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Jul le Marteau
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Ven 4 Juil 2008 - 22:53

Blasphématrice!
Au bûcher! Au bûcher!
_________________
Je suis vivant mais c'est comme si j'étais mort. Nous les mangeurs de patates, n'avons pas de rêve. Lesquels pourrions nous avoir? Sakon Shiba.
Je préfère mourir pour une cause que vivre pour rien. John J. Rambo.
Il y a ceux qui se résignent et ceux qui font du chuintement de leur lame une symphonie... Moi.
Ça s'passe à fond, t'entends! Et Vive la putain d'France! Roi Heenok.
Tout ça est assez inquiètant... Alain Soral.
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Le Bordelleur
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Ven 4 Juil 2008 - 22:57

Il me semble que c'est le passage préféré de Mitterrand !
_________________
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Corto
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Sam 5 Juil 2008 - 0:20

Par exemple j'aimerais bien connaitre en détails les raisons de cette inclinaison mitterrandienne pour Job.
est-ce que quelqu'un en sait plus ?

D'autre part, y a-t-il un site où commander dare-dare une combinaison en amiante ?
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Dogman
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Dim 6 Juil 2008 - 9:33

La quai de Wigan de George Orwell. Ou comment le socialisme régenté par des incompétents mène au fascisme.

Bien entendu, il n'est pas question uniquement de ça.

J'attaque bientôt Dans la dèche à Paris et à Londres d'Orwell aussi
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Corto
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Mar 16 Sep 2008 - 10:22

Encore une lecture qui peut ouvrir à d'autres titres du même auteur : René Girard, "Anorexie et désir mimétique".
L'intéret de ce livre est de présenter le phénomène social qu'est devenue l'anorexie sous un angle inhabituel, celui du mimétisme du désir dans le contexte socio-économique actuel et de montrer l'impasse des théories psychologistes.

study "Anorexie et désir mimétique", René Girard, L'Herne, 2008.
study "Je vois Satan tomber comme l'éclair", René Girard, Poche Essais, Grasset 1999.

Rappelons en peu de mots les thèses de Girard à propos de la violence mimétique : pour Girard (et c'est une idée à laquele j'adhère) le désir de l'humain ne lui vient pas de son propre fond mais de l'imitation du désir des autres : telle est la nature de l'homme.
Les systèmes autoritaires, en particulier les monothéismes, sont décrits par Girard comme des systèmes élaborés dans le but de freiner l'escalade des rivalités. Il analyse notament dans "Je vois Satan tomber comme l'éclair" les interdits du Lévitique, celui portant sur la convoitise en particulier.

Les interdits sont donc posés pour freiner (et non éliminer) la violence inhérente à l'être humain qui risque de se déchainer si on ne lui pose pas de limite. Les interdits en même temps qu'ils contiennent la violence mimétique donnent une place fixe et indiscutable à chacun. Autrement dit renoncer à une partie de son désir permet d'instaurer des échanges pacifiés et des identités stables.

A partir de là on peut conclure à ce qui risque d ese passer dans une société suspicieuse vis-à-vis des interdits et des figures d'autorité où chacun doit "se faire" sa place : moins il y aura de places différenciées, plus il y aura de ressemblance, d'indifférenciation ( sexuelles, sociales, relationnelles), plus la violence mimétique va se développer.
Elle se résoud dans le sacrifice d'un bouc émissaire auquel on fait porter l'entière faute de la violence mimétique (et donc contagieuse) qu'un groupe laisse se développer en son sein.

C'est cette analyse que Girard applique avec beaucoup de pertinence à l'anorexie, abandonnant les théories purement psychologiques qui attribuent l'anorexie aux seules problématique intrapsychique des individus concernés ou à la rigueur de leur famille.
Aujourd'hui, tout le monde veut être mince, jeune, performant dans un monde sans limites où les rituels (familiaux, religieux, alimentaires) disparaissent.
L'anorexique veut être "championne de sa catégorie", c'est donc une figure emblématique des temps postmodernes. En même temps sa démarche vise à réintroduire de l'ordre et de la régulation là où il n'y en a plus.

