| | NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée | |
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JOHN Austère anachorète


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 | Sujet: DRIEU Mar 7 Aoû 2007 - 21:41 | |
| | Citation: | Nietzsche dans L’antéchrist (1888), §1 : « Regardons-nous en face. Nous sommes des Hyperboréens, nous savons assez combien nous vivons à l'écart. « Ni par terre, ni par mer, tu ne trouveras le chemin qui mène chez les Hyperboréens » : Pindare l'a déjà dit de nous. Par-delà le Nord, les glaces et la mort – notre vie, notre bonheur... » |
Tenez, en rapport avec cette origine nostalgie Nordique des Aryens (ainsi qu’en rapport direct avec le (pré)nazisme (pré)supposé de Nietzsche), voici justement ce passage du très Nietzschéen (devenu pro-fasciste puis « collaborationniste ») Drieu la Rochelle (1893-1945) dans son Journal 1939-1945, p. 301-302, 414, 416-417 :
| Citation: | « Dimanche 8 novembre [1942]
Par une sorte d’instinct, j’ai repris ce journal ces jours-ci : c’est que de nouveau le drame du monde s’anime. Donc, je suis foutu. L’Allemagne est foutue. [C’est dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942 que les Anglo-Américains réussissent leur débarquement en Algérie et au Maroc.] J’espère que je vais trouver une mort conforme à mon rêve de toujours, une mort digne du révolutionnaire et du réactionnaire que je suis.
C’est bon de se sentir au cœur de son destin. À vingt ans je rêvais d’entrer dans l’Intelligence Service ou dans l’armée allemande. J’ai finalement choisi l’armée allemande. Vais-je pouvoir y entrer pour y mourir ? Ou vais-je me suicider à la romaine ?
Il y a des mois que j’envisage ces deux hypothèses. Mon sort naturel aurait été d’être S.S. dans la Division « Nord » et d’y mourir. En Finlande à l’extrême Nord, là où le climat fait la caricature atroce du nordisme… mais j’ai des hémorroïdes, une sciatique, une aortite. Plutôt la mort romaine. En tout cas, j’aurais lancé mon cri, j’aurais craché sur l’ignoble civilisation, sur l’ignoble existence des grandes villes, sur le nationalisme et la démocratie.
J’ai adoré l’Angleterre, la plus belle réussite du nordisme. Mais je l’ai quitté parce qu’elle était pourrie par sa réussite. (...) 2 phrases (auto)modéré par JOHN
Les Allemands sont des cons, moi aussi. Des cons délirants, hautains, maladroits et dévoués comme moi. Ils représentent admirablement tout ce que j’ai voulu être. Je ne veux que mourir avec eux. Je suis d’une race et non d’une nation. (…) La France n’a cessé de se détériorer. Son dernier sursaut a été Verdun quand je regardais s’avancer la ligne Allemande – et cet officier [Allemand], ce grand type qui s’agitait à quelques centaines de mètres et que je n’ai jamais oublié et qui est tombé – et que je haïssais mes camarades qui montraient une sorte d’héroïsme si veule. » (p.301-302)
« 2 août [1944]
(…) Quelle est la faiblesse de Hitler ? Elle n’est pas en lui, elle est dans l’Allemagne mal placée géographiquement, elle est dans l’Europe, épuisée, sénile. Les défauts ne sont que la réaction exaspérée à cette faiblesse environnante, obsédante.
D’homme à homme, Staline a l’avantage injuste sur Hitler d’incarner un peuple plus prudent, plus jeune, plus nombreux, plus riche : cela lui donne du poids, de l’équilibre, lui permet de modérer ses passions. Ce n’est pas, semble-t-il, un demi-artiste comme Cromwell, Hitler et Napoléon ou César, il est plutôt du type d’Auguste… J’avais raison en 1934 d’écrire dans La N.R.F. que le national socialisme était la crispation de l’Allemagne se sentant vieillie et rapetissée en face du génie slave montant. » (p.414)
« 7 août [1944]
Hitler est aussi bête que Napoléon. Mais il faut dire qu’il avait à manier une situation plus difficile : un monde anglo-saxon encore beaucoup plus puissant, un monde russe encore beaucoup plus puissant. Il est arrivé trop tard dans une Europe trop vieille, et terriblement rétrécie. D’autre part, son hésitation entre bourgeoisie et « prolétariat » était plus fatidique encore que celle de Napoléon entre aristocratie et bourgeoisie. N’importe : l’échec de Hitler, après celui de Napoléon, de Louis XIV, de Charles Quint, de Charlemagne semble prouver que l’Europe n’est pas viable. Elle sera spoliée et mise de côté comme la collection des cités grecques. Amen.
En dépit des grandes ressemblances dans le mal entre Etats-Unis et Soviets, je préfère ces derniers. C’est l’avis d’ailleurs de maint écrivain américain. Tout de même le but de la Russie est plus noble, ce n’est pas l’argent, le confort, le luxe, c’est la domination. Et ce matérialisme est si ardent qu’il est une sorte de mouvement spirituel. Le matérialisme est surtout une intention morale, une garantie contre une certaine hypocrisie « spiritualiste », contre l’ambiguïté sociale des religions. Du moment qu’il est franchement dialectique, le matérialisme ne bloque plus l’esprit, il est ouvert à toutes les métamorphoses. J’ai eu tort, là aussi, le prendre la chose au pied de la lettre.
Hitler me plaît jusqu’au bout, en dépit de toutes ses erreurs, de toutes ses ignorances, de toutes ses bourdes. En gros, il a dressé devant moi mon idéal politique : fierté physique, recherche de l’allure, du prestige, héroïsme guerrier – et de même besoin romantique de s’épuiser, de se détruire dans un élan non calculé, non mesuré, excessif, fatal. Mais il n’a pas réalisé mon idéal social : je lui en veux beaucoup de n’avoir pas détruit la caste capitaliste et l’ancienne caste militaire que je méprise et que je hais. Somme toute le mythe de la dictature du prolétariat avait du bon, comme le mythe de la dictature du matérialisme, il était le levier pour se débarrasser de la vieillerie des anciennes classes. Mais l’Europe était trop vieille pour produire un homme qui la dépasse, qui la surmonte. Hitler meurt étouffé dans tous nos archaïsmes : machiavélisme étriqué en politique de juste milieu (le juste-milieu est toujours féroce à la fin du compte (cf. Louis-Philippe, Napoléon III), mais il n’est qu’un juste milieu), esthétisme petit-bourgeois, aspirations « idéalistes » de la petite-bourgeoisie, du XIXe (Wagner). Lénine et Staline ressemblent plus au côté cru de Nietzsche que lui.
Aucune politique ne peut ressembler à Nietzsche, je l’ai souvent dit, pas plus qu’à Dostoïevski, Tolstoï ou Rousseau. Nietzsche aurait vomi le nazisme comme Weimar et Guillaume II. Mais n’empêche que le monde du xxe siècle ressemble à son ombre, qu’il en est le prophète. D’ailleurs, avec beaucoup de finesse il en a prévu toutes les rudesses et les grossièretés hautes. Aujourd’hui monarchie, aristocratie, religion, sont à Moscou, et nulle part ailleurs. » (p.416-417) |
_________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
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 | Sujet: EVOLA ET NIETZSCHE Mer 8 Aoû 2007 - 2:47 | |
| | hilbert a écrit: | J' ai trouvé que "chevaucher le tigre " d'Evola ressemblait dans les sentiments d'Evola les mêmes que ceux de Nietzsche,pas vous?  |
Nietzsche est bien évidemment l’un des auteurs fétiches de Julius Evola… (1) L’une de ses grandes (premières) influences (ensuite viendra s'ajouter Guénon...) à laquelle il est toujours resté fidèle... Et dont il dira du philosophe "aux coups de marteaux" : « Le premier héros tombé au combat », « Le premier et le plus grand des rebelles », le « prophète lucide ». *
* (quelques) Illustrations :
| Citation: | « Danger effroyable : que la politique d’affaires américaine et la civilisation inconsistante des intellectuels viennent à s’unir. »
« Je vois de monstrueux conglomérats destinés à remplacer le capitalisme individuel. Je vois la Bourse vouée aux malédictions sous lesquelles succombent actuellement les maisons de jeu ».
