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Sebsebforce Idiot utile


   Age : 36 Inscrit le : 07 Déc 2006 Messages : 603
 | Sujet: Un cinéma engagé et libre? Jeu 3 Jan 2008 - 22:18 | |
| http://www.marianne2.fr/Ken-Loach-devoile-le-Londres-de-la-misere_a82490.html
Ken Loach dévoile le Londres de la misère It's a free world…, le nouveau film de Ken Loach, est en salle. Sans pathos, son réalisme sur les travailleurs clandestins en Angleterre indigne. Réactions à chaud.
C'est une magistrale leçon d'antilibéralisme. À Londres, Angie, une belle blonde d'une trentaine d'années décide de monter sa propre boîte après s'être fait licencier d'une entreprise de recrutement. Dans l'arrière-cour d'un pub, elle organise le recrutement de travailleurs sans papiers, pour la plupart des immigrants venus d'Europe de l'Est en situation très précaire. Au départ victime du système, la jeune mère-célibataire devient bourreau et passe, poussée par la nécessité, dans le camp des exploiteurs. Ken Loach dépeint avec précision le monde des travailleurs clandestins ukrainiens, polonais, irakiens ou afghans qui chaque matin frappent à la porte des agences d'intérim dans l'espoir d'embauches pour la journée. It's a free world… n'a rien d'un thriller ou d'une comédie facile, on y découvre un Londres, loin des grandes avenues touristiques, abandonné, et peuplé de bidonvilles. Pourtant, les salles se remplissent dès la première matinée. « C'est très fort et émouvant, la réalisation est excellente, seuls les Anglais savent faire ce genre de films » témoigne une spectatrice, la soixantaine alerte. Elle a les larmes aux yeux à la sortie de la séance de 13h dans le quartier de l'Odéon : « C'est autre chose que le cinéma français et c'est important que ces sujets soient abordés en ce moment ». Rappelons néanmoins que le cinéma social existe dans notre pays -même s'il se fait rare - notamment grâce à des films comme La graine et le mulet, d'Abdellatif Kechiche. Olivia, 31 ans, a elle aussi été touchée : « Ca fout la trouille, la vie de ces travailleurs doit être la même ici, à Paris ».
Et en France ? Plus tard, à la sortie du cinéma des Halles, un couple d'une cinquantaine d'années a trouvé le film « plus réel que fictif, on dirait presque un documentaire », efficace donc. Le même film en France ? Impossible pour certains : « Ce serait censuré, les Français ne reconnaissent pas le problème que pose l'immigration chez eux ». Un avis partagé, Julien 27 ans pense également « qu'un tel film en France rencontrerait des difficultés dans sa production et sa distribution ». Les spectateurs des oeuvres de Loach seraient-ils devenus pessimistes quant à l'engagement et à l'indépendance du cinéma français ? Chantal a 57 ans, elle est en colère, « ce film m'a démoralisée, je suis sûre que la situation est la même en France et je me demande pourquoi il n'y a pas des films français sur le sujet ». Son mari renchérit : « Après Ken Loach, seuls les frères Dardenne, des Belges, réussissent à faire du cinéma social ». Il continue en haussant le ton, « ce sujet me touche plus que les comédies bourgeoises qui abordent des thèmes dont je me fous ». Si les cinéastes britanniques sont passés maîtres dans la réalisation de drames sociaux, ils ne sont pas les seuls. Après Ressources Humaines réalisé en 1999 par Laurent Cantet, les œuvres des frères Dardenne ou encore les documentaires engagés de Michael Moore, It's a free world met en lumière l'abolition des frontières et sa conséquence, l'installation de véritables enclaves du tiers-monde à la périphérie des grandes villes. Ken Loach, lui, ne se contente pas de filmer du point de vue des victimes. Il tente de dévoiler les causes de la misère en montrant comment un prolétaire peut devenir exploiteur. La critique du capitalisme, nouveau filon pour le box-office ?
Jeudi 03 Janvier 2008 - 16:02 Pauline Delassus _________________ Résister ou mourir |
|  | | Lupe Pintor Tapette bobo du tertiaire


 Inscrit le : 14 Mar 2007 Messages : 45
 | Sujet: Re: Cinéma indépendant Ven 4 Jan 2008 - 11:15 | |
| | Citation: | Olivier Besancenot irait "bien au pouvoir" avec le cinéaste Ken Loach
PARIS (AFP) - "J'irais bien au pouvoir avec Ken Loach!": le leader de la LCR Olivier Besancenot a fait cet aveu en plaisantant au cinéaste britannique, lors d'un dialogue diffusé mercredi sur France Inter, où ils ont partagé les mêmes convictions.