Girard rejoint en cette analyse les recherches du psychiatre Thierry Vincent qui a su lui aussi replacer l'anorexie dans un contexte d'occidentalisation, de dérégulation et de désymbolisation de nos sociétés. L'anorexie augmente à mesure que les places marquées et les interdits canalisant les rivalités sont affaiblies par le rejet de l'autorité. Les sexes deviennent rivaux entre eux, les différences générationnelles ne sont plus suffisamment marquées, la famille qui pouvait encore transmettre unesymbolique paternelle se dissout, nous devenons des individus en concurrence permanente les uns avec les autres et dans tous les domaines.

La montée de la violence mimétique ne favorise pas seulement l'anorexie mais aussi les phénomènes de harcèlement au travail.
Cette violence quotidienne, cette lutte de tous contre tous accroit les méfiances et amène à des mesures de surveillances qui portent parfois atteinte aux libertés individuelles comme en témoigne les nouvelles mesures prises par le ministère de l'intérieur (fichier EDVIGE), surveillance de tous contre tous, une surveillance anonyme, acéphale.
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Corto
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Mar 23 Sep 2008 - 22:14

study Marie Pezé, "Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés", Editions Pearsons, 2008.

Il s'agit d'un journal résumé de la consultation "Souffrance et travail" de 1997 à 2008 du centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre où a été ouverte la première consultation consacrée à la soufrance au travail. Un DVD filmant ces consultations est sorti il y a deux ans sous le même titre. Il contient notamment une brillante intervention de Christophe Dejours mettant en parallèle les changements intervenus dansle monde du travail ces deux dernières décennies et l'apparition de nouvelles souffrances.

Marie Pezé est psychanalyste et dans le cadre de la psychanalyse il est d'usage de laisser la réalité en dehors de la cure. La tradition psychanalytique va aller chercher dans les dispositions ou conflits psychiques des patients les causes de leurs souffrances.

Marie Pezé constate cependant que "Du chantier au bureau, c'est la même constatation clinique pour la psychanalyste qui écoute les hommes et les femmes de métier et s'interroge sur leur identité. Pour tenir à son poste, il faut quelquefois faire l'impasse sur sa vie affective, la détruire ou ne pas la construire. Certes , le travail est en forte résonnance symbolique avec notre identité personnelle, notre histoire infantile, on le verra chez tous les patients.
Mais peut-on dire à l'ouvrière qui souffre des vingt-septs bouchons qu'elle visse par minute qu'elle y est pour quelque chose ? (...)
Peut-on dire au harcelé qui s'effondre à son poste : pourquoi n'êtes-vous pas parti plus tôt ?" alors que démissionner lui fait perdre ses droits sociaux ?"

Parmi tous les exemples choisis par Marie Pezé nous trouverosn Serge, cadre-sup qui a besoin de se doper au travail. François, juriste d'entreprise, qui fait une tentative de suicide parce qu'il n'"y arrive pas". Fatima, écrivain en langue arabe qui s'occupe des enfants et de la maison des femmes libérées qui, elles, vont faire carrière ( et l'écraser de leur mépris).Ou encore Monsieur B, harcelé parce qu'il refuse de piller des caveaux à l'instar de ses collègues.
"L'honnêteté serait donc une pathologie ?" se demande Marie Pezé. "Nous sommes là dans la lourdeur, la gravité et le cynisme des rapports sociaux, dans les rapports de domination et de soumission qui s'exercent dans le monde du travail comme ailleurs".
Le travail courageux de cette psychanalyste pas comme les autres montre qu'il convient, dans les souffrances liées au travail, de se démarquer des approches psychanalytiques orthodoxes et de prendre en compte la réalité du monde du travail et ses récentes évolutions.
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Salomon Bel-Air
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Mar 30 Sep 2008 - 16:02

J'ai fini un livre récemment qui s'intitule la barbarie intérieure : essai sur l’immonde moderne, de Jean-François Mattei. Cet essai publié en 1999 a provoqué de nombreux débats -et pour cause réédité 3 fois- en démontrant que "tout culture a toujours su qu'elle avait besoin, depuis la Grèce, de la barbarie afin de s'affirmer en tant que culture" (quatrième de couverture).