« Je suis hostile : 1° au socialisme, parce qu'il rêve naïvement du bien, du vrai, du beau » et des « droits égaux » (l'anarchisme aussi sert le même idéal, mais plus brutalement) ; 2° Au parlementarisme et au journalisme, parce que ce sont les moyens par lesquels l'animal grégaire devient le maître. »
« La démocratie européenne n'est que pour une faible part un déchaînement de forces. Elle est avant tout un déchaînement de paresses, de lassitudes, de faiblesses. »
« L'homme dont l'âme était une bourse d'or et le bonheur une liasse de papiers sales, comment son sang se purifiera-t-il jamais ? Jusqu'à la dixième génération, il coulera pâle et putride : la descendance des marchands est indécente. » (Nietzsche, Fragments posthumes) |
(1) Julius Evola (1898-1974) est l’un des représentants principaux de l’Ecole de la Tradition. En particulier avec le français René Guénon (1886-1951)...
La pensée évolienne tient cependant, au sein de cette Ecole, une place particulière en raison des idiosyncrasies qui sont les siennes (caractère central de la bipolarité masculin/féminin, conception volontariste de la réalisation et prééminence de la « Lumière du Nord ») ainsi que de l’importance accordé au concept de « virilité spirituelle ».
Son originalité apparaît surtout dans le rapprochement (étranger aux autres penseurs « traditionnels » classiques), entre exposé métaphysique, et analyse politique, allant jusqu’à l’engagement.
Grande figure aristocratique de la droite traditionaliste italienne, Giulio Césare Andréa Evola (il adoptera le prénom de julius par admiration pour la Rome antique) est né à Rome le 19 Mai 1898 dans une famille de la petite noblesse sicilienne.
Poursuivant des études d'élève ingénieur, il renonce très vite à continuer sur cette voie pour finalement se consacrer aux arts et à l'étude des grandes doctrines philosophiques.
A l'âge de seize ans, alors que la première guerre mondiale éclate, Evola part sur le front pour occuper la fonction d'officier d'artillerie. Il profite de ses brefs instants de liberté pour étudier l’œuvre de Nietzsche, Otto Weininger, Carlo Michelstaedter, sans oublier les philosophes français (Blondel, Lagneau, Lachelier...). _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
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 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 16 Aoû 2007 - 10:10 | |
| | Thundaar a écrit: | | Citation: | « Je suis hostile : 1° au socialisme, parce qu'il rêve naïvement du bien, du vrai, du beau » et des « droits égaux » (l'anarchisme aussi sert le même idéal, mais plus brutalement) ; 2° Au parlementarisme et au journalisme, parce que ce sont les moyens par lesquels l'animal grégaire devient le maître. » « La démocratie européenne n'est que pour une faible part un déchaînement de forces. Elle est avant tout un déchaînement de paresses, de lassitudes, de faiblesses. » |
Voilà pourquoi je ne serai jamais évolien. Son mépris aristocratique, il peut se le garder. |
Oui, sauf que cette citation est de Nietzsche...
Sinon, complémentaire aux analyses de Drieu la Rochelle données ci-dessus, également un autre grand Nietzschéen, Robert Dun, a écrit aussi dans Les Catacombes de La Libre pensée (1990, 2ième édition 2006, 180p) (1) au chap. « Radioscopie d’une haine », p. 31 :
| Citation: | L’hitlérisme, par son centralisme et son principe d’autorité du haut vers le bas, relevait d’une conception judéo-romaine de l’Etat et ne peut trouver de justification que comme tentative désespérée de redresser une situation de décadence mortelle pour l’Europe. Il était fort loin d’incarner l’idéal socio-politique aryen.
Les dirigeants hitlériens étaient dangereusement immatures sur le plan philosophique ; la plupart d’entre eux avaient des conceptions religieuses extrêmement vagues, ce qui explique le fait que Göring, Goebbels et Hitler notamment n’allèrent jamais jusqu’à se retirer de leurs Eglises et payèrent sagement l’impôt ecclésiastique jusqu’à leur mort. Leur maturité politique était elle aussi entachée de graves lacunes ; ils n’étaient pas capables d’affronter les grands leaders marxistes, ce qui fut sans doute la raison de leur refus du débat doctrinal avec le gouvernement soviétique. Dans son livre pour Berlin, Goebbels fait un aveu stupéfiant, « Nous aimions les ouvriers ; nous voulions aller à eux, mais nous ne savions pas quoi leur dire ».
Nietzsche était peu prisé des intellectuels hitlériens ; l’étude qu’en fait Alfred Rosenberg dans le Mythe du XXe siècle montre qu’il l’avait aussi peu compris que ne l’avaient fait avant lui Oswald Spengler et H.S. Chamberlin. |
(1) Pour voir une présentation de ce livre de cet autre penseur totalement occulté méconnu (et éventuellement avoir envi de le lire, notamment si on veut espérer avoir une petite chance de pas mourir totalement lobotomisé) voir le site de l’éditeur : http://www.crevetabous.com/catalog/product_info.php?products_id=33&osCsid=322c048f072ab251b81da1edd164acda Ou bien aussi dispo aux excellentes diffusion du Lore : http://www.ladiffusiondulore.com/achat/produit_details.php?id=358&catid=46 _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
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 | Sujet: Causes du nihilisme Lun 20 Aoû 2007 - 17:36 | |
| | Thundaar a écrit: | L'ouvrage de Dun "Vers l'Europe retrouvée", même s'il témoigne d'une paganité affirmée, m'a agacé en raison des grosses erreurs historiques et sur la mythologie, ce qui ne faisait pas sérieux du tout.
