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NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée

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Snake Plissken
Banni(e) parce que je le vaux bien
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MessageSujet: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 19:35

preuves :


Exgiger de la force qu'elle ne se manifeste pas comme force, qu'elle ne soit pas une volonté de subjuguer, une volonté de terrasser, une volontée de dominer, une soif d'ennemis, de résistances et de triomphes, c'est aussi absurde qu'exiger de la faiblesse qu'elle se manifeste comme force


in Généalogie de la morale (bien sûr, le jésuitisme nietzschéen parlera de "sugjuguer, terrasser nos démons personnels", ben voyons!)

au contraire, l'essentiel d'une véritable et saine aristocratie, c'est de se sentir non pas en fonction [de la royauté ou de la communauté] , mais leur signification et leur justification suprêmes, et d'accepter en conséquence d'un coeur léger, le sacrifice d'une foule innombrable de gens qui devront, dans son intérêt, être opprimés, réduits à l'état d'êtres incomplets, d'esclaves, d'instruments

in Par delà le bien et le mal (en effet!)

Mais où une morale de maitres est la pluls étrangère au goût d'aujourdh'ui et le chagrine le plus, c'est dans la rigueur de ce principe : qu'on n'a de devoirs qu'envers ses pairs, tandis qu'à l'égard des êtres de rang inférieur, et de tout ce qui est étranger, on peut agir à sa guise, et comme le coeur vous en dit, en tout cas par delà le bien et le mal - voilà pour la pitié et autres sentiments du même ordre

in Par delà le bien et le mal

je pourrais continuer par un passage ou il assimile le vrai Homme à l'aristocrate, qui est "plus complètement un homme, c'est à dire plus complètement une bête"

mais je préfère ce passage ou ce taré se désole :

vivre, c'est essentiellement dépouiller, blesser, subjuguer l'étranger et le faible, l'opprimer, lui imposer durement nos propres formes, l'incorporer et au moins, au mieux, l'exploiter. Tout simplement parce que la vie est la volonté de puissance. Mais sur aucun chapitre, la commune conscience des Européens n'est plus rebelle à se laisser convaincre : partout à l'heure actuelle, on rêve avec enthousiasme et même en leur prêtant un déguisement scientifique, d'états futurs de la société d'où aura disparu tout "caractère d'exploitation" : cela sonne à mes oreilles comme si on promettait d'inventer une vie qui s'abstiendrait de toute fonction organique

id.

Donc, nietzsche, idole des nazis, rien d'étonnant, c'est beau comme du satraji devi
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ajax
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 20:42

milla a écrit:
Nietzche c'est un peu l'auberge espagnole de la philo...
C'est le penseur préferé de Dantec et d'Onfray. Je demande aux Nietszchéen du forum, lequel des 2 en est le plus proche?


ni l'un ni l'autre, il est bien trop au dessus de ces deux merdes.
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JOHN
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MessageSujet: Nietzsche   Lun 6 Aoû 2007 - 20:43

milla a écrit:
Nietzche c'est un peu l'auberge espagnole de la philo...

Yope

Chez un auteur à l’œuvre en bonne part aphoristique (donc avec beaucoup de textes et d’aphorismes qui se contredisent plus ou moins) on peut toujours faire un choix de passages types (du genre qu'on est (pré)conditionné à condamner veut trouver)… (1)

Les passages « néo-nazi » que tu donnes correspondent à la partie critique de Nietzsche de certaines valeurs du Christianisme (en particulier ans les derniers essais) ; jugé par lui trop décadent ou porteur de valeurs perverses ; et qui selon-lui affaiblissent la vie (et la société) en inversant les valeurs : favorisant les médiocres et étouffants les potentialités des meilleurs…

De part son côté polémique/provocateur (plus ou moins teinté d'accents mélo-dramatiques), Nietzsche a sûrement volontairement exagéré certains propos… Parce que toutes les biographies (dé)montrent que le Nietzsche dans sa vie réelle/en privée était bien différent…


