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NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée

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Pertinax
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 8 Oct 2007 - 18:26

Comme je le dis plus haut sur ce fil, il est vraisemblable que Nietzsche était antisémite et qu’il voyait le christianisme comme une continuation et une expansion du judaïsme sacerdotal, sans aucune forme de rupture (erreur fatale et lourde de conséquences). C’est pourquoi un nietzschéen néo-païen de ce forum peut encore considérer le christianisme comme une « religion sémite », alors qu’il s’agit d’une création essentiellement européenne dans ses fondements théologiques. Mais peut lui chaut, puisque les religions ne sont pour lui que l’expression d’un particularisme identitaire, culturel et biologique. Maintenant, que Soral soit nietzschéen parce qu’il accorde trop d’importance aux juifs, je ne le crois pas ; c’est la société française qui est judéomane et éventuellement l'antisémite néo-païen qui voit l’église catholique comme une succursale de la synagogue [ce qu’elle est aussi parfois, hélas !, j’en conviens], mais pas Soral qui lui justement évite la paranoïa judéo-centrée. Et, bien sûr, parler d’américano-sionisme (ou d’entité) n’a rien de conspirationniste. Au contraire… Penser qu'une minorité juive exerce un pouvoir démesuré et participe au terrorisme occidental (nouvel ordre mondial, économique et militaire) n’induit pas à l’idée de complot. Un certain pouvoir juif s’exerce au grand jour ; il est tellement visible qu’il crève les yeux. Et surtout il est tabou. Soral met (un peu) les pieds dans le plat ; c’est tout. Il n’attribue pas du tout aux juifs des « capacités et attributs extraordinaires ». Si c’était le cas, croyez bien qu’il serait courtisé par les médias et qu’il n’aurait pas été diffamé, agressé, traîné en justice…

Et puis si les nietzschéens combattent toutes les transcendances (c’est moins vrai pour Nietzsche lui-même qui est très paradoxal), ce n’est pas le cas de Soral qui cherche (assez confusément) une forme de spiritualité analogique, encore indécidable, à son socialisme et son nationalisme exacerbés. Mais marxisme et christianisme ne sont pas incompatibles. Lisez Lukacs (sur Nietzsche précisément)…

D'accord avec le post de Accurse (17h54) mais ça ne concerne pas Soral.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 8 Oct 2007 - 19:27

Pertinax a écrit:
Un certain pouvoir juif s’exerce au grand jour ; il est tellement visible qu’il crève les yeux.


Je ne sais pas. Disons que je manque de statistiques pour me forger une opinion. J'ai peur que ce soit encore une manifestation de l'anecdotisme ambiant.
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l'Omnivore Sobriquet a écrit:
23 procès aux fesses en trois ans pour Dieudonné, pour crime de moquerie des piliers dudit pouvoir.
Voilà Accurse pour tes statistiques ! Merci de ne pas polluer le sujet de ce fil...


Qu'il y a inégalité de traitement entre les juifs et les musulmans par exemple, ça ne fait pas l'ombre d'un doute. Les caricatures du prophète rappellent de manière plutôt nauséabonde les illustrations antisémites d'avant-guerre, et pourtant ça n'émeut pas davantage l'opinion.

Mais cela dit, c'est selon moi à mettre au débit d'une sorte de sentiment de culpabilité qu'entretiennent les français à l'endroit des juifs, moins qu'à une éventuelle domination juive sur les institutions.
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Thundaar
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 8 Oct 2007 - 23:31

Pertinax a écrit:
Comme je le dis plus haut sur ce fil, il est vraisemblable que Nietzsche était antisémite et qu’il voyait le christianisme comme une continuation et une expansion du judaïsme sacerdotal, sans aucune forme de rupture (erreur fatale et lourde de conséquences). C’est pourquoi un nietzschéen néo-païen de ce forum peut encore considérer le christianisme comme une « religion sémite », alors qu’il s’agit d’une création essentiellement européenne dans ses fondements théologiques. Mais peut lui chaut, puisque les religions ne sont pour lui que l’expression d’un particularisme identitaire, culturel et biologique. Maintenant, que Soral soit nietzschéen parce qu’il accorde trop d’importance aux juifs, je ne le crois pas ; c’est la société française qui est judéomane et éventuellement l'antisémite néo-païen qui voit l’église catholique comme une succursale de la synagogue [ce qu’elle est aussi parfois, hélas !, j’en conviens], mais pas Soral qui lui justement évite la paranoïa judéo-centrée. Et, bien sûr, parler d’américano-sionisme (ou d’entité) n’a rien de conspirationniste. Au contraire… Penser qu'une minorité juive exerce un pouvoir démesuré et participe au terrorisme occidental (nouvel ordre mondial, économique et militaire) n’induit pas à l’idée de complot. Un certain pouvoir juif s’exerce au grand jour ; il est tellement visible qu’il crève les yeux. Et surtout il est tabou. Soral met (un peu) les pieds dans le plat ; c’est tout. Il n’attribue pas du tout aux juifs des « capacités et attributs extraordinaires ». Si c’était le cas, croyez bien qu’il serait courtisé par les médias et qu’il n’aurait pas été diffamé, agressé, traîné en justice…

Et puis si les nietzschéens combattent toutes les transcendances (c’est moins vrai pour Nietzsche lui-même qui est très paradoxal), ce n’est pas le cas de Soral qui cherche (assez confusément) une forme de spiritualité analogique, encore indécidable, à son socialisme et son nationalisme exacerbés. Mais marxisme et christianisme ne sont pas incompatibles. Lisez Lukacs (sur Nietzsche précisément)…

D'accord avec le post de Accurse (17h54) mais ça ne concerne pas Soral.


Comme Voltaire, qu'il admirait, Nietzsche était à la fois antisémite et philosémite, antisémite par antichristianisme, antichrétien par antisémitisme, mais aussi philosémite/judéophile par antichristianisme et par haine de la judéophobie chrétienne en général. C'est donc un peu plus compliqué que ce que tu présentes.

