| | Théorie générale sur la révolution néolibérale | |
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| Auteur | Message |
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Invité Invité
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 15:29 | |
| C'est bien Lufti tu fais le travail d'explicitation que je devrai faire. Tout à fait d'accord c'est ce que je veux dire.
Mais moi ça me paraissait évident, la preuve que non donc il faut que je fasse plus d'explicitation à l'avenir. |
|  | | Intellocrate Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 20 Jan 2007 Messages : 232
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 17:00 | |
| | Lutfi a écrit: | | Ce que suppose le libéralisme occidental, c'est que les plaisirs matériels sont la seule chose désirable pour un être humain : Diogène serait considéré comme un malheureux SDF, alors qu'Alexandre Le Grand s'inclinait devant lui. |
Oui, c'est cela.
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| ajax a écrit: | deux mots :
COMMON
DECENCY |
Jean-Claude Michéa sera samedi prochain l'invité d'Alain Finkielkraut à son émission repliques de France Culture, qui aura précisément pour thème la civilisation libérale. |
|  | | Lutfi A la recherche du grand Tout


 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 1237 Localisation : Stratosphère
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Dim 4 Nov 2007 - 17:57 | |
| Intellocrate:
| Citation: |
Lutfi a écrit:
Ce que suppose le libéralisme occidental, c'est que les plaisirs matériels sont la seule chose désirable pour un être humain: Diogène serait considéré comme un malheureux SDF, alors qu'Alexandre Le Grand s'inclinait devant lui.
Oui, c'est cela. |
Je crois que l'essentiel est là, sinon, on entre dans la dialectique des libéraux qui se mettent immédiatement à comparer leur système avec je ne sais quelle dictature, ou à des régimes qui ont échoué sur le plan économique. Or le problème n'est pas là, le problème est que le régime dont ils font l'éloge est la négation achevée de tout ce que l'humanité a toujours considéré comme noble, et c'est la négation achevée de toute spiritualité.
| Citation: | | Le tentateur s'approcha et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit: il est écrit: L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. |
Matthieu 4 - 3_4 Or une société qui est fondée uniquement sur le désir, ou plutôt sur les seuls désirs que l'argent peut satisfaire pourrait être exactement nommée "société du tentateur" ou "société de la tentation". Cela est vrai du capitalisme en tant que son moteur est l'appât du gain, et c'est encore plus vrai de la société de consommation, en tant que son moteur est la réunion de tous les désirs les plus désordonnés et les plus aberrants. Dans une telle société, un Diogène n'est plus rien, en effet, et ce sont tous les sages qui ne sont plus rien. Et c'est vrai que cette société peut se vanter d'avoir réalisé les souhaits du tentateur en transformant les pierres en pain, c'est à dire en résolvant le problème de la famine. Le prix c'est un vide spirituel et humain qui est un véritable abîme. Et où l'on entend dire qu'un pauvre qui se prive d'un repas pour s'acheter un livre de métaphysique, et qui fait des enfants n'a pas le sens des priorités. |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 276 Localisation : Oulan-Bator
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mar 6 Nov 2007 - 7:40 | |
| Je viens de terminer la lecture de L'Empire du moindre mal de Jean-Claude Michéa (Climats, 2007). Grandiose et … inquiétant.
