| | Que pensez vous de ces lignes de Céline | |
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Invité Invité
 | Sujet: Que pensez vous de ces lignes de Céline Ven 13 Juil 2007 - 22:03 | |
| . Toute la Russie vit au dixième du budget normal, sauf Police, Propagande, Armée... Tout ça c'est encore l'injustice rambinée sous un nouveau blase, bien plus terrible que l'ancienne, encore bien plus anonyme, calfatée, perfectionnée, intraitable, bardée d'une myriade de poulets extrêmement experts en sévices. Oh ! pour nous fournir des raisons de la déconfiture canaille, de la carambouille gigantesque, la dialectique fait pas défaut !... Les Russes baratinent comme personne ! Seulement qu'un aveu pas possible, une pilule qu'est pas avalable : que l'Homme est la pire des engeances !... qu'il fabrique lui-même sa torture dans n'importe quelles conditions, comme la vérole son tabès... C'est ça la vraie mécanique, la profondeur du système !... Il faudrait buter les flatteurs, c'est ça le grand opium du peuple... L'Homme il est humain à peu près autant que la poule vole. Quand elle prend un coup dur dans le pot, quand une auto la fait valser, elle s'enlève bien jusqu'au toit, mais elle repique tout de suite dans la bourbe, rebecqueter la fiente. C'est sa nature, son ambition. Pour nous, dans la société, c'est exactement du même. On cesse d'être si profond fumier que sur le coup d'une catastrophe. Quand tout se tasse à peu près, le naturel reprend le galop. Pour ça même, une Révolution faut la juger vingt ans plus tard. " Je suis ! tu es ! nous sommes des ravageurs, des fourbes, des salopes ! " Jamais on dira ces choses-là. Jamais ! Jamais ! Pourtant la vraie Révolution ça serait bien celle des Aveux, la grande purification ! Mais les Soviets ils donnent dans le vice, dans les artifices saladiers. Ils connaissent trop bien les goupilles. Ils se perdent dans la propagande. Ils essayent de farcir l'étron, de le faire passer au caramel. C'est ça l'infection du système. Ah ! il est remplacé le patron ! Ses violences, ses fadaises, ses ruses, toutes ses garceries publicitaires ! On sait la farder la camelote ! Ça n'a pas traîné bezef ! Ils sont remontés sur l'estrade les nouveaux souteneurs !... Voyez les nouveaux apôtres... Gras de bide et bien chantants !.... Grande Révolte ! Grosse Bataille ! Petit butin ! Avares contre Envieux ! Toute la bagarre c'était donc ça ! En coulisse on a changé de frime... Néo-topazes, néo-Kremlin, néo-garces, néo-lénines, néo-jésus ! Ils étaient sincères au début... à présent, ils ont tous compris ! (Ceux qui comprennent pas : on fusille). Ils sont pas fautifs mais soumis !...Ça serait pas eux, ça serait des autres... L'expérience leur a profité... Ils se tiennent en quart comme jamais... L'âme maintenant c'est la " carte rouge "... Elle est perdue ! Plus rien !... Ils les connaissent eux tous les tics, tous les vices du vilain Prolo... Qu'il pompe ! Qu'il défile ! Qu'il souffre ! Qu'il crâne !... Qu'il dénonce !... C'est sa nature !... Il y peut rien !... Le prolétaire ? en " maison " ! Lis mon journal ! Lis mon cancan, juste celui-là ! Pas un autre ! et mords la force de mes discours ! Surtout va jamais plus loin, vache ! Ou je te coupe la tête ! Il mérite que ça, pas autre chose !... La cage !... Quand on va chercher les flics on sait bien tout ce qui vous attend !... Et c'est pas fini encore ! On fera bien n'importe quoi, pour pas avoir l'air responsables ! On bouchera toutes les issues. On deviendra " totalitaires ! " Avec les juifs, sans les juifs. Tout ça n'a pas d'importance !... Le Principal c'est qu'on tue !... Combien ont fini au bûcher parmi les petits croyants têtus pendant les époques obscures ?... Dans la gueule des lions ?.. Aux galères ?... Inquisitionnés jusqu'aux moelles ? Pour la Conception de Marie ? ou trois versets du Testament ? On peut même plus les compter ! Les motifs ? Facultatifs !... C'est même pas la peine qu'ils existent !... Les temps n'ont pas changé beaucoup à cet égard-là ! On n'est pas plus difficiles ! On pourra bien tous calancher pour un fourbi qu'existera pas ! Un Communisme en grimaces ! .... Ça n'a vraiment pas d'importance au point où nous sommes !... Ça, c'est mourir pour une idée ou je m'y connais pas !... On est quand même purs sans le savoir !... à bien calculer quand on songe, c'est peut-être ça L'Espérance ? Et l'avenir esthétique aussi ! Des guerres qu'on saura plus pourquoi !... De plus en plus formidables ! Qui laisseront plus personne tranquille !... que tout le monde en crèvera... deviendra des héros sur place... et poussière par-dessus le marché !... Qu'on débarrassera la Terre... Qu'on a jamais servi à rien... Le nettoyage par l'Idée... |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Ven 13 Juil 2007 - 22:04 | |
| en fait c'est la fait d'un texte intitulé Mea Culpa, qu'il écrit après son voyage en Union Soviétique. Si quelqu'un est interessé, j'ai la totalité du texte à disposition. |
|  | | Jul le Marteau S.P.E.C.T.R.E


   Age : 100 Inscrit le : 10 Fév 2007 Messages : 1994 Localisation : Lorraine, 54 M&M.
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Ven 13 Juil 2007 - 22:29 | |
| Visionnaire le zig. _________________ Je suis vivant mais c'est comme si j'étais mort. Nous les mangeurs de patates, n'avons pas de rêve. Lesquels pourrions nous avoir? Sakon Shiba. Je préfère mourir pour une cause que vivre pour rien. John J. Rambo. Il y a ceux qui se résignent et ceux qui font du chuintement de leur lame une symphonie... Moi. Ça s'passe à fond, t'entends! Et Vive la putain d'France! Roi Heenok. Tout ça est assez inquiètant... Alain Soral. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Ven 13 Juil 2007 - 23:26 | |
| | ce serait pas le premier des quatres pamphlets interdits ? celui qui dézingue l'illusion communiste ? celui qui est classé comme antisémite alors que le mot "juif" est cité trois fois ? bref, celui que les communistes ont fait censurer sous prétexte d'antisémitisme en france ? |
|  | | Intellocrate Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 20 Jan 2007 Messages : 234
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Ven 13 Juil 2007 - 23:55 | |
| | bob a écrit: | | ce serait pas le premier des quatres pamphlets interdits ? celui qui dézingue l'illusion communiste ? celui qui est classé comme antisémite alors que le mot "juif" est cité trois fois ? bref, celui que les communistes ont fait censurer sous prétexte d'antisémitisme en france ? |
C'est curieux ce désir de censure...
