| | Théorie générale sur la révolution néolibérale | |
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Viscard Adepte de la cabale


 Inscrit le : 21 Nov 2006 Messages : 259
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mer 12 Sep 2007 - 23:00 | |
| | Koonishaoo a écrit: | A lire aussi un très bon article sur les rapports entre Sade et le capitalisme dans le Monde Diplomatique du mois d'Aout:"Sade et l’esprit du néolibéralisme" -Patrick Vassort Pour résumé, Sade, dans ses 120 journées, applique au domaine de l'hédonisme la logique capitalisme.(principalement l'organisation du temps pour une plus grande productivité de jouissance) |
Très bien vu, je l'avais déjà lu au chapitre "Théâtre de la cruauté". L'article qui cherche à faire refléter le monde comme mécanique de production et d'organisation, in fine, totalitaire est très bien vu. Il pêche juste à trop vouloir systématiser et reproduire les structures économiques actuelles dans l'oeuvre littéraire sadienne dont les motivations (personnelles) et les récupérations (de classe) restent complexes à totaliser et sont parfois nouvelles et encore plus cruelles dans le monde du travail moderne et la ruse de la société de consommation. A l'image de Nietzsche. En tout cas, Sade est d'un conservatisme libertaire effrayant de nos jours.
Dernière édition par le Ven 14 Sep 2007 - 22:39, édité 1 fois |
|  | | Torquel Invité
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Ven 14 Sep 2007 - 16:04 | |
| Le texte de départ de ce topic est très intéressant, je félicite son auteur, d'autant plus que l'effort synthétique est considérable. Pour mieux comprendre l'émergence de la pensée individualiste, je conseille de lire deux formidables ouvrages :
- La Philosophie de la Renaissance de Ernst Bloch, où il montre que le pensée de l'individu, le schisme chrétien et l'émergence de la bourgeoisie sont très liés.
- La Société de l'individu de Norbert Elias, pour son érudition tout simplement.
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|  | | Viscard Adepte de la cabale


 Inscrit le : 21 Nov 2006 Messages : 259
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Lun 17 Sep 2007 - 21:25 | |
| ....A la question qui se pose sur les solutions et l’avenir qui se présente, j’ai personnellement une vision triste et désabusé comme je l’ai expliqué dans la Théorie révolution néolibérale qui se construit selon des stades opératoires précis. Une idéologie dominante qui produit des facteurs de productions nécessaires à sa préservation, sa continuité, ses débouchés (surplus) par le jeu de l’oppression et la permissivité dans les sphères de la production et la consommation.
Je considère que les classes populaires sont arrivées à un tel stade d’asservissement et d’ignorance, de « pensée d’étau », que les perspectives sont manifestement noires. En effet, je pense comme je l’ai déjà écrit, un peu plus haut, que ces classes populaires (la mienne entre autre) veulent avant tout être protégés contres les effets pervers économiques et sociaux immédiats du libéralisme qu’elles contiennent, entretiennent, conduisent et conditionnent aussi tacitement. Chacun se résigne derrière l’arbi provisoire de la Gauche (PC-LCR-PT) qui emballe une pensée culturelle et bohême contre des facteurs de production libéraux qu’elle prétend combattre mais dont elle jouit et au travers lesquelles elle se construit (bobo). Elles peuvent aussi - ces classes populaires - se révolter, contre le mythe progressiste libertaire et transgressif, affectif et maternaliste, communautaire, tribal et clubiste, comme ce fut le cas en 2002 (FN), dans les urnes, voire en 2005 (TCE), en se réfugiant derrière non pas une conscience de classe, ni un inconscient collectif cohérent, mais derrière un ressentiment épars et individualiste, qui les expose, faute d’unité de classe, à valider le « démantèlement systématique de leurs conditions d’existence matérielles, que cette culture de transgression illimitée rend précisément impossible » (Michéa). Ce qui pousse à penser que quelles que soit les perspectives, que les classes populaires ne peuvent plus s’opposer à un système qui détruit méthodiquement leur vie, avec rationalité, calcul, méthode philosophique appliquée au mensonge historique et reliée par l’information qui mime plus qu’elle ne renifle. L’alliance d’un Marché rationnel et d’un Droit comme axiome de neutralité économique, a généré une nouvelle anthropologie d’enchaînés économiques qui s’émancipent par la culture libertaire. Heureux débouchés, heureux surplus donc.