Sur la phrase, j'ai cru que tu l'avais attribué à Evola (tes posts sont parfois complexes à lire quand on survole les fora), mais oui je n'aime pas non plus de Nietzsche sa conception aristocratique qu'il a repris à certains anciens. Le côté "plébéien" et "socialiste", il l'avait plutôt en horreur, il voyait dans le socialisme un héritier du christanisme, ce qui est loin d'être exact. |
Effectivement pour Nietzsche, un régime véritable devrait être aristocratique… de façon à permettre aux meilleurs de pouvoir diriger…
A l’inverse, pour lui, le socialisme incarne un régime de tyrannie des médiocres sur les meilleurs… sous couvert de lutte pour « l’égalité »… Laquelle selon lui dissimule l’envie et la haine des médiocres envers les plus doués… (2)
D’où l’effet pervers progressif d’une dégénérescence (et d’une corruption) à tous les niveaux : politique et social… engendrant au final le chaos, l’injustice généralisée et la destruction de la société, au mieux la sclérose. (1)
Tiens ! au fait !... peut-être préfères-tu ces passages de Nietzsche (1844-1900) ? dans La volonté de puissance (tome II, livre III), au chap. 1er « Le nihilisme, conséquence nécessaire des jugements de valeur antérieurs », 1 . « Décadence de l’âme européenne », §47 et §51 :
| Citation: | « Causes de l'avènement du pessimisme : 1° Les instincts vitaux les plus puissants et les plus riches d'avenir ont été jusqu'à présent calomniés, la vie s'est trouvée chargée d'une malédiction ;
2° La bravoure et la probité croissantes et la méfiance plus hardie de l'homme, comprenant que ces instincts sont inséparables de la vie, se retournent contre la vie ;
3° Seuls les médiocres, qui ne sentent nullement ce conflit, prospèrent ; la race supérieure dépérit et sa décadence éveille des préventions ; d'autre part, la médiocrité, qui place son but et son sens en elle-même, éveille l'indignation (au point que personne ne peut plus répondre à la question : A quoi bon ?) ;
4° Le rabougrissement, la susceptibilité à la douleur, l'inquiétude, la hâte, le fourmillement augmentent sans cesse ; il devient de jour en jour plus aisé de se rendre compte de ce que représentent toute cette agitation et notre prétendue « civilisation » ; et l'individu, devant cette machinerie démesurée, renonce à la lutte et se soumet. »
« Causes du nihilisme : 1° L'absence d'une race supérieure, c'est-à-dire de celle dont la fécondité et la puissance inépuisables maintiennent la foi dans l'humanité. (Que l'on réfléchisse à ce que l'on doit à Napoléon : presque toutes les espérances supérieures de ce siècle.)
2° L'espèce inférieure (le « troupeau », la « masse », la « société ») désapprend la modestie et gonfle ses besoins jusqu'à leur attribuer une valeur cosmique et métaphysique. Toute l'existence en devient vulgaire : en effet, dans la mesure où c'est la masse qui règne, elle tyrannise les exceptions qui perdent la foi en elles-mêmes et deviennent nihilistes. » |
(1) Au sujet de cet empourissement des élites "démocratiques" (contraire à l'esprit politique Aristocratique originel des Européens re(voir) ce super post) : http://vraishommes.frbb.net/Hybride-f6/Apprehender-la-justice-francaise-p24899.htm#24899
(2) Voir aussi la citation de Schopenhauer (1788-1860) sur l’éternelle conspiration alliance des médiocres pour écarter les meilleurs : http://vraishommes.frbb.net/Soralissimo-f4/Un-avis-sur-Misere-du-desir-et-sur-l-Abc-p31685.htm#31685
+ Voir aussi la citation de Guillaume Faye sur les collaborateurs et les traîtres : http://vraishommes.frbb.net/Hybride-f6/Guillaume-Faye-p32408.htm#32408 _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
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|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 277 Localisation : Oulan-Bator
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Lun 27 Aoû 2007 - 23:41 | |
| Le pseudo-nietzschéisme de nombreux anti-chrétiens primaires dans les milieux nationaux m’agace d’autant plus que Nietzsche est souvent leur seule référence philosophique et qu’il n’en ont lu – adolescent - que des extraits, sans y comprendre grand-chose. La lecture de Nietzsche n’est pas facile, et les aphorismes extraits d’une œuvre non exempte de paradoxes, prêtent à toutes les mésinterprétations possibles. C’est évidemment le cas d’un Nietzsche nazi avant l’heure. Mais pas seulement.
Dès 1973, Michel Clouscard, dans « Néo-fascisme et idéologie du désir », pointait dans sa critique du freudo-marxisme le dédain caractéristique de « la nouvelle société » pour la morale populaire qui hait le gaspillage et la provocation ostentatoire des riches. En effet, ceux qui manquent du nécessaire tout en travaillant savent que la consommation du superflu n’est que l’exploitation de leur travail. Mais il se trouve toujours des « contestataires » qui, pour se donner une posture, rejettent l’analyse marxiste comme moralisatrice, et revendiquent Nietzsche à côté d’autres écrivains « sulfureux » mais à la mode.
Pourquoi Nietzsche a-t-il la préférence des bobos ignares et pédants ? D’abord parce qu’il est possible de s’en réclamer dans un total contresens, puisque Nietzsche (sans prévenir) donne un sens différent au même mot selon le cadre de sa réflexion. Il faut donc toujours essayer de connaître son plan de travail avant de prélever une phrase. Sans cette précaution, on peut faire de Nietzsche (par exemple) un antijuif ou un juif. Je pèse mes mots. Nietzsche est bien juif, par certains côtés, et cette judéité toute formelle mais opérative n’est pas sans expliquer sa postérité actuelle dans certains milieux branchouilles et droitards.
(à suivre…) |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Lun 27 Aoû 2007 - 23:52 | |
| J'ai déjà parlé de Nietzsche sur les affects...., cependant tu as raison, c'est aphorismes regroupant entre autres le soi métaphysqiue et le moi rugissant était précurseur du surmoi freudien...
Le problème avec les philosophes lié à la vie, c'est qu'ils ne sont acceptables que sur une moralité personnelle, contrairement au matérialiste marxiste qui est une pensée pour une masse populative, le fait nietzschéen, est le dépassement de soi même, il ne peut en aucun cas être un penseur pour une moralité politique, car la politique n'a pas de moralité....
Et épargne moi Rousseau Pitié !!!! ( si l'envie de citer le contrat social ). Merci d'avance |
|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: MORALITÉ ET POLITIQUE Mar 28 Aoû 2007 - 1:05 | |
| | Ravachol a écrit: | | Le problème avec les philosophes liées à la vie, c'est qu'ils ne sont acceptables que sur une moralité personnelle, contrairement au matérialiste marxiste qui est une pensée pour une masse populative, le fait nietzschéen, est le dépassement de soi même, il ne peut en aucun cas être un penseur pour une moralité politique, car la politique n'a pas de moralité.... |
C’est exactement ce que (re)dit le Nietzschéen Guillaume Faye dans La nouvelle question juive (2007) (1) dans le paragraphe « Peut-on juger moralement le sionisme et Israël ? » p. 112 :
| Citation: | | L’histoire est le domaine de la loi du plus fort, quelque soit le camouflage dont on l’habille. Qui a raison entre Israël et les Arabes ? Personne. Car personne n’a jamais raison face au Tribunal de l’Histoire, qui ne reconnaît que les vainqueurs finaux, comme je l’ai développé dans mon livre Avant-Guerre (2) au grand dam des islamophiles et des droits-de-l’hommistes. Le Droit sur une terre, invoqué par les Juifs comme par les Arabes, ne vaut rien face aux faits. Car seules comptent la force, la fécondité et la capacité de se maintenir [et à conserver son territoire]. Cette leçon vaut pour tous les peuples du monde. Comme le remarquait Julien Freund, dans L’essence du politique, disciple, comme moi de Nicholas Machiavel, la morale, domaine du privée, ne peut interférer avec la politique, domaine de l’espace public, de l’histoire et de la survie collective. ** |
** + la dernière phrase du paragraphe « Position intempestive sur la Shoah », p. 172 : « La racine de l’histoire, ce n’est pas la morale (elle vient après coup), c’est la victoire. »
+ Sur le rapport moralement idéologiquement piégé entre moralité et politique survie collective, voir ce super texte « politico-philosophique » : « LA MORALITÉ DE LA SURVIE » sur : http://library.flawlesslogic.com/masters_fr.htm
(1) pour voir la liste complète des chapitres (ou sommaire) avec un lien vers la présentation du dos couverture, voir sur : http://vraishommes.frbb.net/Hybride-f6/Guillaume-Faye-p32392.htm#32392
(2) Dans Avant-Guerre (éd. L’AEncre, 2002, 382p.) voir en particulier : Chapitre 19 : La philosophie vitaliste contre la pensée dégénérée (p. 277-298) Critique de la philosophie occidentale officielle Principes d’une philosophie guerrière de la vie Philosophie, sociologie et pensée chimérique De la nature des "idées" : des armes Éloge de la vengeance Sur la "dignité" de l’être humain. Élements de morale gréco-romaine La volonté de puissance. Nietzsche et ses récupérateurs falsificateurs Le physique est lié au mental La littérature chic et décadente n’est pas celle qu’on croit Le désintéressement n’existe nulle part Théologie monothéiste contre philosophie européenne La loi du plus fort
Chapitre 20 : Pour une pensée constructive de la guerre (p. 299-318) La guerre, racine nourricière du comportement humain Les aristocraties ne peuvent naître que de la guerre Pour un optimisme tragique : philosophie dialectique de la guerre La première force militaire est la vitalité le dynamisme démographique L’importance de la guerre culturelle comme affirmation de l’identité européenne La guerre comme matrice de l’histoire et fondement de la vie Le lion et le renard, stratégie machiavélienne Guerre et archéofuturisme Dans la guerre, il n’y a plus d’innocence La guerre, c’est souvent du poker : quatre joueurs et un joker La notion grecque de coalition et celle de priorité Vers l’"hyper-guerre" au XXIe siècle Les deux philosophies de la guerre
Chapitre 21 : Vae Victis ou le tribunal de l’histoire (p. 319-332) _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Dim 23 Mar 2008 - 22:32, édité 1 fois |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 277 Localisation : Oulan-Bator
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 30 Aoû 2007 - 18:44 | |
| Que pense Ravachol du Jésus nietzschéen ?
