| | NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée | |
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Intellocrate Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 20 Jan 2007 Messages : 242
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 6 Sep 2007 - 16:59 | |
| | Ravachol a écrit: | | Snake Plissken a écrit: | | Ravachol a écrit: | | As tu lu Nietzsche Snake, ne serait-ce qu'un peu, tu vois je ne critique pas Bernanos, je ne l'ai pas lu. |
j'ai lu des phrases, pas besoin de lire une intégrale pour comprendre ou veut en venir ce malade mental : hair le christianisme et revenir à la loi du plus fort bref, l'anarchie ou le totalitarisme (c'est pareil) |
Un malade mental qui est appris à l'école en seconde et terminale dans ta fameuse democrachie, raie publique, ripoux blique. Tu me fait un contresens, là Savoir courbé l'échine au moment ou il faut ( soi ) et ouvrir sa gueule au moment ou il faut ( Moi ), te fera tjrs sortir de la mouise de tout systême. Merci Nietzsche |
Nietzsche se demande qui est le plus fort. Il faut se rappeler qu'il finit par préférer la musique de Bizet (Carmen) à celle de Wagner (Parsifal). |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 284 Localisation : Oulan-Bator
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Ven 7 Sep 2007 - 0:15 | |
| Tiens, Ravachol, je vais te faire un aveu : moi aussi j’ai lu Lobsang Rampa ; et mon troisième œil qui avait poussé vers l’âge de 13 ans ½ s’est atrophié à 20 ans. Mais, va savoir pourquoi, il a commencé à se reformer sur mon front il y a quelques années alors que j’étais en train de lire (en me cachant) des extraits de Savitri Devi. Brusquement j’ai senti mon œil qui se remettait à pousser (comme un champignon). Tout ça, c’est la faute à… Christian Bouchet. Ah, cher œil, si tu pouvais parler ! Sinon, oh la, Ravachol, ton pote Tampoon, alors là, c’est un vrai dynamiteur. C’est marrant, il me fait penser à quelqu’un d’autre. Bon, on va la faire cette révolution ?
Pour en revenir à Nietzsche, je ne posterai les citations que dans le courant de la semaine prochaine (un aigle noir doit venir les livrer à ma fenêtre). D’ici là, quelques bafouilles.
« La volonté de puissance interprète (der Wille zur Macht interpretirt) : elle délimite, détermine des degrés, des différences de puissance. Des simples différences de puissance ne peuvent pas encore se ressentir en tant que telles. Il faut qu’il y ait là quelque chose qui veut croître [c’est comme mon œil] qui interprète toute chose qui veut croître à partir de sa propre valeur. En cela égales. En vérité l’interprétation est un moyen pour se rendre maître de quelque chose. »
La notion d’interprétation désigne à la fois une lecture et une évaluation. L’interprétation en tant qu’elle est la volonté de puissance désigne tout à la fois le texte de ce qui « est » comme volonté de puissance, l’acte de celui qui lit ce texte et le lecteur lui-même. On voit comment cette interprétation, qui est la volonté de puissance, c’est-à-dire la vie même, étend sans limite la notion de texte (au-delà d’une banale métaphysique du sens de la lecture), faisant de l’univers, de l’univers des choses et de l’univers des mots (la distinction n’a plus cours) un emboîtement indéfini de textes.
La volonté de puissance en tant que texte n’est elle-même rien d’autre que la circulation de tous les textes qu’elle autorise, faute de quoi elle ne serait plus un texte mais un être, une essence, ce que la métaphysique pense comme le noyau « réel » d’un texte, à savoir son sens.
« (A propos du) caractère interprétatif de tout ce qui arrive. Il n’y a pas d’événement en soi. Ce qui arrive est un groupe d’apparitions, choisies et liées ensemble par un être interprétant (…) Ce sont nos besoins qui interprètent le monde (…) chaque pulsion est une sorte d’ambition de domination (…) L’évaluation morale [qu’est-ce qui est bon pour moi] est une interprétation, un mode d’explication. »
Il s’agit de poser la lecture du texte (volonté de puissance) comme l’effet du texte même ; les besoins du sujet concret (qui a un corps) ouvrent des perspectives différentes dont le faisceau constitue le texte du corps en même temps que le corps du texte. Il n’y a pas de texte avant l’interprétation [c’est pourquoi le texte qui "résiste à l'interprétation" dont parle Intellocrate n’existe pas], puisque c’est l’interprétation qui est toujours déjà le texte. Le texte est son interprétation multiple, sans quoi il se fige métaphysiquement. Y a-t-il ici dépassement de la métaphysique ? Pas pour Heidegger. Quel trublion cet Heidegger !
