| | NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée | |
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Professeur Choron Tapette bobo du tertiaire


   Age : 28 Inscrit le : 25 Oct 2007 Messages : 32 Localisation : Elsass frei !
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Dim 28 Oct 2007 - 21:50 | |
| Snake, concernant le prétendu protonazisme de Nietzsche, permets-moi de citer ici un post que j'ai fait pour au autre forum dns lequel je m'adressais à un chrétien quelque peu fondamentaliste surnommé Bann, et qui semble partager la même opinion que toi sur le grand Zarathoustra. C'est un réponse à plusieurs arguments qu'il énonçait et que l'on peut deviner en filigrande de mon post...
| Citation: | Mea Culpa, je confondais avec Ecce Homo, que j'ai lu dans une édition de poche où il était précédé par L'Antéchrist, d'où ma confusion...
Concernant L'Antéchrist, c'est un livre dans lequel Nietzsche s'attaque au christianisme en tant que système de valeurs morales. Il a parfois des mots durs à l'égard du judaïsme en tant que système de valeurs également (qu'il connaissait somme toute assez mal, comme l'ont démontré des spécialistes de son oeuvre) et en tant qu'origine historique du christianisme, mais il n'a jamais tenu de propos racistes à l'égard des Juifs. Antijudaïque certes, mais pas antisémite.
Pour comprendre l'oeuvre de Nietzsche, il faut avoir à l'idée que ce philosophe est un moraliste : toute son oeuvre est travaillée par la question des origines et fondements de la morale chrétienne, de leurs conséquences (néfastes à ses yeux) et des moyens d'y remédier (créer une nouvelle morale donc, repenser les valeurs).
Concernant toujours son oeuvre, il faut aussi avoir en tête qu'elle est fortement structurée par sa forme. Ses livres sont composés de paragraphes parfois longs et parfois aphoristiques. La contradiction est un jeu dialectique auquel il aime se livrer au sein d'un même livre, en opposant parfois certains paragraphes les uns aux autres. Ce ne sont pas de longs développement logiques hégeliens (heureusement...). Aussi peut-on y trouver de ci de là des passages bienveillants à l'égard du personnage historique de Jésus, que Nietzsche jugeait surtout trahi par ses plus immédiats disciples (un certain Paul de Tarse par exemple, pour ne pas le nommer). Et parfois Jésus s'en prend plein la tronche comme symbole absolu du christianisme !
Avec Nietzsche, ça dépend parfois de l'humeur du jour ! ^^ C'est ce qui le rend attachant, je pense...
Je reviens sur Ecce Homo également. Voici un extrait haut en couleur qui permettra à chacun d'apprécier à quel point Nietzsche tenait le peuple allemand en haute estime... La quatrième partie est assez savoureuse...
http://www.geocities.com/ireneesansdessein/Ecce_Homo/EH_3CW.html
Nietzsche était francophile et helléniste. Et il aimait à exalter ses origines polonaise (un passage d'Ecce Homo qualifie d'ailleurs les Polonais de latins...), et quand on sait en quelle piètre estime les nationalistes allemands tenaient les Slaves et en particulier les Polonais...
Pourquoi tant de polémique autour de son oeuvre ? A cause premièrement de la mésinterprétation de son oeuvre par certains naîfs (excuse-moi Bann, mais quand Nietzsche exalte la force sur la faiblesse, c'est pour toujours parler de force morale... moi-même, élève de term' à 17 ans, je l'avais compris... ). A cause deuxièmement du véritable travail de faussaire perpétré après sa mort part sa soeur, Elizabeth Forster-Nietzsche, antisémite notoire, et que le philosophe détestait en raison de ses idées étriquées.
De même, Nietzsche s'est brouillé avec Wagner parce qu'il ne supportait plus le pangermanisme et l'antisémitisme du compositeur - largement influencé par Cosima, sa peste de femme.