Interrogé sur son éventuelle participation à un gouvernement, le leader révolutionnaire a lancé: "j'irais bien au pouvoir avec Ken Loach! Ce serait autre chose".
Le réalisateur, dont le film "It's a free world" sort cette semaine en France, avait appelé à voter pour le jeune trotskyste à la présidentielle.
Besancenot lui demande si des faits réels ont inspiré ce film sur Angie, jeune femme licenciée qui fonde à Londres une agence d'intérim pour des travailleurs sans papiers qu'elle va exploiter.
Le cinéaste a essayé "de montrer la logique économique derrière cette exploitation": le manque de sécurité des travailleurs, avec des "conséquences désastreuses pour les familles et les travailleurs", "l'écroulement des pays après Staline", avec des gens obligés "pour faire vivre leurs familles, de quitter leur pays".
Le leader d'extrême gauche juge que "dans la loi de la jungle, on est obligés de manger l'autre pour s'en sortir".
Pour le cinéaste, "le système oppresse les gens", le capitalisme "est en train de détruire la terre". "On ne peut laisser Bush, Blair, et même votre Président imposer un système qui est profondément injuste", lance-t-il.
Alors qu'il estime qu'"il n'y a plus de gauche en Angleterre qui soit contre les privatisations, qui s'oppose aux guerres impérialistes, aux agressions américaines...", "Olivier" fait partie pour lui des "gens qui ont toujours des principes".
Interrogé sur la jeunesse dans ce film, Besancenot raconte une anecdote. A Villiers-le Bel (Val d'Oise), banlieue marquée par de graves incidents en novembre, un "très jeune" lui a dit : "Le passé est pas bien, le présent est tragique, et --en me regardant bien dans les yeux, il m'a dit- heureusement, il y a pas d'avenir".
"Quand on entend ça, on comprend qu'à la fois, quelqu'un de révolté ca peut aboutir au meilleur comme au pire. Le sens de mon engagement, c'est de faire en sorte que la révolte aboutisse à quelque chose de positif".
"C'est un récit extraordinaire", commente Ken Loach. |
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|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 605 Localisation : QHS
 | Sujet: Cinéma indépendant Mer 23 Avr 2008 - 20:01 | |
| Si vous voulez vous changer de la distribution grand public, conseillons à l'affiche du cinéma d'art & d'essai Landowski à Boulogne-Billancourt (métro Marcel Sembat) : Les citronniers1h46 Comédie Dramatique De ERAN RIKLIS 2007, France, Israël, Allemagne Salma, une veuve de 45 ans, vit dans un petit village palestinien de Cisjordanie. Elle lutte contre les autorités israéliennes, qui veulent couper ses citronniers, plantés par sa famille des décennies auparavant. Cette plantation constituerait une menace pour la sécurité, car des terroristes pourraient s'y cacher. Salma est aidée dans son combat par Ziad, un avocat qui ne tarde pas à tomber amoureux d'elle. In memoria di me1h58 Thriller de SAVERIO COSTANZO 2007, Italie En pleine crise existentielle, Andrea, jeune homme séduisant et intelligent, décide d'entrer au noviciat jésuite, une période de recueillement spirituel avant la prêtrise, durant laquelle il expérimentera son aptitude à rejoindre l'ordre. Alors que les prêtres lui enseignent les fondements de la foi, Andrea découvre les dessous de cette communauté religieuse de prêtres et novices réunis dans le silence et la prière. Le Monastère devient un personnage à part entière dans lequel chaque regard, chaque son suggère un mystère. D'autant plus que les novices, s'efforçant de s'abandonner eux-mêmes afin de trouver leur foi en Dieu, sont appelés à dénoncer le moindre signe de faiblesse de leurs camarades. Pour Andrea, la vie de prière, de rituels et les heures de lecture se déroulent sous le sceau de la surveillance et du questionnement permanent. Malgré le soutien du Père Supérieur, Andrea se perd sans sa quête mystique et est sur le point de quitter l'ordre. Une décision à laquelle bien d'autres se sont heurtés avant lui... Les seigneurs de la mer (SHARKWATER) 1h29 Documentaire de ROB STEWART 2006, Canada Depuis l'enfance, Rob Stewart se passionne pour les requins. À tel point qu'il est devenu biologiste et photographe sous-marin afin de pouvoir nager avec eux, décrypter leur mystère et déconstruire le mythe du requin mangeur d'homme. Ce mythe, entièrement fabriqué, serait selon lui responsable de l'indifférence qui entoure, un peu partout dans le monde, le massacre de la population de requins à des fins commerciales. Du Costa-Rica aux Îles Galapagos en passant par le Guatemala, Stewart et l'équipage de l'activiste des mers Paul Watson tentent de dénoncer et de mettre en échec les braconniers à la solde de mafias asiatiques soutenues par des gouvernements corrompus. Il en va selon eux de l'équilibre écologique de la planète. |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 605 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Cinéma indépendant Sam 17 Mai 2008 - 1:25 | |
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| Rilke a écrit: | | Rapprochez-vous alors de la nature. Cherchez à dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous éprouvez, ce qui est pour vous objet d'amour ou de perte. |
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|  | | Invité Invité
 | Sujet: Cinéma indien Sam 17 Mai 2008 - 6:21 | |
| | MEDIATOR a écrit: | Ce qu'il y a d'étonnant dans cette scène, c'est que la musique indienne nous restitue toute l'âme d'un peuple où l'extase amoureuse est assimilée à l'expérience mystique, à la perception du divin qui est la volupté suprême (Alain Daniélou a écrit là-dessus des pages lumineuses dans L'érotisme divinisé, Rocher, 27 €).