À ma connaissance, aucun des pamphlets de Céline n'est interdit. Céline s'opposait à leur réédition, estimant qu'ils lui avaient fait trop de mal. Après sa mort, c'est sa veuve qui a fait respecter sa volonté. Quand ces oeuvres tomberont dans le domaine public, n'importe qui pourra les éditer. Sauf bien-sûr, et ce n'est hélas pas du tout à exclure, si le flicage de la pensée continue à gagner du terrain.
http://louisferdinandceline.free.fr/indexthe/pamphlets/toutc.htm |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Sam 14 Juil 2007 - 0:12 | |
| Tout à fait : les pamphlets ne sont pas interdits. C'est Céline qui s'est opposés à leur rééddition. Quant à Mea Culpa, on le trouve sans aucun problème dans les Cahiers Céline n°7 de la NRF. Pour les autres pamphlets, bien qu'ayant un réel intérêt littéraire, ce sont par ailleurs des logorrhées racistes et délirantes auxquelles d'ailleurs Céline lui-même ne croyait pas véritablement... |
|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: CÉLINE ET LE COMMUNISME Ven 20 Juil 2007 - 12:56 | |
| | Citation: | L'Homme est la pire des engeances !... (…) L'Homme il est humain à peu près autant que la poule vole. (1) |
Je suis entrain de lire cet essai de Tarmo Kunnas : Céline, Drieu, Brasillach et LA TENTATION FASCISTE (éd. L’homme libre, 2005) ; Le passage donné (ci-dessus) du pamphlet anti-communiste Mea Culpa (1936) de Céline (1894-1961) semble trouver une bonne explication dans cet essai à ce passage du Chap. 2 « LA MÉFIANCE À L’ÉGARD DE LA BONTÉ HUMAINE », p. 52, 54 :
« Si Drieu accepte l’homme tel qu’il est tout comme le jeune Ernst Jünger ou Gottfried, Céline désespère de la vilenie des êtres humains. En décrivant l’égoïsme, l’insensibilité, l’hypocrisie, la cruauté des hommes, Céline proteste et souffre. On n’insiste pas suffisamment sur la misanthropie de Céline : il est de la lignée de La Rochefoucauld, de Swift, de Schopenhauer. (2) (…)
Dans les romans de Céline, ce sont la jalousie et l’envie qui dominent le monde. (…) (3)
Tout comme Drieu, Céline montre l’insuffisance du sentiment qu’on appelle la pitié. » (p.52)
« Le sadisme et l’agressivité sont innés dans l’homme célinien ; la société, la classe, la culture, n’y changent rien.
Céline ne croit pas aux vertus du peuple. Le peuple est envieux et sournois (Cf. Les Beaux draps, p.120).
Dans ses pamphlets politiques, il attaque surtout la classe ouvrière : « Prolo a pas le sens du devoir, il faut que le boulot le conduise, sans pointeau il existe pas. Sans la gradaille bourgeoise au cul, tout seul, c’est plus qu’un robot jouisseur, un anarchiste fade » (L’école des cadavres, p.148).
L’idée pessimiste de l’homme est aussi le fondement de l’anticommunisme Célinien ; il ne voit qu’hypocrisie dans l’expérience communiste : « Ce qui séduit dans le communisme, l’immense avantage à vrai dire, c’est qu’il va démasquer l’Homme, enfin » (Œuvres. III, Mea Culpa, p337).
La raison de l’échec communiste, c’est pour lui justement l’égoïsme foncier de l’homme qui selon lui se fait sentir aussi bien dans les pays dits communistes. (Cf. Œuvres. III, Mea Culpa, p.340).
+ au dernier Chap. 15 « LES ÉCRIVAINS ET LE COMMUNISME », p. 277, 285-286 :
« On dit souvent que la réaction anticommuniste a été la raison principale de la naissance des mouvements fascistes. Il est donc intéressant d’étudier quelle a été l’attitude de nos écrivains vis-à-vis du communisme. Leur vision du monde est, en effet, aux antipodes de l’idéal marxiste :
Le culte de l’irrationnel et de l’instinctif est la négation même du marxisme scientifique soi-disant rationaliste.
La négation du progrès n’est pas seulement une réaction contre l’optimisme libéral, c’est aussi le refus de déterminisme historique.
Le vitalisme biologique, l’antimoralisme, l’antimatérialisme, le nationalisme, l’antiégalitarisme, le racisme s’opposent à l’idéologie marxiste.
L’image tragique de l’homme égoïste est difficilement conciliable avec l’homme communiste. » (p.277)
« Selon nous, l’anticommunisme est chez Céline plus important que chez Drieu. Il attaque violemment le communisme, non seulement dans Mea culpa (1936), mais aussi dans tous les pamphlets * et dans les romans d’après guerres. » (p.285)
* [Cf. Bagatelles pour un massacre (1937), p. 81, 83, 267 ; L’École des cadavres (1938), p. 36, 37, 94, 126, 342.]
« Le terme « socialiste » convient difficilement à Drieu et à Céline, bien qu’ils croient représenter un esprit socialiste. Si celui qui revendique la justice sociale, qui attaque le grand capital est socialiste, ils sont socialistes ; ** mais si le socialiste est celui qui croit à la justice en soi, au progrès indéfini, à la vérité en marche, qui croit que la société peut changer l’homme, ils n’ont rien à voir avec les socialistes. » (p.286)
** « [Céline] va très loin vers la gauche dans son programme social, avec les salaires maxima, la nationalisation des banques, des mines, des chemins de fer, des agences d’assurances, de l’industrie, des grands magasins. » (Cf. Les Beaux draps, p. 97-102) (p.283)
NOTES :
(1) Céline (1894-1961) dans L’École des Cadavres (1938), p. 201 : « L’homme c’est la machine à mentir, Bigorno sournois. »
+ dans Nord (1960), p. 227 : « d’abord n’importe où et n’importe quand, paix, calme plat, guerres, convulsions, vagins, estomacs, verges, gueules, braquets, à ne savoir où les mettre ! à la pelle !... mais les cœurs ?... infiniment rares ! depuis cinq cents millions d’années, les verges, vagins, tubes gastriques, se comptent plus, mais les cœurs ?... sur les doigts !... »
(2) Schopenhauer (1788-1860) dans Aphorismes sur la sagesse dans la vie, p. 160 (+ voir aussi p. 110, 131) : « Aucun homme quelque peu supérieur, aucun de ceux qui n’appartiennent pas à cette majorité des cinq sixièmes des humains si strictement dotée par la nature, ne pourra s’affranchir d’une certaine teinte de misanthropie quand il a dépassé la quarantaine. Car, ainsi qu’il était naturel, il avait jugé les autres d’après lui et a été peu à peu tiré d’erreur ; il a compris qu’ils sont bien arriérés par rapport à lui soit par la tête, soit par le cœur, le plus souvent même par les deux, et qu’ils ne pourront jamais balancer leur compte. »
(3) = Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 730 : « La société est un système, un corps de jalousies. Il n'est pas facile de savoir qui vous envie. En principe on est envié toutes les fois qu'on exécute quelque chose qu'un autre, connaissance ou ami, aurait voulu accomplir. Un inconnu ne vous jalouse pas ou rarement ; la condition essentielle de la jalousie est qu'on connaisse votre gueule. C'est pourquoi celui qui ne se montre pas, qui se cache, n'est pas l'objet de ce sentiment éminemment naturel et bas. »
+ voir aussi les propos ultra pessimistes sur la nature humaine (jalousie, méchanceté, etc.), dans les Entretiens, p. 56, 171, 250-253, 267, 273-275. _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
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|  | | MAGGLE Pax Christi


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 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Ven 20 Juil 2007 - 13:10 | |
| | JOHN a écrit: | | « LA MÉFIANCE À L’ÉGARD DE LA BONTÉ HUMAINE » |
Comment peut-on se méfier de la bonté humaine ? Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance...