(1) Tiens ! par exemple moi qui ait tout lu de Nietzsche je n’ai pas retenu plus que ça aucuns des passages que tu cites… (à cause de leurs côtés justement exagérés…) Dans ma (assez courte) synthèse personnelle des passages préférés figurent plutôt ceux-ci :

« Vivre – cela veut dire : rejeter sans cesse loin de soi quelque chose qui tend à mourir ; vivre – cela veut dire : être cruel et inexorable pour tout ce qui en nous n’est que faible et vieilli, et pas seulement en nous. » (Le Gai Savoir, §26, 1882)

« Critique de la morale de décadence. – Une morale « altruiste », une morale où s’étiole l’amour de soi – est, de toute façon, un mauvais signe. Cela est vrai de l’individu, cela est vrai, avant tout, des peuples. Le meilleur fait défaut quand l’égoïsme commence à faire défaut. Choisir instinctivement ce qui est nuisible pour soi, se laisser séduire par des motifs « désintéressés », voilà presque la formule de la décadence. « Ne pas chercher son intérêt » – (…) « je ne sais plus trouver mon intérêt… » Désagrégation des instincts ! – C’en est fini de l’homme quand il devient altruiste. »
(Le crépuscule des idoles ou Comment on philosophe au marteau, Chap. « Flânerie d’un inactuel », §35, 1888)

« Un spectacle douloureux et épouvantable s’est élevé devant mes yeux : j’ai écarté le rideau de la corruption des hommes. (...) J’entend corruption, on le devine déjà, au sens de décadence : je prétends que toutes les valeurs qui servent aujourd’hui aux hommes à résumer leurs plus hauts désirs sont des valeurs de décadence.
J’appelle corrompu soit un animal, soit une espèce, soit un individu, quand il perd ses instincts, quand il choisit et préfère ce qui lui est désavantageux. » (L’antéchrist, §6, 1888)

« Une action suscitée par l’instinct de vie prouve sa valeur par le plaisir qui l’accompagne. (…) Qu'est-ce qui détruit plus vite que de travailler, de penser, de sentir sans nécessité intérieure, sans une profonde élection personnelle, sans plaisir, tel un automate du « devoir » ? C'est en quelque sorte la recette pour la décadence et même pour l'idiotie... » (L’antéchrist, §11, 1888) (2)

« Voici la torture que j'ai subie jusqu'à ce jour : toutes les lois qui président au développement de la vie me sont apparues en contradiction avec les valeurs qui nous permettent d'endurer l'existence. Il ne semble pas que beaucoup d'hommes aient conscience de souffrir d'un pareil état ; je veux toutefois réunir les symptômes qui me font croire que c'est bien là le caractère fondamental et le véritable problème tragique de notre monde moderne et la secrète misère qui en cause ou en explique toutes les misères. C'est en moi que ce problème est devenu conscient. » (L’antéchrist, §20, 1888)

« Signes de décadence :
La paresse, la pauvreté, le crime, le parasitisme, le surmenage, l’épuisement, le besoin de stimulants. L'inaptitude à la lutte, voilà la dégénérescence. Le luxe** est un des premiers instincts de décadence. » (La volonté de puissance II, Chap1, 2. « Symptôme de la décadence », §64, 1886)

** = Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p205 :
« Le raffinement est signe d'une vitalité déficiente, en art, en amour et en tout. » *
* Repris tel quel dans Le Mauvais Démiurge (1969), chap. « Pensées étranglées », I.

Voir aussi dans L’antéchrist (1888) (pour le côté mélodramatico-philosophico-prophétique néo-pagano-Aryen) l’excellent Avant propos et les 1§, 2§, 3§ ; Et pour les meilleurs passages de critique (des défauts) du christianisme, en particulier : 7§ et 20§.

Prendre en particulier impérativement aussi connaissance dans Ecce homo (1988), le §2 des chapitres « Pourquoi je suis si sage » et « Pourquoi je suis si malin ».