Je ne peux pas m’empêcher de reproduire un extrait (p.37) :
« (…) Quant à ce que ces particules [élémentaires] estiment être leur devoir ou leur bonheur, c’est là une considération qui n’entre plus, à présent, dans le champ de la philosophie politique. En ce sens, et pour parodier ce qu’écrivait Heidegger à propos de la science, on peut juste dire que, pour les libéraux, l’Etat le plus juste – celui qui, sur tous les plans, nous en demande le moins -, c’est l’Etat qui ne pense pas. Un Etat sans idées – ou, comme disent les libéraux, sans idéologie – et qui par une sorte de platonisme renversé, mettrait son point d’honneur philosophique à ne jamais s’interroger sur ce qu’est la meilleure façon de conduire sa vie ou d’employer sa liberté "naturelle". A la limite, cet Etat sans idées ni valeurs (qui s’interdit de juger, par conséquent, de toutes les questions autres que techniques) ne doit même plus se comprendre comme un "gouvernement des hommes". Il constitue, pour reprendre la célèbre distinction de Saint-Simon, une pure "administration des choses", exigeant bien moins des convictions politiques véritables qu’une simple compétence d’"expert" ou de gestionnaire avisé. De ce point de vue, personne n’a, sans doute, mieux formulé cet idéal de neutralité axiologique absolue, qui est au cœur de tout projet libéral, que Emmanuel Kant, lorsqu’il note, dans son "Projet de paix perpétuelle", que dans l’hypothèse d’un travail législatif parfait, la seule mécanique du Droit suffirait à assurer la coexistence pacifique même d’un peuple de démons. »
Dans mon analyse "marxiste" de Lovecraft sur "Christianisme vs Paganisme/Mondo" [fil dont le titre aurait dû être "Judéo-Paganisme vs Pagano-Christianisme"], j’évoquais l’horreur libérale à travers l’image des humains qui en viennent à se dévorer les uns les autres [25/9/07, 18h58]. Cela me paraissait évidemment un pur fantasme. Quelle n’est pas ma surprise, en découvrant en note de la page 99 du Michéa, la remarque suivante : « En Allemagne, les défenseurs du libéralisme en sont déjà à discuter du droit d’avoir des rapports cannibales entre adultes consentants (affaire Bernd Jürgen Brandes, printemps 2001). » |
|  | | Lutfi A la recherche du grand Tout


 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 1237 Localisation : Stratosphère
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mar 6 Nov 2007 - 8:26 | |
| | Pertinax a écrit: | | Etant en train de lire « Le Capitalisme de la séduction » de Michel Clouscard, écrit en 1981, je me demande si le même type d’analyse existe aujourd’hui sur l’informatique en général et internet en particulier. On aimerait un chapitre supplémentaire correspondant au sixième niveau initiatique (et dans le vocabulaire guénonien, il faudrait parler de contre-initiation) à la civilisation capitaliste. |
Pourquoi parles-tu de "sixième niveau initiatique" (en précisant à juste titre qu'il s'agirait plutôt de niveau contre-initiatique). Guénon a effectivement annoncé, à propos de la phase de dissolution quelque chose qui relève de la réalisation à rebours. On pourrait dire que Lovecraft l'a pressenti, et que la psychanalyse en est une préparation. On peut constater que la fermeture au domaine spirituel a été évoquée en une formule : le désenchantement du monde. Et la phase suivante pourrait être présentée par le titre d'un livre de Boris Cyrulnik: L'ensorcellement du monde. Ce n'est pas un hasard si cette formule vient du milieu de la psychologie et de la psychiatrie, et dans le cadre des théories sur la "résilience". Evidemment, les théories de la "résilience" partent d'une excellente intention : aider les victimes de traumatisme à s'en sortir, ce qui est parfaitement louable. Le problème que certains ont déjà souligné, c'est que l'idée de "s'en sortir" est envisagé en mode purement libéral.
Dans un magazine qui présentait Boris Cyrulnik, on décrivait son traumatisme, la perte de ses parents pendant la guerre. Ensuite, le commentaire de la journaliste: "il aurait pu devenir jardinier, il est devenu neuro-psychiatre". Donc, pas de résilience pour les jardiniers : la seule manière de s'en sortir, c'est la réussite sociale, un métier prestigieux et qui rapporte. Mais l'image de l'ensorcellement évoque autre chose que la réussite sociale, elle évoque directement une réalisation à rebours. |
|  | | laurent666 Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 15 Oct 2006 Messages : 1063 Localisation : nissa
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mar 6 Nov 2007 - 16:22 | |
| | KERGO a écrit: | | Pour être plus précis j'aurais dû parler de capitalisme outrancier... Je ne sais si je se suis dans le vrai, mais pour moi le libéralisme c'est favoriser l'actionnaire par rapport au salarié, c'est une société où le profit fait loi au détriment du service public, c'est le pouvoir donné aux petits porteurs qui 'nont pas honte de venir pleurnicher dans les médias parcequ'ils se sont fait tondre à la bourse et oser venir réclamer l'aide de l'état, c'est à dire nous pauvres prolos, pour les remettre à flot alors que pour obtenir des dividendes ces tristes égoïstes hydrocéphales ont participé directement au dumping social et à l'appauvrissement du travailleur Français. |
| Citation: | | Je ne sais si je se suis dans le vrai, mais pour moi le libéralisme c'est favoriser l'actionnaire par rapport au salarié, c'est une société où le profit fait loi au détriment du service public, etc. |
Et non. Le libéralisme, ça n'est pas ça.