| Pindare a écrit: | | Ma chère âme, n'aspire pas à la vie éternelle mais épuise le champ du possible. | |
Coïncidence... Avez-vous pensé à mon post du 28 avril sur cette page, où je présentais ce même extrait du film Pakeezah, ou êtes-vous tombé sur cette vidéo par hasard ?
En tout cas l'exemple est bien choisi, chaque chanson de Pakeezah reflétant par ses paroles un sens profond, subtilement lié au drame sur lequel se construit le film. Cette assimilation du sentiment amoureux à l'expérience mystique est toujours opérée par une mise en scène de la tristesse, du manque, de la nostalgie. Ici la chanteuse-courtisane Shahibjaan — en pleine action de séduction d'un riche client — interprète un chant mélancolique tout à fait approprié à la situation, mais en même temps raconte une autre histoire, une brève rencontre sur laquelle se greffent sa nostalgie amoureuse et ses désirs inaccessibles de pureté et de rédemption :
Par hasard, simplement, j'ai rencontré quelqu'un sur mon chemin, et depuis ma vie reste immobile, suspendue en l'air… Et ce que je n'ai pas réussi à dire, le monde le dit pour moi. Et il dit qu'une histoire, une histoire a été créée du débordement de mes paroles. L'attente de la nuit est longue mais la libération (l'aube) viendra. Ces lampes s'éteignent, elles se consument avec moi. Par hasard, simplement, j'ai rencontré quelqu'un sur mon chemin.
On entend le sifflet d'un train à la fin de la chanson, qui met fin en même temps à la danse, à l'enchantement, à l'action de séduction (sans toutefois en supprimer la conclusion) et à l'artificialité de cette séduction, rappelant à l'héroïne des sentiments plus authentiques mais qui lui restent interdits. En effet la rencontre citée a eu lieu dans un train, pendant son sommeil. Dans tout le film le sifflet du train vient en leitmotiv la rappeler à sa condition, symbolisant la fatalité d'abord douloureuse, puis qui se mettra plus tard de son côté pour accomplir un destin plus harmonieux.
Si j'ai le temps, je reviendrai plus tard et ailleurs sur la singularité de ce film indien tourné en deux phases, pendant les années 60 puis au début des années 70 : curieux et émouvant cas d'interpénétration du drame de la vie réelle — celle de l'actrice principale et du réalisateur qui étaient amants — et de celui tissé par le scénario.
Edit : Mediator, je me suis permis de chercher pour votre post un extrait vidéo dont le son est meilleur. Il y avait beaucoup de "pleurage" sur le premier.
------------------------------------------------------------------- Dans un genre tout différent mais sur le même thème (la révélation du sentiment amoureux), un autre extrait chanté et dansé d'un film de la grande époque de Bollywood (années 50-60), Gunga Jumna.
Cette fois le cadre n'est pas les palais et les bordels du Nord moghol mais une communauté villageoise des plaines centrales. La danse pratiquée n'est pas le kathak (que l'on dit ancêtre du flamenco) mais un dérivé chorégraphié du bharata natyam d'Inde du Sud, danse dans laquelle est spécialisée l'actrice principale, Vijayanthimala, originaire de Tanjore. J'ai eu il y a longtemps la chance de voir danser Vijayanthimala au musée Guimet, et bien que j'aie vu dans ma vie d'autres récitals de danse indienne, celui-ci est celui qui a le plus impressionné ma mémoire. Des années après le tournage de ce film, cette femme était d'une beauté et d'une grâce surréelles, elle ne touchait pas terre, et ses yeux étaient animés d'une joie mystique exceptionnelle, même pour ce style de danse qui met en valeur la vivacité du regard.