Je suis pessimiste et triste de voir à quel point la théorie platonicienne du désir comme insatiabilité s’est parfaitement adaptée à l’économie libérale dont la principale fonction est de perfectionner la perversité morale et technologique du nouveau monde. Triste de voir cette névrose sexuelle et cette misère permanente, triste de voir l’a-normalité chercher un nivèlement libéral (si bien perçu par Pasolini). Tout rendre conforme pour une seule et même bouchée.
Pessimiste face à ces factions de Gauche, ces factions de traitres qui contrôlent la sphère culturelle, et aveugle sciemment des masses entières de moutons, et ne fait que se draper d’illusions, d’illusions perdues, éternellement, pour seulement un eu plus de reconnaisance, eux les ratés, les exclus de la bourgeoisie.
On aura bien compris, avec Michéa, que la farce libérale consiste à nous faire croire qu’il faut nous prendre par nature « tels que nous sommes » (et non comme on devraient être) tout en enseignant, paradoxalement, d’un autre côté la nécessité de changer radicalement ( de faire la rupture dirait Sarko) les habitudes et les mentalités. Mais à quoi bon changer si nous sommes déjà dans la nature libérale du loup hobesien ? Lever les amarres et jouer sur le terrain de l’existentialisme de Sartre qui enseigne la liberté comme le libéralisme, comme arrachement au sol et au déterminisme.
En tant qu’en homme nouveau et nouveau contemporain, il faudrait se plier aux diktats maternalistes, affectifs, antiracistes, antisexistes, différencialistes, égalitaristes, hygiénistes, normatif, tolérant, superdémocarte, c'est-à-dire bon consommateur et bon client.
Sans doute que la combinaison des problèmes fondamentaux réside dans la dialectique fondamental et simple qui articule les rapports de classes et les instituions (approches marxiste) d’avec la construction psychologique de soi, du Moi, de l’orgueil et des pulsions. Marx déterminant mais Nietzsche utile aussi en ces domaines. Du rapport à notre éducation, à la mère et au père, dépendra sans doute le courage, l’obéissance, le rapport à l’autorité, à l’amour, à l’idéalisation de la femme, au projet, à la transmission et à la transgression. Et des utopies, nous les regarderons, toujours, d’un point de vue de classe comme d’un point de vue organique et atavique.
D’où je pense la permanence, la présence éternelle d’individus qui tueront les mythes du bien/vrai et de l’universel en un seul de leur nom, pour une seule vision. D’où cette vision chaotique et habilement menée par les libéraux de faire croire que tous les hommes sont mauvais, des bêtes sauvages, des loups entre eux. Il y en a et en aura toujours, certes. Leur présence suffit-elle seulement à comprendre toute l’humanité entière, à ne pas envisager et concevoir surtout une meilleure société, décente et humaine ? Sur des bases que je dirais helleno-chrétiennes. Le libéralisme doit-il compter et forger son mythe sur une caste qui prétend modéliser le monde et si ce n’est pas le cas le forcer, et si cela ne marche pas encore, mentir pour faire croire qu’il fonctionne ? Alors peut-être que c’est l’Education qui faut savoir maitriser et rejoindre la « Sociologie du dragueur » de soral pour comprendre les dysfonctionnements de l’Œdipe propre à cette Education qui fait les individus. En le reliant au monde du travail, de l’opposition et du père (du rapport de force, en opposition à la continuité féminine affective), Soral devait conclure son livre sur la nécessité de l’amour. Michéa conclut sur la décence et l’humanité, sur Orwell, au travers lesquelles tout individu travaillant et pensant doit suivre de simples commandements :
Préserver encore un minimum d’humanité dans cette opération et programmation technologique relève encore de la conscience de soi. Et c’est bien comme cela sans doute que Michéa comprend aussi la chose politique, comme démocrate radical, anarchiste critique. « La richesse suprême, pour un être humain, et la clé de son bonheur, a toujours été l’accord avec soi-même. C’est un luxe que tous ceux qui consacrent leur bref passage sur terre à dominer et exploiter leurs semblables ne connaitront jamais. Quand bien même l’avenir leur appartiendrait ».