C’est marrant, Nietzsche me fait brusquement [attention, pulsion] penser à certains ésotéristes chrétiens (oh la, je sens qu’il va pleuvoir). Quand le possible précède l’être, se pose la question du livre. Mais qu’est-ce qu’un livre ? Un livre est une certaine liaison des plans de l’espace (ce qui donne du volume). Un livre (celui dans lequel nous vivons) est un certain recentrement des horizons de la représentation (interprétation). Et par l’impact du texte sur le corps, nous sommes circoncis dans le Livre (mais ça fait pas mal). Ah quelle volupté d’évoluer dans le possespace (= puissance de recentration de l'espace), passant ainsi du tourbillon au volumen, et du volumen au codex. Même Wonderwoman n’a pas connue ce sentiment de puissance. |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Ven 7 Sep 2007 - 0:41 | |
| | Pertinax a écrit: | C’est marrant, Nietzsche me fait brusquement [attention, pulsion] penser à certains ésotéristes chrétiens (oh la, je sens qu’il va pleuvoir). Quand le possible précède l’être, se pose la question du livre. Mais qu’est-ce qu’un livre ? Un livre est une certaine liaison des plans de l’espace (ce qui donne du volume). Un livre (celui dans lequel nous vivons) est un certain recentrement des horizons de la représentation (interprétation). Et par l’impact du texte sur le corps, nous sommes circoncis dans le Livre (mais ça fait pas mal). Ah quelle volupté d’évoluer dans le possespace (= puissance de recentration de l'espace), passant ainsi du tourbillon au volumen, et du volumen au codex. Même Wonderwoman n’a pas connue ce sentiment de puissance. |
Tu sais quoi Pertinax, je crois que tu as fait un usage abusif de psychotrope mon coco... :drunken: Ben c'est toi qui aurait du prendre comme pseudo le Champignon Empoisonné!  |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Ven 7 Sep 2007 - 0:59 | |
| | Citation: | | Tiens, Ravachol, je vais te faire un aveu : moi aussi j’ai lu Lobsang Rampa ; et mon troisième œil qui avait poussé vers l’âge de 13 ans ½ s’est atrophié à 20 ans. Mais, va savoir pourquoi, il a commencé à se reformer sur mon front il y a quelques années |
C'est de l'ironie ou du cynisme
Tu as développé ton Hypophise et puis s'est atrophié pour de nouveau ressurgir maintenant, arrive tu as voir les êtres de lumières
| Citation: | | Ah, cher œil, si tu pouvais parler ! Sinon, oh la, Ravachol, ton pote Tampoon, alors là, c’est un vrai dynamiteur. C’est marrant, il me fait penser à quelqu’un d’autre. Bon, on va la faire cette révolution ? |
1er étape : Tu ne te réconcilie avec personne, après on verra....
Bon Nietzsche maintenant ( ce qui m'intéresse )
| Citation: | | C’est marrant, Nietzsche me fait brusquement [attention, pulsion] penser à certains ésotéristes chrétiens (oh la, je sens qu’il va pleuvoir). |
Mmmmhhh, atention, tu es dans l'infranchissableeeeee
| Citation: | | En vérité l’interprétation est un moyen pour se rendre maître de quelque chose. |
Vrai, c'est la première étape à la compréhension et effectivement développer une rhétorique pour contrer ( volonté de puissance ) la fonction dominante universelle,
| Citation: | | elle délimite, détermine des degrés |
Oui, celà s'appelle l'habileté, l'empirisme, expérience, la difficulté
| Citation: | | La volonté de puissance en tant que texte n’est elle-même rien d’autre que la circulation de tous les textes qu’elle autorise, faute de quoi elle ne serait plus un texte mais un être, une essence, ce que la métaphysique pense comme le noyau « réel » d’un texte, à savoir son sens. |
Tu définit l'être comme un "tout" pour expliquer TON sens, chez Nietzsche, je me contente d'aller à l'essentiel sur les dominantes liés aux affects, effectivement le 'J'ai Envie" ( Moi ), me dictera une conduite propre pour arriver à me rendre maitre de "CE" quelque chose
N'as tu pas ce sentiment joyeux après un dur effort, d'avoir ce sentiment de puissance, une fois l'oeuvre achevé plutôt qe réussir un concept nébuleux fait à la va vite sans difficulté.
Ta dominante sera différente de la mienne, pour arriver certes a un résultat , ex tu prends un morceau de guitare elitiste genre Eruption de Van Halen, on va le travailler tous les deux, le résultat sera différent ( tu le joueras à ta manière, et moi à la mienne, mon phrasé empirique définira ma patte, ma signature, lié à mes propres difficultés rencontrés à l'étude de ce morceau entre autres) |
|  | | Ritoyenne Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 24 Inscrit le : 25 Fév 2007 Messages : 972
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Ven 7 Sep 2007 - 4:25 | |
| Voici un post qui plaira à certains, et à d'autres !!!
Je viens de publier une biographie vidéo de Nietzsche sur notre site.
