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"Anaximandre", revue philosophique gratuite

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ortolan
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MessageSujet: "Anaximandre", revue philosophique gratuite   Dim 23 Déc 2007 - 19:23

Je ne viens pas vous proposer "une chose de plus à acheter", mais _ et ceci contribue à son intérêt _ un bulletin de réflexion gratuit.

Rédigé par le jeune philosophe Thibault Isabel, Anaximandre (clin d'oeil au mystérieux philosophe grec !) se veut un lieu de mise à disposition de la pensée afin de susciter la réflexion !

Au sommaire de la deuxième livraison : dossier sur la gentillesse et la méchanceté, série d'aphorismes invitant au questionnement sur le sujet, texte sur l'opposition et la complémentarité de l'intérêt général et du bien commun, etc. Le tout éclairé (notamment) par le jugement des maîtres de la sagesse chinoise, dont Thibault Isabel est, pour ainsi dire, un familier !

>Lire le numéro 1

>Lire le numéro 2


Et joyeux Noël ! flower


Dernière édition par MEDIATOR le Jeu 21 Fév 2008 - 20:38, édité 1 fois
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ortolan
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MessageSujet: Re: "Anaximandre", revue philosophique gratuite   Jeu 14 Fév 2008 - 21:19

Premier hors-série d'Anaximandre consacré au truculent populiste américain Christopher Lasch (l'inspirateur de J.-C. Michéa !)... Voilà qui vous intéressera, je crois !
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MEDIATOR
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MessageSujet: Re: "Anaximandre", revue philosophique gratuite   Jeu 14 Fév 2008 - 23:08

Merci beaucoup ortolan de vos signalements toujours idoines pour les plus curieux, j'en avais d'ailleurs repris hier soir deux sur un autre forum pour celui-ci, comme vous avez du le remarquer.

Nous serions également ravis si vous nous faisiez part de votre avis sur cet auteur au cas où bien sûr vous connaîtriez ses textes, et, si oui, nous expliquer un peu ce que vous avez tiré de sa réflexion sur l'individualisme de masse. Ce qui par-là même vous amènerait à montrer l'intérêt de la lecture de M. Thibault. Voire de celle de Michéa (en ce cas, sur un des fils dans la sous-section de ce forum consacré à cet auteur) histoire d'ouvrir à débat sur sa vision du "socialisme orwellien".

Pour présenter rapidement C. Lasch, je mets à disposition immédiate ces quelques informations.



Bref topo :

Citation:
Culture of Narcissism : American Life in An Age of Diminishing Expectations a été publié aux États-Unis en 1979. Christopher Lasch (1932–1994) qui avait déjà écrit plusieurs ouvrages de sociologie, en particulier de la famille (Haven in a Heartless World : The Family Besieged, 1977), y fait un portrait psycho-social d'une société américaine absorbée dans la contemplation et l'adoration de sa propre image, construite en particulier par les sciences sociales. Ce livre militant suscita à l'époque nombre de controverses et popularisa le terme "national malaise", version post-freudienne du malaise dans la civilisation.

Une traduction française a paru en 1981 chez Robert Laffont dans la collection Libertés 2000 dirigée par Georges Liébert et Emmanuel Todd, sous le titre du Complexe de Narcisse. Cette traduction, devenue rapidement introuvable, a été republiée en 2001, augmentée d’une postface inédite de l’auteur, par les éditions Climats.

La préface de Jean-Claude Michéa (*), « Pour en finir avec le XXIe siècle », à l'édition française de The Culture of Narcissism offre une lecture engagée de Lasch propice à susciter débats et réactions autour d'une oeuvre foisonnante, polémique et parfois datée aussi.

* : Jean-Claude Michéa, agrégé de philosophie, enseigne à Montpellier. Il est l'auteur de 6 ouvrages parus aux Éditions Climats : Orwell, anarchiste Tory (1995), Les Intellectuels, le peuple et le ballon rond (1998), L'enseignement de l'ignorance (1999), Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l'impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche (2002, l'a fait connaître du grand public et a été salué par la presse pour son originalité et sa tonicité de pensée), Orwell éducateur, 2003 et le dernier, L'Empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale (2007).


- Et pour prolonger par quelques études critiques, petit panel de liens :


Signalons aussi les "pages archivées" de l'ancien site du petit éditeur Climats (racheté par Flammarion sad ) qui présente les fiches de leurs publications de C. Lasch :

http://web.archive.org/web/20041209144904/www.editions-climats.com/5.ESSAIS/index.html

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Bonus : l'avis de filantropic.

filantropic a écrit:
Qui est Lash ? Un intellectuel inclassable et indispensable ayant produit des essais critiques et incroyablement lucides de nos sociétés contemporaines (américaine surtout) ,de l'idéologie du progrès, de la culture etc.. jean claude Michéa s'en est inspiré , il a grandement participé à la diffusion de ses essais en france et a préfacé la plupart des rééditions. Tu peux y aller , c'est du -très- bon et du lourd.