Sa correspondance de l'époque est très parlante sur ses idées personnelles etle jugement qu'il portait sur tous ces personnages.
Dernière chose. Imputer les idées de Nietzsche à sa folie tardive est un procès éculé. Nietzsche a vraisemblablement été victime d'une tumeur au cerveau, comme d'autres membres de sa famille avant lui (son père semble-t-il). Mais, il suffit de comparer ce qu'il a écrit avant sa crise de Turin (c'est-à-dire son oeuvre philosophique publiée) avec ce qu'il a écrit après (la dernière partie de sa correspondance) pour comprendre tout le gouffre qui sépare d'un côté une pensée forte, profonde et étayée (que l'on peut légitimement ne pas partager) et de l'autre les délires autenthiques d'un homme malade. |
Voilà ce que je pense sincèrement de Nietzsche, après l'avoir amplement lu et relu. Tu ne seras peut-être pas convaincu, mais j'espère ne pas démériter quant à mon argumentation... |
|  | | Professeur Choron Tapette bobo du tertiaire


   Age : 28 Inscrit le : 25 Oct 2007 Messages : 32 Localisation : Elsass frei !
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Dim 28 Oct 2007 - 22:34 | |
| | Snake Plissken a écrit: | | Professeur Choron a écrit: | | toute son oeuvre est travaillée par la question des origines et fondements de la morale chrétienne, de leurs conséquences (néfastes à ses yeux) et des moyens d'y remédier (créer une nouvelle morale donc, repenser les valeurs). |
ce qu'il reprochait à la morale chrétienne, c'était l'éloge du faible (comme les nazis)
| Professeur Choron a écrit: | (excuse-moi Bann, mais quand Nietzsche exalte la force sur la faiblesse, c'est pour toujours parler de force morale... moi-même, élève de term' à 17 ans, je l'avais compris... ).
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c'est démenti par les phrases tirées de son oeuvre |
"Faible" et "faiblesse" ne désignent pas les mêmes idées chez Nietzsche et les nazis. Là encore, Nietzsche fustigeait la faiblesse morale, c'est-à-dire le ressentiment que génère le christianisme.
Quelles phrase tirées de son oeuvre disent le contraire ? Très clairement, dans quels passages Nietzsche dit-il : "L'Allemagne doit diriger le monde, conquérir l'Europe de l'est pour étendre son espace vital ; les Allemands sont une race supérieure, supérieure entre autre au juifs et aux slaves, peuples dégénérés dont il faudra penser à se débarasser le moment venu" ?
En gros, voilà le programme et l'idéologie nazis, me semble-t-il (avec plein de joyeusetés à rajouter)...
Nietzsche dit-il quoi que ce soit de semblable ? si oui, où ?
Les phrases tirées de son oeuvre ? Déjà quand on isole des phrases, on peut faire passer n'importe qui pour un antisémite féroce et systématique. ... Moi ce qui m'interesse ce sont des passages longs, des paragraphes dans laquelle une pensée se développe et que l'on peut discuter.
Autre chose. Je me souviens avoir un jour lu des extraits d'un exemplaire de Mein Kampf qu'un camarade de lycée avait apporté en classe. je sui tombé sur un passage dans lequel Hitler disait qu'il voulait d'un pays dans lequel chacun trouve sa place en fonction de ses mérites, qu'il trouvait bien qu'un fils d'ouvrier devienne ingénieur, et qu'il ne trouvait rien d'infâmant à ce qu'un fils d'ingénieur devienne ouvrier.
Franchement, il suffit de lire Victor Hugo ou Jean Jaurès pour y trouver les mêmes idées. Sont-ils des précurseurs de Hitler pour autant ?
Ce n'est pas parce que Nietzsche fustigeait le christianisme comme certaines nazis (et encore : Hitler était admiratif du fonctionnement de l'Eglise catholique), que cela en fait un "protonazi", car ils ne le faisaient pas pour les mêmes raisons et dans le même but que lui.