Il vous suffit de cliquer ici pour la voir :
http://www.paris4philo.org/article-12222851.html
(merci de me dire si vous trouvez des erreurs dans les posts, et merci de commenter la page si vous trouvez à y redire, la bio manque de précision sur de nombreux points il est vrai).
Have fun dudes. |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 284 Localisation : Oulan-Bator
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Jeu 13 Sep 2007 - 12:32 | |
| Dans une section de Humain, trop humain, intitulée « L’homme européen et la destruction des nations », Nietzsche s’explique sur son choix d’être « bon Européen » plutôt que nationaliste. Il poursuit :
« Soit dit en passant : le problème des juifs n’existe à tout prendre que dans les limites des Etats nationaux, car c’est là que leur énergie et leur intelligence supérieures, ce capital d’esprit et de volonté longuement accumulé de génération en génération à l’école du malheur, doivent en arriver à un degré de prédominance qui suscite l’envie et la haine, si bien que dans presque toutes les nations actuelles – et cela d’autant plus qu’elles adoptent à leur tour une attitude plus nationaliste – se propage cette odieuse littérature qui entend mener les juifs à l’abattoir, en bouc émissaires de tout ce qui peut aller mal dans les affaires publiques et intérieures. Dès lors qu’il ne s’agit plus du maintien des nations, mais de la production d’une race européenne mêlée et aussi forte que possible, le juif en est un élément aussi utilisable et souhaitable que n’importe quel autre vestige national. » (Humain, trop humain, I, # 475)
Dans un passage de Aurore, Nietzsche laisse entendre que les juifs représentent le catalyseur du Surhomme :
« Alors, quand les juifs pourront montrer comme leur œuvre des gemmes et des vases d’or tels que les peuples européens, avec leur expérience plus courte et moins profonde, ne peuvent ni ne purent jamais en produire, quand Israël aura transformé sa vengeance éternelle en une bénédiction éternelle de l’Europe : alors reviendra ce septième jour où le vieux dieu des juifs pourra se réjouir de lui-même, de sa création et de son peuple élu, - et nous tous nous voulons nous réjouir avec lui ! » (Aurore, # 205)
Je vous demande d'interpréter ces textes en vous appuyant sur mes posts précédents et aussi ceux de John (qui avons l'un et l'autre, cernés une problématique). Essayez, si vous intervenez sur ce fil, de ne pas dire trop d'âneries. Et n'hésitez pas à poster de longues citations. Merci |
|  | | JOHN Austère anachorète


   Age : 32 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 828 Localisation : Un monde de (sales) cons
| Sujet: L’AVIS DE CIORAN SUR L’IDÉE DU « SURHOMME » Jeu 13 Sep 2007 - 23:44 | |
| | Pertinax a écrit: | Dans un passage de Aurore, Nietzsche laisse entendre que les juifs représentent le catalyseur du Surhomme : (...) n'hésitez pas à poster de longues citations. Merci |
Je donnerais juste l’avis (très critique) de Cioran (1911-1995) sur la théorie du « surhomme » – et donc aussi (son avis) sur Nietzsche (1844-1900) – par ces passages des Cahiers 1957-1972, p. 117, 300, 569, 754, 910 :
| Citation: | « J'essaie, depuis quelques jours, de voir ce que l'idée du surhomme veut bien vouloir dire. Eh bien, plus je m'efforce d'en préciser le sens, plus je trouve qu'elle n'en possède aucun. C'est une idée plus puérile que délirante. Ou plutôt une grande idée pour adolescents ou pour la populace. Il y a tout un côté pénible chez Nietzsche, qui tient en grande partie à son excès de génie et à son manque de maturité, au fait qu'il n'a pas eu le temps de vieillir, je veux dire de connaître le désabusement, le dégoût serein. » (p.117)
« « Nulle créature ne peut atteindre au plus haut degré de nature sans cesser d'exister. » (Saint Thomas d'Aquin) Voilà la réponse anticipée aux aberrations du Surhomme. L'homme est condamné à être ce qu'il est. Il ne peut changer de nature. Il ne pourrait même (pas) s'améliorer impunément. Sa nature est d'être déchu. À plus forte raison sa carrière. » (p.300) *
* + dans Écartèlement (1979), Chap. « Ébauches de vertige », IV : « L’homme, ci-devant animal, mais animal encore, est meilleur et pire que l’animal. Le surhomme, s’il était possible, serait meilleur et pire que l’homme. Un indésirable, des plus inquiétants, et dont on ne saurait sans légèreté escompter la venue. »