Nietzsche voit Jésus comme un « saint anarchiste », chef d’un « petit mouvement rebelle » à l’institution dominante des prêtres. Aussi curieux que ça puisse paraître quand on connaît l’antichristianisme de Nietzsche, il écrit que Jésus a annoncé le « véritable christianisme ». Au cours du déclin qui mène du « judaïsme sacerdotal » au christianisme (une seule et même chose pour Nietzsche), Jésus représente un lien mais aussi une rupture. Il y a un « pur » instant de l’homme Jésus (pas du Christ ou du messie). Jésus n’a contredit aucune doctrine, parce que lui-même n’en a propagé aucune, au sens de « vérité ». Il n’y a pas de contenu doctrinal. Jésus n’éprouve ni haine, ni envie, parce qu’il connaît la surabondance d’affirmation de soi. En projetant son attitude comme modèle de vie – ce que Jésus a prêché – on aboutit à une nouvelle sorte de christianisme (voir Antéchrist 33 & 35).
« Ce n’est pas une croyance qui distingue le chrétien : le chrétien agit, il se distingue par une manière d’agir. »
Nietzsche est fasciné par la figure de Jésus. On peut faire maintenant deux remarques :
1) La détestation nietzschéenne du judaïsme sacerdotal (celui du deuxième temple) ne fait pas de lui un antisémite. On peut même dire qu’il est anti-antisémite, et très juif par de nombreux aspects. On pourrait en discuter, mais Nietzsche est sans doute plus juif que chrétien (enfin le côté juif l’emporte).
2) Jésus n’est pourtant pas un personnage dionysiaque parce qu’il s’est détourné de la réalité. Toutefois, il n’a pas nié le monde par des dogmes, il a utilisé des signes. Jésus élabore un univers symbolique. Et il n’y avait rien d’ascétique dans sa manière particulière de se retirer du monde (selon Nietzsche).
Nietzsche se pose comme l’Antéchrist (mais pas l’anti-Jésus). N’étant pas dialecticien, il donne à choisir :
- Dionysos est le crucifié lui-même sous une apparence dionysiaque qui cherche à imiter véritablement le Christ.
- Dionysos est l’Antéchrist sous une apparence christique qui cherche à se substituer au Christ véritable.
Nietzsche a voulu maintenir ensemble les deux propositions (comme si elles étaient « vraies » l’une et l’autre). Ce qui est impossible ; il a donc pété les plombs. |
|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: Nietzsche, Jésus et les juifs Ven 31 Aoû 2007 - 22:53 | |
| Les remarques de Pertinax faites ci-dessus m’ont semblé rejoindre les analyses du Nietzschéen Robert Dun (1920-2002) dans Les Catacombes de La Libre pensée (1990, 2ième édition 2006, 180p) **, sur le vrai message originel du christianisme (ou de Jésus) avant son altération « évangéliste » historique, en particulier au chap. « Le christianisme, religion élitiste », ainsi ce passage, p. 81 :
| Citation: | « Jésus place l’homme devant sa responsabilité spirituelle : "En vain le chercheriez-vous ailleurs, car le royaume des Cieux est en vous". Une telle phrase pose une religion des Forts : plus rien à espérer des simagrées, de l’obéissance à la loi. (…)
Cette idée d’un Fils de l’Homme maître de la totalité de la loi, ne tenant sa loi que de lui-même, est absolument nietzschéenne dix-huit siècles avant Nietzsche. » |
** Cf. présentation du livre sur le site de l’éditeur : http://www.crevetabous.com/catalog/product_info.php?products_id=33&osCsid=322c048f072ab251b81da1edd164acda Ou bien aux diffusions du Lore : http://www.ladiffusiondulore.com/achat/produit_details.php?id=358&catid=46
| Pertinax a écrit: | | Nietzsche est sans doute plus juif que chrétien (enfin le côté juif l’emporte). |
Mais Nietzsche est sans doute encore plus païen avant tout… même si le judaïsme lui a paru effectivement être sûrement plus cohérent (ou porteurs de valeurs moins décadentes/perverses) sur bien des aspects que le christianisme…
Tiens, en parlant du lien païen / juif, cela m’a rappelé ce passage du « Nietzschéen » Guillaume Faye dans La nouvelle question juive (2007) (1) au paragraphe « La position de Ponce-Pilate : chacun pour soi. La question d’une convergence judéo-païenne. » (du chapitre 9 « Un compromis historique avec les Juifs ? »), p. 237-238 :
| Citation: | D’un point de vue moral, ce qui rapproche l’attitude païenne de la conception juive, c’est l’ethnocentrisme. (…) ***
Un identitaire païen possède donc des principes philosophiques (ou plutôt « de vision des sociétés humaines ») beaucoup plus proches de ce que transmet au fond la tradition juive que des vulgates cosmopolites délivrées par les Goyim imprégnés de tradition chrétienne. |
*** + dans l’« Avertissement », p. 20 :
| Citation: | | Il me semble également que le peuple juif donne aux Goyim européens un exemple de bon sens : celui de l’identité et de l’homogénéité ethnique, afin de pouvoir affronter les aléas de l’histoire et poursuivre la transmission des traditions. Une terre, un peuple : tel est le soubassement de l’imaginaire juif, qui a fini par se cristalliser dans le sionisme. |
(1) pour voir le sommaire (avec un lien vers la présentation du dos de couverture), voir sur : http://vraishommes.frbb.net/Hybride-f6/Guillaume-Faye-p32392.htm#32392
+ Cf. aussi cette synthèse sur « LA VRAIE CAUSE (fayenne) DE LA destruction de la race blanche DÉCADENCE EUROPÉENNE » : http://vraishommes.frbb.net/Hybride-f6/-p34056.htm#34056 _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Dim 23 Mar 2008 - 22:39, édité 4 fois |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Sam 1 Sep 2007 - 1:00 | |
| A Pertinax :
Ce que je pense est sur le fait Nietzschéen, la religion et ses dogmes ( iéssuss... ) est un frein à la connaissance propre de l'homme en tant qu'entité existentielle sur le concept de l'ecce homo.....