On n'est pas responsable de la lecture délirante que certains font de vos propos 30 ans après votre mort.
Même remarque pour Marx et les cocos.
Même remarque pour Jésus et les chrétiens, tiens, d'ailleurs ! |
|  | | Ritoyenne Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 24 Inscrit le : 25 Fév 2007 Messages : 985
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Lun 29 Oct 2007 - 17:04 | |
| | Snake Plissken a écrit: | | Ritoyenne a écrit: | | Snake Plissken a écrit: | | Ritoyenne a écrit: | | Snake Plissken a écrit: | | quel intéret d'écouter onfray? |
intérêt de tes posts ? |
montrer que nietzsche était protonazi next? |
Et quelle démonstration ! Wou ! Va donc troller sur un topic sur les juifs, et ne dégueule pas tes conneries sur les miens. |
démonstration que tu a été infoutu de démentir, parce que c'est la vérité. |
Je viens de relire le thread. 1/ Ta démonstration ne tient pas debout, j'espère que tu t'en rends compte tout seul, auquel cas tu es un troll, auquel cas tu ne m'intéresses pas. Si tu ne t'en rends pas compte, alors tu es intellectuellement limité, auquel cas tu m'intéresserais si tu avais l'humilité que devraient avoir les abrutis dans ton genre. Ce qui n'est pas le cas. Donc tu ne m'intéresses pas. En bref, parler avec toi ne m'intéresse pas, tout court. 2/ Tu avoues n'avoir rien lu de Nietzsche, "juste des phrases". Tu colles quelques passages, sans rien connaitre de Nietzsche, auteur complexe s'il en est, et en conclut qu'il est "soit mauvais philosophe" (ce qui au passage n'a aucun sens), soit "proto-nazi" (ce qui n'a aucun sens, si tu y réfléchis avec un peu plus de 3 neurones, ou au pire si tu lis n'imorte quelle biographie du personnage). 3/ La moitié du forum, dont moi, qui ne connais pourtant que peu Nietzsche, t'a fait des tartines pour dialoguer avec toi, répondre à ta "démonstration", qui ne démontre rien, à part que tu sais copier/coller des morceaux de texte que tu ne comprends de toute façon pas. Et après des pages et des pages de discussions, ta seule réponse fut "Tu n'as pas la conscience politique suffisante pour parler avec moi, je ne te salue pas". Grand bien te fasse : qui a échoué dans l'histoire ? Ta démonstration ne part de rien (3 pauvres extraits tirés d'une oeuvre qui t'est inconnue), ne mène à rien ("Nietzsche est un mauvais philosophe ou un proto-nazi" : S-U-P-E-R), et ne sert à rien, puisque tu as refusé tout dialogue, en répétant, la tête cachée dans tes genoux "je l'ai démontré, je l'ai démontré !".
Enfin bref, c'est ridicule d'un bout à l'autre, tu l'as mauvaise parce que tu t'es fait broyer par des gens plus malins, ou simplement mieux informés, que toi.
Moi je te salue quand même, parce que jsuis poli, et je te propose d'aller "démontrer" que t'es un homme dans l'cul d'ta mère. |
|  | | Snake Plissken Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 36 Inscrit le : 28 Juin 2007 Messages : 820
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Lun 29 Oct 2007 - 21:21 | |
| | Ritoyenne a écrit: | Enfin bref, c'est ridicule d'un bout à l'autre, tu l'as mauvaise parce que tu t'es fait broyer par des gens plus malins, ou simplement mieux informés, que toi.