« Quand on pense que la théorie du surhomme fut conçue par quelqu'un qui était rongé par toutes les maladies, par un être chétif et suprêmement vulnérable – quelle leçon ! » (p.569) « L'anti-Zarathoustra. Il est plus que vraisemblable que l'avenir sera au sous-homme plutôt qu'au surhomme. C'est ridicule de parler de surhomme, puisque l'homme depuis qu'il existe ne fait que se dépasser, s'arracher à ses origines ; mais il ne s'en arrache que pour mieux y retomber, et lorsqu'il sera le plus loin de ses commencements, c'est alors qu'il tombera plus bas qu'il n'a jamais été. Il paiera cher sa volonté d'élévation et de dépassement. Je vois l'homme s'amenuisant de plus en plus, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. » (p.754) **
** + dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. VIII : « Plus l’homme avance, moins il est à même de résoudre ses problèmes, et quand, au comble de l’aveuglement, il sera persuadé qu’il est sur le point d’aboutir, c’est alors que surviendra l’inouï. »
« Nietzsche s'est lancé avec la connerie du surhomme. C'est vraiment une tache sur sa réputation. Dire qu'un esprit capable d'envolées cyniques d'une rare envergure ait pu se laisser tenter par une vision aussi niaise ! L'enthousiasme en matière de prophétie ne vaut rien. Elle attire les foules et irrite les délicats. Toute idée trop positive est franchement grossière, même si elle émane d'un esprit subtil et profond. » (p.910) |
_________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Mer 26 Mar 2008 - 19:06, édité 1 fois |
|  | | Gérard Miller Idiot utile


 Inscrit le : 30 Nov 2006 Messages : 637
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Ven 14 Sep 2007 - 9:40 | |
| | "L'évolution de la pensée présituationiste entre l'école hégélienne et le négativisme de l'infrastructure néo-nietzschéenne a-t-elle, consciemment ou non, influencé la carrière de Raymond Poulidor ?" Pierre Desproges |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Ven 14 Sep 2007 - 18:24 | |
| | Pertinax a écrit: | | Essayez, si vous intervenez sur ce fil, de ne pas dire trop d'âneries. |
Dis de cette manière très diplomatique cher Pertinax c’est sur qu’il n’y en aura pas des masses des réponses…
John par rapport aux citations de Cioran sur le Surhomme Nietzschéen, ce que je peux dire c’est qu’il faut toujours tendre vers un absolu, un concept transcendantal. Et le surhomme en est un. Si on ne recherche pas la transcendance, on se complait dans la médiocrité.
« L’homme est une corde tendue entre la bête et le surhomme, une corde au-dessus d’un abime.. » disait Nietzche Peut importe que l’on atteigne ce stade un jour où l’autre, ce qui compte c’est d’y tendre, vouloir s’extraire de sa condition. Attitude prométhéenne mais nécessaire pour avancer, évoluer.
Bref l’exact inverse des pseudos valeurs vantant la médiocrité et l’immobilisme que l'on retrouve dans la télé réalité avec cette phrase revenant sans cesse auprès des participants : « surtout ne change rien, reste toi-même » |
|  | | JOHN Austère anachorète


   Age : 32 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 828 Localisation : Un monde de (sales) cons
| Sujet: négation ciorannienne du Surhomme Sam 15 Sep 2007 - 10:09 | |
| Oui effectivement je l'ai acheté et le N° semble très bien fait et assez complet sur l'analyse ou résumé des aspects de la philosophie de ces 3 philosophes...
| Lestat a écrit: | | John par rapport aux citations de Cioran sur le Surhomme Nietzschéen, ce que je peux dire c’est qu’il faut toujours tendre vers un absolu, un concept transcendantal. Et le surhomme en est un. |
Je suis d’accord mais c’est juste que pour le concept transcendantal du surhomme, Cioran (1911-1995) n’y croyait pas du tout… Il s’en explique encore dans ces passages des Entretiens :
| Citation: | Entretiens, p. 56 (Entretien 1979) :
Jean-François Duval : Nietzsche naïf ? Pouvez-vous préciser ?
C. : Ce côté adolescent génial et impertinent qu’il a gardé. Il ne s’est pas frotté aux êtres. Il a vécu très intensément. Un immense génie. Mais il n’a pas connu la lassitude du type qui vit dans une grande ville. Qui se frotte aux êtres. Comme c’est mon cas.
J.-F. D : Vous pensez que l'homme est fondamentalement mauvais ?
C. : Non. L'homme est un abîme, si vous voulez. Par essence. Plutôt mauvais que bon. Ça, je le pense. Nietzsche le pensait aussi. Mais Nietzsche est un type pur, comme tout solitaire. C'est pour ça que je me sens beaucoup plus proche de La Rochefoucauld, des moralistes français, de ces types-là. A mon avis, ce sont eux qui ont perçu l'homme, parce qu'ils ont vécu en société. Moi, je n'ai pas vécu en société, mais j'ai connu beaucoup d'hommes, j’ai une grande expérience de l'être humain, malgré tout. Nietzsche ne l'avait pas.