Membre de l'Institut Universitaire de France et membre du Comité d'éthique CIRAD, Jean-François Mattei est un professeur qui enseigne la philosophie grecque, l'éthique et la philosophie ancienne à l’Université de Nice-Sophia Antipolis et la philosophie politique à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence. Spécialiste de Platon, Jan Patocka, Heidegger, Albert Camus et Hannah Arendt, l'auteur va analyser les effets de cette «barbarie» dans notre culture dans la même lignée que le philosophe Bernard-Henri Lévy. Ainsi, son ouvrage va aborder au fil des pages les effets de cette «barbarie» dans notre culture . De ce fait il va démontrer d'abords pourquoi la civilisation européenne a nié la barbarie d'un point vue philosophique et historique puis va retracer sa généalogie jusqu'à la révolution française, le marxisme, le communiste et mai 1968...

L'intérêt de cette œuvre devant la difficulté du titre est justement la généalogie de la barbarie qui permet de comprendre la crise du moderne à travers de nombreux exemples: événements, l'éducation, l'art contemporain, la littérature... qui aurait aboutit à la perte de l'aura et aux subjectivismes.

En bref, ce livre marque le lecteur attentif Zzz (la lecture est assez exigeante) et je pense que cet essai peut passer parmi les livres les plus important de la philosophie contemporaine.
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Corto
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Ven 3 Oct 2008 - 15:56

study "Les managers de l'âme", le développement personnel en entreprise, nouvelle pratique de pouvoir ?", Valérie Brunel, La Découverte.

Cet ouvrage vient de sortir en poche. Il est issu d'une thèse de doctorat en sociologie clinique dirigée par Vincent de Gaulejac, (coauteur not. avec Nicole Aubert du "Coût de l'excellence").





Couverture de la revue "Management" de Juillet-Août 2007. La "sucess story" de l'entraîneur sportif est érigée en modèle à l'américaine de l'encadrement. La valorisation individuelle au profit du groupe dans l'entreprise permet d'occulter aisément la question des conditions de travail.



Les pratiques du développement personnel sont apparues dans l'entreprise sur fond de changements sociaux qui remettaient en cause les formes d'organisation traditionnelles de type hiérarchiques. A la prévisibilité des anciens systèmes, basés sur des contraintes externes et sur des critères de compétences professionnelles concrètes, tendent à se substituer des organisations plus transverses, en "réseau" et qui font appel aux compétences relationnelles des salariés, à leur "savoir-être". En conséquence, les techniques du "travail sur soi" se sont fait une place dans le monde de l'entreprise.

Une idée intéressante de cet essai me parait être l'analyse de la vision de l'homme colportée le plus souvent implicitement par le modèle de type "disciplinaire" et la vision individualiste qui triomphe actuellement, le modèle managérial étant à la fois produit et producteur des modèles sociaux, reflet d'un imaginaire social.

Si l'on admet que le concept de soi est une construction sociale, ces visions de l'homme peuvent être mises en parallèle avec deux types d'approche de la psyché (pour simplifier), une approche psychanalitique d'un côté, une approche de "développement personnel" de l'autre. Le rapport à soi dominant actuellement étant un rapport instrumental inspiré du second.

La société française du XVIII, XIX et début XX siècle était disciplinaire avec de fortes institutions. Le monde du travail était marqué par de fortes contraintes externes. Les évolutions sociales et le progrès économique des années 60-70 imposent l'idée que l'individu a le droit de choisir sa vie. L'individu contemporain n'est plus encadré par des institutions, il a à se construire lui-même. Le contrôle va donc s'effectuer par l'adaptation des aspirations individuelles au système, la mesure de l'individu idéal étant moins aujourd'hui la docilité que l'initiative. Chacun est renvoyé à lui-même sans qu'aucun récit fondateur ne vienne lui donner de directives, chacun doit impérativement trouver un projet et agir par lui-même POUR NE PAS ÊTRE EXCLU DU LIEN.