Et si au final c'était Bloy qui manquait à Céline ? (question ouverte) _________________ Cadavres de tous les placards : Unissez-vous ! A Rome, fais comme les Barbares ! il est obligé d'obliger ! |
|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: BONTÉ ET BLOY Ven 20 Juil 2007 - 20:34 | |
| | MAGGLE a écrit: | | Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance... |
C’était bien tenté mais… Faux !... Pour démentir une bonne fois pour toute cette (fausse) pseudo nuance, voici ces passages types du Voyage au bout de la nuit (1932) (de l'éd. folioplus) :
« La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et surtout ce qui vous a fait crever, et de crever sans comprendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de ce qu’on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis descendre. Ça suffit comme boulot pour une vie entière. » (p.31) *
* + dans Cahiers Céline, tome2, p. 138-139 : « L’homme ça n’existe pas… fiction d’homme !... C’est abominablement raté… aucune vertu… aucune qualité… nom de Dieu !... Homo faber… juste bon à fabriquer des trucs pour aller sur la lune… le matérialisme, quoi… instinct maternel… le reproduction domine !... Ils prétendent être des hommes… ouais… espèce de singe malfaisant… lubrique […] un « hominien »… oui, mon p’tit… un « hominien »… « Ecce homo », j’t’en foutrais !... nihil homo… voilà. »
« L’égoïsme des êtres qui furent mêlés à notre vie, quand on pense à eux, vieilli, se démontre indéniable, tel qu’il fut c’est-à-dire, en acier, en platine, et bien plus durable encore que le temps lui-même. » (p.225)
« Tant qu'il faut aimer quelque chose, on risque moins avec les enfants qu'avec les hommes, on a au moins l'excuse d'espérer qu'ils seront moins carnes que nous autres plus tard. On ne savait pas. » (p.260)
« Peu d’êtres en ont encore un petit peu après les vingt ans passés de cette affection facile, celle des bêtes. Le monde n’est pas ce qu’on croyait ! Voilà tout ! » (p260)
« A mesure qu’on reste dans un endroit, les choses et les gens se débraillent, pourrissent et se mettent à puer tout exprès pour vous. » (p.292)
« On n’est jamais très mécontent qu’un adulte s’en aille, ça fait toujours une vache de moins sur la terre, qu’on se dit, tandis que pour un enfant, c’est tout de même moins sûr. Il y a l’avenir. » (p.300)
« Un peu meilleur l’endroit [nouveau] dans les débuts, forcément, parce qu’il faut toujours un peu de temps pour que les gens arrivent à vous connaître, et pour qu’ils se mettent en train et trouvent le truc pour vous nuire. [Telles des hyènes fouinant vos failles] Tant qu’ils cherchent encore l’endroit par où c’est le plus facile de vous faire du mal, on a un peu de tranquillité, mais dès qu’ils ont trouvé le joint alors ça redevient du pareil au même partout. En somme, c’est le petit délai où on est inconnu dans chaque endroit nouveau qu’est le plus agréable. Après, c’est la même vacherie qui recommence. C’est leur nature. Le tout c’est de ne pas attendre trop longtemps qu’ils aient bien appris votre faiblesse les copains. Il faut écraser les punaises avant qu’elles aient retrouvé leurs fentes. » (p.367)
« Ça fait du bien trois êtres de moins à vous connaître donc à vous épier et à vous nuire, qui ne savent même plus du tout ce que vous êtes devenu. C’est bon. » (p.369)
« C’est bon les villes inconnues ! C’est le moment et l’endroit où on peut supposer que les gens qu’on rencontre sont tous gentils. » (p.405) *
* = Schopenhauer (1788-1860) dans Aphorismes sur la sagesse dans vie, p. 93 : « Presque toutes choses en ce monde peuvent être dites de noisettes creuses ; le noyau est rare par lui-même, et plus rarement encore est-il logé dans la coque. Il faut le chercher tout autre part, et on ne le rencontre d’ordinaire que par hasard. »
| MAGGLE a écrit: | | Et si au final c'était Bloy qui manquait à Céline ? (question ouverte) |
A ce sujet Céline (1894-1961) a écrit dans son dernier roman, Rigodon (1961), p. 258, 291 :
« Bloy se plaignait terrible, il avait pas été au gnouf, ni à la guerre, précisément ce qui lui manquait, un peu comme les gens d’aujourd’hui, si baffrants, grognasseux biberons, flatulents… et notre Grand Visage Pâle dites donc ? l’immense malheureux ! qu’à ramasser les détritus des belles géantes écrabouilleries ! gangrènes, loques, mélis-mélos d’Oural, Stalingrad, Maginot… race blanche au pilon !... plus de degrés, plus rien !... Boulevard Saint-Michel à Hong Kong !... comme vous voulez !... tout jaune vous serez, vous êtes déjà, et merde ça boume !... et noirs en sus ! le blanc a jamais été que « fond de teint »…. » (p.258)
« Moi qu’ai fait deux ans de réclusion pavillon K Vesterfangsel je vous bluffe pas… d’abord de même tous les patelins, la vérité est qu’en prison (1), dehors tout est que babillages, postillons de salons, hors cellule tout est gratuit rien est payé… […] Moscou, Amérique, Carpentras, kif au même… passez-y vingt-quatre heures en tôle, [au moins une fois dans votre vie de con] vous saurez [réalisez et comprenez enfin] tout, vingt ans en touriste, vous reviendrez plus puceau que jamais… » (p.291)
+ dans Féerie pour une autre fois (1952), p. 58, 67 :
« C’est le fond des sociétés humaines, les chiourmes, les cellules, les menottes… faut connaître !... les hôpitaux, les malades, je suis au courant… la guerre aussi… avant de cramser faut tout savoir !... par un regret !... Ah cet amour-propre qu’on emporte à l’article, en exaltation ! Vercingétorix ! Pétain ! Voltaire ! Blanqui ! Oscar Wilde ! Lecoin ! Jaurès ! Thorez ! M. Braguet ! François 1er ! Sacco ! c’est des prédécesseurs un peu ! et d’autres ! et Latude ! Qui qu’a pas été en cellule c’est du chochotte drôle… c’est que du venteux bibelot petit être… Grogneugneu ! qu’il fait… il sait pas… et qu’il veut rien apprendre loustic ! Causer, mentir, sa machine !... pour ça que le monde reste si con… » (p.58)
« Soyons sérieux, avouons les choses, vingt mois de cellule, trente mois, trente ans, pour vous, c’est rien !... Vous êtes dehors !... c’est le divin alcool d’être dehors !... Sont tous fous d’amour-propre dehors ! […] Ils ont tous un « grigri » dans le bide qu’ils pensent qu’ils tomberons jamais !... Saoulez-vous bien ! Prières et tout ! Lourdes que ça dure !... » (p.67)
(1) Sur la prison voir aussi les passages D’un château l’autre (1957), p. 90, 145, 143, 148, 273, déjà donnés sur : http://vraishommes.frbb.net/boite-a-lettres-f15/caracteristiques-du-genie-authentique-t250.htm#4279 _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Mer 21 Mai 2008 - 22:25, édité 2 fois |
|  | | ajax Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 21 Nov 2006 Messages : 1756
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Ven 20 Juil 2007 - 23:32 | |
| | MAGGLE a écrit: | | JOHN a écrit: | | « LA MÉFIANCE À L’ÉGARD DE LA BONTÉ HUMAINE » |
Comment peut-on se méfier de la bonté humaine ? Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance...