Un résumé intéressant de son oeuvre

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Dernière édition par le Ven 15 Fév 2008 - 18:34, édité 1 fois
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ortolan
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MessageSujet: Re: "Anaximandre", revue philosophique gratuite   Ven 15 Fév 2008 - 8:20

Du peu que j'ai lu de et sur Lasch, je retiendrais, en résumé, sa critique conjointe de la Nouvelle Classe (élites économiques, médiatiques, politiques, etc. donnant le la et prospèrant sur la mondialisation) et du gauchisme sociétal qui la conforte par ses revendications hystériques en substituant à la "common decency" (Orwell), sens populaire du bien commun et de la solidarité, un agrégat de narcissismes hostiles aboutissant à un relativisme type TF1 : à chacun sa vérité, et le marché pour tous !

A quoi Lasch oppose le recours à des solidarités concrètes, un lien social authentique et enraciné, c'est-à-dire délivré à la fois de l'égoïsme du Marché et de l'artificialité de l'Etat, deux entités empêchant toute prise en main du politique par le peuple. Une position qui est d'ailleurs discutée : si Lasch reproche à certains communautariens américains de consolider l'Etat en tant que moindre mal par rapport aux injustices du Marché, Charles Champetier n'a à mon avis pas tort de faire remarquer, dans un texte qui lui est consacré, que "le reflux du marché doit être exigé comme un préalable à la rétraction de l'Etat-providence. D'abord parce que l'Etat, quels que soient les défauts qu'on lui trouve, reste le seul agent public susceptible de s'opposer aux empiétements du marché. Ensuite parce que les volontés individuelles qui animent ce marché n'offrent aucune garantie (elles obéissent en dernier ressort à la loi du plus fort, et le plus fort est aujourd'hui celui qui a le plus d'argent) (...)".

Mais je ne connais que très partiellement la pensée de C. Lasch, et m'en vais donc lire la revue de Thibault Isabel, de même que pas mal de membres, je pense ! Du moins, ils feraient bien de le faire !

Citation:
Anaximandre, hors-série 1 : Christopher Lasch



Publié pour la première fois en 1984, aux Etats-Unis, The Minimal Self : Psychic Survival in Troubled Time, fut en quelque sorte la suite de The Culture of Narcissism, qui avait popularisé la pensée de Christopher Lasch auprès du grand public. Véritable best-seller, La culture du narcissisme n’en avait pas moins suscité de très nombreuses critiques au sein du monde intellectuel anglo-saxon. Il faut dire que Lasch n’y était pas allé de main morte : son ouvrage se proposait d’étudier l’évolution de la culture américaine à travers le prisme du narcissisme, tel qu’il avait été repensé par les psychanalystes des deuxième et troisième générations (Kohut, Kernberg, Winnicott, Grunberger, etc.). The Minimal Self fut l’occasion pour Lasch de répondre aux critiques que son livre précédent avait suscitées, mais aussi de dissiper certaines incompréhensions.

Le texte que nous reprenons ici, dans une traduction originale, constitue en fait le chapitre introductif de The Minimal Self. Il s’intitule « Consommation, narcissisme et culture de masse », et aurait pu être sous-titré « Le peuple et les élites dans un monde de marchandises ». Christopher Lasch s’y interroge sur le nouveau rapport à soi et au monde qu’implique l’immersion des populations modernes dans une culture fondée sur la consommation. L’univers de la consommation, qui traduit une massification de la société, se réduit-il à un nivellement du goût du public ? Autrement dit, le tort des sociétés libérales est-il d’abord de conduire à l’émergence d’une culture de masse, au sens d’un abaissement général des standards, que ce soit dans les domaines esthétiques ou politiques ? Derrière cet argument, partagé à la fois par les conservateurs et les radicaux, sous des formes à peine différentes, Lasch croit déceler un préjugé anti-démocratique contre les classes populaires. Or, le problème résiderait plutôt dans le fait que la culture populaire elle-même n’apparaît dans la culture de masse que sous une forme dévoyée.

Si la culture de masse est en définitive narcissique et insatisfaisante, c’est donc plutôt qu’elle implique un rapport déréalisé à l’existence. Dans le monde de la consommation de masse, notre environnement perd de sa constance et de sa tangibilité ; il se désubstantialise à nos yeux, sous les coups de butoir notamment de la technologie, du management et de la publicité.

Lasch, à sa manière, renouvelle de fond en comble la réflexion marxiste sur la lutte des classes, l’aliénation et le fétichisme de la marchandise, sans la renier dans son principe, mais en lui donnant une interprétation, une impulsion et une orientation en marge du socialisme classique. La pensée laschienne, en un certain sens, transcende d’ailleurs jusqu’à un certain point les clivages politiques, bien qu’elle se positionne clairement dans la sphère anti-libérale. Avant de proposer des solutions, elle donne à réfléchir. On n’en attendait à vrai dire pas moins d’un auteur authentique.
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