Wikipédia est un minimum pour commencer.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_politique |
|  | | Kiki Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 26 Sep 2007 Messages : 378
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mar 6 Nov 2007 - 18:30 | |
| | KERGO a écrit: | Je ne sais si je se suis dans le vrai, mais pour moi le libéralisme c'est favoriser l'actionnaire par rapport au salarié, c'est une société où le profit fait loi au détriment du service public, etc. |
Et cela du simple fait que le service public n'entre pas directement en considération dans les échanges commerciaux internationaux...
Mais que se passera-t'il lors leurs prix seront trop élevés par aux revenus de leurs utilisateurs ???
Ben les gens finiront pas ne plus y avoir droit. Tiens, un peu comme ceux qui travaillent, mais qui ne peuvent pourtant pas se payer de logements. |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 276 Localisation : Oulan-Bator
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mar 20 Nov 2007 - 23:13 | |
| Ultime message (le 300ème) avant longtemps.
« Elle pénétra dans San Narciso un dimanche, elle conduisait une Impala de location. Il ne se passait rien. Elle dominait une colline, elle dut cligner les yeux à cause du soleil. Devant elle se déroulait une vaste étendue de maisons qui avaient toutes poussé en même temps comme une moisson, sur la terre d’un marron terne. Cela lui rappela la première fois qu’elle avait ouvert un poste à transistors pour changer les piles, et qu’elle avait vu un circuit imprimé. Tout cet ensemble de maisons et de rues, vus sous cet angle, surgissait avec un clarté stupéfiante, comme les circuits sur la plaque. Elle savait encore moins de choses sur la radio que sur les indigènes de la Californie du Sud, mais elle comprit tout de suite que ces deux séries de lignes enchevêtrées devaient avoir un sens caché, comme les hiéroglyphes. Il lui avait semblé que le nombre de choses que les circuits imprimés auraient pu lui dire (si elle avait cherché un peu) était sans limites ; c’est ainsi qu’au moment où elle pénétrait dans San Narciso, elle eut le sentiment d’une révélation qui tremblait au seuil de la conscience claire. La brume envahissait l’horizon, la réverbération du soleil sur le sol beige brûlait les yeux ; avec sa Chevrolet, elle semblait garée juste au milieu d’une extase religieuse. Comme si des paroles étaient prononcées, sur une autre fréquence, ou au centre d’un tourbillon trop lent pour que sa peau brûlante pût en sentir le souffle.»
Le complot indéchiffrable allégorise la totalité ; Les boucles d’interprétations sont devenues si complexes qu’elles soulagent le forumien de toute responsabilité narrative ; n’est-il pas irresponsable (à la différence de l’administrateur du site) ? Le forumien se voit donc contraint d’assister passivement à la manipulation généralisée (le trollage) ou à devenir acteur de cette manipulation. Mais qui manipule qui ? Le complot se trouve assimilé au media lui-même. Les idées et les thèmes traités sur le forum sont en quelque sorte aspirés par la représentation qu’en donne le support informatique. Le fil compresse et déréalise les posts, les mêmes questions déjà traitées revenant comme si rien n’avait été dit, parce que rien n’est dit qui ne le soit dans l’instant du post. On assiste à l’effondrement de toute différenciation entre les messages. Comme le dit Simplicius, il y a un moment – avec les citations des citations incrustées – où l’on ne sait plus qui est qui et qui dit quoi. Cela n’a d’ailleurs aucune importance. Seul compte l’accélération du thread, le postage compulsif, un échauffement de la machine, une performance. Les mots clés deviennent des objets médiatiques, les idées des déchets culturels, des surplus permettant de rapiécer un manteau d’arlequin, nouveau prêt-à-porter de la contestation.
