donc à ce titre l'un des masques de la Bête.
Autant je puis parfaitement comprendre qu'un certain refrain "réac" en horripile certains (étant moi même dans ce cas pour quelques raisons), autant qualifier son oeuvre de triste m'etonne un peu. D'une part j'avoue qu'il m'arrive parfois de rire à sa lecture, car son style, bien qu'un peu lourd, est assez drôle, mais il faut, d'autre part, rappeller que ce genre d'oeuvre ne rend "triste" que celui qui mise encore sur ledit système, décrié. Celui qui n'attend rien ne s'attriste pas, c'est bien connu.
Au vu de tout ceci, j'ai pensé utile de mentionner cet auteur. Cela étant, d'autres lectures sont evidemment plus conséquentes . |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Ven 11 Avr 2008 - 18:12 | |
| Assez d'accord avec vous, ALM, de façon éparse. Mais je ne crois rien devoir ajouter à ce que j'ai écrit plus haut. Comme je l'ai dit, pousser plus loin l'intérêt envers cette forme littéraire qui est pour moi irrémédiablement ensevelie dans le passé (alors que même Jules Romains restera toujours jeune) serait une perte de temps. J'ai été exaspérée, à l'époque, de la floraison et du succès des Muray, Houellebecq, Dantec, etc., non tant à cause de ces auteurs en soi (qui vont du cruellement incomplet — Muray — au médiocre démagogue — Houellebecq) qu'à cause du symptôme sociétal que traduisait l'engouement qui les saluait. Et puis le temps a passé et je me rends compte, avec un certain soulagement, qu'on est sorti de cette vague. Ils étaient déjà datés au temps de leur gloire, maintenant ils ne sont plus qu'une espèce de poussière "sooo nineties", comme on dit. Une vague que j'appellerai l'euthanasie ultime de la littérature. La littérature française n'a pas survécu à ces derniers coups de boutoir, et après tout c'est peut-être une bonne chose, parce que dans quelque temps on va pouvoir rassembler deux ou trois bouts de ficelle et recommencer à écrire. J'ai souri en trouvant votre citation de Houellebecq... Pour tout dire je l'attendais. Je me suis dit "Voilà ce qu'on appelle adding insult to injury." Mais ce n'est pas grave. L'un comme l'autre pèchent de la manière habituelle dont pèchent les écrivains de médiocre qualité qui ont connu un temps de surexposition parce qu'ils se trouvaient au bon endroit au bon moment : une certaine capacité à identifier les problèmes mais un grand n'importe quoi dans leur manière de les interpréter, d'en discerner les causes et surtout d'apporter des réponses ou des solutions. (J'ouvre juste une petite parenthèse à propos de l'écriture : Muray, au moins, écrit bien. C'est déjà pas mal. Lourdingue, et dans certains articles on sent qu'il négligeait de se relire, mais lui au moins il écrit.) Quant à ma comparaison avec Michéa et Todd, elle ne faisait pas abstraction de la nature littéraire des uns et analyste des autres. C'était juste pour dire que les uns resteront, pas les autres, et le fait littéraire en est une des causes. La littérature, pour le moment, n'existe plus, il est donc normal que ce qui en tient lieu à notre époque soit balayé par le temps, même immédiat. En revanche les analystes se portent encore bien, Dieu merci. |
|  | | Edgar Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 01 Fév 2008 Messages : 46
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Sam 12 Avr 2008 - 11:05 | |
| Merci à tous les deux pour toutes ces précisions.
Nada, encore une petite question. Tu as écrit: "J'ai été exaspérée, à l'époque, de la floraison et du succès des Muray, Houellebecq, Dantec, etc., non tant à cause de ces auteurs en soi (qui vont du cruellement incomplet — Muray — au médiocre démagogue — Houellebecq) qu'à cause du symptôme sociétal que traduisait l'engouement qui les saluait." Que traduit ce symptôme selon toi ? (désolé de demander d'écrire là dessus, mais je trouve ça intéressant)
Personnellement, je ne cracherai sûrement jamais sur Houellebecq, même si aujourd'hui je commence à en voir les limites, tout simplement parce qu'il m'a ouvert de nombreuses voies de réflexion. Je comprends parfaitement que des personnes déjà bien avancées dans leur réflexion le trouvent trop superficiel dans ses analyses, mais je suis d’accord avec ALM quand il dit que ce genre d'auteur joue un rôle. Je ne vois pas comment je me serai retrouvé à lire Michéa sans des étapes intermédiaires comme Houellebecq ou même Soral, qui reste un peu léger sur pas mal de choses. Et Michéa lui-même n’est sans doute qu’une nouvelle étape, car finalement je n’arrive pas à me satisfaire de la notion de common decency.