J.-F. D : Nietzsche était pur. Et c’était un homme… Les deux choses ne sont donc pas totalement incompatibles…
C. : Il était pur comme tous les solitaires. Mais il n'a pas connu tous les conflits qui existent entre les êtres, les dessous, tout ça, parce que justement il a vécu seul. Il a deviné naturellement, il a beaucoup réfléchi là-dessus. Mais l'expérience vraie de l'homme, on la trouve chez Chamfort, ou chez La Rochefoucauld. Sans doute, si Nietzsche avait vécu en société, il aurait vu les choses à peu près comme eux, et pas livresquement. Parce qu'il n'a pas vécu. |
+ dans Entretiens, p. 251 (Entretien 1992) :
| Citation: | G. C. F. : A travers Zarathoustra, Nietzsche a annoncé la relève de l’homme : l’homme comme quelque chose qui doit être surmonté. Il y avait encore une espérance dans cette idée. Vous, vous refusez également l’humain dans l’homme, mais…
C. : Oui, mais pas au sens de Nietzsche. L’homme ne peut être surmonté, on peut tout au plus le renier. On doit le renier. Je tiens cette idée de surhomme pour une absurdité complète. La seule pensée des vices propres aux bêtes nous fait déjà frémir. Et ceux de l’homme sont bien pires. Un surhomme aurait bien entendu des qualités, mais il aurait aussi les défauts de ces qualités, et ces défauts seraient terribles, bien plus que l’homme lui-même.
Nietzsche me parait trop naïf. C’était un solitaire qui n’a pas beaucoup vécu parmi ses semblables, au fond un homme à plaindre, un homme isolé, auquel manquait l’expérience immédiate de l’autre. Toute sa tragédie, ses disputes avec ses amis, les déceptions que lui ont causées ces mêmes amis, prouvent simplement que Nietzsche n’a pas vraiment connu les hommes. Sa prédilection pour les petites localités fait qu’il était également privé de l’expérience tellement instructive de la grande ville. Il ne savait pas ce que c’est que de vivre dans un enfer, car aujourd’hui toute grande ville est un enfer, n’est-ce pas ? L’enfer lui-même est peut-être pire mais pas de beaucoup. Nietzsche me parait vraiment trop naïf. A ce propos je me sens beaucoup plus proche des moralistes français comme Chamfort ou La Rochefoucauld. Il est vrai que Nietzsche a subi aussi leur influence. Mais il avait à l’origine, comment dire, une âme innocente... C'est aussi celle qu'il avait à la fin. Au fond c'est toute sa vision des choses, sa vie aussi, qui me paraît trop euphorique. Nietzsche est intéressant et séduisant, mais ses conclusions ne me semblent ni pertinentes, ni vraies. |
_________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Dim 23 Mar 2008 - 22:24, édité 2 fois |
|  | | Thundaar Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 09 Juil 2007 Messages : 716
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Sam 15 Sep 2007 - 10:13 | |
| "Il faut fusiller tous les antisémites" (Nietzsche)
"Le fondement de son antichristianisme est (pourtant) essentiellement antisémite", dit de lui son ami Franz Overbeck. Judéophile de son époque, il aurait été un judéophobe à la Tacite ou à la Voltaire à une autre. Voltaire et d'Holbach ne tapait sur le judaïsme que pour mieux taper sur le christianisme, et Nietzsche sait que la judéophobie de son époque est celle des milieux les plus crétins, tel le chrétien fanatique Förster, son beau-frère détesté, et tels les pangermanistes les plus obtus. Nietzsche était un grand européen, il savait que l'Europe n'était qu'une, que le peuple russe y avait une grande place au même titre que le peuple allemand, et s'inventait des origines tchèques ou polonaises pour dire qu'il n'était surtout pas allemand. |
|  | | JOHN Austère anachorète


   Age : 32 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 828 Localisation : Un monde de (sales) cons
| Sujet: VIE, VIOLENCE ET HISTOIRE Mer 19 Sep 2007 - 21:45 | |
| Complémentaire aux posts précédents (sur le surhomme l'homme), voici cette (super) synthèse de passages clefs du Nietzschéen Drieu La Rochelle (1893-1945) issus de Textes retrouvés (éd. Du Rocher, 1992), p. 159, 172-175, 184-186 :
| Citation: | « Tandis que moi (après Nietzsche, Hegel, Schopenhauer), je remonte à une conception plus primitive où le mal est au cœur de la vie même, emmêlé au bien selon un nœud énigmatique. Conception de la tragédie, de l’épopée, de certains présocratiques, des débuts de l’Ancien Testament, des religions chtoniennes. » (p.159)