Il y a des forumiens qui postent pour ne rien dire, mieux encore il y en a un (ou deux) qui postent pour dire qu’ils n’ont rien à dire. Ceux qui semblent l’emporter (pour autant qu’il y ait un enjeu « réel » des débats) sont les poids lourds, les acharnés qui, du matin au soir inondent le forum de leur prose plus ou moins digeste, et il y a ceux qui dégagent (volontairement ou involontairement). L’important est le dressage de l’utilisateur : il nous faut apprendre à consommer les signifiants « insoumis » et « subversif », après dématérialisation du combat politique. La machine s’en charge, tout seule … Complot sans objet, sans « maître du jeu ».
Insoumission « chimiquement pure », subversion « totale » du réel. Tout s’efface autour de moi. Et j’avoue : Pertinax n’existe pas (hors du forum). Et rien n’existe que le forum. Les rares membres d’ER qui m’ont rencontré n’ont parlé qu’à mon avatar … sans le savoir.
Mais comme concepteur du système cosmogonique matriciel « forum sur Alain Soral » - devenu machinal suite à un « drame cosmique » - je reste ex machina.
Déconnexion [Pertinax]
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|  | | Vindex L'Œil


 Inscrit le : 10 Fév 2008 Messages : 120
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mer 13 Fév 2008 - 8:08 | |
| Au fil de la lecture, le texte se produit. Il n’est pas posé là, dans notre champ de vision, nous n’avons pas pour mission de l’activer comme une machine, mais c’est lui qui programme le rythme de la lecture. Le texte, qui nous force à revenir en arrière, à ménager des pauses, à rougir des posts et des paupières, à effacer des traces, ce texte - frénétique ou exténué - va petit à petit s’effacer pour nous placer devant « la chose même » dont il cherche à épouser le mouvement interne.
Comment faire droit à ce forum-ci qui produit son autosuffisance ou s’efforce de nous y faire croire ? Nous devons tous être les interprètes dont la mission est de mettre en évidence les mécanismes de production de cet effet de clôture dans l’indéfini par lequel le texte fait coïncider sa forme avec son contenu indécidable.
Le lecteur du forum pourra constater un emboîtement des niveaux [sections, sous-sections, sous-sous-sections]; c’est la faillite interne de l’objet (sa dimension d’échec) qui l’ouvre sur « autre chose » dans un effondrement graduel sur lui-même. Telle est bien la clé interprétative, mais aussi la force à la fois motrice et aspirante d’un trou noir (l’au-delà du crachoir). L’acte interprétatif cherchera à exploiter la blessure du texte pour saisir la représentation comme visée de « quelque chose ». Dans la dramaturgie qui nous occupe, dans ce gigantesque recyclage logomachique (où la dialectique n’est qu’un idiolecte parmi d’autres), le fragment, le montage, l’aléatoire et le pastiche s’articulent sur le capitalisme. C’est peu dire que le culturel exprime l’économique. La marchandisation a pénétré l’ensemble des rapports sociaux, et il n’est plus de refuge, d’enclave ou de caverne virtuelle où l’on puisse se retirer à distance.
Question : Comment alors résister à l’espace émergent de cette nouvelle mouture de forum qui implique la saturation incessante de tous les vides ? Réponse : En nous faisant herméneutes pour forcer le barrage d’immédiateté. Comme si le message du fragment [le post] n’était pas (encore) la totalité. Liberté d’être libre pour les vrais hommes ! |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 604 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mer 13 Fév 2008 - 12:45 | |
| J'ouvre une petite parenthèse sur votre digression. Aucun partionnement n'enlèvera à la conscience sa structure labyrinthique Monsieur Vindex. Celui-ci a été décidé par l'équipe d'animation-modération pour offrir une boussole et une compas à notre Nef des fous. Ce n'est donc ni une "enclosure" de la pensée sauvage ni une classification digne d'une bibliothèque de Babel mais une ontologie scalaire des discours. Et si certains guettent que nous touchions terre, il n'est pour nous autres, dans notre traversée, qu'à nous remémorer l'oracle de la Dive Bouteille jetée à l'amer, à savoir devenir l'interprète de notre propre entreprise. Revenons au sujet pour l'instant si vous le voulez bien.  |
|  | | Jul le Marteau S.P.E.C.T.R.E


   Age : 100 Inscrit le : 10 Fév 2007 Messages : 1971 Localisation : Lorraine, 54 M&M.