(2) = Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p815 :
« J'appelle travail tout effort exempt de plaisir, ou plutôt : un effort qui vous diminue à vos propres yeux. »

+ dans itinéraire d’une vie, p105 (Entretien 1990) :
« J'ai compris très tôt que la vie n'a de sens que si on parvient à y faire ce que l'on veut.
Tout le problème consistait pour moi à sauvegarder ma liberté. J'aurais tout raté si j'avais accepté de travailler dans un bureau pour gagner ma vie. À Paris, j'ai connu toutes sortes de ratés, des types très bien par ailleurs, très doués, mais à qui le bureau fut fatal. »
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"Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline)
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 20:44

Démolition en règle du christianisme dans les derniers paragraphes de la 1ère dissertation de la "Généalogie de la Morale". Rien à voir avec la pensée de l'anglo-grecque de nationalité française que vous citez.

Evidemment que Nietzsche pouvait être récupéré par les nazis et ce en ne prenant qu'un bout de sa pensée. Nietzsche a écrit des mots extrêmement durs contre les antisémites de son époque mais ça les nazis ne l'ont pas repris. Un penseur est complexe et ne se découpe pas en tranches pour lui faire dire ce qu'il n'a pas dit.

Par ailleurs, les passages que vous citez ne font qu'illustrer une apologie de la force, et donc le rattacher au seul nazisme paraît très réducteur.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 21:34

'Font chier les philosophes. Ca se voit qu'ils avaient des bonniches pour leur faire la popote!
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 21:36

Bibi Clemenceau a écrit:
Le seul truc que j'ai lu de Nietzsche, c'est le debut de " Ainsi parlait je-sais-plus-qui ". Trop bizard pour moi, mais y'avait quand meme un texte sur les etats qui m'avait troué le cul. " Monstre froid parmi les monstre froid, meme les dens qu'il a pour mordre il les a volé. " Enfin je crois que ca parlait des etats, tellement bizard ce livre ... Mais en lisant ca, je me suis dis que ce type ne pouvait pas etre un penseur du totalitarisme.


Mdrrr il a eu tellement peur de faire 40 fautes d'orthographe sur un seul mot qu'il n'a pas osé écrire Zarathoustra Mdrrr

Cela dit, lire 3 pages de Nietzsche pour se faire un avis sur sa pensée et surtout sur la continuité de sa pensée... c'est balaise... C'est comme si en lisant les premiers cours d'Heidegger tu disais "ach encore Ein Facho !"
-------------------------------------------------------------------------
Ravachol a écrit:
D'accord avec Majax, une fois n'est pas coutûmes.....

------------------------------------------------------------------------------------------
Bibi Clemenceau a écrit:
J'aurai aimé en lire plus, seulement ca m'a gonflé de chez gonflé. Mais ce texte existe, et il est, si je l'ai compris, tres dur avec les etats. A la fin, il dit meme que le sur-homme ou un machin comme ca doit s'en separer le plus possible. C'est ma petite pierre, modeste, a ce sujet. Ce que tu peux te prendre au serieux Ajax ! Parce que Monnnnnsieur a tous lu tous vu peut etre ! Langue


Pour moi le texte central de Nietzsche, en tous cas celui qui m'a le plus marqué, c'est le gai savoir. Ce n'est pas ma philosophie, loin de là mais il y a quelque chose de fort à lire tant c'est fin.

Cela dit, il y a des ouvrages bien plus profonds et en même temps plus intelligents dans son oeuvre..
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Snake Plissken
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 22:25

Ravachol a écrit:
Le surhomme Nietzscheen est lié au nihilisme nietzscheen

- Volonté de puissance entre autres comme liés aux affects ( précurseur sur les fonctions du darwinisme ), le dépassement de soi, la création de concept, la ferveur du regard, l'application extrême à toute choses, voilà ce qu'est le surhomme de nietzsche, rien à voir avec le mythe des Niebelungen et autres cons aryen du genre d'otto rahn...



blablabla, ben voyons....les extraits que j'"ai cité prouvent le contraire

(et j'étais sûr aussi qu'on allait me dire "il a écrit des choses contradictoires", au passage, si c'est vrai, tu parles d'un philosophe Laughing )
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ajax
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 22:46

Snake Plissken a écrit:
ajax a écrit:
Mdrrr il a eu tellement peur de faire 40 fautes d'orthographe sur un seul mot qu'il n'a pas osé écrire Zarathoustra Mdrrr


Cela dit, lire 3 pages de Nietzsche pour se faire un avis sur sa pensée et surtout sur la continuité de sa pensée... c'est balaise... C'est comme si en lisant les premiers cours d'Heidegger tu disais "ach encore Ein Facho !"