(Désolée pour la mauvaise qualité de l'extrait, je n'en ai pas trouvé d'autre de cette chanson pourtant archicélèbre.)
Jise tu qabool karle, extrait de Devdas (Bimal Roy, 1955). Dilip Kumar (Devdas), Vijayanthimala (Chandramukhi).
Le titre Devdas ne vous est certainement pas inconnu, puisqu'il s'agit du premier film bollywoodien à avoir pénétré de façon significative le marché occidental au début des années 2000 (réalisé par Sanjay Leela Bhansali, 2002). Il faut savoir que ce roman à succès de l'écrivain bengali Saratchandra Chatterjee avait déjà été porté à l'écran quatre fois auparavant (en 1928 par Naresh Mitra, en 1935 par P. C. Barua, en 1936 par Bimal Roy et en 1955 par le même) : l'extrait présenté ici provient de cette dernière version, sans doute la plus parfaite.
Il suffit en effet de comparer la version sobre, passionnée et désespérée de 1955 avec le pudding dégoulinant aux arômes artificiels de 2002 (vraisemblablement prévu non seulement pour sacrifier à la mode bollywoodienne actuelle de la surenchère mais aussi pour capter l'attention du public occidental) pour saisir ce qui a changé dans le cinéma populaire indien en un demi-siècle.
Rappel rapide du mélodrame : Devdas, fils de famille, et Paro, villageoise de basse caste, sont amis d'enfance et s'aiment. Le père de Devdas interdit leur mariage, et profite du départ de Devdas à Calcutta pour la marier avec un homme plus âgé qu'elle qui déclare dès la nuit de noces que Paro restera vierge et cloîtrée, car il a fait vœu de chasteté pour vénérer la mémoire de son épouse morte. Sympa. Devdas, à Calcutta, fait la connaissance de Chandramukhi, une prostituée qui s'éprend de lui — sans espoir puisqu'il ne pense qu'à deux choses, l'alcool et Paro. Il revient au village et trouve Paro mariée. De désespoir il s'en retourne à la ville pour se saouler avec une application redoublée, tomber mortellement malade (mais de mort lente, sinon le film serait trop court), et briser un peu plus complètement le cœur de Chandramukhi. Ça finira mal, bien entendu : Devdas comprend trop tard la pureté de cœur de Chandramukhi et s'éprend d'elle juste au moment de partir à jamais. Il sent en effet qu'il n'en a plus pour longtemps et doit tenir la promesse qu'il a faite à Paro : retourner la voir avant de mourir. Cette promesse ne sera pas entièrement tenue, puisque Devdas s'écroule devant la porte que l'on referme au moment précis où Paro va l'atteindre.
Dans cet extrait, Chandramukhi, qui vient de ramasser Devdas ivre mort dans la rue, tente de le retenir pour l'empêcher de se détruire tout à fait. Devant son peu de réaction (et pour cause, vu son état), elle laisse éclater sa tristesse et son sentiment d'impuissance.
Où trouverai-je le statut qui me fera accepter de toi ? Où trouverai-je le baume qui guérira nos deux cœurs ? Je suis la fleur que tous ont piétinée, Et ma jeunesse est partie, emportée par mes larmes. Où trouverai-je le nuage qui fera pleuvoir des fleurs ? J'ai demandé la mort, mais j'ai reculé parce que j'avais peur. Dans ton cœur il n'y a que tristesse, mais dans le mien il n'y a que toi.
Cette scène reste une des plus belles expressions cinématographiques de l'amour non partagé jamais réalisées, et une performance bouleversante de l'actrice Vijayanthimala, danseuse sacrée du temple de Tanjore que j'ai déjà présentée dans un autre extrait de film. Son jeu au cours de cette chanson passe constamment, et imperceptiblement, de l'abattement à l'espoir. Sa grâce et sa force de communication émotionnelle sont telles que même l'épais Devdas finit par se lever de son semi-coma éthylique et, fasciné, prête enfin attention à Chandramukhi.