Je précise cependant que le marcionisme idéologique faisant du christianisme par rapport à un judaïsme un élément de rupture, avec parallèlement une vague européanisation spirituelle (ce que pensait aussi un Barrès), ne correspond pas à des réalités historiques. Paul a tenté d'hybrider son christianisme, de le mâtiner d'un soupçon de récupération des mythes païens les moins nobles (dionysiens, cybéliens... etc) pour abuser les gogos, mais cela reste une doctrine aux fondements proprement étrangers à l'Europe, et notamment la coupure avec la lien sacré avec la terre-mère. N'oublions pas qu'à l'origine Europê n'est qu'une épiclèse de Dêmêtêr... Malgré le culte d'une Marie démétrienne, avatar décrépi de l'épouse de Zeus, les valeurs de celle-ci n'ont rien de commun avec celles des Européens. Dêmêtêr est certes la déesse nourricière mais elle est aussi la déesse des saisons, et donc de l'hiver. On pourrait même dire qu'elle est la déesse de la sélection naturelle, donc de l'élévation.

Pour prendre un passage du film 300, Xerxès dit à Ephialtès le traître physiquement dégénéré: "l'infame Léonidas t'a demandé de te lever alors que je ne te demande que de t'agenouiller".
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Ritoyenne a écrit:
Et la marmote .. elle est philosémite la marmote ?


Je crois qu'elle est asémite, en clair qu'elle s'en tape...


Dernière édition par le Lun 8 Oct 2007 - 23:37, édité 1 fois
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Pertinax
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 9 Oct 2007 - 0:30

Mais je suis d’accord Thundaar, Nietzsche était antisémite et philosémite ; c’est d’ailleurs ce binôme qui fait – transposé dans notre société contemporaine – les judéomanes (dénoncés à juste titre par Robin). C’est pourquoi je parle d’une erreur lourde de conséquences.

Etre antisémite par antichristianisme, c’est ne pas voir la rupture produite par le christianisme. Je dis bien rupture. On pourrait dire aussi retournement, conversio, mais en langage nietzschéen c’est la haine juive qui devient amour chrétien. C’est pourquoi j’ai parlé de rupture, comme André Paul (« Jésus Christ, la rupture »). Pour un juif qui devient chrétien, c’est certainement autant un retournement qu’une rupture, mais la rupture est effective. C’est un fait ; le juif cesse d’être juif (ou alors il n’y a pas conversion réelle).

Etre antichrétien par antisémitisme, c’est absurde puisque les chrétiens sont majoritairement des goyim, et que les Européens ne sont pas des sémites. Et être philosémite (ou judéophile) par antichristianisme et haine de la judéophobie chrétienne procède de la même confusion ; ce que Nietzsche hait dans le chrétien, c’est le juif (que le chrétien n’est pas). Et ce qu’il aime dans le juif, c’est le surhomme (dont il rêve pour l’Europe de demain). Dans les deux cas, un fantasme judéomane.

Nietzsche n’avait que des connaissances très approximatives sur l’histoire du peuple juif et des religions. Des recherches récentes l’ont démontré. Mais c’est un auteur indispensable pour comprendre notre époque, j’en suis persuadé.

PS : Merci d'en rester à Nietzsche. Et ne pas polluer le fil par des digressions


Dernière édition par le Mar 9 Oct 2007 - 3:12, édité 2 fois
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Thundaar
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 9 Oct 2007 - 0:40

Citation:
Etre antisémite par antichristianisme, c’est ne pas voir la rupture produite par le christianisme. Je dis bien rupture.


"Je ne suis pas venu pour abolir"... disait Yeshua lui-même. Rupture ? La rupture c'est Saül qui l'introduit, avec sa religion métissée, cet avorton de Yahweh (il rappelle Sarkozy)... une rupture oui puisque inversion de toutes les valeurs. Non pas conuersio, mais bien inuersio.


Citation:
Pour un juif qui devient chrétien, c’est certainement autant un retournement qu’une rupture


Pas pour les premiers chrétiens, les fameux judéo-chrétiens, qui y voyaient une continuité et non une rupture. Yeshua, le nouveau Yehuda "Macchabée", comme lui descendant de David, ici par Yosef son père. INRI c'est à dire littéralement Jésus de Nazareth, roi des Juifs, roi littéralement par droit du sang supposé. Ce n'est que dans les évangiles, transformés à maintes reprises (on trouve des incohérences, comme dans Mathieu, où l'auteur s'emmerde à donner toute la généalogie de Joseph pour ensuite dire qu'il n'est pas le père de Jésus... absurde, mais qui s'explique par diverses strates rajoutées sur le texte original), qu'on nie la paternité de celui-ci.

Citation:
, mais la rupture est effective. C’est un fait ; le juif cesse d’être juif (ou alors il n’y a pas conversion réelle).


Mais ce n'est pas le cas, ce ne le devint qu'avec l'afflux d'ex-païens et pas avant. Le judéo-chrétien était un "überjude", puisque c'était un juif qui avait accueilli le messie attendu.

Citation:
Etre antichrétien par antisémitisme, c’est absurde puisque les chrétiens sont majoritairement des goyim, et que les Européens ne sont pas des sémites.


Le rejet du christianisme pour sa simple origine peut être logique. Renan l'explique dans "Marc-Aurèle". Pour certains, l'origine suffit à caractériser une religion, qui est alors une forme d'impérialisme spirituel, quand bien même il serait au final défendu par des Européens.

Citation:
Et être philosémite (ou judéophile) par antichristianisme et haine de la judéophobie chrétienne procède de la même confusion ; ce que Nietzsche hait dans le chrétien, c’est le juif qu’il n’est pas. Et ce qu’il aime dans le juif, c’est le surhomme dont il rêve pour l’Europe de demain. Dans les deux cas, un fantasme judéomane.