Et si au final c'était Bloy qui manquait à Céline ? (question ouverte) |
c'est volontaire l'utilisation du verbe "incarner" ? (d'un château l'autre).
Plus sérieusement, j'aimerais comprendre ta question ouverte. Veux tu sous entendre que Céline manquait, en lui même, de ce mysticisme féroce et exacerbé qui animait Bloy ? Si c'est ça, ma réponse est nouin. Céline était un vrai mystique au fond de lui et Zagdanski l'a très bien démontré dans son "Céline Juif" (la meilleure bio de Céline à mon humble avis). Seulement, et là je me retourne vers les autres bios, Céline était trop introverti pour dévoiler sa base théorique. |
|  | | MAGGLE Pax Christi


 Inscrit le : 01 Oct 2006 Messages : 2327 Localisation : orgueil, grosse tête, arrogance, suffisance...
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Sam 21 Juil 2007 - 0:31 | |
| | ajax a écrit: | | MAGGLE a écrit: | | JOHN a écrit: | | « LA MÉFIANCE À L’ÉGARD DE LA BONTÉ HUMAINE » |
Comment peut-on se méfier de la bonté humaine ? Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance...
Et si au final c'était Bloy qui manquait à Céline ? (question ouverte) |
c'est volontaire l'utilisation du verbe "incarner" ? (d'un château l'autre). |
Non, c'est juste l'impression de quelqu'un qui n'a lu de lui que Le voyage et Mort à crédit. Tu peux développer le rapport entre "incarner" et D'un château l'autre si tu veux. Je suis toute ouïe...
| ajax a écrit: | | Plus sérieusement, j'aimerais comprendre ta question ouverte. Veux tu sous entendre que Céline manquait, en lui même, de ce mysticisme féroce et exacerbé qui animait Bloy ? |
Oui.
| ajax a écrit: | | Si c'est ça, ma réponse est nouin. Céline était un vrai mystique au fond de lui et Zagdanski l'a très bien démontré dans son "Céline Juif" (la meilleure bio de Céline à mon humble avis). Seulement, et là je me retourne vers les autres bios, Céline était trop introverti pour dévoiler sa base théorique. |
Je n'ai pas lu le Zagdanski dont tu parles. Mais le titre m'intrigue. Tu peux résumer la substantifique moelle ?
Idem pour la base théorique vu que ma question était ouverte... _________________ Cadavres de tous les placards : Unissez-vous ! A Rome, fais comme les Barbares ! il est obligé d'obliger ! |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Sam 21 Juil 2007 - 0:42 | |
| Ce que c'est bon, Céline, ce que c'est bon !
(ça y'est, je me pâme............) :drunken: |
|  | | ajax Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 21 Nov 2006 Messages : 1756
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Sam 21 Juil 2007 - 0:44 | |
| Alors, sur d'un château l'autre, Céline délire sur le verbe incarner verbe incarné (*) en disant, en substance "dis à quelqu'un qu'il incarne quelque chose" il se sentira plus pisser. Ce délire à mourir de rire fait suite à une discussion qu'il a avec Pierre Laval à Sigmaringen où il lui dit, pour avoir la paix et des papelards (un titre de gouverneur de St Pierre et Miquelon, entre autres), "Vous incarnez la France".
Le Zagdanski sur Céline est une lecture croisée de Céline et du Talmud où Zagdanski voit clairement dans Céline une grande culture judaïque et une vraie sensibilité aux textes saints hébreux. C'est d'une qualité et d'une érudition inimitable.
Sur la base théorique de Céline, on n'en sait pas grand chose. Même Rebatet (je cite de mémoire, il se peut que ça ne soit pas lui) dit que Céline cachait toute sa bibliothèque par pudeur comme les paysans.
Or quand tu le lis, tu vois tout de suite que le mec a une culture très importante. Shakespeare, Dostoievski, les grecs, Stevensonil passe son temps à sauter d'un mysticisme à l'autre. La seule fois où il est vraiment sérieux, exégète devrais-je dire, c'est quand il parle de Rabelais dans un superbe article où il dit, globalement, que Rabelais a raté son coup vu que les classiques ont foutu son style à la trappe (sous entendu, moi ça marche les gars).
(*) cette correction montre combien on se laisse aller au trucs automatiques... verbe incarné, j'ai écrit ça au moins 100 fois ces derniers temps sur les textes que j'ai préparés au sujet de "La vie de Jésus" de Renan. |
|  | | MAGGLE Pax Christi


 Inscrit le : 01 Oct 2006 Messages : 2327 Localisation : orgueil, grosse tête, arrogance, suffisance...
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Dim 22 Juil 2007 - 13:20 | |
| Merci Ajax,
Ce qui m'intéressait sur Zagdanski, c'était surtout le parallèle entre le titre du livre et les origines de l'auteur...