« L’extraordinaire maléfice d’une extrême civilisation urbaine, c’est de faire oublier à l’homme aussi bien les dures lois de la Nature en général que de sa nature en particulier, lois qui se correspondent. (…)
Ayant oublié les malheurs et les souffrances, l’homme des extrêmes civilisations urbaines déclenche dans sa gaucherie nerveuse des cataclysmes bien plus grands sans doute que l’homme d’époques précédentes. Celui-ci, plus près du réel était plus prudent ; ou du moins il avait entre les mains de moins savants moyens de destruction. (…)
Il n’y a pas de quoi désespérer, il suffit de vous rappeler que l’homme est né pour mourir et que la souffrance est le lien de cette perpétuelle lutte entre la vie et la mort. (…)
Demain tel tronc ou tel crâne sera fracassé, mais c’est la vie même qui continue à travers ces fracassements. La vie ne connaît point d’autre moyen de se perpétuer qu’en se déchirant et se tuant sans cesse. Ces grands arbres que j’admirais étaient eux-mêmes de grands meurtriers. Autour de leurs puissantes racines, les cadavres de leurs victimes jonchaient la terre. Et moi ? Ne suis-je pas aussi un assassin ? On n’a pas besoin de jouer du couteau pour être un assassin. Il est des étranglements qui ne laissent pas de traces. » (p. 172-175)
« Le [véritable] penseur ne s’étonne de rien. Il connaît les lois de la vie, (…). (1)
La violence, c’est la guerre. La guerre est une nécessité comme l’amour. (…)
La violence est le véhicule de la vie, le sceau de toute affirmation. Il reste à remarquer que la violence est plus dangereuse, est plus nombreuse à proportion qu’en paroles et sur le papier elle est plus niée ou oubliée.
Les partis de gauche qui arborent leurs drapeaux des maximes de philosophie antiraciste antiguerrière sont à la merci des forces de la vie qui les surprennent plus aisément ou qui font un chemin plus sûr à l’abri de leur hypocrisie. (…)
Comprimée, elle [la violence] éclatera tôt ou tard. Et d’autant plus dangereuse, plus cruelle qu’elle sera désaccoutumée, plus maladroite. Elle cherchera son exutoire non seulement dans la guerre nationale mais dans la guerre civile qui offre des assouvissements bien plus directs, plus complets, plus terribles. » (p.184-186) |
(1) + = la dernier citation de Drieu donnée à la fin de ce post du Journal 1939-1945, « 13 juillet 1940 » : http://vraishommes.frbb.net/Aktu-f8/Mes-condoleances-t1060.htm#20633
+ aussi dans un sens voisin ou complémentaire cette note de Cioran (1911-1995) dans ses Cahiers, p. 623 : | Citation: | Il est incroyable à quel point l'esprit est peu capable de prévoir, d'admettre, d'assimiler les catastrophes. Je ne vois autour de moi que des gens qui ne veulent y croire. Cela vient d'une réaction de défense tout à fait naturelle mais aussi d'un manque de culture historique. Or qu'est-ce que l'Histoire sinon la discipline du pire ? Celui qui la cultive, s'y habitue, y prend goût même...
Ils n'oseront pas (c'est ce que se sont dit les Tchèques récemment... jusqu'au moment où ils ont vu). Les Romains ne croyaient pas non plus qu'Alaric oserait. Un homme politique qui se refuse à l'idée de catastrophe est un naïf et prépare la ruine de son pays. |
_________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Dim 23 Mar 2008 - 22:26, édité 2 fois |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 284 Localisation : Oulan-Bator
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Dim 23 Sep 2007 - 11:33 | |
| J'ai lu quelque part sur un autre forum que Adolf Hitler hésitait et pensait que (peut-être) Jésus n'était pas juif, et que tout le mal - selon lui - venait de Paul, l'inventeur du christianisme (première étape conceptuelle, on va dire); Paul serait ainsi perçu comme le Trotsky qui aurait trahi. Le juif trahit le Jésus "aryen" en fabriquant le christianisme.
Conséquences (pour Hitler) : Le christianisme est une religion juive qui part à la conquête du monde. Mais ne pouvant s'en prendre à la "race de l'esprit" dans les personnes physiques des goyim judaïsés, il persécute les juifs pour se venger du mal que le christianisme a fait dans le monde.
Et qu'en pensait finalement Rosenberg pour qui, au contraire, il s'agit d'une manipulation juive dès l'origine ?