« une certaine capacité à identifier les problèmes mais un grand n'importe quoi dans leur manière de les interpréter, d'en discerner les causes et surtout d'apporter des réponses ou des solutions. » Encore une question… les analystes font-ils mieux ? Je pose la question naïvement, je n’ai pas lu grand-chose à ce jour. Mais jusqu’à présent je n’ai pas vu de solution convaincante, ce qui peut sembler normal chez des gens qui n'identifient pas correctement les problèmes et leur source, mais devient plus inquiétant chez ceux qui y parviennent. |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 605 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Sam 12 Avr 2008 - 12:33 | |
| L'important ce n'est pas tant les auteurs mais le chemin (de lecteur-interprète) sur lequel ils nous amènent. Le registre polémique est différent du registre savant/instructif, ce sont deux genres à part, mais à la finale c'est ce que ces nous donnent à penser et non ce qu'ils pensent qu'il est plus intéressant de relater, parlons donc de thèmes et moins des thèses de chacun, on pourrait certes à cet égard faire jouer Maffesçoli et festivus festivus mais pour exposer sa vue propre.
Le fétichisme des références dans la discussion sert trop souvent de faire-valoir (narcissisme intellectuel), ici chacun s'exprime en son nom propre, c'est cela faire preuve de personnalité, les simples répétiteurs d'idées d'autrui me font à ce propos penser à ceux empruntant les vêtements d'autrui, ils veulent donner le change... Là où l'esprit critique est absent, il n'y a que récitation mécanique, sans vie donc. Ou posture (ainsi Stalker le blogueur se prenant parfois un peu trop pour Bloy).
Souvenons-nous du conseil gidien à ce sujet : à un moment, jette ton livre !
Dernière édition par MEDIATOR le Sam 12 Avr 2008 - 13:49, édité 3 fois |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Sam 12 Avr 2008 - 12:49 | |
| Edgar, J'aimerais bien accéder à ta demande et te donner de longues explications. Mais je me contenterai, à mon grand regret et sans intention personnelle, de répondre "joker".
Il se trouve qu'à l'époque j'ai beaucoup donné pour cette "cause" qui n'en est pas une, le simple fait d'exprimer mon opinion et de m'y tenir. Il ne faisait pas bon le faire, on pouvait éveiller des réactions plus qu'hostiles — et j'y ai laissé pas mal de ma tranquillité, il y a même eu harcèlement et campagne de diffamation, vu que j'avais affaire à un phénomène de secte. Soit dit en passant, la violence des réactions que j'ai suscitées a été pour moi une preuve (si j'en avais eu besoin) que je tapais dans le mille. C'est loin maintenant mais je n'ai pas envie d'en dire davantage.
Je dirai seulement deux choses, l'essentiel à mes yeux:
Trop absorbée à parer les attaques et ensuite à me protéger, je n'ai pas eu le temps (et pas tellement l'envie) de préparer mon analyse systématique non pas de Houellebecq etc., dont je me fous en réalité, mais du phénomène plus large dont son genre d'expression était le symptôme. Or cette analyse ne devait pas se porter sur le plan moral, ni sur le plan littéraire, ni même sur le plan politique, mais uniquement sur le plan de la grammaire, de la syntaxe et du vocabulaire. C'était à partir de ces données qu'on obtenait la clé vers l'analyse morale, sociale et politique de ce phénomène (considérablement fabriqué, et je connais un peu les dessous de cette fabrication). Je n'ai pas fait cela, j'aurais dû. Maintenant je pense qu'il est trop tard pour le faire, ne serait-ce que parce que le sujet a perdu beaucoup de son actualité (et tant mieux). Mais aussi parce que le mal est fait, en quelque sorte.