Je suis désolé, mais les passages cités plus haut sont bel et bien PENSES par FN, et c'est bel et bien la pensée antichrétienne, celle de la loi du fort. C'est en cela que c'est nazi (le nazisme ne se résume pas aux juifs mais au paganisme totalitaire)


Si tu avais suivi le fil, je répondais à Bihbiii Claimançeaud.


Enfin bon, tu mérites une réponse sérieuse. Voila heu. voila...

Bon, clairement !

Tout penseur, tout sociologue, tout philosophe dira que le maintien d'un régime ou d'une société, pour faire court, a besoin d'un Sacré quelconque pour maintenir les gens en éveil.

Hitler et ses inspirateurs l'avaient bien compris. Les Soviétiques un peu moins, on verra plus tard. Le problème des sociétés européennes, c'est que la boite de pandorre sacrée a été ouverte et que se référer au grand Sacré chrétien est mission impossible tant les pêchés sont lourds à assumer et tant l'Eglise a vérouillé l'utilisation de Dieu. Un chef de gouvernement qui se reconnaît dans le Christ en Europe ne tiendrait pas deux heures face à Rapsinger.... (jeu de mot, je le dis hein, c'est pour que vous suiviez)

Donc voila, Hitler, à la tête d'une Allemagne qui n'est pas sortie de la dualité église romaine - réforme luthérienne, ne pouvait encore moins faire reposer son régime sur la Chrétienté. Lui restait le Sacré Germanique, païen, qui en plus, a rencontré un succès extraordinaire une cinquantaine d'années avant avec Wagner. Son truc c'était donc le Wallalah au Zyklon B. La chevauchée des Walkyries remise au goût moderne de la Chevauchée des Bensaïd....

Malheureusement l'Allemagne ne pouvait pas se dégager de la chrétienté et la furie païenne d'Hitler est tombée en lambeaux. Ne lui est resté que le Monumental, comme son pote Jojo et il en a usé outre mesure. A propos de Jojo, j'ai lu tout à l'heure, qu'à son époque, on avait demandé à un sculpteur une oeuvre pour commémorer l'immense Tolstoi. L'autre con a sculpté Staline lisant un bouquin de l'immense auteur de guerre et paix....


Le monumental, c'est éphémère, nous dit Debray. Ca attire la colère et la révolte populaire, pas comme le Sacré, qui, lui, attire l'assentiment et la dévotion.

D'où la chute rapide de tous ces régimes de maboules....
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Thundaar
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 23:06

Citation:
le nazisme ne se résume pas aux juifs mais au paganisme totalitaire


Faire des apôtres de la renaissance païenne les ancêtres du nazisme me paraît franchement abusif. Faire de tout antichrétien un nazi en puissance plus encore.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 23:15

Mais merde, ah la fin, Ajax a raison, le mythe du pangermanisme, des dits contes nordiques est la résultante des sociétés secrêtes de l'allemagne des années 20 ( Edelweiiss, Thulé, Niebelungen, le mythe sacré ) çà suffit à la fin

Lire le livre Nazisme, sociétés secrêtes
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Intellocrate
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Lun 6 Aoû 2007 - 23:36

Allez, pour Snake qui le traite de taré, cet aphorisme de Nietzsche:

Plus nous nous élevons haut, plus nous semblons petits à ceux qui ne savent pas voler
(Aurore, 574)

Sur Nietzsche et son influence sur le fascisme et le nazisme, ce texte permet d'avoir un jugement plus équilibré:

http://curiositas.free.fr/nietzsche/combats/racisme.htm
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JOHN
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MessageSujet: JUGE ET MESURE   Mar 7 Aoû 2007 - 1:16