L'empereur Julien a au contraire démontré il me semble le bien fondé de ce positionnement. L'ennemi c'est l'apatride, celui qui n'est ni juif ni grec. Aussi Juifs et Grecs avaient un intérêt commun à travailler de concert afin d'étouffer le petit métis "christianisme" dans son berceau. Ce que Nietzsche hait, comme Rutilius Namatianus, c'est le juif en tant qu'empêcheur de romaniser tranquillement, c'est l'intrusion du monothéisme dans la païenne sacrée, c'est la ruine du monde antique. Le sermon de "Jean" dans l'Apocalypse rappelle les vociférations prophétiques des massacrés de Betar ou de Massada contre les Romains.
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Pertinax
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 9 Oct 2007 - 1:43

Ta notion de « religion métissée » n’a strictement aucun sens. Des populations peuvent se métisser, pas des religions. Toujours la même confusion, le même déterminisme introduit dans la vie spirituelle ; et après tu critiques le marxisme. Si encore ton matérialisme était dialectique… Tu dis que « l’origine suffit à caractériser une religion », mais dans quel sens (de haut en bas ou de bas en haut) ? Je croyais que l’origine de(s) dieu(x) était… divine. A moins que la phrénologie et la génétique soient des indicateurs théurgiques. Enfin, je suis ravi d’apprendre que le christianisme est un « petit métis » (pouah, quelle horreur !), que « les Juifs et les Grecs avaient un intérêt commun » (comme aujourd’hui nous explique Guillaume Faye dans son dernier livre, tiens donc).

Bon, à part ça, rien de nouveau. Il me semble avoir déjà lu ces réponses sur d’autres fils. Heureusement que Nietzsche nous sollicite au-delà de ce débat stérile. Nietzsche – pour en revenir à lui – ne s’est pas vraiment sorti de son antisémitisme/philosémitisme. Mais c’est parce qu’il ne l'a pas voulu, qu’il se complaisait dans le paradoxal. A nous de chercher (chez lui, contre lui) la cohérence et la systématicité là où elle se trouve, et elle existe. J’ai déjà fourni des indices…
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 9 Oct 2007 - 8:44

Thundaar a écrit:

"Je ne suis pas venu pour abolir"... disait Yeshua lui-même.

"... mais pour accomplir."
C'est bien une rupture... de l'Attente. Comme on rompt un jeûne quoi. Enfin, les mots...
Bizarre aussi, cette manie qu'on retrouve chez tous les cathophobes de faire fixette sur Saül, ou Paul, qui aurait "tout fait". Il y avait saint Pierre aussi, qui a fondé l'Eglise de Rome, par exemple. Saint Luc lui rédigeait son Evangile, la plus tardive, mais non, ça compte pas... Jean-Pierre Petit, Thundaar, systématiquement, fixette sur "Saül". Qui a "tout manigancé." Jésus, roi de France, s'appelle "'Yeshua" chez vous...
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 9 Oct 2007 - 15:49

Citation:
Ta notion de « religion métissée » n’a strictement aucun sens. Des populations peuvent se métisser, pas des religions.


C'est dans le sens métaphorique du terme qu'il faut le comprendre. Il s'agit d'un "métissage" civilisationnel, d'une hybridation entre deux éléments contradictoires, fondamentalement opposés. Le résultat était profondément indigeste. Comme le métis qui peut en vouloir aux deux races de ses géniteurs, le christianisme haïssait le paganisme et le judaïsme, alors qu'il était à sa manière une fusion des deux. La comparaison sémantique me paraît donc parfaitement adaptée.

Citation:
Je croyais que l’origine de(s) dieu(x) était… divine.


La différence entre le polythéisme et le monothéisme, c'est que le premier ne falsifie pas l'histoire pour se prétendre vérité et en ne reposant pas sur l'histoire, il ne peut subir la critique de l'historien. On pourra toujours démontrer que Zeus vient de Dyeus, que Dyeus désigne le dieu du ciel diurne, et ? On ne démontrera pas son existence ou son inexistence par l'histoire. En revanche, le monothéisme est un concept daté, une invention humaine attestable. On est passé du polythéisme au monothéisme, donc il y a une intervention humaine indéniable. C'est en ce sens que le polythéisme n'est ni vrai ni faux, il est indémontrable, alors que les monothéismes abrahamiques sont simplement faux.

Citation:
Enfin, je suis ravi d’apprendre que le christianisme est un « petit métis » (pouah, quelle horreur !), que « les Juifs et les Grecs avaient un intérêt commun » (comme aujourd’hui nous explique Guillaume Faye dans son dernier livre, tiens donc).


Cet intérêt commun, l'histoire l'a prouvé. Julien a même tenté de faire rebâtir le Temple à Jérusalem. Il s'agissait donc d'une alliance objective puisque païens et juifs étaient victimes de la même haine chrétienne.

Citation:
Bizarre aussi, cette manie qu'on retrouve chez tous les cathophobes de faire fixette sur Saül, ou Paul, qui aurait "tout fait". Il y avait saint Pierre aussi, qui a fondé l'Eglise de Rome, par exemple.


Pierre n'a rien fondé. C'est une invention du pape à partir du VIème siècle de notre ère qui a prétendu que Rome était prédestinée à abriter une Eglise. Cela n'a pas plus de valeur que la fausse "donation de Constantin". En fait le "pape" n'était que l'évêque de Rome et rien de plus... "Tu es Pierre et sur cette pierre tu bâtiras mon église" est une invention pure et simple, rien d'historique. Ajoutons que Pierre voulait que les ex-païens passent par une conversion au judaïsme avant de devenir chrétiens... son prosélytisme était donc très faible. A la différence de Saül, le véritable fondateur puisque c'est lui qui a réellement universalisé le judaïsme réformé de Yeshua, en le déjudaïsant partiellement à des fins prosélytes. Il faut savoir cependant qu'au IVème siècle, l'expression Halleluyah (gloire à Yahweh) fut rendue obligatoire par l'Eglise.

Citation:
Saint Luc lui rédigeait son Evangile, la plus tardive, mais non, ça compte pas...


Là encore, rien ne prouve que les auteurs à qui on attribue les évangiles soient les vrais. En fait, à part les écrits de Paul, on est quasi sûr qu'il s'agit de textes apocryphes choisis arbitrairement, et systématisés lors du concile de Nicée de 325. L'apocalypse de Jean de la même façon n'a jamais été écrit par un compagnon de Jésus... Il faut savoir critiquer historiquement les ouvrages qu'on peut lire, la Bible n'y fait pas exception.