Mais nous n’avons encore sans doute rien vu, rien…
Dernière édition par le Mer 19 Sep 2007 - 23:01, édité 3 fois |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 277 Localisation : Oulan-Bator
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mar 18 Sep 2007 - 7:09 | |
| « Impasse Adam Smith » de Jean-Claude Michéa (notes de lectures, à partir de Propositions II et Scolies II)
Les deux livres recensés par George Orwell en 1944 traitent le premier du libéralisme qui conduit au totalitarisme, le second du libéralisme empêché qui conduirait au totalitarisme. La guerre économique (libéralisme) conduit aux deux guerre mondiales (et aux camps de concentration). Et « le collectivisme conduit aux camps de concentration ». Dans les deux cas, c’est un mécanisme (Marché, Etat) aveugle qui finit par broyer les hommes ou les déshumanisent. Le camp de concentration étant dans les deux cas, une forme d’exploitation capitaliste mais pouvant très bien devenir superflue dans l’hypothèse d’une guerre économique mondialisée. Autrement dit, c’est parce que le mondialisme relance l’économie essoufflée à la fin des années 1970 en « localisant » les guerres, que la perspective d’une troisième guerre mondiale s’éloigne. Le mondialisme va permettre enfin la « guerre de tous contre tous », la guerre absolue, « purement » économique qui va générer aussi ses camps (concentration de super-riches dans des cités bunkers, concentration de super-pauvres dans des ghettos géants).
La common decency repose sur l’économie du don (d’où l’importance du référent chrétien) et aussi sur la réciprocité. A ce propos, il conviendrait de développer la notion de « réciprocité érotique » chez Platon (qui refuse de séparer l’érotique - de la conversation et de l’investigation philosophique). On pourrait aussi confronter la métaphysique du désir chez Platon à la métaphysique du sexe chez Evola. La décence d’Orwell s’oppose à la volonté de puissance dévoyée. J’ajoute dévoyée, car j’ai l’intuition que Cioran [cf citations sur le topic Nietzsche] s’est trompé sur Nietzsche, ou du moins n’a pas perçu quelque chose (j’attends de lire Lukacs pour en dire plus).
Michéa oppose l’administration des choses au gouvernement des hommes, on pourrait écrire la « gouvernance » à la politique, « l’horlogerie miraculeuse du marché autorégulé se chargeant automatiquement de convertir les vices privés en vertus publiques. » S’en remettre à la machine qui régule, élimine, formate et optimise. Les républicains qui « échappent à l’univers marchand par un retour à l’antique » (illusion néo-païenne) partagent avec les libéraux le même mythe fondateur de l’ « homme naturel » comme individu monadique, infra-humain.
Efforçons-nous d'interpréter le don comme structure intersubjective ou symbolique substituant la relation (donnée anthropologique première) à l’échange. « Il n’y a de communauté que là où il nous est donné de vivre avec des êtres que nous n’avons pas choisis. » Se méfier donc du réseau, de la toile, du ghetto. A quoi ressemblerait la vie quotidienne des hommes sans common decency ? « Ou se trouve la gare ? me demanda un passant – Là bas, dis-je en montrant le bureau de poste, et pourriez-vous me poster cette lettre sur le chemin ? – Oui, répond-t-il, décidé à ouvrir l’enveloppe pour voir si elle contient quelque chose d’intéressant. »
L’accroissement du champ du sacrilège ayant trouvé sa limite, l’homme nouveau cherche tabou désespérément. Dressez-en la liste svp ; j’en vois déjà deux : le révisionnisme et la pédophilie (promotion concomitante du mémorial et de la lolita). Question disputée de pornographie quand quelqu’un reproche à l’autre : « Arrête avec tes histoires de négationnisme, tu vas finir pédophile ! ». Quant au dépassement du capitalisme sur sa gauche, il n’est pas tabou, oh non, il est simplement impossible.