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mer 13 Fév 2008 - 13:23 | |
| Bon, les deux drogués, là?! C'est fini de tout saloper, oui?! _________________ Je suis vivant mais c'est comme si j'étais mort. Nous les mangeurs de patates, n'avons pas de rêve. Lesquels pourrions nous avoir? Sakon Shiba. Je préfère mourir pour une cause que vivre pour rien. John J. Rambo. Il y a ceux qui se résignent et ceux qui font du chuintement de leur lame une symphonie... Moi. Ça s'passe à fond, t'entends! Et Vive la putain d'France! Roi Heenok. Tout ça est assez inquiètant... Alain Soral. |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 604 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Ven 11 Avr 2008 - 3:16 | |
| | Citation: | 
J’ai entrepris mes recherches dans l’unique but de répondre à la question : pourquoi dans un monde si beau où abondent les camps de concentration et les missiles de croisière, la communication directe est-elle impossible ? Je suis arrivé à la conclusion que ce qui empêche les hommes de communiquer est la communication même (et, bien évidemment, je ne veux pas parler de la " communication " de l’enculé Séguéla).
Ou bien le monde est composé de différentes choses juxtaposées, la production, la consommation, la distribution, les moyens de production, le droit, la culture, la liberté, la communication. Alors on peut très bien être employé et libre. Mais l’impossibilité de la communication directe ne s’explique pas.
Ou bien la production et la consommation sont des apparences et seule la communication est réelle, la communication est la seule chose. Ainsi le voulait Hegel et Marx ne l’a pas compris. Alors on ne peut être employé et libre, l’impossibilité de la communication directe s’explique facilement, la notion hégélienne d’aliénation prend tout son sens, le malheur a une seule cause. Le malheur est d’ailleurs un bien grand mot, n’est pas malheureux qui veut. Dans ce monde, même le malheur est un privilège refusé au plus grand nombre. Il faudrait plutôt parler d’hébétude car aujourd’hui l’esclave pacifié ne connaît même plus son malheur. Freud a découvert que la névrose est la cause du malheur qui ne parvient pas à la conscience. D’ailleurs, puisque la communication commerciale est aussi bien un spectacle de la liberté, l’esclavage ne se voit pas. Le spectacle de la liberté est identiquement l’invisibilité de l’esclavage. Beaucoup d’esclaves se croient libres, certains veulent même le paraître, tels les esclaves branchés. L’esclave qui sait qu’il est esclave connaît au moins la liberté à défaut de la posséder.
Jean-Pierre Voyer
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|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 814 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Ven 11 Avr 2008 - 19:51 | |
| | Jean-Pierre Voyer a écrit: | | Le malheur est d’ailleurs un bien grand mot, n’est pas malheureux qui veut. Dans ce monde, même le malheur est un privilège refusé au plus grand nombre. Il faudrait plutôt parler d’hébétude car aujourd’hui l’esclave pacifié ne connaît même plus son malheur. |
Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 464, 502, 710 :
« 19 janvier [1967] – Ce matin, au lit, je pensais à ces millions de damnés qui, à Paris, doivent se lever pour aller faire une besogne qu'ils n'aiment pas – s'ils l'aiment, ils méritent leur sort. » (p.464) « 24 avril. [1967] En ce moment même, partout dans le monde des milliers et des milliers d'hommes sont en train de mourir, tandis que moi, j'empoigne mon stylo sans trouver un seul mot pour commenter leur agonie. » (p.502) *
* Repris dans Le Mauvais Démiurge (1969), Chap. « Pensées étranglées », III : « En ce moment même, partout dans le monde des milliers et des milliers sont en train d’expirer, tandis que, cramponné à mon stylo, je cherche en vain un mot pour commenter leur agonie. »