Sur l'Ancien Testament, lire "La Bible dévoilée". Ainsi Abraham, Moïse, Salomon et David retrouvent leur vraie place, des personnages de fiction.

Citation:
Jésus, roi de France, s'appelle "'Yeshua" chez vous...


Son vrai nom était Yeshua ben Yosef min-Netzeret en hébreu. Et j'ai tendance à appeler les gens par leur vrai nom... et pas en version hellénisée.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 9 Oct 2007 - 16:19

Lestat a écrit:
Thundaar a écrit:
En fait, à part les écrits de Paul, on est quasi sûr qu'il s'agit de textes apocryphes choisis arbitrairement, et systématisés lors du concile de Nicée de 325.

Pas forcément, dans l’Epitre aux tessaloniciens de Paul les Versets 14 à 16 ont très bien pu être rajoutés.


Oui mais il y a davantage de doute. On peut ceci dit considérer le nouveau testament de manière très sceptique dans son ensemble. La compilation actuelle date du IVème siècle de notre ère.
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l'Omnivore Sobriquet a écrit:
Thundaar, tes sources toutes réfutées : http://www.tektonics.org/
Et les thèses qui vont avec aussi, bien sûr.

Tu me sors un site bigot que tu as dû trouver lors de tes pérégrinations internétiques. Depuis quand les chrétiens fondamentalistes sont objectifs quand on parle de leur religion et qu'on met leur mythologie de bazar à bas ?

A quand un article de Penthouse pour tenter de me réfuter !?
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Pertinax
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 16 Oct 2007 - 8:22

Dans son livre « La Destruction de la raison », Georges Lukacs démontre que le nietzschéisme sous toutes ses formes est une apologie de la bourgeoisie, y compris dans son fantasme aristocratique, et quelques soient ses avatars : bourgeoisie impérialiste du temps de Nietzsche, pro-américaine (« la déconstruction, c’est l’Amérique » dit Derrida), post-soixante-huitarde à la Deleuze et Foucault, libérale-libertaire, libérale-sécuritaire, sioniste, parasitaire.

« Désormais, il ne s’agissait plus de savoir si tel ou tel théorème est vrai, mais s’il était utile ou nuisible au capital. » (Karl Marx)

Nietzsche est devenu un moule à partir duquel on peut fabriquer n’importe quel penseur à la mode. L’essor donné à la philosophie par la Révolution française a donné naissance à un irrationalisme philosophique, contrepartie du réalisme dialectique, et après l’échec de la Révolution de 1848, cette même idéologie a produit en la personne de Nietzsche son représentant le plus imité et le plus lu.

Pour Lukacs, toute philosophie est déterminée, dans son contenu et dans sa méthode, par les luttes de classe de son temps. Nietzsche peut selon lui, satisfaire les instincts de rébellion d’une catégorie d’intellectuels parasitaires avec une rhétorique d’apparence hyper-révolutionnaire. « Le sens raffiné des nuances et l’hypersensibilité d’esthète exigeant se mêlent parfois à une brutalité soudaine, souvent hystérique, qui caractérise toutes les formes de décadence. » Ensuite, un profond mécontentement face à la culture actuelle, un « malaise dans la culture » qui pousse à la révolte, révolte qui ne saurait en aucun cas amener le « rebelle » à abandonner ses privilèges de parasite. Enfin la décadence de la classe bourgeoise est telle qu’elle en modifie le jugement subjectif que la bourgeoisie porte sur son propre déclin. Les illusions progressistes n’ont plus cours ; désormais, à part les hallucinés du libéralisme (très nombreux), nous avons de plus en plus conscience – depuis Nietzsche – d’être décadents. D’où le relativisme, pessimisme, nihilisme ambiants … mais aussi toujours complaisants, narcissiques et ludiques. Comme si en fin de compte, nous aimions notre état de décadence.

Tout en reconnaissant que la décadence constitue le phénomène principal de l’histoire bourgeoise de son temps, Nietzsche tente de chercher par quel moyen elle pourrait se dépasser elle-même. La tâche sociale à laquelle répond la philosophie de Nietzsche – et celle de ses continuateurs ou imitateurs jusqu’à nos jours – consiste à rendre superflue toute rupture radicale. Ou comment sauvegarder et même renforcer la douce sensation morale d’être un rebelle, en opposant de façon séduisante la révolution sociale « superficielle » et « extérieure » à une révolution « plus profonde », « cosmique et biologique » mais qui maintient comme par hasard tous les privilèges de la classe possédante et parasitaire.

La voie que montre Nietzsche ne sort pas des limites de la décadence, mais cette décadence, de par une nouvelle prise de conscience, apparaît sous un jour nouveau. C’est en effet dans la décadence même que se cachent les germes féconds d’un renouveau réel et radical de l’humanité. La politique apparaissant toujours comme un horizon abstrait et lointain, un simple décor. La « transmutation de toutes les valeurs » va permettre de faire l’économie de la révolution en se donnant une posture d’hyper-révolutionnaire, ce qui flatte notre ego de petit bourgeois.

Quant à l’aphorisme, c’est une forme littéraire bien utile qui permet toutes les variations au long de l’influence exercée par Nietzsche jusqu’à nos jours. Lorsqu’une nouvelle interprétation de Nietzsche est devenue socialement nécessaire, comme par exemple pour justifier aujourd’hui l’ultralibéralisme ou le sionisme, on ne trouvera pas dans sa pensée d’obstacle à un remodelage de son contenu. Puisque la fin de l’idée de système permet de repousser toute « vérité » comme un dogme insupportable. Le relativisme et l’agnosticisme débridés de notre début de XXIe s conviennent parfaitement à la fois au capitalisme et à la popularité de Nietzsche.