Intellocrate a écrit:
Allez, pour Snake qui le traite de taré, cet aphorisme de Nietzsche :

Plus nous nous élevons haut, plus nous semblons petits à ceux qui ne savent pas voler
(Aurore, 574)

Yope
Dans un sens voisin il y a aussi ce super passage de Céline (1894-1961) dans L’École des Cadavres (1938), p. 269-270 :
Citation:
Le malheur, c’est que les gens vous jugent toujours d’après leurs propres tendances [en fonction de ce qu’ils sont eux-mêmes, de leur propre fond (plus ou moins pourri)], et qu’ils sont presque tous à vendre, n’importe quel jour, par tous les temps. Même les plus riches, les plus superbes. Ils arrêtent pas de s’offrir. En fait, leur vie n’est qu’un putanat perpétuel plus ou moins décoratif, plus ou moins miteux, plus ou moins chichiteux, somptueux, prétentieux.
[…] Cessez de me juger d’après vous-mêmes, à votre mesure.

_________________
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 7 Aoû 2007 - 1:30

Snake Plissken a écrit:
preuves :
Exgiger de la force qu'elle ne se manifeste pas comme force, qu'elle ne soit pas une volonté de subjuguer, une volonté de terrasser, une volontée de dominer, une soif d'ennemis, de résistances et de triomphes, c'est aussi absurde qu'exiger de la faiblesse qu'elle se manifeste comme force
etc.


Peux-tu fournir les références précises, qu'on puisse se reporter aux textes ? Ce serait déjà un bon début. Parce que là, pour retrouver tes extraits, c'est un peu compliqué.
--------------------------------------------------------
Snake Plissken a écrit:
ref extrait 1 ; généalogie de la morale
tous les autres extraits : par delà le bien et le mal (vers les pages 255-260)
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 7 Aoû 2007 - 1:30

Intellocrate a écrit:
aphorisme de Nietzsche :

Plus nous nous élevons haut, plus nous semblons petits à ceux qui ne savent pas voler
(Aurore, 574)


d'une banalité! on dirait un truc de wilde (je résiste à tout sauf à la tentation gnagnagna Rolling Eyes )

JOHN a écrit:
« Le malheur, c’est que les gens vous jugent toujours d’après leurs propres tendances


dingue, on juge avec son propre cerveau! quel génie ce céline! :shock:
garçons, vous êtes à court d'arguments, je crois, va falloir vous former dingo
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 7 Aoû 2007 - 1:53

Intellocrate a écrit:
Allez, pour Snake qui le traite de taré, cet aphorisme de Nietzsche:

Plus nous nous élevons haut, plus nous semblons petits à ceux qui ne savent pas voler
(Aurore, 574)

Yope
En réponse aux jugements conditionnés critiques pavloviennes de Snake,
Nietzsche dit aussi dans « L’avant propos » de L’antéchrist (1888) :

« Je connais trop bien les conditions qu'il faut réaliser pour me comprendre, qui me font comprendre nécessairement. Il faut être intègre dans les choses de l'esprit, intègre jusqu'à la dureté pour pouvoir seulement supporter mon sérieux et ma passion. Il faut être habitué à vivre sur des montagnes, – à voir au-dessous de soi le pitoyable bavardage de la politique du jour et de l'égoïsme des peuples. Il faut que l'on soit devenu indifférent, il ne faut jamais demander si la vérité est utile, si elle peut devenir pour quelqu'un une destinée... Une prédilection des forts pour des questions que personne aujourd'hui n'a plus le courage d'élucider : le courage du fruit défendu ; la prédestination au labyrinthe. Une expérience de sept solitudes. Des oreilles nouvelles pour une musique nouvelle. Des yeux nouveaux pour les choses les plus lointaines. Une conscience nouvelle pour des vérités restées muettes jusqu'ici. Et la volonté de l'économie de grand style rassembler sa force, son enthousiasme... Le respect de soi-même, l'amour de soi ; l'absolue liberté envers soi-même...
Eh bien ! Ceux-là seuls sont mes lecteurs, mes véritables lecteurs, mes lecteurs prédestinés : qu'importe le reste ? – Le reste n'est que l'humanité. – Il faut être supérieur à l'humanité en force, en hauteur d'âme, – en mépris... »