Dilip Kumar, à la suite de ce tournage émotionnellement éprouvant, dut suivre un traitement psychologique. Je ne sais pas si Vijayanthimala y eut également recours. |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 605 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Cinéma indépendant Dim 1 Juin 2008 - 0:34 | |
| L'industrie du cinéma américain, celui des "majors", souvent centré sur les mythes fondateurs du pays, est-il un véhicule de l'impérialisme culturel ? Une petite étude pour voir ce qu'il en est de l'impact d'une machine à reproduire l'idéologie sociale et politique du pays...
| Citation: | L INFLUENCE DES MEDIAS Cinema et propagande aux Etats-Unis
Les relations entre le média « image » et les instances politiques américaines ont revêtu différentes formes tout au long du vingtième siècle. Ces relations ont connu leurs heures de gloire et leurs heures sombres, au gré des différentes étapes du développement du cinéma, de la santé économique, de l’actualité ou encore de l’implication du pays dans différents conflits de par le monde.
Cette étude revient en premier lieu sur les acteurs et le cadre de cette coopération, avant de retracer les principaux jalons de ce mariage de raison entre Pentagone et Cinéma, illustrant une véritable exploitation mutuelle. Dans un troisième temps, elle analyse les mécanismes de propagande véhiculés par le cinéma américain, qu’ils soient explicites ou masqués, mais illustrant quoi qu’il en soit son utilisation comme levier de promotion de la toute puissance américaine et de l’American Way of life. Enfin, elle propose une lecture synthétique de ses atouts mais aussi des risques associés sur les comportements individuels en particulier.
A l’aube du vingt-et-unième siècle, alors que le cinéma perd de sa superbe à l’aune du développement du multimédia, de l’ère du tout numérique et de l’émergence de nouveaux usages, de nouveaux mécanismes de propagande apparaissent. Ces derniers permettent de démultiplier l’effet de résonance entre médias et sonnent peut-être le glas d’une association centenaire entre le cinéma et les instances politiques américaines.
Ce document est accompagné d’annexes séparées explicitant l’ensemble des sources analysées dans le cadre de cette étude : la littérature particulièrement fournie sur ce thème, les documentaires TV, les films et l’exploitation de diverses sources Internet.
Lire le fichier PDF http://www.infoguerre.com/fichiers/hollywood_propagande.pdf
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|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 605 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Cinéma indépendant Jeu 12 Juin 2008 - 2:07 | |
| Le 6 avril 1814, le maréchal Ney, surnommé le « Brave des braves », demande à Napoléon d’abdiquer. L’Empereur refuse, puis s’y résigne. Après des adieux émouvants à la Garde impériale dans la cour du château de Fontainebleau, il part en exil pour l’île d’Elbe (une petite île entre la Corse et l'Italie). La monarchie constitutionnelle est alors instituée par le gouvernement provisoire français et le comte de Provence, frère cadet de feu Louis XVI, monte sur le trône sous le nom de Louis XVIII. Onze mois plus tard, le 26 février 1815, Napoléon quitte secrètement l'île d'Elbe et débarque le 1er mars à Golfe Juan, près de Cannes. Il reçoit un accueil peu chaleureux en Provence, majoritairement royaliste, mais il est bientôt acclamé dans le Dauphiné. Et le 6 mars, à Grenoble, il est escorté par les troupes envoyées contre lui ! Le 14 mars à Lons-le-Saunier, le maréchal Michel Ney, ultime espoir pour la sauvegarde de la monarchie, qui, le 6 mars, avait promis au Roi de « ramener Buonaparte dans une cage de fer », se rallie à à la cause de l'Empereur, suite à des tractations secrètes avec des émissaires et en raison surtout de la fibre bonapartiste des soldats et de la population. La scène présentée ci-dessous est donc inexacte historiquement (Ney n'ayant jamais ordonné à ses troupes de fusiller l'Empereur en face d'elle) mais pour pourtant "vraie" dramatiquement. Elle traduit bien l'atmosphère du moment : ce n'est pas que Ney qui fut réellement livré intérieurement à un dilemme face au retour de Napoléon mais tout un peuple : il était à la fois menace pour la paix extérieure, mais en même temps sursaut face à la paix intérieure rongée d'un côté par les intrigues des ultra-royalistes (dirigés par le comte d'Artois, frère du roi) considérant comme épisodique une Charte à prétention réconciliatrice avant un retour à l'absolutisme (cas de Ferdinand VII d'Espagne) et de l'autre côté par l'inquiétude des acquéreurs de biens nationaux de la Révolution craignant pour leur sort. Cette scène condense en effet tout le tragique dans cette "règle des 3 unités": unité de temps, de lieu et d'action. Elle nous fait bien ressentir