Alors avant que Tata me dise qu'il préfêre l'original à la copie, je te donne ce lien qui résume bien ce que Nietzche pense de la religion sur la globalité et non sur la fatuité religieuse, ne serait-ce que son passé de philologue
http://leportique.revues.org/document199.html
Johnny : C'est tjrs un plaisir quand tu me compares à Faye ( c'est pour faire chiez Ritoyenne ) |
|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: ÉTHIQUE MORALE DE NIETZSCHE Dim 2 Sep 2007 - 23:36 | |
| | Pertinax a écrit: | | Nietzsche a voulu maintenir ensemble les deux propositions (comme si elles étaient « vraies » l’une et l’autre). Ce qui est impossible ; il a donc pété les plombs. |
Au sujet de ce pétage de plombs, (ou mort intellectuelle "folie" subite) pour certain celui-ci aurait été un peu forcé par un empoisonnement une autre cause… ainsi que l’établirait les travaux du Nietzschéen Robert Dun : http://library.flawlesslogic.com/dun_fr.htm
| Ravachol a écrit: | | Le problème avec les philosophes liées à la vie, c'est qu'ils ne sont acceptables que sur une moralité personnelle, (...), le fait nietzschéen, est le dépassement de soi même, il ne peut en aucun cas être un penseur pour une moralité politique, car la politique n'a pas de moralité.... |
Comme parfaite illustration de cette remarque de Ravachol, dans ses tout derniers écrits, juste avant « De péter les plombs » (ou d'être empoisonné) Nietzsche avait lui-même défini son éthique ou sa morale personnelle (à la fois critère de « jugement d’autrui » et de « moralité » intellectuelle), dans Ecce homo (1888), §.3 :
| Citation: | Le degré de vérité que supporte un esprit, la dose de vérité qu'un esprit peut oser, c'est ce qui m'a servi de plus en plus à donner la véritable mesure de la valeur. (1)
L’erreur, ce n'est pas l'aveuglement ; l’erreur, c'est la lâcheté... Toute conquête, chaque pas en avant dans le domaine de la connaissance est la conséquence du courage, de la dureté à l'égard de soi-même, de la propreté vis-à-vis de soi-même. Je ne réfute pas les idéaux, je me contente de mettre des gants devant eux... Nitimur in vetitum par ce signe ma philosophie sera un jour victorieuse, car jusqu'à présent on n'a interdit par principe que la vérité. |
+ aussi dans Ecce homo (1888), chap. « Pourquoi je suis si sage », §8 :
| Citation: | | Cette sensibilité naturelle de l'instinct de propreté, qui me fait percevoir physiologiquement la proximité, l'intimité, la nature la plus cachée, les « entrailles » de l'âme que j'ai devant moi, ne va pas sans me créer des difficultés dans les rapports quotidiens avec les autres. Je ressens toute la pourriture cachée, qui croupit au fond de certaines natures, je le perçois presque toujours dés le premier contact. Si j'ai bien observé, ce genre de natures, incompatible avec mon sens de la propreté, devine généralement la méfiance que m'inspire mon dégoût. Cela ne leur fait pas avoir une meilleure odeur... Ainsi que j'ai toujours vécu, – une netteté absolue envers moi m'est une nécessité vitale, je dépéris dans des conditions d'existence douteuses –, je me baigne et je nage et je barbote perpétuellement dans l'eau claire, ou dans quelque autre environnement parfaitement transparent et plein d'éclat. C'est pourquoi les rapports que j'ai avec les hommes sont une épreuve permanente à ma patience ; mon « humanité » ne consiste pas à sympathiser avec mon prochain, mais à supporter que je le sente près de moi... Mon humanité est une perpétuelle victoire sur moi-même. |
(1) + = Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 226, 641, 648 :
| Citation: | « Les [seules] âmes qui comptent sont celles qui cultivent une exigence absolue (ou : qui ont l'exigence de l'absolu). Toutes les autres sont de la poussière humaine ou de la racaille. » (p.226)
« Plus nous faisons des progrès « intérieurs », plus diminue le nombre de ceux avec lesquels nous pouvons réellement communiquer. À la fin, nous les perdons tous et ne nous reste plus que le Tout. » (p.641) **
« C'est toujours le même problème : celui du niveau spirituel. Si on n'est pas au même niveau avec quelqu'un, on ne peut pas s'entendre avec lui. Le niveau spirituel se mesure au degré d'éloignement du monde. Mais ce degré, comment l'établir objectivement ? Je sais, quand je parle à quelqu'un, à quoi m'en tenir à son égard, jusqu'où je peux cheminer avec lui. Mais lui, il ne sait pas. Il croit me comprendre. Et peut-être me comprend-il à sa façon. Car rien ne dit que, dans un secteur donné, il ne soit allé bien plus loin que moi. Pourtant l'expérience spirituelle, en est capable celui-là seul pour qui comptent de moins en moins de choses, pour qui le cercle de ses intérêts se restreint à mesure qu'il avance. » (p.648) |
** + Julius Evola (1898-1974) dans Le Petit Livre Noir (éd. Remi Perrin, 2000), Chap. X. « Orientations existentielles » :
| Citation: | | Arrivé à un certain point, ce n'est plus le sang, les sentiments, une patrie ou un destin commun qui feront que tu te sentes uni à un autre. Tu ne pourras te sentir uni seulement à celui qui est sur la même voie que toi. |
+ Schopenhauer (1788-1860) dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation, Chap. « Des imperfections essentielles de notre intellect » p. 835 :
| Citation: | | L’intellect est un principe de différenciation, conséquemment de séparation. Ses variétés diverses, plus encore que les différences de simple éducation, donnent à chacun d’autres concepts, grâce à quoi chacun vit en quelque sorte dans un monde, où il ne se rencontre qu’avec ses égaux ; pour les autres il ne peut que les appeler de loin et essayer de se faire comprendre d’eux. * |
* voir aussi cette citation de Schopenhauer (1788-1860) sur « l’homogénéité » : http://vraishommes.frbb.net/Soralissimo-f4/Merci-a-Alain-Soral-p32312.htm#32312 _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Dim 23 Mar 2008 - 22:44, édité 1 fois |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Mer 5 Sep 2007 - 13:13 | |
| Bon, je vais me faire l'avocat de Nietzsche comme Ritoyenne a défendu Heidegger,..... quoique je n'ai pas le niveau de Ritoyenne pour rentrer dans l'art de la rhétorique.