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|  | | Viscard Adepte de la cabale


 Inscrit le : 21 Nov 2006 Messages : 259
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mar 18 Sep 2007 - 9:37 | |
| @Pertinax
Tout ce tu avances sur le Don, la décence et la solidarité est contenu dans les recherches et les études collectives du MAUSS auquel participe par ailleurs Michéa. A noter que cette dernière phrase (« Quant au dépassement du capitalisme sur sa gauche, il n’est pas tabou, oh non, il est simplement impossible ») citée, dans le post précédent, est le fondement de cette collusion idéologique Droite / Gauche qui s’est accommodée de ses systèmes à des fins de libéralisations propres : du capital d’un côté et de la culture libertaire de l’autre. Le tout en aliénant et pervertissant radicalement les classes populaires. Chacun s’entend désormais dans le meilleur des mondes qui relie Orwell à Huxley. Je t’invite à lire le dernier livre de Michéa, « L’empire du moindre mal », qui évoque l’avènement d’un nouveau cycle de l’humanité que les libéraux ont semble-t-il bien remporté (pour un temps, peut-être ?). Des axes restent encore envisageables, sans doute, mais le tissu libéral comme il s’est construit dans les domaines complexes de la psychologie, de la manipulation de masse et mentale (de Asch à Milgram), de la technologie, du loisir du divertissement, du travail, du management et de la consommation (Clouscard) et la dissolution des repères politiques laissent à craindre un avenir encore plus redoutable : car en révolution.
Je ne plongerai pas dans le lyrisme rebelle et petit-résistant qui consiste à se rallier derrière le drapeau nationaliste pour sauver la Patrie en danger. Robespierre, Marat et Saint-Just évoquaient et appréhendaient à peine les classes sociales (émergentes) et se confrontaient aux structures féodales et bourgeoises révolutionnaires de leur temps. Deux cent ans ont coulé et les structures libérales d’intérêts bien compris se sont hautement perfectionnées par oppression et permissivité. La République des Lumières (et non celle de la Terreur, forme aussi d’un despotisme de Liberté tragique, mais que je juge historiquement nécessaire) et ses soubassements libéraux est à l’origine d’une rupture idéologique d'avec le concept humaniste et utopiste. La Monarchie, malgré l’injustice patente de sa hiérarchie sociale, permettait de contenir à la fois la noblesse de robes et ses privilèges de titres "en danger" et contraignait aussi la bourgeoisie à maintenir ses velléités libérales.
Molière, à la solde du Roi, parrain d’un de ses enfants (écrivant, avec ruse, talent et habilité), a décrit à la perfection cette dialectique (cf. Bourgeois gentilhomme et Don Juan) de l’Etat monarchique qui jugulait les forces du XVIIIeme alors qu’aujourd’hui le Marché (raisonné et autorégulé) et le Droit néolibéral (de tous contre tous) s’y substitue comme nouvelle Main Invisible et nouvelle dialectique normative, transcendante et régulatrice. Approche parfaitement étudiée par Clouscard dans la « Critique du libéralisme libertaire ». Et pour relativiser le tout, comme je le disais plus haut, la thèse marxiste (rationnelle et historique) doit s’accommoder d’une variante individuelle (individus sans éducation, égoïstes, indécents, immoraux, produits de différentes formes d’oedipe dysfonctionnants) qui mettra toujours à mal, détruira les utopies décentes et solidaires. Un seul de ces hommes véreux, usurpateur et rusé suffit à démonter et disqualifier ces mythes et ces vertus. La présence éternelle d’individus qui tueront les mythes du Bien/Vrai et de l’universel helléno-chrétien en un seul de leur nom, pour une seule vision, incarne la Loi de la société moderne. Et cette caste d’individus, de "nouveaux hommes", naturels ou forcer à le devenir nécessairement, a été, jusqu’à maintenant, la plus rusée de l’Histoire.
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|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 277 Localisation : Oulan-Bator
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mer 19 Sep 2007 - 21:51 | |
| Il est vrai qu’à lire les auteurs marxistes ou socialistes contemporains, on a tendance à s'étourdir devant l’agencement systémique de la machine. Pourrait-on en faire un dessin ? Cette bio-machine (ou structure) de l’ultralibéralisme paraît donc indestructible. Et nous risquons même de perdre nos dernières illusions en cherchant à l’enrayer. Faisons maintenant l’hypothèse catastrophiste que le nationalisme n’a plus cours, que tout impératif politique s’évanouit devant la Loi sacrée du profit. Sachant que la guerre au Moyen-Orient n’est qu’un aspect et une étape dans l’entreprise terroriste occidentale (la Chine et l’Inde rivalisant à leur tour dans le sacrifice à Mammon), l’Hyperpuissance (dont l’Entité n’est que la tête de pont) devra se fractionner et la guerre totale ne parviendra à son terme (massification + pixelisation du monde, cf Guénon) qu’après la normalisation de toutes les cultures. La nation France (son béret, sa tour Eiffel) pourra être téléchargée par quelque Small Brother levantin, tandis qu’une sous-traitance de la région Bretagne (ses crêpes, ses bigoudens) pourra être confiée à un cabinet d’experts volants basé sur la ligne Washington/Tel-Aviv. Bien évidemment, on aura pris soin – par intérêt bien compris - de conserver des réserves de souchiens autour des principaux monuments comme Notre Dame ou le Centre Pompidou (on venait jadis, parait-il, voir des expositions culturelles dans la crypte de la cathédrale et communier au musée d'art moderne).