Moi je te salue quand même, parce que jsuis poli, et je te propose d'aller "démontrer" que t'es un homme dans l'cul d'ta mère. |
MOUAHAHAH, pauvre con, pitoyable, en plus tu te réfugie derière le lâche "on" qui m'aurait "broyé", bouhou, j'ai mal
va lire suarès, au lieu de te branler devant des "philosophes ineptes"
(et les insultes, olala, quelle terreur de CM2 tu fais) |
|  | | Pertinax Adepte de la cabale


 Inscrit le : 11 Mai 2007 Messages : 285 Localisation : Oulan-Bator
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Mer 31 Oct 2007 - 9:50 | |
| Je n’insistais pas dans mon dernier post sur le Nietzsche précurseur du nazisme (même si la question me parait moins saugrenue qu’au début de ce fil) mais plutôt sur celui anticipant le « néo-fascisme » tel que défini par Clouscard. Le livre de Lukacs trouve ainsi une singulière actualité, et ce malgré quelques scories inhérentes à la rhétorique communiste des années 1950. Lukacs examine l’évolution politique de Nietzsche, ses prises de position dans les années 1870 et 1880, et montre bien qu’il avait tout d’un conformiste absolu. Je n’y peux rien ; ce sont les faits. Cela n’enlève rien à ses qualités d’écrivain. L’anticipation « prophétique » de l’avenir capitaliste, davantage que celui du nazisme, voilà ce qui se peut se découvrir aussi chez Nietzsche, derrière le masque d’un « souci de sauvegarde de la culture ». Je ne peux reprendre ici en détail l’argumentation de Lukacs. Selon lui, le processus s’accomplit en deux temps ; premièrement Nietzsche fait l’apologie des « mauvais côtés » du capitalisme, deuxièmement il reconnaît dans une certaine mesure l’existence de la lutte des classes, qui apparaît comme celle opposant les races supérieures aux races inférieures (mais sans, notons-le, la suprématie aryenne). Il n’est question que de maîtres et d’esclaves.
L’influence de Nietzsche est grande chez les adolescents et les intellos bobos de nos sociétés occidentales, parce qu’il continue à répondre aux besoins idéologiques de la décadence. En détournant les mécontents du socialisme (qui exige une transformation extérieure et intérieure), il fait croire que pour surmonter la décadence de notre époque, il n’y a pas besoin de se transformer et d’aller vers les autres pour construire un projet commun. Il suffit de rester ce qu’on est, un individualiste forcené, et de l’être avec moins de scrupules qu’auparavant et une meilleure conscience. Le beurre et l’argent du beurre : je suis un petit bourgeois, mais je suis beaucoup plus révolutionnaire que le prolo qui milite parce que je lis Nietzsche.
Nietzsche n’annonce pas seulement la barbarie de nos sociétés contemporaines, il cherche aussi les formes de domination d’un type nouveau susceptible de bloquer l’émergence d’une nouvelle classe de réprouvés (les prolétaires de demain). Dans sa polémique contre Darwin, il explique que « l’homme en tant qu’espèce ne progresse pas ». Comme les faibles l’emporteront toujours sur les forts par le poids du nombre, et que la lutte pour la vie ne produit pas automatiquement le type d’homme supérieur souhaité, il s’agit donc de créer des institutions qui permettront non seulement de préserver les réussites exceptionnelles, mais aussi d’en faire un élevage scientifique.
L’éternel retour sert de pendant à l’idée de devenir. En effet si l’homme peut devenir un surhomme, la société capitaliste au contraire se doit de rester « éternelle », même si transformée. L’apparition de quelque chose de nouveau (comme la révolte des esclaves) devient « cosmiquement » impossible, surtout depuis que l’instant Jésus est pensé non comme un retournement ou une rupture mais une solution de continuité. Ainsi naît la pseudo-révolution nietzschéenne, le passage de la bourgeoisie de l’ère libérale à celle de la « grande politique », de la lutte pour l’hégémonie mondiale, de la « guerre hors limites » décrite par Qiao Liang et Wang Xiangsui.