+ dans L’antéchrist (1888), §1 :
« Regardons-nous en face. Nous sommes des Hyperboréens, nous savons assez combien nous vivons à l'écart. « Ni par terre, ni par mer, tu ne trouveras le chemin qui mène chez les Hyperboréens » : Pindare l'a déjà dit de nous. Par-delà le Nord, les glaces et la mort – notre vie, notre bonheur... Nous avons découvert le bonheur, nous en savons le chemin, nous avons trouvé l'issue à travers des milliers d'années de labyrinthe. Qui dont d'autre l'a trouvé ? – L'homme moderne peut-être ? – « Je ne sais ni entrer ni sortir ; je suis tout ce qui ne sait ni entrer ni sortir » – soupire l'homme moderne... Nous sommes malades de cette modernité, – malades de cette paix malsaine, de cette lâche compromission, de toute cette vertueuse malpropreté du moderne oui et non. Cette tolérance et cette largeur du cœur, qui « pardonne » tout, puisqu'elle « comprend » tout, est pour nous quelque chose comme un sirocco. Plutôt vivre parmi les glaces qu'au milieu de vertus modernes et d'autres vents du Sud !... Nous avons été assez courageux, nous n'avons ménagé ni d'autres, ni nous-mêmes mais longtemps nous n'avons pas su où mettre notre bravoure. Nous devenions sombres et on nous appelait fatalistes. Notre « fatalité » – c'était la plénitude, la tension, l'accumulation des forces.
Nous avions soif d'éclairs et d'actions, nous restions bien loin du bonheur des débiles, bien loin de la « soumission »... Notre atmosphère était chargée d'orage, la nature que nous sommes s'obscurcissait – car nous n’avions pas de chemin. Voici la formule de notre bonheur un oui, un non, une ligne droite, un but... »
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 7 Aoû 2007 - 2:17

En attendant que tu me donnes les références précises, car sinon c'est discuter dans le vent, on peut discuter ce paragraphe qui te gène.

Citation:
mais je préfère ce passage ou ce taré se désole :

vivre, c'est essentiellement dépouiller, blesser, subjuguer l'étranger et le faible, l'opprimer, lui imposer durement nos propres formes, l'incorporer et au moins, au mieux, l'exploiter. Tout simplement parce que la vie est la volonté de puissance. Mais sur aucun chapitre, la commune conscience des Européens n'est plus rebelle à se laisser convaincre : partout à l'heure actuelle, on rêve avec enthousiasme et même en leur prêtant un déguisement scientifique, d'états futurs de la société d'où aura disparu tout "caractère d'exploitation" : cela sonne à mes oreilles comme si on promettait d'inventer une vie qui s'abstiendrait de toute fonction organique


Où vois-tu ici une idée qui pourrait se rapprocher de l'idéologie nazie ?
C'est ne rien comprendre à ce que dit Nietzsche d'une part, et ne rien comprendre à ce qu'est le nazisme d'autre part.

Vivre est en effet, pour Nietzsche, dépouillement, blessure, domination et oppression : c'est la nature même de la vie de vouloir "imposer sa forme". A plusieurs niveaux : au niveau de la vie en elle-même, les espèces se battent pour survivre, au niveau de l'individu humain (qui est effectivement un "sous-homme", car il refuse ce qu'il est), l'individu est essentiellement, c'est sa thèse, autour de laquelle tourne tout le reste, "volonté de puissance". Non seulement l'individu, mais tout ce qui existe. Dans un fragment, qu'il faudrait que je retrouve, il associe "l'essence de la vie" au concept de "volonté de puissance". Rien de ce qui vit ne vit autrement qu'en voulant imposant aux autres "ses formes".