Ce qui est étrange, c’est que même Alain Soral - en défendant la nation comme ultime rempart contre le mondialisme, évoque le regroupement des derniers résistants « sans aller jusqu’au camp des saints » dit-il. Presque un discours identitaire. Mais si la nation devient obsolète, et l’Europe des nations – la seule qui vaille – définitivement hors d’atteinte, que restera-t-il hors le communautarisme tribal (les Gaulois, la soupe aux cochons, la FSSPX) ? Peut-être ce que nous décrit brutalement Christian Bouchet à l’UDT : « Les idées que je défends ne sont pas des idées de blancs, d’européens, de français ou de catholiques. Ce sont des idées universelles qui transcendent les races, les nations et les religions. » Et Bouchet de citer Julius Evola parlant de « race de l’esprit » : « Ma patrie est là où l’on défend mes idées ». Bouchet s’exprime sans complaisance ; mais son message, me semble-t-il, est prématuré (il fallait sans doute un signal fort pour une partie de l'assistance). Quand les indigènes seront minoritaires en Europe (si l’engrenage démographique s’avère irréversible), la France un pays de tourisme exclusif et le catholicisme une vieille chose surannée (mais gravée sur nos clés usb), c’est alors que je pourrais parler comme Christian Bouchet. Mais d’ici là, nous pouvons toujours faire comme si il était possible de parasiter la culture décentrée d’internet par l’internet, comme si la normalisation pouvait être combattue par l’anormal et l’uniformité par la différence. Et si toute action subversive (toute ?) est un fake, risquons-là quand même pour la beauté du geste. L’esthétique de l’insoumission et de la subversion valant mieux que le désespoir ou le grotesque prosélytisme néo-païen.
Mais… n’y a-t-il vraiment rien à faire ? N’y aurait-il pas un verrou à faire sauter ? ou un levier à faire fonctionner ? Une action spéciale à entreprendre dans l’esprit d’Alain Soral qui franchit le pas en s’arrachant à sa condition antérieure (d’écrivain) pour la politique, c’est-à-dire le socialisme ? Hélas ! mon esprit est trop embrumé (par le champignon qui repousse sur mon front, cf topic « Nietzsche ») pour percevoir ne serait-ce qu’un dixième de ce qu’il serait possible de faire, pour ceux qui le voudraient vraiment et ne disposeraient – condition essentielle – que de très faibles revenus. Heureux les pauvres ! Le Monde Futur [de mon avatar] est à eux !!
Et puis, il y a les résistances individuelles, discrètes, nombreuses, cachées, qui sans jamais chercher la subversion, prennent le risque quotidien de la rejoindre (truquée ou non) tant la matrice veut reproduire frénétiquement son empreinte.
Etant en train de lire « Le Capitalisme de la séduction » de Michel Clouscard, écrit en 1981, je me demande si le même type d’analyse existe aujourd’hui sur l’informatique en général et internet en particulier. On aimerait un chapitre supplémentaire correspondant au sixième niveau initiatique (et dans le vocabulaire guénonien, il faudrait parler de contre-initiation) à la civilisation capitaliste. Bien sûr, on trouve dans la réédition de 2006, une postface de trois pages où l’auteur déclare que « Internet est le suprême totem de la civilisation capitaliste. Il est l’instrument même des sciences de l’information et de la communication. Celles-ci apparaissent quand il n’y a plus rien à communiquer, lorsqu’il n’y a plus rien à dire (…) Du coup, le medium, le moyen, l’instrument devient la finalité. C’est un prodigieux renversement de sens, une manipulation sans précédent. C’est la mise en forme qui décide du contenu du message.» On rêve du prochain Clouscard (ou autre sociologue talentueux) qui nous expliquera le fonctionnement des forums, la fonction des pseudos et des avatars, le destin fatal des fils sans fin (sinon au crachoir), la présence discrète et tutélaire des modos, les mystères du trollage, de l’espionnage, de la manip. Et une question : Quel effet la grande prêtrise virtuelle des 1000 posts (et +) a-t-elle sur l’horizon pulsionnel du forumien ?