toute l'intensité de ce retournement décrite ainsi par Alphonse de Lamartine (en tant que chroniqueur) : "Ce n'était plus le courage de l'espérance que Napoléon avait soufflé à ses troupes en Italie, en Egypte, en Allemagne, c'était le courage moins bruyant, mais plus résolu, du désespoir." Histoire de la restauration. Par Amine Lotfi ( source) Spécialiste des grandes fresques historiques,le cinéaste soviétique Serguei Fiodorovitch Bondartchouk (1920-1994) est connu pour son monumental Guerre et paix, adapté du chef-d’œuvre de Léon Tolstoï et qui fut supérieur à la version américaine signée pourtant par King Vidor. Bondartchouk avait consacré sept années à réaliser son adaptation de Guerre et paix. Il était alors l’une des références du cinéma soviétique auquel il assurait un immense retentissement sur le plan international. Sa connaissance de l’histoire le prédisposait à se tourner vers des thèmes majeurs qui pouvaient concerner d’autres publics que ceux de l’Union soviétique. En 1970, Bondartchouk obtient des moyens colossaux pour tourner Waterloo,dans lequel il dépeint l’ ultime bataille livrée et perdue par Napoléon Bonaparte. Ce film, diffusé sur Arte, est un travail d’introspection de la personnalité d’un homme parvenu à la fin de son aventure personnelle. A bien des égards, Bondartchouk ne peut pas s’empêcher de montrer son attachement à ce personnage qu’il ne décrit pas comme un conquérant fringant, mais comme un homme bouffi par la force de l’âge qui cherche à prendre la mesure de sa propre valeur. La bataille de Waterloo avait été la conséquence de Napoléon Bonaparte sur la scène européenne après son évasion de l’île d’Elbe où il avait été exilé, en 1814, par une coalition d’armées européennes qui avaient pris Paris. C’est de son île que Napoléon Bonaparte parvient à s’échapper et à reprendre pied en France où il marche triomphalement sur la capitale. Un retour inacceptable pour les Anglais et les Autrichiens qui croyaient s’être débarrassés à tout jamais de celui qui avait mis l’Europe à feu et à sang. Un adversaire résolu va se dresser sur la route de Napoléon : c’est le duc de Wellington qui conduira l’armée anglaise dans cette ultime confrontation dont le sort se décidera à Waterloo. C’est le duel à distance entre Napoléon Bonaparte et Wellington qui est au cœur du film de Bondartchouk. Le cinéaste a amplifié le contraste entre les deux personnages en choisissant des acteurs typés pour les incarner. Rod Steiger est un Napoléon Bonaparte empâté et à bout de souffle, alors que Christopher Plummer est un sémillant Wellington dont la légèreté n’est que de façade, car il sait que son ennemi est redoutable. On comprend que dans ce duel l’intérêt de Bondartchouk est plus fortement porté sur Napoléon Bonaparte qui, malgré l’usure, est un chef plein de panache et pour lequel la défaite n’est pas envisageable. En fait, toute la scénarisation du Waterloo de Bondartchouk tend à minimiser le mérite personnel de Wellington dans l’issue de la bataille, car la victoire n’avait été possible que grâce à l’intervention in extremis des troupes alliées commandées par Blücher. Face au matamore Wellington, Bondartchouk peint une statue renversée, la fin d’une époque qui suscite des sentiments mitigés de soulagement et de regrets. Quel aurait été le visage du monde si Napoléon Bonaparte avait remporté la bataille de Waterloo ? C’est une question que pose implicitement le film de Bondartchouk qui enrichit la riche panoplie d’œuvres qui sont liés à cette période depuis les compositions de Beethoven jusqu’aux tableaux de Goya. Les cinéastes, avant et après Bondartchouk, se sont penchés sur le cas Napoléon et les conséquences de son tempérament guerrier sur son époque, à l’image de Sacha Guitry, Abel Gance ou Ridley Scoot, alors que l’acteur américain Al Pacino est pressenti pour interpréter le rôle de Napoléon Bonaparte dans les mois prochains. Le Waterloo de Bondartchouk, avec sa profusion de moyens, sert aujourd’hui à comprendre une séquence de l’histoire, mais aussi à voir que le regard de l’artiste peut devenir subjectif. Sans doute Bondartchouk a-t-il voulu mettre en exergue que derrière le guerrier féroce il y avait un cabotin qui se mettait en scène sur le théâtre des conflits qu’il provoquait. A Waterloo, Napoléon Bonaparte diminué, exténué, en bout de course, ne pouvait plus, seul contre tous, qu’évoluer sur un théâtre d’ombres : celui où se mêlent grandeur et décadence. |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 605 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Cinéma indépendant Mar 1 Juil 2008 - 8:00 | |
| Les trésors du cinéma européen en streaming gratuit
Des films européens, rares et insolites, seront mis en ligne dans quelques jours sur le site d'Europa Film treasure. Amateurs de cinéma de quartier, ne pas s'abstenir.