Combien de petits nietzschéens du forum, de « maniéristes désespérés » se reconnaîtront en lisant ce post ? A commencer par moi. Vachement pratique d’être subversif derrière un écran. Tellement confortable d’être un insoumis du net. J’envie ceux qui ont dépassé les mille posts ; ils ont vu la lumière.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 16 Oct 2007 - 11:19

je cherchais depuis toujours une formulation de ce qui me fait viscéralement haïr Nietzsche. c'est trouvé. merci.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mer 17 Oct 2007 - 16:58

Pertinax a écrit:
Dans son livre « La Destruction de la raison », Georges Lukacs démontre que le nietzschéisme sous toutes ses formes est une apologie de la bourgeoisie, y compris dans son fantasme aristocratique, et quelques soient ses avatars : (…)

Pour Lukacs, toute philosophie est déterminée, dans son contenu et dans sa méthode, par les luttes de classe de son temps. Nietzsche peut selon lui, satisfaire les instincts de rébellion d’une catégorie d’intellectuels parasitaires avec une rhétorique d’apparence hyper-révolutionnaire.

Dans ses ouvrages, le super Nietzschéen païen Robert Dun (1920-2002) démontre parfaitement que Nietzsche ne peut sûrement pas été compris par des « intellectuels » – que leurs avis ou interprétations sont sujet à édulcorations caution… – surtout s’ils sont marxistes progressistes… En partie du fait que ces derniers restent idéologiquement des héritiers (laïcisés) des « religions du désert » (Judaïsme, Christianisme, etc.)… et dont une grande partie de la philosophie de Nietzsche consiste à pourfendre…

Par ailleurs il ne faut pas oublier que Nietzsche (1844-1900) est mort intellectuellement (suite probablement à un empoisonnement) à l’âge de 44 ans (fin 1888) – ce qui est très jeune pour un philosophe (surtout de ce niveau) – juste au moment où sa philosophie commençait à prendre un virage trop géneant pour certains radical (voire vraiment hyper-"révolutionnaire")...

Pertinax a écrit:
Quant à l’aphorisme, c’est une forme littéraire bien utile qui permet toutes les variations au long de l’influence exercée par Nietzsche jusqu’à nos jours. (…)
Le relativisme et l’agnosticisme débridés de notre début de XXIe s conviennent parfaitement à la fois au capitalisme et à la popularité de Nietzsche.

La vérité c’est surtout que le propre de la modernité (et de la société de consommation) c’est d’être tellement puissant (ou corrosif) qu’elle arrive même à récupérer (ou à commercialiser) sa propre critique !... moyennement deux ou trois pseudos interprétations (ou "aversissements" dans les longues "Préfaces" écrites par) des "intellectuels" modernes, voire falsifications, s'il le faut…

Par ailleurs ainsi que l'a parfaitement montré Rober Dun (1920-2002) dans ses ouvrages et articles (lui qui a fait une traduction commentée de Ainsi Parlait Zarathoustra) – et ce qu’ignore totalement le grand publique – les traductions des ouvrages de Nietzsche (à l'origine écrits en Allemand) sont souvent tronquées… au mieux édulcorées… **

** Un peu comme celles de certains ouvrages religieux… (Bible, Coran, Talmud, etc.)

Enfin, pour l’usage (anti-système) de l’aphorisme Nietzschéen, voir les citations (dans « Partie 3° (en début) » ) au 1er commentaire que j’ai fait ici :
http://www.paris4philo.org/article-12222851-6.html#anchorComment

La suite des réponses au post de Pertinax, prochainement.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Jeu 18 Oct 2007 - 6:42

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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Jeu 18 Oct 2007 - 8:38

Citation:
Après Voltaire accusé d'antisémitisme prénazi, Robespierre = Hitler, voilà Nietzsche en prophète du IIIe Reich... Pincez-moi, on est bien sur ce forum au tribunal des flagrants délires ? Y aurait bien des questions plus brûlantes en Hexagonie 2007, mais non, certains n'ont pas compris que le nazisme est mort en même temps qu'Hitler, en 1945.



Il me semble que pour savoir ou l'on va, il faut savoir d'ou l'on vient. En ce qui concerne les rapports entre Nietzsche et le nazisme, un tel debat n'est pas nouveau, et n'est pas forcement depourvu d'interet.
On peut plutot regretter que tout le monde se focalise sur une seule periode de l'histoire en oubliant les autres. Mais je ne pense pas que la connaissance ou l'etude historique puisse etre un mal en soi.
Sur le nazisme, il faut quand meme dire qu'il y a des raisons: en Europe, tout le monde a ete touche, puisque presque toute l'Europe a ete envahie.
Combien d'evenements ont a ce point determine l'histoire du continent, ces derniers siecles, a part la Révolution française?
Et le nazisme a remis en cause l'idée que les Européens se faisaient d'eux-mêmes.
Après, on peut regretter que tout le monde se focalise uniquement sur cette époque, en oubliant les autres époques. C'est une autre question: oubli essentiel de ce que fut la Chrétienté, de ce que fut le Moyen Âge (cet oubli date d'ailleurs du XVIIème siècle, on redécouvrit le Moyen Âge au XIXème siècle), falsifications diverses de l'histoire, et, en fait, falsifications successives. Aujourd'hui, il devient impossible de parler de la grandeur des croisades, et de ce qu'elles pouvaient avoir de justifié, tout cela, bien sûr, pour des prétextes qui sont loin d'être désintéressés.