Dernière édition par le Jeu 20 Sep 2007 - 10:19, édité 1 fois
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|  | | Invité Invité
 | |  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | |  | | laurent666 Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 15 Oct 2006 Messages : 1065 Localisation : nissa
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 0:22 | |
| | KERGO a écrit: | Lutter contre le libéralisme implique t'il une révolution ou pensez vous que le réformisme suffira à éradiquer cette gangraine? Pour ma part je n'ai pas encore de réponse, c'est pourquoi vos arguments m'intéressent. |
J'avoue que ce vocabulaire meurtrier "éradiquer la gangraine" me rappelle les heures les plus sombres de notre histoire .... Vous nous préparez un camp d'extermination et des régimes spéciaux pour les libéraux ? (j'en suis un) |
|  | | Intellocrate Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 20 Jan 2007 Messages : 234
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 0:25 | |
| | KERGO a écrit: | Lutter contre le libéralisme implique t'il une révolution ou pensez vous que le réformisme suffira à éradiquer cette gangraine? Pour ma part je n'ai pas encore de réponse, c'est pourquoi vos arguments m'intéressent. |
Qu'est-ce qui te déplaît dans le libéralisme? qu'est-ce que tu lui trouves de pas bien?
Selon ta réponse, nous pourrons orienter ton choix vers la solution appropriée - révolution ou réforme - c'est pourquoi il est important que tu donnes des indications précises sur ton ressenti par rapport au libéralisme. |
|  | | Sebsebforce Idiot utile


   Age : 36 Inscrit le : 07 Déc 2006 Messages : 603
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 4:54 | |
| Laurent666, tu es un quoi? libéral?
Ca m'éclate ceux qui se disent libres et adorent dans le même temps se glisser dans le costume des autres.
Sinon la lutte, comme son nom l'indique est un combat permanent. Demandez à Soral, il doit s'y connaître un peu... On ne peut pas repartir de zéro. "Réformes, réformisme", c'est du bla bla pseudo intellocrate. Pas la peine de chercher des solutions toutes faites. _________________ Résister ou mourir |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 11:22 | |
| L'important pour être heureux sans faire la révolution est de vivre éthiquement c'est à dire selon ta vision du monde. Moi, pour précipiter la chute du système économique (publicité, consomation par caprice et production non éthique et non écologique) j'essai de consommer le moins possible et j'oppose la société de consommation (con sommation) à Epicure, qui dit que l'idéal est de réduire nos désirs sensibles et passionels à: ne pas avoir froid, ne pas voir faim, ne pas avoir soif.
Avec une telle philosophie, Sarkozy n'arrivera jamais à aller chercher son point de croissance avec ses dents
Donc si tu consommes pas, si tu continues à essayer de penser par toi même en lisant et en discutant, si tu votes fn (le seul parti qui peut être élu en probablité je crois) et si tu changes le maximum de gens à des idées telles que les tiennes, ça pourra participer à la chute du système. |
|  | | Jul le Marteau S.P.E.C.T.R.E


   Age : 100 Inscrit le : 10 Fév 2007 Messages : 1994 Localisation : Lorraine, 54 M&M.