En tout cas, si Hitler a hésité sur le sens à donner à "l'instant Jésus", c'est très intéressant, car cela montre qu'il s'est trouvé à un moment donné dans la même disposition psychologique que Nietzsche. |
|  | | Thundaar Banni(e) parce que je le vaux bien


 Inscrit le : 09 Juil 2007 Messages : 716
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Dim 23 Sep 2007 - 15:16 | |
| | Citation: | | J'ai lu quelque part sur un autre forum que Adolf Hitler hésitait et pensait que (peut-être) Jésus n'était pas juif, et que tout le mal - selon lui - venait de Paul, l'inventeur du christianisme (première étape conceptuelle, on va dire); Paul serait ainsi perçu comme le Trotsky qui aurait trahi. Le juif trahit le Jésus "aryen" en fabriquant le christianisme. |
Je crois avoir aussi lu cela quelque part. Tout dépend de la source d'information. Rauschning fait dire à Hitler que l'idée d'un Jésus aryen aurait été "un bluff judaïque". En revanche, dans les Libres Propos, Hitler évoque la possibilité d'une origine partiellement aryenne, et même gauloise, de Jésus, rappelant le principe du soldat Panthère, ce soldat romain légendaire qui aurait été l'amant de Marie. Dans tous les cas de figure, pour Nietzsche comme pour d'autres, Saül de Tarse serait le véritable créateur du christianisme et aurait trahi Jésus, lui qui n'aurait été qu'un réformiste ne s'adressant qu'aux juifs.
Il est possible que la judéophobie d'Hitler, comme celle de Nietzsche, ait été due à une nostalgie païenne, reprochant aux juifs non d'avoir tué Jésus mais en revanche d'avoir engendré le christianisme. Reproche bien injuste, puisque juifs et païens furent les uns et les autres victimes du christianisme. Ce dernier serait alors une religion "métisse", haïssant les religions ethniques, paganisme comme judaïsme, au profit d'un universalisme destructeur. La judéophobie par nostalgie païenne et par rejet du christianisme, on la retrouve déjà sous la plume de Rutilius Namatianus, en 416 de notre ère.
| Citation: | | cela montre qu'il s'est trouvé à un moment donné dans la même disposition psychologique que Nietzsche. |
C'est évident, même. |
|  | | JOHN Austère anachorète


   Age : 32 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 828 Localisation : Un monde de (sales) cons
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Lun 1 Oct 2007 - 15:30 | |
| Je viens de finir Rencontres avec Robert Dun (2006) – http://www.ladiffusiondulore.com/achat/produit_details.php?id=423&catid=46 ; crevetabous.com – Livre de souvenirs et de témoignages (écrit par « Les amis de Robert Dun ») sur la vie et l’œuvre de ce païen nietzschéen, Robert Dun (1920-2002). Pour donner une idée, voici le début du chapitre « Une vie de combat », p. 125 :
| Citation: | Ce fut une chance pour lui, avant qu’il n’ait découvert à dix-sept ans les écrits de Frédéric Nietzsche, d’avoir reçu très concrètement les enseignements de marxistes et d’anarchistes.
A quatorze ans, révolté par les peines du monde ouvrier qu’il connaissait bien, il se rapprocha des Jeunesses Communistes et étudia sérieusement, le marxisme.
De cette doctrine, il retiendra une idée essentielle qu’il nous avait à maintes reprises exposé : dans une économie de type capitaliste, la saturation des marchés ne peut être surmontée que par la guerre ou par la plus grande consommation excitée par la publicité et le crédit. “L’enflure de l’avoir dissimule la pauvreté de l’être”.
Si, comme Julius Evola, il fulminait contre la démonie de l’économie (notamment comme facteur de destruction de l’environnement au nom du profit et du productivisme), il n’était pas marxiste dans le sens où aucun matérialisme ne trouvait grâce à ses yeux.
Après avoir ressenti un vrai coup de tonnerre à la découverte de Nietzsche, les grands axes de sa vision du monde fûrent tracés. La transmutation des valeurs européennes, consistera donc seulement à remettre à l’endroit celles-ci, après avoir abattu l’hydre née dans le désert dont les têtes sont le monothéisme, l’égalitarisme et le cosmopolitisme.
Refusant les dogmes de toutes les églises (chrétiennes comme marxistes), il ne pouvait que se rapprocher des libertaires de la fédération Anarchiste qui prônaient un véritable socialisme communautaire et révolutionnaire. |
_________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
Dernière édition par JOHN le Dim 23 Mar 2008 - 22:27, édité 2 fois |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Mar 2 Oct 2007 - 13:41 | |
| Marre de cette branlette sur la croix gammée ! Plus que marre . On finit par croire à une volonté de réhabilitation du nazisme ? Alors que les salopries à étoile de david exterminent et abrutissent mesquineusement tous les jours , on se fait prendre la tête avec ce grossier onanisme du méa culpa Juif . Please , tournez la page si votre livre en as plus de deux . |
|  | | Ritoyenne Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 24 Inscrit le : 25 Fév 2007 Messages : 972
| |  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 284 Localisation : Oulan-Bator
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Sam 6 Oct 2007 - 15:29 | |
| Et si, avant que Hitler ne persécute les juifs pour se venger des chrétiens judaïsés, Nietzsche avait [dans ses écrits] persécuté les chrétiens judaïsés pour se venger des juifs dont il haïssait ses propres éloges à leur égard… ? Certes, il n’était pas le promoteur d’une race aryenne, seulement d’une race des maîtres, mais quand même… Difficile d’assumer ses propres contradictions. Alors, Nietzsche judéomane (au sens de Jean Robin), comme quelques judéo-païens néo-païens sur ce forum ? Comme tout devient clair. De l’eau de roche, vraiment.