« Ma mission est de souffrir à cause (?), pour (?) tous ceux qui souffrent sans le savoir. Il faut que je paie pour eux, que j'expie leur inconscience, la chance qu'ils ont d'ignorer à quel point ils sont malheureux. » (p.710) **
** Repris dans De l’inconvénient d’être né, chap. VII (1973) : « Ma mission est de souffrir pour tous ceux qui souffrent sans le savoir. Je dois payer pour eux, expier leur inconscience, la chance qu’ils ont d’ignorer à quel point ils sont malheureux. »
+ Voir aussi : http://vraishommes.frbb.net/fosse-de-babel-f17/les-quatre-sens-de-la-vie-t3026.htm#62703
+ Céline dans Voyage au bout de la nuit (1932), p. 12 (de l’éd. folioplus) : « On est nous les mignons du Roi Misère. C’est lui qui nous possède ! Quand on est pas sages, il serre… On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gêne pour parler, faut faire bien attention si on tient à pouvoir manger… Pour des riens, il vous étrangle… C’est pas une vie…. »
+ Paul del Perugia dans Céline (éd. NEL, 1987), Chap. « Sermon sur le Roi Misère », p. 339, 341, 346, 347, 352, 359 :
| Citation: | « Sans or, en démocratie, aucune liberté n’est possible, ni à l’ouvrier manuel, ni au travailleur intellectuel ou d’encadrement qui se croit différent de l’ouvrier. Le Roi-Misère organise le labyrinthe célinien des hommes sans tête, d’où aucun mignon ne peut sortir. » (p.339)
« Le bordel américain, comme en Angleterre l’ivrognerie, consolait les masses de la misère imposée par les « Houses of Parliament ». Par les vices, les institutions puritaines rouvraient aux hommes un accès clandestin à la nature, mais à sa seule nature animale. (…) La démocratie, le libéralisme sont inséparables des vertus du puritanisme. Celles-ci servent de paravents décents au Roi-Misère. » (p.341)
« La pulsion de East End vers l’alcool correspond à celles de Detroit vers le bordel d’usine. A la misère matérialiste, inséparable du capitalisme, répondent seules les misères de la chair, l’évasion par les glandes génitales, le tube digestif ou le foie rincé au gin. » (p.346)
« Aussi bien que le manuel, le travailleur dans ses bureaux s’accoutume à l’avilissement du travail sans autre signification que l’argent « au bout » de l’effort, au bout du mois. » (p.347)
« [Céline] n’a guère que vingt-deux ans lorsque, écrivant du Cameroun, il découvre que le système l’instituteur lui a menti : “On prétend que le travail anoblit, je prétends qu’il avilit. ” » (p.352)
« En temps de décadence, le vrai travail ne paie pas. (…) Les plus hauts placés trichent. Ils prospèrent scandaleusement et ne sont jamais punis. » (p.359) |
+ Paul del Perugia dans Céline (éd. NEL, 1987), Chap. « Sermon sur Ninive », p. 371 :
| Citation: | Le travailleur d’usine ou de bureau du XXIe siècle ne gagnera sa vie qu’en la sentant s’amenuiser en lui, au jour le jour, pour devenir, à la retraite, des « Mme Lard ». Sa rémunération est une escroquerie dans un système où, pour être bon citoyen, il faut consommer à tout prix, dépenser souvent avant d’avoir gagné. La rumeur de foule qui emplit sa chronique est désenchantée. Elle ne trouve aucune justification dans ce qui est gagné par tant de mutilations puisque le Roi-Misère profanise le travail mutilant la main-outil privilégiée du travail.
Ses Ninivites sont les mêmes qui, à l’appel du tocsin de 14, apportèrent non seulement leur sang à la République, mais encore leur or, réserve sacrée de l’ancien bas de laine. En échange de leur sang, leur nom fut inscrit sur les monuments aux morts aujourd’hui oubliés. En échange de leur or, ces « travailleurs » reçurent un certificat d’honneur que l’on trouve encore, dans les maisons de province, à côté de la photo d’un soldat décoré, en capote, et que décrochèrent aujourd’hui les petits-fils. (p.371) |
_________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran) |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 604 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Mar 27 Mai 2008 - 6:22 | |
| « Le système s’accommode parfaitement d’une contestation de type incantatoire ».