C'est vrai Nietzsche, et Zoroastre m'ont beaucoup appris, m'ont fait dépasser mon moi rugissant, mon soi "dragonnet" est quasimment éradiqué ( ah la la ce surmoi sac à poison empéchant de vivre ) mon rapport au monde, si j'ai un boulot bien payé c'est grâce à Nietzsche, si j'ai un appart à moi c'est grâce à Nietzche, si je ne me laisse plus emmerder par qui que ce soit, c'est grâce à Nietzsche
Je n'ai jamais prit Nietzche, sur les fonctions dogmatiques, car il méprisait tout dogme religieux
La pensée de Nietzsche se situe sur le concept d'affect :
Nietzsche définit couramment la volonté de puissance comme un "affect". A Cet égard il faut relever qu'il n'a pas parlé dès l'abord de volonté de puissance, mais longtemps de sentiment de puissance : la puissance nietzschéenne est d'abord capacité d'être affécté.
L'affect est lui-même déterminé par Nietzsche comme une "réaction", or une réaction implique d'abord l'action d'un autre que l'on subit. Ainsi la première notion qui vient avec celle d'affection, c'est celle de rapport : l'affect implique le rapport à une autre chose qui, précisemment affecte.
Et en effet à propos de la volonté de puissance, il parle de "quanta dynamiques" en rapport de tension avec tous les autres quanta dynamiques dont l'essence consiste en leur rapport avec d'autres quanta.
Dans la mesure où le rapport à un autre, relêve de la volonté de puissance, celà signifie qu'il n'est pas une simple possibilité qui pourrait être où ne pas être réalisée, mais qu'il est toujours réalisé en effet.
Puisque toute puissance est nécessairement en rapport avec une autre, on en déduit d'une part qu'il n'existe pas de puissance isolée, tout état est nécessairement un "état global", c'est à dire qui inclut différents termes en rapport.
D'autre part, il ne saurait y avoir de totalité qui intégrerait tous les rapports, c'est à dire qui ne serait elle-même en rapport avec rien : on ne peut concevoir le monde comme un tout " Il n'y a pas de tout " écrit Nietzsche, il "faut faire voler le tout en éclats", c'est à dire le ramener a des " relations" qui ne se laissent pas rassembler en un tout..
Eh oui, que cela déplaise au culs benils, Nietzsche, était avant tout un ANARCHISTE. Ce qui gonflait Wagner et son oeuvre musicale pangermanique.
La seconde conséquence majeure du caractère essentiel du rapport est qu'il n'y a pas, à proprement parler d'ontologie nietzschéenne. Dans une phrase où Nietzsche détermine la volonté de puissance comme un pathos, il affirme en même temps qu'elle n'est pas un être. L'idée de l'être est est, en effet, pour Nietzsche, celle d'un " en soi" qui ne serait conditionné par aucune relation. Et remettre en cause l'Etre, comem Nietzsche le fait couramment, c'est montrere qu'il se rapporte toujours à autre chose, en particulier à ceux qui le pensent, qu'il "relêve de notre optique", écrit Nietzsche.
Pour Ritoyenne :
Heidegger situe Nietzsche dans la tradition philosophique, avec la fameuse question directrice de la philosophie " Qu'est ce que l'étant" et que la volonté de puissance est la "réponse " à cette question. Pour soutenir cette thèse, il est décisif de gommer le fait que la puissance Nietzschéenne se rapporte par essence à un autre. C'est pourquoi, au terme d'"affect", Heidegger substitue celui l'"affect" par l'"élévation de nous mêmes au dessus et au delà de nous mêmes". Autrement dit, si jamais l'affect reste ici un rapport, il n'est en aucun cas un rapport à un autre, mais un rapport de soi à soi.
Cet autre qui affecte la volonté de puissance, avec lequel elle est en rapport, est nécessairement une autre volonté de puissance : " Une volonté ne peut naturellement agir que sur une "volonté" et non pas sur une "matière". On comprend alors pourquoi la volonté de puissance se développe toujours à l'encontre d'une résistance. Nietzsche écrit que la volonté de puissance "a besoin d'opposition, de résistances"
Je citerais "John Gotti", Mieux vaut vire comme un loup, 3 ans que comme un mouton pendant 30 ans....
Beaucoup trop d'hommes viennent au monde : l'état a été inventé pour ceux qui sont superflus ( citation de Nietzsche ),
La résolution chrétienne de considérer le monde comme laid et mauvais a rendu le monde laid et mauvais ( citation de Nietzsche )
Quel est le dragon que l'esprit ne veut plus appeler ni dieu ni maître ? "TU DOIS" s'appelle le grand dragon. Mais l'esprit du lion dit " JE VEUX" ( citation de Nietzsche )
Nietzche mon anar préfêré....
Cdlt
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|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 277 Localisation : Oulan-Bator
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 6 Sep 2007 - 6:32 | |
| Je n’ai pas lu les deux volumes de Heidegger sur Nietzsche, mais j’ai trouvé ceci (dans « Essais et conférences ») : « Parler du dépassement de la métaphysique peut signifier aussi que la "métaphysique" demeure le nom du platonisme, qui s’offre au monde moderne dans l’interprétation qu’en ont donnée Schopenhauer et Nietzsche. Le renversement du platonisme, renversement suivant lequel les choses sensibles deviennent pour Nietzsche le monde vrai et les choses suprasensibles le monde illusoire reste entièrement à l’intérieur de la métaphysique. Cette façon de dépasser la métaphysique que Nietzsche envisage, à savoir dans le sens du positivisme du XIXe siècle, marque seulement, quoique sous une forme différente et supérieure, que l’on ne peut plus s’arracher à la métaphysique. Il semble à vrai dire que le méta-, le passage par transcendance au suprasensible, soit ici écarté en faveur d’une installation à demeure dans le côté élémentaire de la réalité sensible, alors que l’oubli de l’être est simplement conduit à son achèvement et que le suprasensible en tant que volonté de puissance, est libéré et mis en action. »
Disons que le renversement nietzschéen n’est pas un transport topologique (mettre la tête en bas), mais plutôt un renversement de perspectives, dans un rapport de maîtrise ; maîtrise du texte dionysiaque (le plus fort) sur le texte métaphysique. Et aussi jeu de la différence des différents réglé par une stratégie en vue de restituer - par la volonté de puissance comme interprétation - la métaphysique à la roue qui l’entraîne. La métaphysique se trouvant alors poussée à la roue, comprise et renversée par elle.
Si on se lance là-dessus… Moi je veux bien, mais on va faire exploser les machines.
Sur un forum comme celui-ci, il vaudrait peut-être mieux s’en tenir à des questions plus limitées, comme par exemple le rapport de Nietzsche aux monothéismes. Ce qui rend Nietzsche passionnant, c’est (entre autres) qu’il dit beaucoup d’âneries sur le judaïsme et le christianisme (qu’il déforme l’un et l’autre pour leur attribuer des rôles). Mais compte tenu de son mode de pensée, ce n’est un défaut que si son lecteur dit amen à tout ce qu’il écrit. Si on contraire le lecteur est dans un rapport d’affrontement avec le texte et qu’il cherche à imposer son interprétation, voilà qui est nietzschéen.
Autrement dit, il ne faut pas hésiter à être nietzschéen contre Nietzsche lui-même. Et je n’y manquerai pas en postant ici. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 6 Sep 2007 - 6:51 | |
| Tu vois c'est là ou je suis marxiste, je vais a l'essentiel, je n'ai pas envie d'ergoter sur Nietzsche sur le fait de ce qu'il a pu dire sur le monothéisme.