La pertinence de Lukacs se révèle aussi dans son analyse du concept nietzschéen de l’au-delà, comme synthèse mythique du ciel chrétien et de la conception matérialiste de la réalité objective. Dans le Crépuscule des idoles (VIII, 83), Nietzsche dirige sa polémique contre la conception du « monde vrai » (de la réalité objective) : « Nous avons aboli le monde vrai : quel monde reste-t-il ? Le monde apparent peut-être ? … Que non ! Avec le monde vrai, nous avons détruit aussi le monde apparent. » Le subjectivisme idéaliste de Nietzsche le conduit certes à un paradoxe nihiliste. Mais surtout, l’immanence indépassable concerne à la fois l’état social (société ultralibérale) et le monde des représentations (idéal révolutionnaire). Au-delà de ce doublé, il n’y a rien … que la volonté de puissance, comme exténuation décadente et posture esthétisante. Pourquoi vouloir changer le monde, puisque ce monde est illusion, en même temps que tout projet socialiste ? Mieux vaut alors dans ces conditions, être du côté du manche, c’est-à-dire des maîtres qui exploitent gaiement les esclaves.
Chrétiens et socialistes sont pour Nietzsche des êtres méprisables parce que partisans de la « transcendance ». L’idée d’éternel retour n’est pas la transposition de quelque doctrine orientale mais la manière de ruiner toute forme de transcendance, et avec elle toute morale d’inspiration chrétienne et tout projet politique d’inspiration socialiste. J’ai remarqué que certains marxistes de ce forum ont la fâcheuse tendance à ne voir dans le christianisme que son contenu moral. C’est une vue très réductrice. Mais au moins ils montrent par là qu’ils ne sont pas dupe de cette « transmutation de toutes les valeurs » dont profite surtout dans le monde moderne une poignée de milliardaires cosmopolites. |
|  | | Professeur Choron Tapette bobo du tertiaire


   Age : 28 Inscrit le : 25 Oct 2007 Messages : 32 Localisation : Elsass frei !
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Mer 31 Oct 2007 - 12:52 | |
| | Citation: | | Je n’insistais pas dans mon dernier post sur le Nietzsche précurseur du nazisme (même si la question me parait moins saugrenue qu’au début de ce fil) mais plutôt sur celui anticipant le « néo-fascisme » tel que défini par Clouscard. |
"L'Etat est le plus froid des monstres froids."  |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Nietzche et les Lumières Mer 16 Jan 2008 - 20:03 | |
| Nietzsche, à l'instar de Marx, donne une interprétation de l'histoire tout à fait singulière. Placant la volonté de puissance au coeur de des rapports sociaux, biologique, et politique, il surpasse pour ainsi dire les vues marxistes consistant en une démarche explicative des structures sociales économique par un schema dominant/dominé. Marx pose cela en axiome, ceci fondant les bases de son interprétation philosophique. Nietzsche semble lui avoir décortiquer la question, et parvient à extraire une sorte de noyau d'explication à la preexistence de ces inégalités. Bref, tout cela pour en arriver au point suivant: Nietzsche et sa philosophie constitue d'une part non pas le rejet du marxisme mais son approfondissement, d'autres part l'ideal universaliste et rationaliste que débectait Marx, considérant cet idéal comme la légitimation morale de la domination bourgeoise, Nietzsche le rejette également.
En effet le philosophe met un terme à ce que j'appelerais le règne philosopho-ideologique des Lumières. En fourvoyant toutes idées de progressisme, et en déqualifiant l'idée d'un rationnalisme absolue, il se fait le destructeur d'une pensée toute entière.
Que pensez vous donc de Nietzsche et de sa relation aux Lumières, en est il le bourreau, ou est il un simple continuateur parmi tant d'autre. |
|  | | grib Adepte de la cabale


 Inscrit le : 19 Nov 2007 Messages : 330
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Mer 16 Jan 2008 - 20:10 | |
| | nietzsche sa vie son oeuvre, c'est tout |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Ven 25 Avr 2008 - 11:36 | |
| Difficile de rester calme face à un nom de sujet pareil... Et malheureusement c'est une idée très répandue...