Les trésors du cinéma européen arrivent enfin sur la toile grâce au site Europa Film treasure qui a déjà mis en ligne quelques programmes. Toutes les catégories de films seront représentées : animation, actualité, comédie, drame, documentaires, reportages, films érotiques, publicités, western...etc
C'est avec une trentaine de films que le site démarrera officiellement le 3 juillet 2008 et il s'enrichira d'une centaine de productions d'ici la fin de l'année. Europa Film treasure compte enrichir le site avec plus de 500 films en streaming d'ici 2012.
A noter qu'il n'est pas prévu que le site propose du téléchargement à l'avenir, mais seulement du streaming. Une mine d'or pour les cinéphiles et les curieux. |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 605 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Cinéma indépendant Dim 24 Aoû 2008 - 17:42 | |
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Network, main basse sur la télévisionréalisé par Sidney Lumet (1976) Après son premier film ( Douze hommes en colère, 1956), Sidney Lumet ne cessera jamais tout au long de sa carrière - de L’Homme à la peau de serpent (1959) à Jugez-moi coupable (2005) en passant par Un après-midi de chien (1975) - d’œuvrer au cœur de la justice des hommes en mettant autant à l’honneur des bandits débutants, des policiers intègres, des psychiatres enquêteurs, etc. En 1976, il livre sa vision du monde télévisé avec une Faye Dunaway en directrice de programmes sans scrupules, un William Holden directeur de l’information dépassé, un Robert Duvall prêt à tout pour accéder au pouvoir suprême. L’armada médiatique avec ses coups bas et ses crises hystériques en vue de garder audience et audimat reste d’une troublante actualité trente ans après sa sortie. Un journaliste vieillissant (Peter Finch) perd quelques points d’audience et se voit licencié. Désespéré, il annonce son suicide lors de son dernier journal télévisé et compte mettre fin à ses jours directement devant des milliers de spectateurs. Il se rétracte cependant mais l’annonce provoque chez le public un regain d’intérêt pour cet homme en colère. Devenu prophète médiatique, il anime alors un journal hors norme où des voyantes prédisent l’avenir politique des États-Unis. Parallèlement à cette montée en puissance de « l’info show biz », la directrice des programmes de la chaîne propose des documents mi-fiction mi-réalité sur des terroristes. Succès garanti. "Network" signifie "réseau" en français. Les protagonistes assurent effectivement qu’une toile se tisse autour du média télé, ici la chaîne UBS, et que ce média tisse à son tour une terrifiante toile d’araignée sur un public obéissant. Et le public est ici réduit à peau de chagrin, n’apparaît qu’en foule, anonyme, et exécute des ordres. Il crie sa hargne d’un gouvernement véreux mais reste consciencieusement derrière l’animateur vedette qui sombre progressivement dans la folie. La rue est de fait fort peu filmée, sauf au début lorsque Max Schumacher (William Holden) annonce son éviction à Howard Beale et le confronte à son potentiel public. Justement, bien peu de passants circulent. Les deux hommes sont presque seuls. Network est alors surtout un film d’immeuble - celui de la chaîne UBS. Notons qu’aucune télévision n’avait à l’époque accepté le tournage dans ses locaux et que l’immeuble souvent filmé en contre-plongée est celui de la MGM, à New York. Film d’immeuble, de bureaux, de pièces, un film qui use avec maestria du cadre, de l’encadrement, de la boîte finalement, pour mettre en évidence l’omniprésence de la télévision - la petite lucarne - dans la vie quotidienne. Certains plans d’immeubles soulignent les alignements de fenêtres, alors perçues comme de véritables écrans. Comment ne pas penser à un film comme La Mort en direct de Bertrand Tavernier ? Lorsque la télévision est la réalité - il faut alors penser comme elle - et instaure sans état d’âme la contre-culture, les événements dramatiques (faits-divers, braquages...) sont jugés suivant leur potentiel audimat-audience. La télévision-parc d’attractions doit lutter contre l’ennui et paradoxalement pour contrer ce fléau moderne, la vision du quotidien (télé-réalité) magnifiée par un montage, des ellipses, des ralentis, des musiques, des "people" éphémères, occupe l’attention et ne laisse pas place à la réflexion. Diana Christensen, la directrice des programmes, l’a saisi et décide de concevoir des projets qui occupent le téléspectateur. « Une