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 11:26 | |
| | Jomaforum a écrit: | | Epicure, qui dit que l'idéal est de réduire nos désirs sensibles et passionels à: ne pas avoir froid, ne pas voir faim, ne pas avoir soif. |
Aussi appellé "Idéologie du smicard".  _________________ Je suis vivant mais c'est comme si j'étais mort. Nous les mangeurs de patates, n'avons pas de rêve. Lesquels pourrions nous avoir? Sakon Shiba. Je préfère mourir pour une cause que vivre pour rien. John J. Rambo. Il y a ceux qui se résignent et ceux qui font du chuintement de leur lame une symphonie... Moi. Ça s'passe à fond, t'entends! Et Vive la putain d'France! Roi Heenok. Tout ça est assez inquiètant... Alain Soral. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 11:31 | |
| :) C'est vrai qu'en pratique ça y ressemble, sauf que je suis pas smicard mais étudiant fils de la petite bourgeoise et que je pourrai vivre dans la consommation. La différence c'est que j'ai une source de bonheur qui ne coute rien : la connaissance, la création. Mais aussi la baise, la politique (c'est pourquoi je suis là).
Alors que le smicard de base se rabat sur la consomation comme un enfant boulimique: il n'a rien d'entre pour le contenter, il est logique qu'il adopte le seul modèle qu'on lui propose médiatiquement. |
|  | | nouvelle_lune Tapette bobo du tertiaire

 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 49 Localisation : Haute-Savoie et E&R
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 11:35 | |
| D'abord, savoir exactement de quoi on parle. Quel libéralisme ?
Cette précision est fondamentale.
Si le libéralisme c'est de pouvoir créer son entreprise sans se faire assommer par les taxes et sans se faire noyer par les contraintes administratives, alors vive le libéralisme ! Si le libéralisme c'est pouvoir imaginer une autre école que celle de l'Education nationale, alors vive le libéralisme ! Si le libéralisme c'est de pouvoir construire sa maison sans être contraint et empêché par toutes sortes de normes (je ne parle pas de la sécurité) et taxé selon des calculs aberrants, alors vive le libéralisme ! Si le libéralisme c'est de pouvoir embaucher quelqu'un lorsqu'on en a besoin et ne plus l'employer s'il on n'a plus de travail pour lui sans passer pour un patron-voyou, alors vive le libéralisme ! Si le libéralisme c'est de pouvoir travailler jusqu'à l'âge que l'on veut sans être considéré comme un "voleur de travail aux jeunes", alors vive le libéralisme !
Mais si le libéralisme devient le règne de la loi du plus fort, alors non à ce libéralisme-là ! Si le libéralisme devient du néo-esclavagisme par l'immigration de masse et les délocalisations dans les pays à bas coût de main d'oeuvre sans protection sociale, alors non à ce libéralisme-là ! Si le libéralisme consacre la suprématie du capital sur le travail, alors non à ce libéralisme-là ! Si le libéralisme devient une forme d'anarchie où chacun fait ce qui lui convient sans respect pour les autres, alors non à ce libéralisme-là ! Si le libéralisme est la porte ouverte au communautarisme sous couvert de liberté à défendre sa culture, ses traditions et ses propres lois, alors non à ce libéralisme-là ! Si le libéralisme c'est que le système ne finisse par tourner que grâce à la publicité, alors non à ce libéralisme-là !
Bref, pour moi, ni étatisme étouffant, ni ultra-libéralisme écrasant ! |
|  | | Kiki Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 26 Sep 2007 Messages : 387
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 12:24 | |
| | KERGO a écrit: | | Lutter contre le libéralisme .... |
Parce que tu veux lutter contre le libéralisme, toi ???
T'as raison soyons tous des employés de l'Etat ...
Ce n 'est pas contre l'ultra-libéralisme que tu voudrais lutter, par hasard ? |
|  | | Kiki Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 26 Sep 2007 Messages : 387
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 12:30 | |
| | Sebsebforce a écrit: | | Sinon à la lutte, comme son nom l'indique est un combat permanent. Demandez à Soral, il doit s'y connaître un peu... |
Pourquoi ??? Alain Soral a été commerçant, entrepreneur, artisant ???  |
|  | | Kiki Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 26 Sep 2007 Messages : 387
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 12:37 | |
| | Lepante a écrit: | Le libéralisme risque de mourir de sa belle mort du fait de ses contradictions. Il a bien failli mourir dans les années trente et si il a retrouvé une nouvelle jeunesse c'est que l'impérialisme yankee a décidé d'en revêtir les oripeaux à l'occasion de la victoire sur le nazisme et les fascismes. Il est évident que le libéralisme a son sort lié à Washington et à l'impérialisme de la ploutocratie états-unienne. La lutte contre le libéralisme sous toutes ses formes passe par la lutte contre tous les kollabos pro-yankee en Europe.Notons que les dits kollabos (de gauche ou de droiche) à Bruxelles mènent une politique furieusement libérale qui va à l'encontre des intérêts des nations européennes. Tout se tient. |
N'empêche que tu es en train de parler de l' ULTRA-LIBERALISME et non du libéralisme.