A Snake Plissken : Comment oses-tu dire que les autres membres sont à court d'arguments alors que tu ne proposes AUCUN argument (tes citations ne sont en aucun cas des "preuves"). As-tu seulement lu UN ouvrage de Nietzsche en entier ? As-tu fait l'effort de t'intéresser sérieusement à ce penseur, ou ta morale bien-pensante te l'interdit ? Si oui, c'est malheureux... On ne peut plus rien pour toi...
Lis seulement Ecce Homo, et tu te rendras compte de l'énormité de tes propos. Nieztsche vomit le nationalisme et particulièrement l'antisémitisme (il était d'ailleurs un des seuls de son temps à ne pas l'être, l'antisémitisme étant courant, normal à l'époque, mais ça tu ne le sais peut-être pas... Lis même l'œuvre de Voltaire...) Il ne cesse de cracher sur le peuple allemand :
| Citation: | | Finalement une attaque contre un "inconnu" plus distingué, qu'un autre ne saurait aisément percer, entre dans le sens et la voie de ma tâche […] et en vérité a fortiori une attaque contre la nation allemande, toujours plus fainéante et dépourvue d'instincts dans les choses de l'esprit, qui devient toujours plus respectable, qui persiste, avec un enviable appétit, à se gaver de contradictions et à engloutir sans malaises digestifs "la foi" aussi bien que la scientificité, l'"amour chrétien" aussi bien que l'antisémitisme, la volonté de puissance (du "Reich") aussi bien que l"Evangile des humbles… |
Ou encore :
| Citation: | | Je n'admettrai jamais qu'un Allemand soit capable de savoir ce qu'est la musique. Ce qu'on appelle musiciens allemands, à commencer par les plus grands, ce sont des étrangers, Slaves, Croates, Italiens, Néerlandais - ou Juifs. |
De même...
| Citation: | | Où étais-je donc ? Je ne retrouvais rien, c'était à peine si je reconnaissais Wagner. Je feuilletai mes souvenirs : peine perdue. Tribschen, l'île heureuse, restait lointaine ; rien, ici, qui lui ressemblât. Les jours incomparables où l'on avait posé la première pierre, le petit groupe d'initiés qui se trouvaient là pour la fêter - des gens auxquels on n'avait pas besoin de souhaiter la subtilité -, rien ici qui leur ressemblât. Qu'était-il arrivé ? On avait traduit Wagner en allemand ! Le wagnérien s'était emparé de Wagner ! L'art Allemand ! Le maître Allemand ! La bière Allemande !... Nous qui ne savons que trop bien à quels artistes raffinés, à quel cosmopolitisme du goût l'art de Wagner s'adresse exclusivement, nous étions hors de nous de retrouver Wagner revêtu des « vertus » allemandes. Je crois connaître le wagnérien ; j'en ai « vécu » trois générations, depuis feu Brendel qui confondait Wagner et Hegel, jusqu'aux « idéalistes » des feuilles de Bayreuth qui le confondent avec eux-mêmes, j'ai entendu toutes les confessions possibles des « belles âmes » sur Wagner. - Un empire pour un mot sensé ! - C'est vraiment une société à vous faire dresser les cheveux sur la tête : Nohl, Pohl, Kohl, avec des grazie in infinitum. Toutes les difformités s'y coudoient, il n'en manque pas une seule, même pas l'antisémite. - Le pauvre Wagner ! Où s'était-il fourvoyé ! S'il avait seulement pu tomber chez les pourceaux ! Mais chez les Allemands ! On devrait bien finir tout de même, pour l'édification de la postérité, par empailler un Bayreuthien authentique, ou mieux le mettre dans l'esprit-de-vin, car c'est l'esprit qui manque ici, - avec l'inscription suivante : » Spécimen de l' « esprit » en vue duquel fut fondé l' « Empire allemand »... Au beau milieu des réjouissances je décampai pour quelques semaines bien qu'une charmante Parisienne eût cherché à me consoler ; auprès de Wagner je m'excusai seulement par un télégramme fataliste. J'allai porter ma mélancolie et mon mépris de l'Allemand, comme une espèce de maladie, à Klingenbrunn, un coin perdu du Boehmerwald, et je notai de temps en temps, sous le titre général « le Soc de la Charrue », quelques phrases dans mes tablettes, mordantes notes psychologiques qu'on retrouverait peut-être encore dans Humain, trop humain. |
Certains passages auraient été plus adaptés, mais je n'arrive pas à les trouver.