Les pratiques de soi répondent donc à cette évolution en ce sens qu'elles adaptent les aspirations individuelles (à l'autonomie , à l'épanouissement) aux besoins de l'entreprise et partant, à celui de tout un système économique.
Elles véhiculent un message ambivalent en intégrant la quête du bien-être à la logique gestionnaire. En conséquence, elles influencent aussi notre rapport à nous-même dans un contexte social où l'on se définit par la place que l'on s'est faite, au travail notamment.

Si la psychanalyse considère l'âme humaine comme étant influencée par un inconscient QUI NOUS ECHAPPE TOUJOURS PEU OU PROU (qui échappe notamment à notre savoir, qui demeure plus ou moins obscur), les techniques du Soi, venues d'Outre-Atlantique, considèrent qu'il est possible d'acquérir, via le travail sur soi, une connaissance absolue de soi, de ses motivations, de ses émotions, et qu'il n'y a en conséquence aucune excuse pour les éventuels "ratés" de nos vies : cet idéal de maitrise nous invite à nous sentir "responsable" de tout ce qui nous arrive. Grâce au dialogue et à une ouverture à soi, nous serions en mesure d'avoir avec nos proches (nos collègues notamment) des relations transparentes, lisses, et authentiques. L'idéal de cette vision de l'homme est l'absence de conflits, de faiblesses ou d'échecs, autant dire l'homme adapté parfaitement à l'exigence de rentabilité et heureux de l'être. En toute logique, c'est donc sur l'intériorité que vont travailler ces techniques pour aider à une meilleure intégration professionnelle. Les nouvelles stratégies managériales reposent sur l'exercice d'un pouvoir intériorisé et psychologique.

En conséquence, la psychologie devient un instrument du pouvoir. La vision de l'homme véhiculée par les techniques dites de développement personnel permet de faire abstraction des enjeux sociaux ou politiques et des relations de pouvoir bien réelles.

Ainsi par exemple, si je ne me sens pas "sûre de moi" face à mon supérieur hiérarchique, c'est que j'ai un mauvais relationnel et que je dois "changer mes représentations" par un travail sur moi pour devenir plus assertive, et ce parce qu'un traumatisme dans l'enfance aura abimé mon moi destiné à servir la boite... et non parce qu'un "plan social" est en cours et que je crains de perdre mon emploi.

Les techniques de communication évoquées par l'auteur ont ceci en commun qu'elles dénient l'autorité réelle et les relations de domination. Il y a une euphémisation de ces réalités qui reflète la tendance générale de nos sociétés à euphémiser. On ne dit plus "caissière" mais "hôtesse de caisse", on ne dit plus "licenciements" mais "plan de sauvegarde de l'emploi", etc. de même on ne dit plus : "vous (ou vos proches) me paraissez louches et je vais vous surveiller" mais "on veut vous aider". Les dispositifs de surveillance sont justifiés par des arguments sécuritaires, etc. Ce qui a pour effet à la fois de masquer les enjeux réels de pouvoir et aussi de semer une peur diffuse.
Revenons à l'entreprise, l'affaiblissement des modèles hiérarchiques qui annonçaient clairement la couleur a vu l'apparition et le développement des évaluations. Devant un contexte de changement perpétuel, on doit continument se tester pour savoir si on est toujours à la hauteur et surtout s'évaluer par rapport aux autres. Dans certaines boites vous avez les panneaux d'évaluation de chacun visibles par tous afin de savoir si Pierre fait plus de points que Paul. Pourquoi pas la même chose appliqué aux parents d'élèves dabns les écoles ou même aux clients ?