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| jomaforum a écrit: | Tu sembles percevoir une nette différence. De ce que j'ai entendu, les gauchistes disent toujours ultra libéralisme pour parler du système économique mondiale, et comme je n'ai pas confiance en la rationnalité des gauchistes je considère avec suspect ce concept.
Peux tu m'expliquer la différence entre ces deux mots? |
l'ultra-libéralisme est le fait de tout laisser au grand capital, souvent apatride: celui du fric pour le fric. Or, le libéralisme, lui, est de parler des petites et moyennes entreprises. Voire de grandes dans le cas industriel, mais cela en prenant en compte qu'elles ne délocaliseront pas.
Maintenant, il est tout à fait vrai que la gauche, et l'ultra-gauche, en sont revenues à des positions plus modérées concernant les PMI/PME/TPE/TPI. Peut-être se sont-elles enfin rendues compte que sans donner la liberté aux entreprises ou petites entreprises, aussi petites soient-elles, l'état ne pourrait de toute façon pas s'occuper de tout.  |
|  | | Intellocrate Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 20 Jan 2007 Messages : 234
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 14:06 | |
| | Jul le Marteau a écrit: | | jomaforum a écrit: | :) C'est vrai qu'en pratique ça y ressemble, sauf que je suis pas smicard mais étudiant fils de la petite bourgeoise et que je pourrai vivre dans la consommation. La différence c'est que j'ai une source de bonheur qui ne coute rien : la connaissance, la création. Mais aussi la baise, la politique (c'est pourquoi je suis là).
Alors que le smicard de base se rabat sur la consomation comme un enfant boulimique : il n'a rien d'entre pour le contenter, il est logique qu'il adopte le seul modèle qu'on lui propose médiatiquement. |
On s'est mal compris j'ai l'impression.
Réduire ses désirs à ne plus avoir faim, froid et soif, c'est ce à quoi sont contraints la plupart des smicards, ne pouvant que difficilement faire plus que ça.
Pour la baise qui ne coûte rien, j'ai des doutes, mais c'est un autre débat. |
Ce qui est intéressant dans l'hédonisme épicurien, c'est qu'il est un idéal de sobriété, et non de fuite éperdue dans toutes les débauches de la consommation. Autrement dit, la pauvreté est supportable - voire conseillée - à condition de ne pas être dans le besoin. Le principal défaut de notre société, c'est qu'elle réduit les pauvres à la misère !!! |
|  | | Lutfi A la recherche du grand Tout


 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 1252 Localisation : Stratosphère
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 14:48 | |
| | Citation: | | Le principal défaut de notre société, c'est qu'elle réduit les pauvres à la misère! |
Je ne pense pas que l'on puisse dire cela, si l'on parle du domaine matériel: la plupart des "pauvres" de France feraient figure de bourgeois à Calcutta. En revanche, c'est très vrai sur le plan humain, parce que, en France, si l'on n'a que peu d'argent, on a le sentiment de ne pas exister sur le plan humain, alors que je n'ai rien vu de tel en Inde: c'est vrai que les pauvres, là-bas, sont vraiment pauvres, mais ils existent. Et en Inde, on ne respecte pas quelqu'un pour sa richesse: il y a des riches, oui, mais ils ne sont pas respectés comme tels, et les pauvres ne sont pas méprisés parce qu'ils sont pauvres. C'est un peu normal, dans un pays où les hommes les plus respectés sont les ascètes, dont la plupart, les Sadhus sont justement des mendiants errants. Ce qui fait toute la différence, ce n'est pas une différence qui concerne les inégalités comme telles, mais le regard qui est porté sur les inégalités matérielles. Ce que suppose le libéralisme occidental, c'est que les plaisirs matériels sont la seule chose désirable pour un être humain: Diogène serait considéré comme un malheureux SDF, alors qu'Alexandre Le Grand s'inclinait devant lui. |
|  | | | Théorie générale sur la révolution néolibérale | |
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