Ensuite, tu écris ceci :
| Citation: | | Je ne vois pas comment je me serai retrouvé à lire Michéa sans des étapes intermédiaires comme Houellebecq ou même Soral |
Et tu vois, je suis contente de lire ces lignes parce que c'est à ma connaissance la première conséquence positive, constructive, que je voie à la lecture de Houellebecq depuis que celui-ci existe, et probablement la première réaction intelligente à cette lecture que j'enregistre. Soral, malgré ses quelques lacunes, me paraît infiniment plus sain et plus constructif.
J'ouvre une parenthèse à propos des "analystes structuralistes", sociologues ou démographes comme Todd : bien sûr ils n'apportent pas de solutions. Ce n'est pas leur rôle. Toutefois ils apportent des pistes de réflexion à partir d'observations fondées sur la réalité, non sur des interprétations, et sans avoir de compte particulier à régler avec le monde. Cette forme de neutralité et cette relative impersonnalité les rendent précieux. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Sam 12 Avr 2008 - 12:52 | |
| | MEDIATOR a écrit: | | Ou posture (ainsi Stalker le blogueur se prenant parfois un peu trop pour Bloy). |
Un peu ? Vous êtes gentil. Mais de toute façon, n'est pas Bloy qui veut.
| Citation: | | Souvenons-nous du conseil gidien à ce sujet : à un moment, jette ton livre ! |
Très juste, et le problème français consiste à rester collé à ses livres avec la pire des glus. Et si tu rencontres le Bouddha, tue-le. (J'ai tendance à me servir un peu souvent de ce kôan, mais que voulez-vous, je l'aime...) |
|  | | ALM Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 13 Mai 2007 Messages : 87
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Sam 12 Avr 2008 - 15:28 | |
| L'expérience d'Edgar, comme la mienne d'ailleurs, souligne le principe "d'utilité relative" dont nous parlons. La connaissance décrit nécessairement une suite de cercles concentriques, et un même phénomène peut se comprendre à plusieurs niveaux. Je pense qu'un fil s'imposerait ici; pour l'heure, disons simplement que la notion d'isthme est cruciale en la matière.
La citation de Gide arrive à point nommé, d'abord parce qu'elle est juste, mais aussi car elle me permettra de préciser en quoi "un certain refrain réac" peut s'avérer horripilant:
" H. Bosco rapporte l'essentiel d'une conversation qu'il eut avec André Gide à Rabat: "La conversation s'étant quelque peu échauffé", raconte Henri Bosco, il (André Gide) s'écria soudain: "Si Guénon a raison, eh bien! toute mon oeuvre tombe...A quoi quelqu'un lui répondit: "Mais alors d'autres tombent avec elle, et non des moindres, celle de Montaigne, par exemple..." C'était, certes, tomber en excellente compagnie, et, en fait, ne pas trop courir le risque de tomber vraiment. En évoquant cette chute fictive et fraternelle de Montaigne et de Gide, on réservait la part du moraliste. Elle est de taille.
Gide réfléchissait. A le voir, il ne semblait pas satisfait de cette éventualité, somme toute, très honorable: elle l'inquiétait. Enfin, ému, il avoua la raison de son inquiétude: "Je n'ai rien, absolument rien à objecter à ce que Guénon a écrit. C'est irréfutable." Comme aucun de nous ne se jugeait en mesure de réfuter ce que Gide, lui-même, venait de déclarer irréfutable, on se taisait. L'aveu inattendu était d'une telle importance qu'il ne pouvait être suivi que d'un silence approbatif dont cependant nul de nous n'attendait qu'il annonçât une déclaration de ralliement à la doctrine de Guénon. ::
En effet, Gide dit: "Les jeux sont faits, je suis trop vieux." Ce retour sur lui-même, loin de l'abattre, le réconforta. Il reprit pied. "Et puis, affirma-t-il, j'aime passionnément la vie, la vie multiple. Je ne consens pas à priver la mienne du plaisir qu'elle prend à la diversité merveilleuse du monde, et pourquoi? pour sacrifier à une abstraction: à l'unité, l'Unité indéfinissable! Mais définir me plait par-dessus toutes choses.