C'est le genre de provoc qui ne peut pas faire l'économie d'une réflexion je trouve... Comment l'articule-t'elle (s'il toutefois il l'articule) ?
Je ne doute pas que son livre soit très intéressant, mais d'autre part, j'ai vu une vidéo dans laquelle il réglait assez minablement d'obscurs comptes avec Nabe ( Il serait antisémite parce que les Marx Brothers seraient trois et que lui est fils unique ). Il dit que c'est Nabe lui même qui lui a raconté ça. Je ne sais pas ce que Nabe lui a vraiment raconté, mais il a manifestement mal compris. Ou pire : volontairement tordu ses propos...
Je précise à toutes fins utiles que Nabe est fan des Marx Brothers... _________________ Cadavres de tous les placards : Unissez-vous ! A Rome, fais comme les Barbares ! il est obligé d'obliger ! |
|  | | ajax Banni(e) parce que je le vaux bien


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 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Dim 22 Juil 2007 - 14:07 | |
| et je précise que Zagdanski et Nabe sont les deux meilleurs amis du monde. Zagdanski est dans tous les coups de Nabe et réciproquement. Méfiance.
Céline Juif, je l'ai lu il y a 15 ans et plus depuis, excuse moi de ne pas me rappeler de tout. |
|  | | MAGGLE Pax Christi


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 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Dim 22 Juil 2007 - 14:16 | |
| En tous cas, c'est confirmé par Nabe (du moins jusqu'à l'été 2000) :
| Citation: | MON MEILLEUR AMI
Je viens de perdre mon meilleur ami. C'est un grand garçon goguenard aux grandes oreilles et débordant de jovialité. Il parle fort et rit violemment. Il porte des lentilles de contact, des chaussettes Burlington et des chemises roses. Très intelligent, il est plus malin encore. Mon meilleur ami croit que je suis son meilleur ami, mais c'est lui qui est le mien.
Mon meilleur ami est si grotesque, si immature, prétentieux, parano, fébrile et myope qu'on pourrait croire que je parle de moi quand je parle de lui, et lui-même ne manque pas de voir de la projection dans tout ce qu'on peut dire de lui et qui l'indiffère, d'après ce qu'il prétend. Pourtant, hélas, il y a si peu de vrai dans ce que mon meilleur ami pense des autres et de lui-même, qu'il est de mon devoir de parler.
Si je me charge de sauver l'âme de mon meilleur ami en révélant toute la richesse de sa nature, c'est que j'ai beaucoup d'affection pour lui. Je ne peux pas laisser ce soin à un autre, pour la simple raison que mon meilleur ami n'a qu'un seul problème : moi.
J'ai longtemps voulu ignorer cette obsession, afin qu'elle ne gâche pas les bons moments passés ensemble, et lorsque mon meilleur ami a écrit enfin ce qu'il pensait de moi et de mon travail, il a bien fallu me rendre à l'évidence. Je suis son enfer. Qu'est-ce qu'il devait être mal à l'aise à feindre l'amitié et l'admiration pour celui qu'il considérait comme son meilleur ami ! Quelle culpabilité retournée comme un gant par l'arrogance ! Quelle gymnastique yoga-zen pour me haïr de si près ! Que tout cela semble démodé, mais que tout cela est passionnant !
Car si « l'affaire meilleur ami » peut m'aider à aller plus profond dans mes recherches psychologiques, tant mieux. Elle tombe au moment où je m'interroge le plus sur l'importance de l'affectif. Toute la société contemporaine aimerait ne parler que de ça, car c'est la seule chose qui ravage encore secrètement les esprits. Je suis très optimiste sur la tournure des événements affectifs. Bientôt, les individus oseront dire que leur vie n'est envahie que par ce lierre : le sentiment. Les vrais triomphateurs du XX siècle seront ceux qui n'auront pas honte d'exprimer leurs sentiments, leurs ressentiments, et qui en tireront un enseignement.
On est loin de mon meilleur ami et pourtant si proche dans sa moiteur de martyr hilare, dans sa douleur d'autohypocrite malfaisant, dans sa très intéressante terreur.
Quand j'ai connu mon meilleur ami, il avait des crises de nerfs dorsales. Il tressaillait comme sous des coups de poignard dans le dos qui le terrassaient et lui faisaient faire d'atroces grimaces comiques teintées de haine. C'est là que nous aurions tous dû comprendre qui était mon meilleur ami. Quelqu'un qui sent son propre moi impuissant et envieux lui donner rageusement de petits coups de couteau par-derrière, pour le punir d'être incapable de jouir. Faire semblant, simuler, tromper, leurrer, induire en erreur pour mieux ricaner ensuite comme un canard qui ne s'apercevrait pas qu'on lui a coupé la tête, telles sont les compensations orgasmiques de mon meilleur ami.
Je n'imaginais pas que mon meilleur ami souffrait à ce point de mon affectueuse présence. C'est ma faute. J'aurais dû faire attention à ne pas être aussi sincère et confiant : il prenait ça pour des leçons de morale et pour de l'envie de ma part !... Mon meilleur ami me reprochait d'être trop généreux avec tout le monde. Je l'étais aussi avec lui, ça ne semblait pas le gêner que par indulgence je l'aie laissé croire qu'il était écrivain comme moi. Sacré meilleur ami ! Je n'ai pas eu le coeur de lui dire qu'il est « un gentil garçon », comme dit de lui le meilleur écrivain français vivant. Sympathique, trop sympathique. Un cultivé rigolard et doué qui aime lire et vivre dans les livres des autres, bref un homme de lettres, comme la France qu'il aime tant en compte depuis des siècles.
La vanité de mon meilleur ami est d'autant plus forte qu'il la cache dans son ventre. Il la protège et l'étouffe comme un enfant qu'il porterait toute la journée, et qu'il délivrerait en rentrant chez lui. Il est perpétuellement engrossé par sa prétention et, le soir, il en accouche dans le sang et la merde, ça doit être horrible. Et, le lendemain, ça recommence. Pauvre meilleur ami ! Comme tout est faux chez lui, il passe son temps à faire passer sa vanité pour de l'orgueil, comme une femme se croit enceinte, alors qu'elle fait une grossesse nerveuse, mais l'orgueil ce n'est pas ça, meilleur ami, ce n'est pas ça.