François Gèze (patron des éditions La Découverte) [source] |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 604 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Théorie générale sur la révolution néolibérale Hier à 0:16 | |
| Débat sur la crise du capitalisme financier (mort à crédit...) lors du talk-show "Ce soir (ou jamais !)" du jeudi 9 octobre avec, entre autres : comme "anticapitalistes" : - Alain Krivine (fondateur LCR et NPA), - Alain de Benoist (essayiste, fondateur du GRECE), - Jean Ziegler (sociologue, membre consultatif du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, auteur not. des « Nouveaux maîtres du monde » [2002], de « L’Empire de la honte » [2005], de « La Haine de l’Occident » [2008]), comme pro-capitalisme réformé : - Denis Tillinac (écrivain de droite libérale, ancien proche de Chirac), - Olivier Ferrand (prof de finances publiques à Sc po, président de Terra Nova, un "think thank" pro PS libéral), - Christian Stoffaës (professeur d'économie, auteur de « Psychanalyse de l’antilibéralisme : les Français ont-ils raison d’avoir peur ? » paru en 2006). La crise remet-elle en cause le système capitaliste ? Crise : le retour en force de l'anti-capitalisme ? http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/index-fr.php?page=emission&id_rubrique=386------------------------ PS : pour ceux ne suivant pas trop l'actualité, vite fait en passant à 29:30, ce mini-topo (d'AdB) (schématique bien sûr, car on ne peut identifier le comportement des "fonds de pension" et celui des fonds d'investissement, même s'il n'existe pas d'encadrement juridique pour défendre l'investissement à long terme, protégeant ainsi les emplois) : "...dernière remarque rapide sur les causes [de cette crise financière]... [coupure de Taddei] Juste un mot quand même... On a dit partout que c'est l'endettement des ménages américains, les prêts hypothécaires, les fameux "subprimes". Bien. Mais pourquoi ils se sont autant endettés ? Le turbocapitalisme actuel... le mégacapitalisme actuel a consacré la prédominance... la domination des marchés financiers. La domination des marchés financiers a donné des pouvoirs accrus aux vrais propriétaires actuels du capital qui sont les actionnaires. Les actionnaires veulent un rendement immédiat maximal, sinon exponentiel, sur leurs investissements. Ce sont eux qui poussent aux délocalisations, ce sont eux qui poussent à la compression des salaires. Et aujourd'hui le résultat général c'est que les salaires sont à la baisse et que la précarité du marché du travail est de plus en plus grande, c'est-à-dire que dans le partage de la valeur ajoutée les revenus du capital l'emportent toujours sur les revenus du travail. A ce moment là, qu'est-ce qu'il se passe ? Les gens voient baisser leur pouvoir d'achat, on voit baisser la demande solvable, et le seul moyen pour un certain nombre de classes populaires, ou même de classes moyennes, d'échapper à la paupérisation qui les menace, c'est de s'endetter. Et à ce moment-là aux États-Unis, on leur offert des possibilités de crédit formidables. On les a poussés à s'endetter alors que même que leur solvabilité était de plus en plus en baisse. Et c'est comme ça qu'ensuite on a trafiqué sur les marchés du crédit toutes ces créances pourries, et puis petit à petit le château de cartes s'est écroulé. Donc l'endettement, ou surendettement, est bien réel. C''est presque aujourd'hui la taille du PIB aux Etats-Unis, c'est considérable. Mais c'est le résultat d'une disposition générale qui fait que les gens s'appauvrissant, au lieu de relancer la consommation par le pouvoir d'achat, la relancent par le crédit." ------------------------------------- Si vous voulez approfondir tout cela, 2 ouvrages récents, sérieux et accessibles à tous : - François Denord, "Néo-libéralisme version française, Histoire d'une idéologie politique", éd. Démopolis, Paris, 416 p. - Wendy Brown, "Les habits neufs de la politique mondiale, Néolibéralisme et néoconservatisme", éd. Les prairies modernes, Paris, 144 p. |
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