Tatave Idiot utile


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 | Sujet: Travailler en Suisse ? Ven 5 Oct 2007 - 4:15 | |
| Travailler en Suisse ? Un rêve pas forcément si facile à réaliser
REPORTAGE. Les Français qui viennent tenter leur chance à Genève ont parfois de quoi déchanter.
par Christian Lecomte Tous deux sont très jeunes. Lui, 20 ans. Elle, 19. Ils viennent d'une petite commune d'Alsace, près de Mulhouse. Robin est chauffagiste. Laura vient de passer sa maturité. Ils s'aiment, se sentent fort ensemble. Ils ont pris la route pour réussir leur vie. «Le boulot là-haut, c'est l'intérim ou les contrats à durée limitée», lance Robin. «On ne veut pas d'une vie en pointillé», soupire Laura. Direction l'Eldorado le plus proche : la Suisse. Pas Bâle, car ils parlent mal l'allemand. Non, Genève, plus au sud. La nuit, ils dorment dans leur voiture sur une aire d'autoroute, non loin de Genève. «On peut prendre des douches, un café, ça ne coûte rien.»
Frapper aux bonnes portes, voilà leur objectif. Mais la ville du bout du lac est un monde vaste et inconnu. Quelqu'un leur a donné la bonne adresse : 50, rue de Genève à Annemasse, en Haute-Savoie. Une grosse bâtisse abrite la Maison transfrontalière européenne (MTE). Elle a 44 ans d'âge, 28500 adhérents, et défend les intérêts des 50000 frontaliers (français à 99%) qui, le matin, vont travailler dans le canton de Genève.
Idées revues et corrigées
La MTE informe, elle a ouvert un service d'offres d'emploi en Suisse et son site* met en ligne les CV. «Chaque jour, 1000 internautes se connectent et le standard enregistre 300 appels. C'est énorme», commente Michel Charrat, le président du Groupement transfrontalier européen. Selon l'Office genevois de la statistique, 9280 nouveaux permis de travail ont été délivrés en 2006 à des frontaliers contre 4345 en 2002, par exemple. Ils sont de plus en plus nombreux à venir de loin, du Nord notamment, pour fuir les friches industrielles et les reconversions difficiles.
Autre mission de la MTE : monter des conférences. C'est gratuit, vient qui veut. Mercredi 26 septembre, salle Martin-Luther-King d'Annemasse. Le thème de la soirée: «Travailler en Suisse, l'emploi en région lémanique.» Laura et Robin sont là, attentifs, un cahier à la main. Deux cents autres personnes de tous âges sont venues. Français, Haut-Savoyards en majorité. Comme Julien, 35 ans, marié, trois enfants. Il est technicien sur commande numérique. Il gagne dans les 1800 euros net par mois. «Un copain diplômé comme moi gagne le triple en Suisse, j'ai décidé de franchir le pas, je vise Rolex.»
«Depuis 2002, les bilatérales ont instauré la libre circulation, annonce à la tribune Cécile Petit, de la MTE. Si vous décrochez un emploi à Genève, vous obtenez un permis de travail dans les cinq jours. Le salaire moyen mensuel brut est de 5875 francs.» Murmure dans la salle. «Mais vous travaillerez plus, 42heures hebdomadaires et n'aurez que quatre semaines de congé.»
Adieu donc les 35heures, les RTT (récupération du temps de travail) et les cinq semaines de vacances. «De plus, pas de salaire minimum en Suisse et si l'embauche est facile, le licenciement aussi, poursuit la conférencière. Et n'espérez pas trouver aisément votre salut dans le droit social. Si notre code du travail possède 800 articles, le Code des obligations suisses en contient 43 qui traitent du contrat de travail.»
Nouveau coup de massue: «Dès lors que vous travaillez dans le canton de Genève, vous êtes imposés à la source à hauteur de 12% et serez exclus du régime de la Sécurité sociale. Vous devrez contracter une police d'assurance maladie privée dont le montant va de 100 à 180 euros par mois.» Nos Alsaciens ont blêmi. «Il faut que l'on fasse des calculs», dit Robin. Julien, de son côté, s'accroche à son rêve : «Mon épouse travaille en France, elle et les enfants sont couverts par la Sécurité sociale, on sera gagnants.»