Souffrir n'est pas un péché : c'est ce que la Bible n'a pas appris à mon meilleur ami. Lui préfère faire semblant de ne pas souffrir, car il se croit libre de tricher avec lui-même. Quand il se vante de n'avoir connu qu'une souffrance, celle d'avoir été obligé de rester toute une nuit assis, plutôt que couché, dans un train, il fait semblant d'en rire, mais l'impuissance à souffrir, inconsciemment et consciencieusement, fait son chemin. Ah ! l'inconscient de mon meilleur ami ! H ne pense jamais qu'à celui des autres. Le sien, il nous fait croire qu'il s'en moque avec pudeur, mais non : il ne le maîtrise pas, tout simplement. Amoureux de son cerveau (dix auto-coups de foudre par jour ne suffisent pas à épuiser la redécouverte toujours plus éberluée des fulgurances de son organe crânien), il ne sait pas à quel point les autres, intelligents ou idiots, voient clair dans son inconscient jaillissant comme par les trous d'une passoire, par tous les pores de sa peau rosée d'autosatisfaction feinte. |
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|  | | MAGGLE Pax Christi


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 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Dim 22 Juil 2007 - 14:21 | |
| SUITE :| Citation: |
Pour mon meilleur ami, toute personne qui n'est pas de son avis est un antisémite, un homosexuel, ou un Français. Mon meilleur ami ne comprend rien à (en vrac) : la musique, la nature, la mer, la pénétration, les nuages, les animaux, et bien sûr la littérature qu'il croit dominer par sa culture livresque. Mon meilleur ami a fait croire qu'il était né écrivain, mais il n'a commencé à avoir l'idée de le devenir que lorsqu'il s'est abonné à L'Infini.
Mon meilleur ami est un bourgeois de Louveciennes qui aurait fait un excellent bibliothécaire, il aime tellement lire ! Il croit que lire, c'est écrire, alors que c'est savoir lire qui est savoir écrire. Mais savoir écrire n'intéresse pas mon meilleur ami. Il n'a besoin des conseils de personne, mais les demande sans arrêt pour en tirer profit et les retourner dans une volonté manifeste de nuire à tous ceux qui osent lui en donner, sincèrement, dans son intérêt. La sincérité n'est pas le fort de mon meilleur ami.
Il est surtout copieur dans l'âme. Il a mélangé le style du meilleur écrivain français vivant et celui de son meilleur ami, et personne ne se décide vraiment à rendre compte de la supercherie car beaucoup, parmi les ennemis du premier et du second, ont intérêt à occulter ou à dénigrer la personnalité de ces deux-là, au profit de la cuistrerie fabriquée de mon meilleur ami. Les femmes lucides appellent mon meilleur ami « le cache-sexe » des esprits pénétrants.
Incapable d'écrire sans dictionnaire, il est fier de ses misérables allitérations qu'il va chercher dans celui des synonymes, comme il fouille du bout de la langue les cons des amatrices par défaut de ses cunnilingus. Ainsi mon meilleur ami croit rattraper son infirmité poétique par une prétention au sens et à la pensée, mais sa « pensée », qu'il jette à la figure de qui a le sens du son qui lui fait cruellement défaut est vite comprise : la haine de la France, point. « Je pense, donc je hais la France. Je hais la France, donc je pense. » C'est pas mal, mais un peu court. Surtout quand on sait quelle idée raciste mon meilleur ami se fait du Français : est français tout ce qui n'est pas lui, alors que lui est le plus français de nous tous, dans ce qu'il reproche au Français : lourdeur et insensibilité, arrogance, bêtise psychologique et cécité narcissique.
Mon meilleur ami n'a aucun courage, cela va sans dire. Il appelle un chat une sou-ris. Il ne dit jamais ce qu'il pense à personne, et fait croire à tout le monde qu'il n'en pense pas moins. Il ne dit sa vérité que dans ses livres, et cette vérité l'accable. Le masque soudain tombe. L'aigreur bien retenue dans la vie sourd comme du pus de ces ouvrages vulgairement hargneux. Oui, il a la méchanceté vulgaire, mon meilleur ami. C'est comme ça.
Dénué de toute psychologie, mon meilleur ami se croit le maître de l'ironie, sa clé préférée. Il devient touchant de naïveté quand il croit que les autres sont aussi enfermés dans l'ironie, alors qu'ils disent exactement ce qu'ils pensent, surtout en ce qui le concerne. En particulier les femmes, qu'il croit séduire par son charme, alors qu'il n'y parvient que par sa gentillesse. Il les méprise trop pour jouir avec elles. En trouvera-t-il une, un jour, assez bonne pour passer l'éponge sur son indifférence fondamentale ? Rien de moins sûr, quand on voit agir en direct son antisentimentalisme mielleux par lequel il sucre son mépris. Mon meilleur ami n'aime pas les femmes, il aime l'effet négatif que peut faire une femme sur des hommes, autant dire, des Français. Voilà pourquoi il fait semblant, jusqu'à les gruger, de s'éprendre d'Africaines, croyant choquer le Français blanc en les embrassant à pleine bouche devant lui.
Mon meilleur ami se comporte avec les femmes étrangères comme avec les auteurs de la Pléiade. C'est par complexe qu'il les triture. Personne ne lui a dit à quel point il était gênant de le voir se tortiller pendant des années, d'une façon trop ostensible pour ne pas être louche, avec une épouvantable Brésilienne dont il valorisait la laideur, dans un mouvement de masochisme sadiquement retourné à son désavantage. C'était à moi de le lui dire. J'ai eu tort de ne pas le faire.
Mon meilleur ami veut donner l'impression d'un célibataire handsotne, fair-play, toujours de bonne humeur, décoincé, déconnant, et qui, par pudeur, cache son sérieux d'« écrivain » sous une affabilité bon enfant. Hélas, quiconque a un peu d'oreille entend le grincement de doute dans cette voix qui se prétend celle d'un stentor alors qu'elle est la gueulerie mal contrôlée d'un castré de la vie notoire qui hurle pour cacher les gémissements de son manque. Plusieurs fois, nous avons, nous autres ses mis, essayé de lui faire entendre sa voix, mais mon meilleur ami est sourd à lui-même comme aux autres. Et même si on arrivait à le convaincre que sa voix est horrible, il hurlerait encore pour mieux couvrir la subtile musique de la vie. Il a préféré augmenter son volume, plutôt que de mettre en valeur son zozotement adorable par lequel il avait une chance d'émouvoir son entourage.
Ce qui m'a le plus intéressé chez mon meilleur ami, c'est son aspect Schpountz. On sait que le personnage inventé par Marcel Pagnol m'a toujours touché par son enthousiasme grandiloquent et sa baraka blindée. Comme le Schpountz, mon meilleur ami croit que ceux qui ne croient pas en son talent sont des méchants, mais non. Souvent j'ai eu tort, par sacrifice amical, de lui dire ce qu'a travers moi beaucoup pensaient, c'est-à-dire qu'il ne touche pas assez sa bille en écriture vivante et vécue pour prétendre à la grande littérature, et que la conscience de ce manque flagrant d'incarnation verbale, personne d'autre que lui n'a à le supporter.