De plus, je te propose la lecture de cet extrait de la Généalogie de la morale :
| Citation: | | Je ne puis souffrir ces comédiens ambitieux qui voudraient jouer les ascètes et les prêtres, mais ne sont que de tragiques pantins ; et je ne puis les souffrir non plus, ces nouveaux trafiquants en idéalisme, ces antisémites qui aujourd'hui tournent des yeux, frappent leur poitrine de chrétiens, d'Aryens et de braves gens, et par un abus exaspérant du truc d'agitateur le plus banal, je veux dire la pose morale, cherchent à soulever tout l'élément "bête à cornes" d'un peuple. |
Et, aussi, par rapport à ton magnifique post du type "Si Nietzsche se contredit, quel philosophe...". Pour ta gouverne, oui, Nietzsche se contredit. Mais n'est-ce pas rassurant que la pensée d'un philosophe soit en mouvement, évolue ? Par ailleurs, la pensée de Nietzsche n'est pas, comme celle d'autres philosophes, un système fermé.
| Citation: | | Il n'y a pas un événement, pas un phénomène, pas un mot ni une pensée dont le sens ne soit multiple. Quelque chose est tantôt ceci, tantôt cela, tantôt quelque chose de plus compliqué, suivant les forces qui s'en emparent. Un des traits fondamentaux de ma pensée est le pluralisme. J'obéis à ma nature dionysiaque qui ne saurait séparer d'une affirmation l'acte négateur. Les contradictions sont la prise de conscience et la traduction de l'ambivalence même de la réalité. |
En tout cas, puisque tu détruis si aisément du Nietzsche et du Céline, j'attends avec impatience ton œuvre !
| Citation: | | Je prends grand plaisir aussi aux pauvres d’esprit : ils accélèrent le sommeil. Ils sont bienheureux, surtout quand on leur donne toujours raison. |  |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 519 Localisation : QHS
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Ven 25 Avr 2008 - 17:06 | |
| Poupou, quitte à me répéter, ce serait fort aimable avant d'intervenir de lire les fils in extenso, afin de prendre acte des réponses contradictoires au sujet du topic qui ont été apportées, et surtout d'éviter de réagir comme à la cour de récré alors qu'on a tourné la page depuis longtemps (on est à la 5ème même sur ce fil voyez-vous ?).
D'autre part, exception faite du membre JOHN (our corner's speaker), il n'est pas recommandé d'user et abuser de son dictionnaire de citations en lieu et place de débat.
Rien ne vous interdit d'ouvrir un autre fil pour nous présenter un thème que vous avez retenu chez Tche-Ni (philosophe-artiste de la période "montagnes célestes" comme chacun sait). 
PS : Pour votre gouverne, Snake a de plus été banni ("oh yeah !" comme disait le chanteur), ce qui est notifié sous son pseudo.
Dernière édition par MEDIATOR le Dim 1 Juin 2008 - 23:51, édité 1 fois |
|  | | Darkzapatiste Tapette bobo du tertiaire


 Inscrit le : 30 Mai 2008 Messages : 6
| Sujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée Dim 1 Juin 2008 - 15:24 | |
| | MEDIATOR a écrit: | | PS : Pour votre gouverne, Snake a de plus été banni ("oh yeah !" comme disait le chanteur), ce qui est notifié sous son pseudo. |
ouf parce qu'après cinq pages de lecture... je pense qu'il le vallait bien  _________________
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