D'ailleurs, la comparaison à Onfray est plûtot mal venue, Nietzsche n'a jamais parlé de "volonté de jouissance", ou de "volonté de puissance visant la jouissance", la volonté de puissance ne veut rien d'autre qu'elle même.

"La «volonté de puissance» est haïe à ce point dans les époques démocratiques, que toute leur psychologie semble viser à la rapetisser et à la dénigrer...
Le type du grand ambitieux avide d'honneur : on voudrait que ce soit Napoléon ! et César ! et Alexandre !... Comme si ce n'étaient pas justement les plus grands contempteurs de l'honneur !
Et Helvétius nous expose en détail que l'on aspire à la puissance afin d'avoir les jouissances dont dispose l'homme puissant... : il comprend cette aspiration à la puissance comme une volonté de jouissance, comme un hédonisme..." (FP 14)

Si tu veux, la "volonté de puissance" est à Nietzsche ce que la dialectique materialiste est à Marx : un outil de description de la réalité. Tout ce qui est "veut" être plus, et il devient ce qu'il peut devenir, exprimant ainsi sa capacité à vouloir puissament (en passant, on réaffirme l'inégalité entre ces différentes puissances, s'opposant à l'égalité compationnelle chrétienne, ou démocrate).

En ce sens, la fin du paragraphe est tout à fait cohérente : "on rêve (...) d'états futurs (...) d'où aura disparu tout "caractère d'exploitation" : cela sonne à mes oreilles comme si on promettait d'inventer une vie qui s'abstiendrait de toute fonction organique". Dans l'optique de la "volonté de puissance" comme régissant tout ce qui est ("l'être de l'étant"), alors on ne peut que dire qu'il est impossible que de la societé soit un jour exclue l'exploitation. Et d'ailleurs, l'histoire nie-t-elle cette thèse philosophique ? Non. Rien ne vient nier ce que Nietzsche disait à propos de la volonté de puissance, et rien ne vient nier ses descriptions de l'occident décandent se roulant dans le nihilisme, descriptions reprises et réinterprétée par Heidegger.

Après, je ne comprends pas trop comment ton cerveau étriqué peut associer un tel paragraphe à une "pensée pré-nazie". Enseigner la volonté de puissance, comme le fait le fameux Z. dont l'orthographe en effraie certains :p, ce n'est pas donner libre cours aux délires idéologiques des années 30, c'est enseigner un dépassement de soi, une acceptation par l'homme de ce qu'il est vraiment, un reniement de "l'homme du ressentiment" (caractérisé par la pitié, haute forme de reniement de soi, conduisant au nihilisme), bref, le surhomme est un concept qui représente un saut qualitatif de l'individu, et ce saut est hors de toute morale.

On peut très bien renier ces visions des choses, et se dire, comme tu le fais "pouah Nietzsche est nul MEGALOL!", mais si on ouvre un peu ses escarpettes, on comprend vite que Nietzsche est le pur produit de la pensée de l'époque : l'effondrement des valeurs. Et ce nihilisme est ensuite repris par Heidegger, et réinterprété différemment (d'une main de maître d'ailleurs, ceux qui me connaissent savent mon admiration pour Heidy).

Le faible, qui renie cette réalité, est celui qui ressent, qui n'agit pas, qui se contente de penser, de compatir, d'avoir pitié, de prier, etc. En bref : la victime de la morale judéo-chrétienne. Et cette faiblesse n'a rien de "racée", elle est entrainée par le nihilisme dans lequel se meut la societé occidentale, à la suite de Platon.

Le nazisme commence avec la nostalgie de la gloire nationale allemande passée, baffouée et humiliée par le traité de Versaille : Nostalgie, nationalisme, puis racisme, trois valeurs que Nietzsche rejetait.

Maintenant, explique moi le lien entre ce passage, que tu cites et "une pensée pré-nazie". Je suis pas un expert de Nietzsche, j'ai lu des bouts par ci par là et assisté à quelques cours, mais tout ce que j'ai lu de lui est bien loin du nazisme. Si tu veux du fondement nazi, alors lis Mein Kampf, pas Nietzsche.