Mon meilleur ami n'a pas la « fibre », ce n'est pas tragique. J'espère qu'au fond de lui il le sait. Sinon ça le serait, tragique. Quand il est tout seul dans sa cuisine, bastion héroïque du « penseur » debordo-baudelairien qui a tout compris de la bassesse et de la bêtise humaines, et que, entre deux petites séances récréatives de jeux vidéo (batailles aériennes ou mortels combats de robots) assouvies en cachette sur son ordinateur, il recopie des citations de Saint-Simon ou de Clausewitz pour gonfler sa prose aux hormones du génie comme un poulet déjà mûr, je pense — car ça m'arrive — qu'il doit savoir.
Seul, il s'effondre. Ce manque d'énergie caché avec tant d'énergie sous les rodomontades d'un paon dont la roue tournerait toujours, par ironie, à l'envers, devrait mettre mon meilleur ami sur la voie de la véritable humilité. Pas celle de la foi en soi, mais celle en ce qu'on fait, parce que ce qu'on fait est juste.
Tout ce que fait mon meilleur ami est faux, et plus c'est faux, plus il s'acharne. Prêt à manger dans la main qui le dégoûte si cette main lui est tendue, il est prêt à mordre celle qu'on lui tend s'il n'y a rien à manger dedans. ll pérore que les êtres ne l'intéressent pas. Sa devise, c'est : « Le premier être humain qui me surprendra aura gagné une Pléiade. »
Ah ! sa Pléiade ! C'est plutôt drôle et sympathique qu'un garçon de son âge (trente-sept ans) se promène avec des tomes de la Pléiade maltraités dans les poches de ses vestes Farnel. Y a-t-il vraiment de quoi se glorifier à ce point de lire névrotiquement en cornant comme des cocottes les pages dont il recopiera soigneusement les extraits dans son ordinateur, autant dire sa banque du sperme, et d'où il sortira en temps voulu les citations pour « pulvériser » un contemporain ? Le hic, car il y a toujours un hic pour tout ce qui concerne mon meilleur ami, c'est qu'il a un rapport auto-infantilisant à la célèbre collection de chez Gallimard. Il est impressionné par le papier bible, car il ne cesse de répéter qu'il vient d'elle (de la Bible) et croit y retourner par le papier du même nom. Comme un employé à genoux devant ses patrons, il lit les grands auteurs, et ose affirmer qu'ils sont ses amis. Proust, Céline, Nabokov, Hemingway (mais pas Dante, Cervantès, Dostoïevski, Lautréamont, Balzac, Vallès, Michaux, Péguy, de Gaulle) sont les meilleurs amis de mon meilleur ami. Il est dans une psychose telle qu'il croit vivre avec eux. Il se déguise en eux et pense qu'ils sont vivants grâce et à travers lui comme Anthony Perkins dans le film de Hitchcock se déguise en sa mère. Tous les génies sont des mères pour mon meilleur ami, mais il n'est que leur enfant mort-né. Les classiques se moquent de mon meilleur ami. Shakespeare, à qui il confie ses ombrageux triomphes, bâille sur son nuage. Et Homère, dont l'ouïe a été développée par sa cécité, se bouche les oreilles quand il entend mon meilleur ami hurler son nom.
Esclave volontaire de la grande tradition française qu'il envie jusqu'à se damner, mon meilleur ami ne pense, au fond, qu'en termes de classes sociales. Pour lui, il y a les bourgeois qui ont de l'argent et les génies qui n'en ont pas. Son absence totale de sens politique l'empêche de comprendre que la bourgeoisie n'est pas une question d'argent, un génie peut gagner de l'argent, et il ne suffit pas d'être pauvre pour être génial : c'est plus compliqué que cela.
Son rapport à l'argent est d'ailleurs particulier. Je ne l'ai jamais vu manquer un mendiant dans la rue, la charité est la seule chose qui puisse interrompre ses sarcasmes. Il s'approche obséquieux de l'exclu, et lui donne un franc, ou un peu plus. C'est le geste qui compte, c'est un principe. Mon meilleur ami s'excuse presque pour tous les passants qui ne donnent pas, comme lui, systématiquement aux clochards, car il pense que sous chaque barbe de SDF se cache peut-être le visage lumineux du Messie, et mon meilleur ami n'est pas du genre à prendre le risque de louper le Messie.
Mon meilleur ami ne peut pas supporter le moindre cadeau et, plus grave, qu'on lui paie un verre, même à charge de revanche. Il croit noble d'insister jusqu'à se battre pour payer sa part. Je l'ai vu, devant mon fils, déchirer nerveusement un billet de cinquante francs, plutôt que de me laisser payer sa consommation...
Quand le meilleur écrivain français vivant m'invite à déjeuner, ce n'est pas parce que nous sommes « amis », et pourtant nous vivons ensemble de brefs et denses moments de compréhension. Cette complicité, si douloureusement enviée par mon meilleur ami, n'a pas sa place dans l'entretien fantasmatique d'une double hypocrisie artificiellement animée par un vieux sentiment d'enfance. J'ai eu tort, par sympathie pour sa jubilante immaturité, de laisser mon meilleur ami me piquer mon goûter à la récré. On dirait que tous les hommes aiment se retrouver sous ce préau d'école maternelle qu'ils appellent l'amitié. Moi, ce que j'aime dans une main, ce sont les doigts, pas la poignée.
Mon meilleur ami est amoureux de moi, et, pour le cacher, il fait croire que je suis jaloux de lui. Toute la crédibilité de son imposture tient à cela, car il ne peut pas dire sans faire rire que je suis amoureux de lui. Par un effet de regard amer dans son miroir, l'homosexualité glorieusement refoulée de mon meilleur ami apparaît, éclatante, dans les pages qu'il me consacre. En réfléchissant tout à travers la psychanalyse (qu'il confond avec l'art de lire dans les pensées), mon meilleur ami ne voit que lui, dans le seul but de ne voir personne. Exempté de tout tourment, il se croit alors capable d'affronter seul les banales névroses d'autrui. Mon meilleur ami n'aime pas assez les gens pour les haïr ou les adorer, il est dans l'ignoble indifférence. Son éthique, c'est de mépriser toute opinion le concernant. Il appelle Ça de la confiance en soi, mais quand on le voit trembler comme une feuille morte lorsqu'un souffle de vérité l'effleure, ça fait peur.
Ce qu'on sent tout de suite chez mon meilleur ami, c'est sa froideur profonde, réchauffée laborieusement par la joie de vivre factice. Mon meilleur ami est si froid au fond de lui, si frigide, disons-le, qu'on voudrait allumer un feu de bois près de lui. S'il est si fasciné par les congélations d'embryon, ce n'est pas seulement pour imiter k meilleur écrivain français vivant dans une de ses thématiques les plus personnelles, c'est parce qu'il se voit dans une éprouvette. Les paillettes ne sont pas toujours celles du show-biz. Incapable de faire circuler son émotion dans les veines de ses phrases glacées, il n'est pas encore sorti de la glace spermatique. C'est l'écrivain-éprouvette en mal de naissance. Il attend qu'on l'insémine, mais n'est-ce pas trop tard ?