Nietzsche est la volonté de puissance, être Nietzschéen est je pense celà... ( Ses critiques sur le dogmatisme religieux est secondaire )
Pertinax le Pertinent à Ecrit :
| Citation: | | le passage par transcendance au suprasensible, soit ici écarté en faveur d’une installation à demeure dans le côté élémentaire de la réalité sensible, alors que l’oubli de l’être est simplement conduit à son achèvement et que le suprasensible en tant que volonté de puissance, est libéré et mis en action. » |
Tu retrouves ( ENORMEMENT ) celà dans la "Réalité séparé" de Carlos Castaneda
Tout philosophe digne de ce nom au donné des noms a l'indéfinissable
Kant - le Noumêne Nietzsche - La Métaphysique Heidegger - L'Etre Pascal - La Substance
Tu as aussi le Monade
C'est pour çà dire de Nietzsche qu'il a été un précurseur du Nazisme, c'est de la connerie, Nietzsche est bien plus profoooonnnd que celà
Cdlt
L'anar te salue  |
|  | | Intellocrate Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 20 Jan 2007 Messages : 234
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 6 Sep 2007 - 9:00 | |
| | Pertinax a écrit: | Mais compte tenu de son mode de pensée, ce n’est un défaut que si son lecteur dit amen à tout ce qu’il écrit. Si on contraire le lecteur est dans un rapport d’affrontement avec le texte et qu’il cherche à imposer son interprétation, voilà qui est nietzschéen.
Autrement dit, il ne faut pas hésiter à être nietzschéen contre Nietzsche lui-même. Et je n’y manquerai pas en postant ici. |
Ah oui, c'est tout à fait juste! Faire de Nietzsche une sorte de prophète ou de gourou et prendre ses écrits comme paroles d'évangile, c'est être complétement à côté de la plaque. D'ailleurs, certains aphorismes de Nietzsche résistent à l'interprétation. Certains (Deleuze dans son texte Pensée nomade) sont même allés jusqu'à dire qu'ils ne voulaient rien dire. |
|  | | JOHN Austère anachorète


 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 816 Localisation : Un monde de (sales) cons
 | Sujet: LA METAPHYSIQUE Jeu 6 Sep 2007 - 9:18 | |
| | Ravachol a écrit: | Tout philosophe digne de ce nom au donné des noms à l'indéfinissable. Kant - le Noumêne Nietzsche - La Métaphysique Heidegger - L'Etre Pascal - La Substance |
Pour Schopenhauer c’est "la chose en soi" !... expression reprise à Kant et que Schopenhauer identifie ou (re)définie par le terme de « volonté » : à la fois force métaphysique et immanente cachée par delà la multiplicité des phénomènes qui se manifestent dans le temps et l’espace…
Pour Schopenhauer la « volonté » est ce qui se rapproche le plus de la chose en soi… sans pour autant la définir complètement... puisque par définition la chose en soi est (en partie) « indéfinissable » car au-delà de nos catégories mentales de perceptions (limitées à l’espace et au temps… par lesquels les phénomènes se manifestent).
Nietzsche à la suite de Schopenhauer identifie ou (re)définie encore la « volonté » par la « volonté de puissance »… Pour Nietzsche, chez l'homme, celle-ci se manifeste de deux façons… en mode positif par une morale de vie affirmative, et par la négative par le ressentiment…
Pour Nietzsche, ces deux tendances équivalent en mode politique aux régimes de types aristocratiques d’un côté et de types « socialistes » (ou « démocratiques ») de l’autre… lesquels selon lui sont une forme détournée de la volonté de puissance (du plus grand nombre) au service des plus bas instincts et du ressentiment (rassemblant entre eux tous les ratés, les envieux et les plus médiocres, sous couvert de lutte pour « l’égalité »)…
A ce sujet, Schopenhauer (1788-1860) définie dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation, au Chap. « Du besoin métaphysique de l’humanité », p. 856, 855, 872 :
| Citation: | « Par métaphysique, j’entends tout ce qui a la prétention d'être une connaissance dépassant l'expérience, c’est-à-dire les phénomènes donnés [ou perçus par les sens physiques], et qui tend à expliquer par quoi la nature est conditionnée dans un sens ou dans l'autre, ou, pour parler vulgairement, à montrer ce qu'il y a derrière la nature et qui la rend possible. » (p.856)
« Car s’il y a quelque chose de souhaitable au monde – et de si souhaitable que la foule grossière et stupide elle-même, dans ses moments lucides, l’estimerait plus que l’or et l’argent – c’est de voir un rayon de lumière tomber sur l’obscurité de notre existence ; c’est de trouver quelque solution à la mystérieuse énigme de notre vie, dont nous n’apercevons que la misère et la vanité. » (p.855)
« Si grands que soient les progrès de la physique, ils ne contribueront guère à nous faire avancer d'un pas vers la métaphysique ; pas plus qu'une surface, si loin qu'on la prolonge, n'acquerra un contenu en volume. » (p.872)
« Quelque flambeau que nous allumions, quelque espace qu'il éclaire, notre horizon demeurera toujours enveloppé d'une nuit profonde. » (p.881)
+ au Chap. « De la morale », p. 1357 :
« Jamais toutefois je me suis fait fort d’instituer une philosophie à poser. En ce sens la philosophie est réellement impossible : elle serait la doctrine de l’omniscience. Mais « il est toujours possible d’avancer ou d’éclaircir jusqu’à un certain point, même s’il est interdit d’aller au-delà. » (Horace, Epîtres, I, I, V. 32) : il est une limite, jusqu’où la réflexion peut pénétrer, en portant jusque-là la lumière dans la nuit de notre existence, quand même l’horizon doit toujours rester sombre. Cette borne ma philosophie l’atteint. » ** |
** + Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 856 : | Citation: | | Les grands systèmes métaphysiques allemands sont à côté de la réalité. On n'y peut pas recourir dans des moments graves, dans des moments d'épreuve. Deux exceptions : Schopenhauer et Nietzsche, – parce que moralistes plutôt que philosophes. |
_________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Ven 28 Mar 2008 - 0:11, édité 3 fois |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 277 Localisation : Oulan-Bator
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 6 Sep 2007 - 9:56 | |
| Heu, Ravachol… merci de me nommer en citant… Heidegger !! C’est p’tête pour ça que ch'uis Pertinent. Mon commentaire, c’était le paragraphe juste en dessous, où j’avais l’audace inouïe de suggérer que Heidegger avait insuffisamment interrogé le concept nietzschéen (de métaphysique). Mais quand on n'a pas lu (ce qui est mon cas) les deux volumes du Nietzsche de Heidegger, il est difficile de se prononcer sur cette question de fond. Par cette citation, je voulais simplement fixer le débat à grand trait, si débat il doit y avoir (libre aux forumanciers de décider).
Moi, ce qui m’intéresse, c’est la disposition quasi-théâtrale des figures religieuses sur la scène philosophique. Nietzsche est un grand metteur en scène ; il a le sens du tragique, du pathos, des retournements inattendus, des coups de théâtre. On peut bien sûr être spectateur comme le bourgeois va au spectacle le samedi. Et même applaudir à contre temps. Je préfère, en apprenti généalogiste de la pensée nietzschéenne, monter discrètement sur la scène et regarder dans la coulisse ; je veux voir comment tiennent les décors et comment l'ordonnateur grime ses acteurs au point de les défigurer. Bon, on sait que Nietzsche a le goût des masques, mais c’est justement pour les arracher. Même si, derrière le masque, on en trouve un autre, et encore un autre (comme dans le dernier épisode du Prisonnier avec Patrick McGoohan). Ce n’est pas de l’ergotage, c’est la réponse à l’invitation que fait Nietzsche à son lecteur. Celle de lire son texte en l’interprétant, parce que la puissance chez Nietzsche est interprétative (elle crée du sens).