Les êtres limités, les créatures périssables, seules m'intéressent et suscitent mon amour, mais non pas l'Etre, l'Etre éternel, l'Etre illimité. Je ne tiens pas du tout à m'y perdre, mais , bien au contraire, à m'y conserver, tant que je vis."
Bibliographie H. Bosco. o.c page 50 N.R.F 1951
Beaucoup de "réactionnaires" suivent le même cheminement; ils voient et entendent bien des choses, mais se contente pourtant de stagner à la circonférence: "Mieux vaut être roi en Enfer que serviteur au Paradis"... |
|  | | Edgar Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 01 Fév 2008 Messages : 46
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Lun 14 Avr 2008 - 16:24 | |
| | Si ma mémoire est bonne, à la fin de La possibilité d'une île, Houellebecq invalide consciemment tout ce qu'il a mis en place auparavant. L'Utopie qu'il appelait de ses voeux dans Les Particules élémentaires et qu'il imagine dans La possibilité... ne peut pas fonctionner, il a eu l'intelligence de s'en rendre compte et de l'écrire. C'est aussi pour ça que je l'apprécie, je ne pense pas qu'il soit braqué sur une position, il peut encore évoluer. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Lun 14 Avr 2008 - 16:36 | |
| | Je crois que considérer le contenu de ses romans comme des "prises de position" est de toute façon une erreur. Sa démarche est d'une autre nature, il n'a pas de position, il est une espèce de générateur d'ondes de brouillage du réel. |
|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Lun 14 Avr 2008 - 21:38 | |
| I)| Edgar a écrit: | Nada, encore une petite question. Tu as écrit: "J'ai été exaspérée, à l'époque, de la floraison et du succès des Muray, Houellebecq, Dantec, etc., non tant à cause de ces auteurs en soi (qui vont du cruellement incomplet — Muray — au médiocre démagogue — Houellebecq) qu'à cause du symptôme sociétal que traduisait l'engouement qui les saluait."
Que traduit ce symptôme selon toi ? (désolé de demander d'écrire là dessus, mais je trouve ça intéressant). |
La meilleure réponse (et meilleure "critique" de Houellebecq) que je connaisse à cette question est celle de l’intervention du Rédacteur en Chef de la (défunte) revue trimestrielle « Relève politique » Xavier Van Lierde lors de son passage à Radio Courtoisie (dans l’émission d’Olivier Pichon), au sujet de la présentation du dernier numéro (3 d’automne 2002) de cette revue avec un dossier spécial sur « la galaxie des nouveaux réactionnaires » (parmi lesquels figuraient Alain Soral, Houellebecq, Dantec, etc.). Voici qu'elle fût la présentation de Michel Houellebecq :
| Citation: | Michel Houellebecq est considéré comme l’écrivain actuelle qui a su le mieux démontrer à travers ses romans la façon dont la démocratie est devenu totalitaire… la façon aussi dont elle a provoqué les fruits amères que sont l’individualisme mais aussi, donc, la solitude…
Dans ses romans, Michel Houellebecq dépeint cet homme de la fin de l’histoire : [un homme] accablé, dans une société dans laquelle il ne peut plus se reconnaître de contemporain, non pas parce qu’il serait [devenu] un être d’exception mais parce que tout le monde est devenu gris, triste, écrasé… Ecrasé aussi par la concurrence de tous contre tous, la guerre de tous contre tous… Voilà ce qu’il a décrit, avec des pages qui sont certes – je préviens les auditeurs – souvent très crues mais aussi très vraies...
Et lorsqu’on décrit aussi une société qui est moche, il est parfois intéressant d’un point de vue littéraire d’utiliser des mots qui ne le sont pas moins, et qui heurtent. |
EDIT : Dans l’émission du « Libre Journal de la nuit de P.M Coûteau » (16/3/8 ) ** portant sur le thème « La génération 68 est-elle révolue », Saint-Robert a dit au sujet de Houellebecq que peu de gens (qui l’ont « lu ») ont vu (ou compris) que son œuvre est une « condamnation radicale (des conséquences) de mai 68 » !... au travers les portraits/parcours de ses personnages : « une démonstration parfaite de l’échec de mai 68 (et de ses soi-disant valeurs (pseudo)promesses… »
** Prochaine redif : Vendredi soir de 21h30 à 23h00. Ou bien dispo ici en téléchargement : http://www.megaupload.com/fr/?d=JLT19G0R
II)
| ALM a écrit: | [Gide] reprit pied. "Et puis, affirma-t-il, j'aime passionnément la vie, la vie multiple. Je ne consens pas à priver la mienne du plaisir qu'elle prend à la diversité merveilleuse du monde, et pourquoi ? pour sacrifier à une abstraction : à l'unité, l'Unité indéfinissable ! Mais définir me plait par-dessus toutes choses.