On dit que les hommes comme lui ont la nuque raide. « La nuque raide », l'aura-t-on assez entendue cette expression dans sa bouche, raide aussi, lorsque sa haine froide (comme on le dit d'une viande) du lourdissimefranik lui remonte du fin fond de son frigo ! Ce n'est pas seulement la nuque qu'il a de raide : son corps entier, dont il est si fier, et dont il croit que tout le monde est envieux, est très intéressant à voir bouger, surtout quand il danse. Mon meilleur ami est la lourdeur incarnée. Il danse comme un bloc de béton qu'une grue balancerait dans un chantier abandonné. Quelle lourdeur pour tant de manque ! Qu'est-ce qui peut bien lui manquer de si lourd ? La question ne reste pas longtemps suspendue, et ce n'est pas moi qui ai trouvé la réponse pour définir mon meilleur ami :
L'EUNUQUE RAIDE.
Marc-Édouard Nabe
L'Infini, 70. Eté 2000. |
_________________ Cadavres de tous les placards : Unissez-vous ! A Rome, fais comme les Barbares ! il est obligé d'obliger ! |
|  | | Gérard Miller Idiot utile


 Inscrit le : 30 Nov 2006 Messages : 628
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Lun 23 Juil 2007 - 11:24 | |
| Je connaissais ce texte de Nabe. Quelle langue de pute quand même ! Cela étant, il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il crache sur ses contemporains. Ses dithyrambes et ses exaltations me semblent artificielles et ne me touchent pas. Par contre, c'est quand même très jouissif quand ce perfide visqueux entreprend de mettre à terre untel ou untel. |
|  | | MAGGLE Pax Christi


 Inscrit le : 01 Oct 2006 Messages : 2327 Localisation : orgueil, grosse tête, arrogance, suffisance...
 | Sujet: Re: Que pensez vous de ces lignes de Céline Jeu 26 Juil 2007 - 11:59 | |
| | JOHN a écrit: | | MAGGLE a écrit: | | Céline ne se méfiait pas tant de la bonté que de la prétention de l'homme à vouloir l'incarner. Nuance... |
C’était bien tenté mais… Faux !... Pour démentir une bonne fois pour toute cette (fausse) pseudo nuance, voici ces passages types du Voyage au bout de la nuit (1932) (de l'éd. folioplus) : |
Je reformule alors : Céline ne voyait pas de bonté chez l'homme. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'en serait méfié s'il en avait vu... D'ailleurs, il en a quand même vu chez quelques hommes...
Sinon, c'est quoi ton secret pour dénicher les citations qui font mouche au quart de tour ? Tu les connais par coeur ?
@ Gérard Miller :
Nabe a écrit ce texte sur Zagdanski en réponse à un texte de Zagdanski sur lui dans Pauvre De Gaulle. Etant inséparables à l'époque, Zag n'avait pas cru bon de lui dire en face ce qu'il avait à lui reprocher et le lui a fait savoir par livre interposé. Nabe est malgré tout resté ami avec Zag, se contentant de lui répondre plus tard par édition interposée, comme Zag l'avait fait. Du coup, Zag s'est faché avec Nabe... _________________ Cadavres de tous les placards : Unissez-vous ! A Rome, fais comme les Barbares ! il est obligé d'obliger ! |
|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: RARETÉ DE LA BONTÉ HUMAINE Jeu 26 Juil 2007 - 16:51 | |
| | MAGGLE a écrit: | Je reformule alors : Céline ne voyait pas de bonté chez l'homme. Ce qui ne veut pas dire qu'il s'en serait méfié s'il en avait vu... D'ailleurs, il en a quand même vu chez quelques hommes... (1) |
A ce sujet, justement il y a ce passage de Céline (1894-1961), l’un des très rares, qui nuance un peu le pessimiste radicale sur la (bonté de la) nature humaine, dans Nord (1960), p191 :
« Y a du cœur où que ce soit, on peut pas dire que tout est crime… »
(1) De même pour celle des femmes dans Voyage au bout de la nuit (1932), (éd. folioplus) :
« Après tout quand l’égoïsme nous relâche un peu, quand le temps d’en finir est venu, en fait de souvenir on ne garde au cœur, que celui des femmes qui aimaient vraiment un peu les hommes, pas seulement un seul, même si c’était vous, mais tous. » (p416)
« Elle [Molly] me conseillait bien gentiment, elle voulait que je soye heureux. Pour la première fois un être humain s’intéressait à moi, du dedans si j’ose dire, à mon égoïsme, se mettait à ma place à moi et pas seulement me jugeait de la sienne, comme tous les autres. » (p245) ** (2)
** = Schopenhauer (1788-1860) dans Aphorismes sur la sagesse dans la vie, p137 :
« La vraie, la sincère amitié [comme le vrai amour] présuppose que l'un prend une part énergique, purement objective et tout à fait désintéressée au bonheur ou au malheur de l'autre. L'égoïsme de la nature humaine [ordinaire] est tellement opposé à ce sentiment que l'amitié vraie fait partie de ces choses dont on ignore, comme du grand serpent de mer, si elles appartiennent à la fable ou si elles existent en quelque lieu. » *
* + = Cioran (1911-1995) dans Aveux et anathèmes (1987), chap. « A l’orée de l’existence » : « Quand on doit prendre une décision capitale, la chose la plus dangereuse est de consulter autrui, vu que, à l’exception de quelques égarés, il n’est personne qui veuille sincèrement notre bien. »
| MAGGLE a écrit: | | Sinon, c'est quoi ton secret pour dénicher les citations qui font mouche au quart de tour ? Tu les connais par coeur ? |
Mon « secret » c’est que tout simplement je me fais un classement des meilleurs passages de mes auteurs préférés, ou un classement « aphoristique », lui-même plus ou moins sous classé par thèmes… (un peu comme un vampire qui puiserait l’essence aphoristique d’une œuvre). Classement dont je me prive d’autant moins de faire (ou apprécie d’autant plus de faire), que des génies comme Céline, l’humanité en donne rarement plus d’un ou deux par siècle…
(2) Sur les femmes voir aussi ces autres citations : http://vraishommes.frbb.net/Soralissimo-f4/Egalite-Reconciliation-et-les-femmes-p23860.htm?highlight=#23860 http://vraishommes.frbb.net/Mondo-2007-f5/SOS-HOMMES-BATTUS-p4490.htm?highlight=#4490 _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran) |
|  | | | Que pensez vous de ces lignes de Céline | |
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