audience de 30 et un audimat de 20 », voilà ce qu’elle attend de la vie, indifférente à la douleur, insensible à la joie. Ironiquement, cette Diane chasseresse porte le Christ en son nom et espère trouver des prophètes pour sa nouvelle religion. Les couleurs jaune-rouge-orange-roux tournent alors autour de Faye Dunaway, autant pour la mettre en évidence dans la composition du plan que pour souligner sa pointe de folie et sa vision perverse du système. Les discours affluent dans ce Network, pour dénoncer, annoncer, proclamer, promouvoir. Et certains d’entre eux ont gardé une force argumentative qui fait froid dans le dos. Une voix off masculine ouvre, soutient et clôt le film, jouant d’une neutralité vocale qui assure l’horreur de ces délires médiatiques. Film très peu diffusé à la télévision depuis 30 ans, Network a remporté quelques récompenses prestigieuses : Oscar de la meilleur actrice, du meilleur second rôle masculin, du meilleur scénario, et mérite que le téléspectateur se mue en spectateur. D’autant que pour les cinéphiles avertis, un p’tit jeune promis à une grande carrière joue l’assassin du journaliste-prophète. Ces quelques secondes renouent avec un film, Bob Roberts, qu’il réalisera bien des années plus tard : Tim Robbins. ( Source) |
|  | | MEDIATOR L'Œil


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 | Sujet: Re: Cinéma indépendant Ven 29 Aoû 2008 - 18:10 | |
|  .....   .....  Toujours du réalisateur Sidney Lumet, mis en ligne par le site cinéphile cinememorial.com, un extrait condensé (en VF) de L'Homme à la peau de serpent ( The Fugitive Kind, N&B, 1959). Il s'agit d'une adaptation cinématographique de la pièce Orpheus descending ( La Descente d'Orphée, 1957, version remaniée d'une pièce de 1940 interdite sous pression des ligues de vertu américaines) du dramaturge Tennessee Williams, ce qui explique la mise en scène (photographie recourant au clair-obscur, dialogues à fleur de peau, ...) voulant restituer l'intensité tragique de la pièce et servi par un duo d'acteurs hors-pairs chers à Williams, le magnétique Marlon Brando (qui retrouve là, bon gré mal gré, son rôle de séducteur à la sensualité animale hérité de son personnage de Stanley Kowalski d’ « Un Tramway nommé désir », 1952) et la « volcanique » Anna Magnani (vedette du cinéma italien de l’époque, interprète principale de « La Rose tatouée », 1955). Comme toujours chez Williams (qui déclarait à la fin de sa vie que « chaque écrivain tout au long de sa vie exprime un seul thème. Pour moi, ce thème c’est la nécessité de compréhension, de tendresse et de persévérance dans l’infortune chez des individus traqués par les circonstances »), la passion et la sexualité refoulée tiennent ici le haut du pavé avec des personnages torturés en lutte contre le « politiquement correct » (ici les préjugés du « Deep South », du Vieux Sud alors déclinant à cette période). Après avoir rendu les femmes de la petite ville où il débarque folles d’amour pour lui - notamment la blonde Carol, nymphomane alcoolique (Joanne Woodward qui joue tout en gestes suggestifs et en regards implorants, mauvaise conscience et âme perdue qui taraude les nuits mesquines des villageois) -, Val (qui est bien plus qu'un beau ténébreux joueur de guitare et qui dans ce film rend bien la profondeur ambiguë et naïve de l’homme à la peau de serpent, tel que Tennessee Williams*, amoureux d’anges troubles et de révoltés célestes, l’a imaginé) disparaît et laisse comme seule trace de sa venue son fameux blouson en peau de serpent. Mythique... ** * : cf. la nouvelle traduction de « la Descente d’Orphée » par Patrick Couton aux éditions de l’Atalante de Nantes. Sur cet auteur, cf. aussi ici. ** : « La Passion d'Orphée : ombres, lumières et clair-obscur dans "L'Homme à la peau de serpent" de Sydney Lumet », Tristan Grünberg in revue Inter-Lignes, juin 2008, 15 €. Sujet : Avec pour seul bagage sa guitare, sa veste en peau de serpent et sa soif de vivre, Val Xavier, un vagabond chassé de la Nouvelle-Orléans, échoue dans une bourgade du Mississippi, Two rivers, où croupissent dans la chaleur, l'alcool et la frustration, quelques habitants. Val rencontre d'abord la femme du shérif, Vee, qui lui offre un repas et le gîte pour la nuit. Il est ensuite hébergé par Lady Torrance, dont le mari, atteint d'un cancer, est à l'hôpital. Lady se retrouve seule pour s'occuper de l'épicerie. Elle engage Val comme commis. extrait vidéo : |
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