Les êtres limités, les créatures périssables, seules m'intéressent et suscitent mon amour, mais non pas l'Etre, l'Etre éternel, l'Etre illimité. Je ne tiens pas du tout à m'y perdre, mais, bien au contraire, à m'y conserver, tant que je vis."
Bibliographie H. Bosco. o.c page 50 N.R.F 1951
Beaucoup de "réactionnaires" suivent le même cheminement ; ils voient et entendent bien des choses, mais se contente pourtant de stagner à la circonférence : "Mieux vaut être roi en Enfer que serviteur au Paradis"... |
C’est un thème qu’on retrouve aussi pas mal dans l’œuvre de Cioran (1911-1995). Ainsi par exemple dans La Chute dans le Temps (1964) au chap. « Les dangers de la sagesse » :
| Citation: | Se réaliser, c'est se vouer à la griserie du multiple.
Dans l'Un rien ne compte, sinon l'Un lui-même. Brisons-le donc, si nous tenons à échapper à l'envoûtement de l'indifférence, si nous voulons que prenne fin la monotonie en nous et hors de nous.
Tout ce qui chatoie à la surface du monde, tout ce qu'on y qualifie d'intéressant, est fruit d'ivresse et d'ignorance. A peine sommes-nous dégrisés, que nous ne distinguons partout que ressassement et désolation.
Issue de l'aveuglement, la diversité se défait au contact du cafard, qui est savoir foudroyé, goût pervers de l'identité et horreur du nouveau. |
(en complémentaire re)lire aussi ces passages déjà donnés ici dans ce post « ENNUI (de l’un) ET VIE (du multiple) DÉLIRE » : http://vraishommes.frbb.net/fosse-de-babel-f17/chamanisme-t2328-80.htm#61752
+ dans Cahiers, p. 552 :
| Citation: | Ceux qui cherchent intensément la Vérité sont souvent dépourvus de talent. Car le talent implique complaisance, et goût de soi, et passion de s'exercer ; il vous arrête en chemin. Il est un obstacle à l'absolu. Tout talent implique compromis, comme tout ce qui se complaît à l'expression. |
+ dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. V :
| Citation: | | Plus quelqu’un est comblé de dons, moins il avance sur le plan spirituel. Le talent est un obstacle à la vie intérieure. |
+ dans Écartèlement (1979), Chap. « Ébauches de vertige », IV :
| Citation: | | On n’est vrai que dans la mesure où l’on n’est encombré d’aucun talent. |
_________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Jeu 17 Avr 2008 - 0:26, édité 2 fois |
|  | | grib Adepte de la cabale


 Inscrit le : 19 Nov 2007 Messages : 313
 | Sujet: Re: Philippe MURAY Mar 15 Avr 2008 - 6:30 | |
| | Tout cela est très interessant, je dois dire, c'est vraiment ce genre de reflexions que l'on ne trouve plus, que rarement. Mais le texte de Murray, est le ba-ba du genre, quand même, par rapport à Cioran, que je viens de lire là. Je me permettrai juste d' y faire une petite synthèse "Ceux qui cherchent intensément la Vérité sont souvent dépourvus de talent" et "Plus quelqu’un est comblé de dons, moins il avance sur le plan spirituel", certes cela est peut-être vrai, mais n'infirme pas l'hypothèse que celui qui trouve la vérité est comblé de dons, cela est dans le nouveau testament, en substance,: heureux les pauvres, et les simples d'esprits car il ont leur richesse au ciel, et les riches comblés en surabondance de leur auto-prodigalité l'on sur terre. Comme aucun ne lèvite ici-bas, j'imagine que cette jolie leçon de choses spirituelle peut s'entendre comme suit: les riches sur terre écrasent les pauvres. |
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