Il serait intéressant d'étudier ces falsifications successives: falsification sur le Moyen Âge qui commence au XVIIème siècle, et va au moins jusqu'aux travaux de Régine Pernoud. Falsification sur la Révolution française, orchestrée par la République (on y est encore). Double falsification successive sur les rapports de l'Europe avec l'Islam: d'abord; une occultation de l'apport; des apports de la civilisation musulmane, puis, maintenant, présentation idyllique, mais au détriment de la Chrétienté. Et on pourrait trouver bien d'autres exemples. On se moque des staliniens qui réécrivaient l'histoire en effaçant les personnages des photos, mais le reste de l'histoire européenne a-t-il vraiment été écrit différemment?
Parmi ces falsifications que Guénon a mentionné, il y a l'invention de l'imprimerie, présentée comme une invention du XVIème siècle, alors qu'elle était connue en Chine avant Jésus Christ. Et Guénon rappelait que l'histoire réelle pourrait être très dangereuses pour certains intérêts politiques. Malheureusement, si il y a un domaine que les "génoniens" auto-proclamés ont bien peu approfondi, c'est celui-là: le seul auteur guénonien à avoir fait un travail sérieux est Denys Roman. Son livre René Guénon et les destins de la Franc-Maçonnerie peut donner une idée d'une toute autre histoire de l'Europe, et qui est une histoire maçonnique. Evidemment, les anti-maçons catholiques et les maçons modernistes n'y retrouveront pas leur compte, de sorte que ce livre est occulté, c'est à dire volontairement ignoré, comme bien d'autres.
Sur les origines du fascisme, Guénon a signalé la possibilité d'une origine maçonnique, ce que quelqu'un ici a interprété comme un financement, comme si on pouvait confondre la création d'un mouvement, et son financement ultérieur! Mais cette origine du fascisme n'était évidemment pas mentionnée dans un dictionnaire assez récent, consacré à la FM.
Et l'on comprend que les origines du nazisme constituent encore une énigme inextricable.

Ceci dit, on peut faire des hypothèses, et l'hypothèse maçonnique est suggérée par ce que Guénon a dit du fascisme. Après, il était possible d'utiliser la pensée déformée de Nietzsche: il ne faut pas oublier que de nombreux soldats allemands emportaient Ainsi parlait Zarathoustra sur le front en 14-18, donc, la pensée allemande était imprégnée par Nietzsche. Ensuite, on peut voir comment cette pensée a été déformée.
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MessageSujet: illusions à balayer   Ven 19 Oct 2007 - 13:38

Pertinax a écrit:
Tout en reconnaissant que la décadence constitue le phénomène principal de l’histoire bourgeoise de son temps, Nietzsche tente de chercher par quel moyen elle pourrait se dépasser elle-même. La tâche sociale à laquelle répond la philosophie de Nietzsche – et celle de ses continuateurs ou imitateurs jusqu’à nos jours – consiste à rendre superflue toute rupture radicale.

A ce sujet, le païen Nietzschéen Robert Dun (1920-2002) reprend très souvent cette phrase de Nietzsche (1844-1900) dans ses ouvrages comme dans UNE VIE DE COMBAT (2000) – qui rassemble quelques 130 articles publiés dans des revues de 1972 à 1999 – dans l’article (publié dans la revue L’Or Vert, Février 1972),
« IL NE FAUT PAS ESPÉRER QUE… », p. 13 :
Robert Dun a écrit:
C’est pourquoi il ne faut pas espérer que notre civilisation se ressaisisse in extremis. Il ne faut même pas le souhaiter : « Ce qui veut tomber, il ne faut pas le retenir, il faut le pousser ».

+ au début de « MISES AU POINT URGENTES » (Le courrier du continent, 1991), p. 99 :
Robert Dun a écrit:
La roue de l’histoire tourne en accélérant. Cela signifie pour nous que les ultimes batailles sont proches et qu’il est plus que temps d’acquérir une parfaite lucidité, car nous ne pouvons plus nous permettre de nous tromper d’ennemi et de nous laisser diviser par de faux problèmes.

La première illusion à balayer est celle de la prise du pouvoir.
Nous ne prendrons jamais le pouvoir en France, ni en Suisse, ni en Allemagne, ni en Italie, ni en Espagne. (1)

Or l’illusion d’une prise du pouvoir n’est pas seulement un gaspillage de forces par mauvaise orientation, gaspillage que je dénonce depuis plus de vingt ans. C’est aussi un facteur de division par rivalité de chefs qui ont en commun une naïve surestimation d’eux-mêmes.

L’attente du chef charismatique qui mettra tout le monde derrière lui est à mettre dans le même sac que le retour du Messie et procède de la même démission face à notre propre responsabilité.

Je ne cesse de répéter, pour la plupart en vain : l’âge des Führer est révolu.

Nous sommes à l’âge missionnaire qui doit suivre toute grande prophétie. Chacun de nous a le devoir de devenir missionnaire. Mais cela exige de se cultiver, de lire et de réfléchir beaucoup, de développer son élocution et ses capacités de discussion calme et efficace. Cela exige donc de connaître d’adversaire. C’est certes plus pénible que d’attendre l’apparition d’un problématique chef charismatique et même de vendre des journaux, de coller des affiches et tenir des meetings.

+ dans l’article « MA “GRANDE PEUR DE L’AN DEUX MILLE” », de la partie « L’IMPASSE CULTURELLE » (L’homme libre, Septembre 1991), p. 144 :
Robert Dun a écrit:
[Aussi sûrement que l'on reconnaît l'arbre à ses fruits] Nous assistons à la phase finale de l’échec total de toute la philosophie judéo-chrétienne, tant dans sa version religieuse que dans sa version athée, tant au plan culturel qu’économique et politique.

Étre révolutionnaire de nos jours, ce n’est pas seulement vouloir un changement socio-politique. C’est surtout savoir qu’il n’y a plus de solution pré-catastrophique, qu’il n’y a rien à attendre d’aucune idéologie, d’aucune proposition autorisée par le système, qu’il ne faut plus compter sur l’école pour instruire nos enfants, que l’appareil médiatique, tout autant que le politique, ne peut compter que des carpettes des lobbies, complices même à travers leurs infectes chamailleries, (…),
que tout ce sur quoi on feint de nous informer est en fait un système qui consiste à nous détourner ou distraire des vraies questions nous faire raisonner sur des problèmes dont les données sont falsifiées, une comédie montée pour nous faire croire que c’est nous qui nous trompons lors de nos choix électoraux, alors que tous les candidats sont complices pour taire et falsifier les données fondamentales des plus graves problèmes.