La Suisse n'est-elle plus un Eldorado ? «Si, parce que la Confédération et ses 3% de chômage multiplient les possibilités d'emploi et que l'on est très bien payé dans une monnaie refuge, répond Xavier Charvet, de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE), à Annecy. Mais toute médaille a son revers, l'âge du départ à la retraite n'est pas de 60 ans et l'indemnisation du chômage est pénalisante.» Ajoutons à cela le coût souvent inabordable du logement à Genève et en France voisine, qui oblige à faire des mouvements pendulaires de plus en plus éloignés.
En finir avec l'angélisme
David Talerman, auteur d'un ouvrage de référence intitulé Travailler et vivre en Suisse** se félicite que ces conférences contribuent «à briser l'angélisme de certains. Des gens arrivent de Lille ou de Bretagne en croyant que le Genevois est une région française, comme un lointain département d'outre-mer. Ils ont tout à apprendre, en premier qu'ils se retrouvent dans un pays étranger», explique-t-il sérieusement.
Lui-même anime des réunions et déplore que le public ignore tout des institutions suisses. A peine 10% connaissent le nom de la présidente de la Confédération et 70% croient que Genève en est la capitale. «Vous ne pouvez pas postuler si vous ne possédez pas des connaissances générales sur la Suisse, insiste-t-il. Le danger ici est que l'environnement est peu dépaysant et qu'il n'y a pas de choc culturel. Mais c'est trompeur.»
David Talerman dépeint le Suisse comme une personne plutôt discrète, modeste, qui affiche un profil bas, le Français étant plus volubile, «plus rentre-dedans.» «C'est à peine caricatural, poursuit-il, et ça joue dans les relations futures au sein de l'entreprise. En Suisse, par exemple, le conflit équivaut à un échec, un aveu d'impuissance, tout vaut mieux donc que la discorde. En France, on ne recherche pas à tout prix la paix sociale. Pour preuve, la Suisse a subi quatre mouvements de grève en 2006 contre 600 en France. Il faut avoir tout cela en tête.»
David Talerman prodigue également des conseils pour la rédaction des CV : «L'employeur suisse est pragmatique, il recherche du concret : combien de choses vendues? Quel chiffre d'affaires? Il insiste plus sur les références professionnelles que sur la formation. Le candidat français se gausse d'avoir fait polytechnique quand son interlocuteur attend des réalisations.» Autre pays, autres mœurs. «Pour réussir une carrière de l'autre côté de la frontière, il faut ranger son individualisme et s'ouvrir au collectif, martèle David Talerman. La Suisse, je le dis souvent au public, est ce pays qui a deux reprises a refusé une baisse d'impôt.»
* http://www.frontalier.com
** «Travailler et vivre en Suisse, guide pratique pour les résidents et frontaliers», Gualino Editeur. http://www.travailler-en-suisse.ch/
© Le Temps, 2007 . Droits de reproduction et de diffusion réservés. |
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Jul le Marteau S.P.E.C.T.R.E


   Age : 100 Inscrit le : 10 Fév 2007 Messages : 1994 Localisation : Lorraine, 54 M&M.
 | Sujet: Re: Travailler en Suisse ? Ven 5 Oct 2007 - 6:32 | |
| Pays qui a refusé des baisses d'impôts, et qui a choisi par référendum d'adopter une TVA. Mais bon, son montant est dérisoire par rapport à la notre. On jouerait peut-être plus collectif, si on savait que les impôts français en général ne servent pas à financer la gabégie et les caprices de nos "vedettes" de la politique (le séjour éclair de Borloo au Groenland, les déplacements tous azimuts de Sarko et de sa garde rapprochée...). _________________ Je suis vivant mais c'est comme si j'étais mort. Nous les mangeurs de patates, n'avons pas de rêve. Lesquels pourrions nous avoir? Sakon Shiba. Je préfère mourir pour une cause que vivre pour rien. John J. Rambo. Il y a ceux qui se résignent et ceux qui font du chuintement de leur lame une symphonie... Moi. Ça s'passe à fond, t'entends! Et Vive la putain d'France! Roi Heenok. Tout ça est assez inquiètant... Alain Soral. |
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Invité Invité
 | Sujet: Re: Travailler en Suisse ? Ven 5 Oct 2007 - 10:57 | |
| | Colonel Jul a écrit: | Pays qui a refusé des baisses d'impôts, et qui a choisi par référendum d'adopter une TVA. Mais bon, son montant est dérisoire par rapport à la notre.