Ravachol, tu peux, autant que tu veux, répéter « la religion est un poison » (ॐ मणिपद्मेहूम्) comme un mantra, je n’y vois pas d’inconvénient. Tu me fais penser à ces moines tibétains munis d’un moulin à prières qui psalmodient en hochant la tête (je n’ai rien contre). Moi, le néo-catho-guénono-shamiro-soucoupisto-bolcheviko-soralien, je me demande non pas si Nietzsche est un pré-nazi (évidemment non), mais ce que veut dire cette étrange convergence judéo-païenne (dont nous parlions avec John).
Parce que la voilà la source d’un certain nombre d’actuels comportements zarbis. Et puis, comme je suis en train d’arpenter les textes, je vais pouvoir faire des citations, oui John, des citations qui vont donner une image de Nietzsche un peu… inattendue. D’où la nécessité – ô combien pressante – de savoir lire. Ah oui, il va nous en falloir de la volonté de puissance pour interpréter. Non pas connaître la « vérité », mais philosopher en acte (même un tout petit peu), c’est-à-dire participer activement au dévoilement du sens (qui n’appartient ni à Nietzsche, ni à Ravachol, mais à chaque homme de « bonne volonté »).
Et sur la question du judaïsme [intéressant, n’est-ce pas John ?], Nietzsche a beaucoup, mais alors beaucoup de chemin à nous faire parcourir. Je viens seulement de m’en rendre compte. Bon c’est reparti. Pour commencer, j’évoquerai deux points historiques.
1) Porphyre, comme Celse, utilise le judaïsme, en tant que matrice historique du christianisme, pour faire ressortir la nouveauté illégitime des apports chrétiens. Sous cet aspect, Porphyre est en plein accord avec les coordonnées religieuses et culturelles de l'époque des tétrarques à la veille de la grande persécution. A ce titre, on peut parler, avec Marcel Simon, d'un « front conservateur judéo-païen »
2) le judéo-paganisme issu du sionisme. Sur ce point peu connu, je tire mes informations d’un livre de Christian Boucher (oui, oui, cette personne « diabolisante et diabolisée »). Je reproduis les informations sur le topic « C’est quoi le sionisme ? »
Et la vie continue… Nietzsche est-il plus juif que chrétien ? Est-il plus païen que juif ? Ou encore ? Bientôt la suite de ce feuilleton-enquête plus palpitant que l’Inspecteur Derrick... |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 6 Sep 2007 - 15:30 | |
| Alors tout d'abord, j'aime bien ton humour, te citant
| Citation: | | Ravachol, tu peux, autant que tu veux, répéter « la religion est un poison » (ॐ मणिपद्मेहूम्) comme un mantra, je n’y vois pas d’inconvénient. Tu me fais penser à ces moines tibétains munis d’un moulin à prières qui psalmodient en hochant la tête |
C'est fin ça s'mange sans pain....
Par contre, et là celà me plait bcp moins, je n'ai jamais dit que je suivais à la lettre le fait Nietzschéen, tu ne peux pas suivre des aphorismes à la lettre, ce ne sont pas des recettes de cuisine.
Bcp moins sympa, je n'ai jamais dit que j'avais compris Nietzsche à 100 %, ni qu'il m'appartenait, je ne suis fan de rien, ni dieu ni maître, je te le rappelle.
| Citation: | | c’est-à-dire participer activement au dévoilement du sens (qui n’appartient ni à Nietzsche, ni à Ravachol, mais à chaque homme de « bonne volonté »). |
Bon après la forme, le fond ( je sais j'aurais du faire le contraire ), peut-être mon anima qui se développe...
Goldorak Go !
RELIGION :
Le problème religieux apparait déjà dans la pensée Kantienne ( Critique de la raison pure ), met fin à un certain type de discours sur dieu et notamment à toutes les preuves ontologiques de l'existence de dieu.
Kant montre que l'existence de dieu n'est pas un prédicat, mais un problème de la connaissance qui n'est résolu qu'en référence au postulat de la pensée empirique. Il faut interdire à la raison les determinations métaphysiques de l'existence de dieu et il faut la limiter à la seule connaissance scientifique qui nous met en rapport avec l'expérience.
Bref du Marxisme avant l'heure, Kant précurseur du scientisme ?
Marx voit dans la croyance religieuse une des formes de l'aliénation. Elle consiste en une dépossession des caractères de l'être humain et en une projection de l'idéal humaindans une monde imaginaire, ce que j'appelle FABLE. Pour comprendre la religion, il faut commencer par analyser la société dans laquelle vivent les hommes. La religion est une expression de la misère concrête et réelle des hommes et une protestation contre cette misère : " Le combat contre la religion est donc mediatement un combat contre ce monde-ci dont l'arôme spirituel est la religion. La misére religieuse est partiellement l'expression de la misère réelle, la protestation contre la misère effective"
'ega'de en Afrique, ou en Amérique du Sud, croyants à l'extrême, souffrant pourtant de tout les maux de l'humanité ( Guerre, famine, peuple humilié,.. etc ), ils attendent un salut qui ne viendra jamais ( Dosein)
La philosophie était enseigné au début aux athéniens, puis aux périéques ( Banlieusards aujourd'hui ) qui eux étaient confiné dans le polythéisme crasse.
NIEETCHHE Maintenant :
La critique de la religion Chez Nietzsche n'est pas mon domaine de prédilection, mais....
"Inévitable" ?, Non, 3x non, jeunes romantiques, ce n'était point "inévitable. Mais selon toute vraisemblance, c'est ainsi que tout cela finira, que vous finirez. Vous finirez "consolés" selon l'écriture, en dépit de tous vos efforts pour conquérir la gravité et la terreur ; "métaphysiquement consolés" ; bref vous finirez chrétiennement, comme finissent tous les romantiques... Non ! vous devriez d'abord apprendre l'art de la consolation terrestre, vous devriez apprendre à rire, mes jeunes amis, même si vous tenez à demeurer des pessimistes absolus. Peut-être un jour en riant, enverrez-vous au diable toute cette consolation métaphysique, et la métaphysique elle même pour commencer !"
Naissance de la tragédie ! |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 6 Sep 2007 - 15:40 | |
| Pertinax a écrit :
| Citation: | | Tu me fais penser à ces moines tibétains munis d’un moulin à prières qui psalmodient en hochant la tête |
Ne résume pas les moines tibétains à celà, ( même si c'est drôle ), lis le "troisième oeil" de T-Lobsang Rampa, une merveiiillle, en dit pllus sur la volonté de puissance que le dogmatisme religieux..
Cdlt
L' A NA R te salue , et je parle au nom de Ravachol, mort il y a plus de 100 ans, ah avec des Si..., j'aurais été riches...j'aurais compris la métaphysique, j'aurais été un grand musicien, j'aurais... |
|  | | Snake Plissken Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 36 Inscrit le : 28 Juin 2007 Messages : 782
 | Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 6 Sep 2007 - 15:42 | |
| | Intellocrate a écrit: | D'ailleurs, certains aphorismes de Nietzsche résistent à l'interprétation. Certains (Deleuze dans son texte Pensée nomade) sont même allés jusqu'à dire qu'ils ne voulaient rien dire. |
C'est bien ce que je disais : soi c'est un protonazi, soi c'est un pseudophilosophe qui n'a aucune cohérence (LE truc à ne pas faire quand on prétend philosopher) |
|  | | | NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée | |
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