(1) (EDIT) = l’opinion/analyse de l'Indo-Européiste Boris Le Lay :
http://borislelay.blogspot.com/2008/01/les-infrquentables.html (31/1/8) :
Citation:
(...) c'est précisément le drame des nationalistes que de sombrer par trop souvent dans l'idéalisme confortable : le peuple est berné, mais à la suite d'une campagne d'information, il "saura". Et en conséquence apportera t'il son suffrage aux très sérieux gens investis dans le "nationalisme".

Ces châteaux en Espagne occupent de très nombreux esprits. Ils ne comprennent guère qu'à l'heure de Star Académy, de Carla Bruni et de la baise CGT-Wall Street, rien du monde d'hier ne subsistent, pas même un "sentiment national", d'autant plus flou si on évoque la question nationale française. Si complexe d'ailleurs que certains ne savent plus s'ils sont européens, français, corses ou racistes blancs.

Pour nous qui n'escomptons absolument aucune victoire électorale pour la bonne et simple raison que l'histoire de la décadence de l'Europe occidentale est le fait d'une volonté des peuples concernés, il nous paraît précisément tout à fait irrationnel et naïf que d'espérer conquérir une masse d'individus absolument plus coagulés par aucune croyance : ni idéologie, ni patriotisme, ni foi. Tout au plus l'agitation d'un drapeau à trois couleurs pour les matchs de foot ou de Rugby ou les acteurs du tertiaire communient avec les artisans du bâtiment dans une même farce télévisée dont le seul et unique objet est d'offrir 15 minutes de publicité pour le profit de 10 multinationales cotées en bourse.
(…)
C'est pourquoi les "grands penseurs" à la suite de la clique bourgeoise au pouvoir qui escomptent "changer le système de l'intérieur" se leurrent ou plutôt leurrent les jeunes européens : les élections appartiennent aux démocratistes et aux financiers qui leur apportent l'appui médiatique décisif pour verrouiller ces mêmes élections.

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"Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline)
"N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)


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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Ven 19 Oct 2007 - 18:25

Voici ma dernière réponse / réaction au post de Pertinax :
Pertinax a écrit:
La voie que montre Nietzsche ne sort pas des limites de la décadence, mais cette décadence, de par une nouvelle prise de conscience, apparaît sous un jour nouveau. C’est en effet dans la décadence même que se cachent les germes féconds d’un renouveau réel et radical de l’humanité.

Complémentaire à cette analyse, Robert Dun (1920-2002) écrit aussi dans UNE VIE DE COMBAT (2000), en conclusion de l’article (publié dans la revue Militant, Mars 1993) : « QUELLE HEURE EST-IL A LA PENDULE DE L’HISTOIRE ? », p. 59 :
Robert Dun a écrit:
[Contre la dénatalité européenne des Blancs] Par bonheur nos géniaux politiciens ont veillé au grain : ils nous ont doté de millions d’immigrés, fort prolifiques, qui luttent donc contre le vieillissement de la population.

Le colonialisme n’ayant pas réussi à en faire des Français chez eux, l’intégration veut en faire des français chez nous. Génial ne trouvez-vous pas ? Et ces immigrés vont nous donner bientôt la pleine mesure de cette fraternité universelle par le mélange des ethnies, tout comme en jouissent déjà les habitants du Liban, de la Palestine, de l’Irak et de l’ex-Yougoslavie. La conclusion ? C’est la Vingt-cinquième heure.

L’espoir ? Celui qui je prêche tient en deux phrases. L’une est de Nietzsche : « Ce qui veut tomber, il ne faut pas le retenir, il faut au contraire le pousser » ; la seconde est de moi : « Seul le chaos nous rendra la liberté et seule la liberté nous permettra de rebâtir et de renaître ».

Camarades de tous âges, c’est l’ultime étape. Soyez prêts pour tout, car tout est sur le point d’arriver.

+ dans la conclusion de l’article « LA RÉVOLTE DES BANLIEUES ET LA SOCIETÉ PLURICULTURELLE » (L’homme libre, Décembre 1992), p. 176 :
Robert Dun a écrit:
Il n’y a donc plus de solution collective.

Tous les paramètres convergent à très brève échéance vers le chaos incontrôlable. Et le baratin stupide des politicards n’engendrera aucune société pluriculturelle [pacifique].

Ceux qui ne trouveront pas en eux et en leurs enfants des raisons de vouloir survivre périront.
Périrons aussi ceux qui n’auront pas su s’organiser à temps.

+ au début de la conclusion de l’article « ATHÉISME ET RELIGIOSITÉ DE NIETZSCHE » (L’homme libre, Décembre 1995), p. 270 :
Robert Dun a écrit:
Il devient de plus en plus évident que seule une destruction massive de l’espèce humaine peut éviter sa destruction totale.

Cela ce ne sont pas les païens, les nietzschéens qui l’ont voulu, ce sont les biblistes de tout poil qui l’ont rendu inévitable. (…)

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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Ven 19 Oct 2007 - 18:49

Citation:




Robert Dun a écrit:

Il devient de plus en plus évident que seule une destruction massive de l’espèce humaine peut éviter sa destruction totale.



Ach mein Führer, pardon Monsieur le Président, I have a plan!
We'll meet again, don't know when, don't know where,
But I know we'll meet again, some sunny day

Ce que je pense depuis longtemps: tout est dit dans le chef d'oeuvre de Kubrick.
Et je rappelle au Bon Docteur, qui est responsable (mais pas coupable) de ma venue sur le forum, que le vrai Docteur Folamour, c'est Kissinger.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 23 Oct 2007 - 22:48

En réponse à la critique marxiste (ou Lukacsienne) de Pertinax sur Nietzsche, il y a aussi ce passage du païen Nietzschéen Robert Dun (1920-2002) dans UNE VIE DE COMBAT (2000) de l’article (publié dans la revue L’homme libre, Mars 1998), « LE FANATISME, DRAME AIGU DE CE SIÈCLE », p. 366-367 :
Robert Dun a écrit:
Sans rien renier de Nietzsche, je reste capable de critique et de distance. Je ne partage nullement l’opinion de Nietzsche sur Bismarck.