PS : l'illustration (et sa légende) n'est pas mon fait mais de celui de l'équipe d'animation/modération. Merci pour son choix, elle est parlante !!!!
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Ven 3 Oct 2008 - 18:07

Merci à tous deux de nous faire partager vos dernières lectures.

@ Salomon : L'auteur ne donne-t-il pas une signification univoque au terme "barbarie" au cours de l'histoire ? Par exemple, les guerres dans l'Antiquité n'avaient pas cette capacité de destruction d'une population et l'ennemi y était défini autrement ?

@ Corto : La psychologie sociale de votre étude ne considère-t-elle pas qu'un aspect du problème (à savoir organisationnel) ? D'autre part, le modèle "en "réseau" n'est-il pas relatif aux mutations sociétales qui par ailleurs ne portent plus au pinacle la seule valeur travail ?
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Salomon Bel-Air
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Ven 3 Oct 2008 - 19:44

Citation:
@ Salomon : L'auteur ne donne-t-il pas une signification univoque au terme "barbarie" au cours de l'histoire ? Par exemple, les guerres dans l'Antiquité n'avaient pas cette capacité de destruction d'une population et l'ennemi y était défini autrement ?



Le tout est de s'entendre sur le mot barbarie et l'auteur cesse de le répéter tout au long du livre. Pour y venir, il donne une définition au début du livre :


Citation:
Je prend la barbarie comme un concept métahistorique qui caractérise une attitude consubstantielle à tout état de civilisation, ou plus exactement encore, comme un concept métaphysique qui définit l'un des deux pôles par rapport auxquels l'homme trouve son orientation.



Dans le premier chapitre du livre, Mattei explique que le terme "barbare" apparait dans l'lliade qui désignait un peuple ou une personne qui détruisait sa propre langue (je fais remarquer que le mot sonne mal en grec). Cependant au fil du temps, ce mot va s'appliquer à toutes les langues autres que la langue grecque.

La civilisation grecque va arriver donc à une époque à mélanger ce qui est en dehors de nous, ce qui est différent de nous avec ce qui se rapporte à nous.
Et le fait de intérioriser tout à nous marque le début de la modernité. Autrement dit, le fait d'avoir refuser l'extériorisation est le signe de notre décadence qui a déjà débuté dès l'antiquité.

En espérant de vous avoir correctement expliqué. Sinon je vous recommande chaudement la lecture qui détaille en profondeur votre question. study
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Corto
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MessageSujet: Re: Vos dernières lectures   Sam 4 Oct 2008 - 21:56

cet essai se penche probablement sur les mutations de l'organisation qui, faute de miser ouvertement sur la valeur travail (discipline, autorité, etc.) va, avec l'affaiblissement des contraintes externes et la mise en cause plus générale de l'autorité, motiver les salariés en enrôlant leurs aspirations subjectives_Gaulejac, lui, parle même de "système narcissique", l'entreprise devenant presque un objet de culte.
On est donc devant cette contradiction: d'un côté la valeur travail dans son acception disciplinaire n'est plus reconnue ouvertement, on laisse les salariés "autonomes" dans leur travail. De l'autre la compétitivité s'est accrue et la mise à contribution des instances narcissiques, internes, des salariés provoque une adhésion interiorisée, la boite cherchant à "les séduire" en quelque sorte. La prétendue autonomie a pour conséquence une absence de directives et une responsabilité accrue en cas d'échec, donc plus d'insécurité et d'interrogation quant à sa valeur propre : qui n'est pas efficace ne peut s'en prendre qu'à soi-même ( même discours au niveau médiatique lorsqu'il s'agit de culpabiliser les demandeurs d'emploi).
On peut même parler dans le cas de l'ancien modèle ( disciplinaire, directives très claires, fortes contraintes externes, stabilité des places, clarté des rôles) de symbolique paternelle alors que le nouveau systtème qui reflète les changements sociaux plus généraux serait apparenté à la symbolique maternelle (pas de directives, maternage, emprise de la boite sur les domaines privés comme les loisirs ou l'affection, pouvoir s'exerçant par la psychologie et la séduction).
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