Messieurs des RG ésotériques, vous voulez un critère pour distinguer les bons des méchants ? C’est très simple : Il y a ceux qui se trémoussent et font des contorsions grotesques (Faye et consorts). Il y a ceux qui assument et restent droits mais opposés à une conception dialectique de l’homme (Ryssen). Et puis il y a ceux (Soral) qui voient plus loin et identifient le plus clairement possible (nébulosité incluse) l’ennemi majeur, qui est bien un mixte et une entité (voir mes posts lovecraftiens sur "Christianisme vs paganisme, the last fight" / Mondo).
A force de discernement à l’approche du problème, on va bien finir par le circonscrire (sachant qu’il faut toujours combattre les idées fausses avant des groupes humains) … |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 284 Localisation : Oulan-Bator
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Lun 8 Oct 2007 - 15:30 | |
| Je fais aussi sur ce fil, un copier/coller de ce qui ce dit sur d'autres fils du forum concernant Nietzsche, et qui mérite d'être retenu et commenté (c'est une sélection).
Donc, Accurse a écrit :
"" L'antisémitisme de Soral c'est comme l'antisémitisme de Nietzsche: il ne hait pas les juifs en tant que tels, il leur attribue au contraire des facultés hors du commun. Les juifs chez Nietzsche sont surhumains: ils sont dominateurs. Et ils exercent en particulier leur domination intellectuelle sur les européens, totalement crétinisés et féminisés par la morale chrétienne.
Et précisément, voilà pouquoi les juifs sont un problème: ça n'est pas parce qu'ils sont juifs, mais parce qu'ils sont un obstacle à l'avènement d'une aristocratie de surhommes ayant renoué avec l'idéal antique (Nietzsche fait l'apologie du héros viril).
Rome sentait dans le Juif quelque chose comme une nature opposée à la sienne, un monstre placé à son antipode ; à Rome, on considérait le Juif comme « un être convaincu de haine contre le genre humain » : avec raison, si c’est avec raison que l’on voit le salut et l’avenir de l’humanité dans la domination absolue des valeurs aristocratiques, des valeurs romaines. Généalogie de la morale.
En revanche, Nietzsche, à maintes reprises, condamne l'antisémitisme, entendu comme ce truc populeux et crétin qui a pas mal de succès en Allemagne. Ce qui le dérange c'est d'abord que cet antisémitisme a des sources chrétiennes (selon lui), et qu'il abhorre le christianisme. Et puis Nietzsche a horreur des masses, composées essentiellement de "médiocres". Ceux là osent se considérer comme constituant une race objectivement supérieure à celle des juifs, alors que l'histoire nous enseigne précisément le contraire: ce sont les européens qui sont abatardis.
Soral emprunte beaucoup à Nietzsche de ce point de vue. Il récuse l'antisémitisme "bohème", comme passion populaire (violence et barbarie), mais du reste il prête aux juifs des capacités et des attributs extraordinaires. Y'a comme une forme de paranoïa judéo-centrée chez lui, et il use d'un vocabulaire conspirationniste (type l'expression "américano-sioniste"). L'idée sous-jacente c'est que les juifs exercent un pouvoir sur le monde.
Ce sont les transcendances que combattent les nietzschéens: les universalités. La finance est une universalité, tout comme le christianisme. Et les effets chez Soral sont les mêmes: crétinisation (par les médias et la publicité), massification (par la mondialisation), et féminisation (par Isabelle Alonso).
Soral a un fond nietzschéen, sans nul doute. Pas seulement nietzschéen, je vous le concède (il est nationaliste et socialiste, ce qui est parfaitement contraire à la philosophie nietzschéenne) "" |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Lun 8 Oct 2007 - 17:54 | |
| Pour être plus polémique, et au final subversif parce qu'aujourd'hui on s'achemine lentement vers une réhabilitation de Nietzsche, je dirais que se réclamer de lui est aujourd'hui très signifiant. C'est faire sien le mythe du surhomme, donc d'un côté c'est très émancipateur, mais de l'autre c'est cultiver un certain nombre de caractères assimilés à des vertus (au sens machiavélien du terme) comme l'orgueil, la virilité, l'inflexibilité, ou encore la négation de toute morale. Le rapport à l'autre est donc franchement conditionné par une tendance à la fatuité, précisément parce que le postulat de base est que les hommes ne sont pas sur un pied d'égalité: les uns sont médiocres et les autres sont supérieurs.
Autrement dit, de mon point de vue, la philosophie nietzschéenne est une machine à produire des sociopathes. |
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