Nietzsche ne savait à peu près rien de la politique. Il était un visionnaire des grands mouvements de l’inconscient collectif, un psychologue capable de discerner les motivations inavouées et même inconscientes dans les croyances, les idéologies, les comportements derrière les masques des bons prétextes, un homme d’un degré prodigieux de connaissance, à coup sûr un grand prophète, sans doute le plus grand de tous les temps.

Mais il n’était pas capable de jugement politique et on pourrait lui appliquer l’image de l’albatros de Baudelaire : « … exilé sur la Terre au milieu des huées, ses ailes de géant l’empêchent de marcher ».

Il a écrit des choses fort pertinentes sur les arrière-plans du socialisme mais il n’a pas perçu la justesse économique de Karl Marx ; prévisions dont notre actualité apporte la preuve concrète de justesse, cela même si les communistes actuels sont trop idiots pour en tirer les arguments et repenser le problème du socialisme.

+ dans l’article (publié dans la revue L’homme libre, Septembre 1997) :
« RÉPONSE AUX INSULTEURS ET FALSIFICATEURS », p. 346-347 :
Robert Dun a écrit:
En fait, un brouillard malsain empoisonne l’Europe depuis deux mille six cents ans. Le Sri Aurobindo Ghose a écrit un génial survol de l’histoire de l’Europe intitulé D’Héraklite à Nietzsche dans lequel il montre que la [véritable] veine spirituelle européenne a subi une occultation après Héraclite, déjà avec ces pré-chrétiens que furent Socrate, Platon et Aristote, les seuls penseurs antiques en grâce auprès des dominateurs chrétiens, alors que les pythagoriens étaient vilipendés et mis à mort.

Il faudra attendre Nietzsche pour retrouver une résurgence puissante et cohérente de l’âme européenne, bien que de nombreuses éruptions aient ébranlé le colosse judéo-romain avec Montaigne, La Fontaine, Voltaire, La Rochefoucauld, Fontenelle, Hölderlin, Schiller, Goethe, Max Stirner, Bakounine et son ami le jeune Wagner.

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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mer 24 Oct 2007 - 7:08

Citation:




Robert Dun a écrit:

En fait, un brouillard malsain empoisonne l’Europe depuis deux mille six cents ans. Le Sri Aurobindo Ghose a écrit un génial survol de l’histoire de l’Europe intitulé D’Héraklite à Nietzsche dans lequel il montre que la [véritable] veine spirituelle européenne a subi une occultation après Héraclite, déjà avec ces pré-chrétiens que furent Socrate, Platon et Aristote, les seuls penseurs antiques en grâce auprès des dominateurs chrétiens, alors que les pythagoriens étaient vilipendés et mis à mort.



Shrî Aurobindo est un auteur très important. Je ne suis pas sûr que ce soit ce texte auquel Robert Dun fait allusion, mais il y a un chapitre du livre De la Grèce à l'Inde de Shrî Aurobindo qui parle de Nietzsche et d'Héraclite.
Mais ce que Robert Dun n'envisage pas, c'est la réconciliation réelle de ces points de vue avec ceux du Judéo-christianisme, ou, pour être plus précis, avec le Judaïsme et le Christianisme, réconciliation qui parait impossible si on se limite à l'exotérisme, mais qui ne l'est pas si l'on considère l'ésotérisme, et c'est pourquoi un Kabbaliste avait dit, vers la fin du XIXème siècle qu'il y a dans la Kabbale les moyens d'une réconciliation entre les pensées sémitiques et aryennes. Je ne retrouve plus le nom de ce Kabbaliste, mais il faut préciser que c'est un Kabbaliste juif (il est nécessaire de le préciser, puisqu'il y a une Kabbale chrétienne).
Dans le contexte du XIXème siècle, il est peu probable que ce Kabbaliste n'ait pas pensé à Nietzsche.

Citation:
Il a écrit des choses fort pertinentes sur les arrière-plans du socialisme mais il n’a pas perçu la justesse économique de Karl Marx ; prévisions dont notre actualité apporte la preuve concrète de justesse, cela même si les communistes actuels sont trop idiots pour en tirer les arguments et repenser le problème du socialisme.


Très pertinent.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Ven 26 Oct 2007 - 11:50

Pour répondre aux accusations faites dans le premier post de ce fil, voici la réponse du païen Nietzschéen Robert Dun (1920-2002) dans UNE VIE DE COMBAT (2000) – livre rassemblant quelques 130 articles publiés dans des revues de 1972 à 1999 – dans l’article (publié dans la revue Élément, Juillet 1986) « AINSI PARLAIT ZARATHOUSTRA », p. 411-412 :
Robert Dun a écrit:
On a fait de Nietzsche le prophète du national-socialisme. Cela montre d’une part l’ignorance des lignes de forces de la philosophie allemande, d’autre part l’ignorance de l’œuvre de Nietzsche elle-même.

Il y a incontestablement des textes dont les divers fascismes ont pu s’inspirer. Mais le livre Au fil de l’Épée du général De Gaulle en contient aussi.

Les consignes d’Aaron aux juifs pour accomplir le génocide et l’asservissement des Chananéens sont d’une netteté et d’une précision insurpassées, sans le moindre complexe ou prudence de langage.

Et le “doux jésus” lui-même nous dit : « Ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi ».

Nous lisons dans Luc : « Et ceux qui ne veulent pas que je règne sur eux, amenez-les moi et étranglez-les devant moi ».

Quand à Paul de Tarse ( Corinthiens ), il veux que les coupables de liberté sexuelle « soient livrés à Satan pour la destruction de la chair afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur jésus ».


Quand on lit les textes sacrés des religions du désert, on y trouve d’irremplaçables perles.

Je n’ai jamais entendu dire que quelqu’un ait demandé l’interdiction de ces textes pour raison de provocation au meurtre ou de discrimination raciale.

Je n’ai jamais lu nulle part que l’Inquisition et les génocides du Nouveau Monde avaient leur source dans les deux Testaments et les Épîtres.

Alors qu’on en finisse avec des accusations stupides et malhonnêtes contre Nietzsche
.

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