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Tu oublies de stipuler que les autres impôts indirects et directs sont eux beaucoup plus conséquents qu'en France. Je suis Suisse et je peux te dire que la population helvétique voit d'un très mauvais oeil les frontaliers. A Genève par exemple, il y a un ras-le-bol collectif des entreprises de constructions suisses car les Français viennent en masse, ce qui fait peser un poids très conséquent sur le chômage et les salaires. |
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Thomas Demada Marxiste tendance Groucho


   Age : 27 Inscrit le : 29 Nov 2006 Messages : 718 Localisation : VoxNR Nancy
 | Sujet: Re: Travailler en Suisse ? Ven 5 Oct 2007 - 14:52 | |
| | Rainbird a écrit: | Je suis Suisse et je peux te dire que la population helvétique voit d'un très mauvais oeil les frontaliers.
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Au Luxembourg c'est idem, mais il faut bien des cons de français pour taffer dans les supermarchés et les stations d'essence le week-end...
Quand vous fréquentez des travailleurs frontaliers, vous comprenez mieux le point de vue de l'africain qui balaye les rues de la capitale... _________________ "Je défends la violence là où elle est nécessaire." Sartre "Jamais je ne mettrais sur un pied d'égalité la violence des opprimés et celles des oppresseurs" Jean-Marc Rouillan (Action Directe) http://www.animalliberationfront.com/ http://www.stcom.net/ http://www.baghdadsniper.net/fr/index.htm |
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Jul le Marteau S.P.E.C.T.R.E


   Age : 100 Inscrit le : 10 Fév 2007 Messages : 1994 Localisation : Lorraine, 54 M&M.
 | Sujet: Re: Travailler en Suisse ? Ven 5 Oct 2007 - 16:11 | |
| | Rainbird a écrit: | Je suis Suisse et je peux te dire que la population helvétique voit d'un très mauvais oeil les frontaliers.
A Genève par exemple, il y a un ras-le-bol collectif des entreprises de constructions suisses car les Français viennent en masse, ce qui fait peser un poids très conséquent sur le chômage et les salaires. |
Certes. Les Suisses sont donc des sales racistes, et on ne leur dit rien. Plus sérieusement, un ami installé en Suisse depuis 1991, m'avait déjà averti que les Suisses ne peuvent pas blairer les Français. Nous sommes dans la logique de perception de l'immigration. C'est souvent vu d'un mauvais oeil.
Au fait, s'il te plaît, peux tu me dire quel courant politique est au pouvoir en Suisse? _________________ Je suis vivant mais c'est comme si j'étais mort. Nous les mangeurs de patates, n'avons pas de rêve. Lesquels pourrions nous avoir? Sakon Shiba. Je préfère mourir pour une cause que vivre pour rien. John J. Rambo. Il y a ceux qui se résignent et ceux qui font du chuintement de leur lame une symphonie... Moi. Ça s'passe à fond, t'entends! Et Vive la putain d'France! Roi Heenok. Tout ça est assez inquiètant... Alain Soral. |
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Invité Invité
 | Sujet: Re: Travailler en Suisse ? Ven 5 Oct 2007 - 17:19 | |
| Je pense que tu le sais : un mélange où prédomine l'UDC, mais tu trouveras au Conseil fédéral aussi 2 socialistes, 2 PRD, 1 PDC. Pour ce qui est des cantons frontaliers à la France, Genève est principalement du PS, de même que le canton de Vaud. Le Jura me semble aussi orienté à gauche (droit de vote et d'éligibilité pour les étrangers sur le plan communal). C'est plutôt le système de vases communiquants qui est à mettre au discrédit de l'ouverture des frontières. L'immigration frontalière n'a commencé à peser qu'à la suite de ces accords. Par contre l'histoire de l'immigré qui fait seulement les sales boulots est totalement fausses : je viens d'une famille helvète où nombre de mes pairs ont travaillé à l'usine comme bien d'autres compatriotes. A contrario, j'ai pu voir des requérants d'Ex-Yougoslavie (une bonne part de l'immigration de ces dernières années en Suisse donc) occupés des postes importants dans certains secteurs. |
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