Citation:
Exgiger de la force qu'elle ne se manifeste pas comme force, qu'elle ne soit pas une volonté de subjuguer, une volonté de terrasser, une volontée de dominer, une soif d'ennemis, de résistances et de triomphes, c'est aussi absurde qu'exiger de la faiblesse qu'elle se manifeste comme force
in Généalogie de la morale


Oui, et alors ? Quel rapport encore une fois avec le nazisme ?

Citation:
(bien sûr, le jésuitisme nietzschéen parlera de "sugjuguer, terrasser nos démons personnels", ben voyons!)


Bien-sûr que non, ou alors cette personne que tu appelles "jésuitisme nietzschéen" (je ne comprends pas trop la formule) n'a vraiment rien compris à ses lectures. Un peu comme toi quoi.
------------------------------------------------------------------------
Snake Plissken a écrit:
Ritoyenne a écrit:
Que Nietzsche ait ensuite été utilisé pour nourir la propagande nazie, c'est un fait historique. Mais ca ne fait pas de lui un pré-penseur du nazisme.
Cf. sa soeur, qui elle était belle et bien nazie, et qui a modifié son oeuvre posthume.

Bon, mon cerveau étriqué pense que tu n'a pas de bagage politique pour comprendre ce que je dis,donc, j'en reste là, comprenne qui pourra.
sans salutations
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 7 Aoû 2007 - 7:57

Snake Plissken a écrit:
garçons, vous êtes à court d'arguments, je crois, va falloir vous former


Arguments en faveur de Nietzsche ?, arguments pour démontrer que Nietzsche n' a rien à voir avec les nazis ? Franchement, cela ne m'intéresse pas. Il m'arrive encore de lire Nietzsche avec plaisir, y compris en allemand, mais ce n'est pas pour y trouver des vérités, mais plutôt pour son style, son ironie fine, sa façon de multiplier les points de vue, de renverser les perspectives. J'aime beaucoup La Généalogie de la Morale, véritable traîté d'athéologie pour le coup, lourdement imité par Onfray, ce qui ne m'empêche pas de penser que cette analyse de la genèse de la spiritualité est fausse. Ce qui importe, c'est que c'est une lecture stimulante.

Pour la pensée de Nietzsche, j'ai été marqué par la lecture qu'en avait faite Deleuze, et je veux bien admettre que c'était plus du Deleuze que du Nietzsche. En tout cas, interpréter l'oeuvre de Nietzsche demande du temps, c'est le travail de toute une vie pour certains, et je ne suis pas assez philosophe pour cela.

Je te propose un autre texte tiré du Web, qui est une correspondance imaginaire entre Darwin et Nietzsche :

http://www.dialogus2.org/NIET/nietzschecontredarwin.html
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 7 Aoû 2007 - 12:50

je crois que l'essentiel de la confusion vient du fait qu'on veut que Nietzsche ait pratiqué une sorte de philosophie active, créé une sorte de dogme, un peu comme Marx, Kant ou Engels.

Nietzsche était loin de ça, il était dans une logique assez proche de la réflexion platonicienne. Il s'est fait contempleur du monde, des hommes, de l'homme et de la folie. Sa philosophie, ce n'est pas que l'ontologie ou la métaphysique, ce n'est pas du tout de la psychanalyse. C'est autre chose de bien plus compliqué au fond que les autres textes, en particulier ceux de son mentor Schopenhauer.

Nietzsche ne nous a pas légué une boite à outils comme Marx mais une réflexion et une observation. Aller chercher Nietzsche dans le nazisme, c'est comme aller chercher Racine ou Corneille (et encore ce dernier était subversif) dans la Monarchie. Cela n'a pas de sens.

Maintenant, que les nazis se soient accaparés Nietzsche n'est pas surprenant. Il fallait une base idéologique et dogmatique pour asseoir leur régime un peu comme les Soviétiques l'ont fait avec Marx. Maintenant dire que le Nazisme c'est du Nietzsche dans les faits est aussi idiot et incomplêt que dire que le Soviétisme c'est du Marx.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 7 Aoû 2007 - 13:06

Ravachol a écrit:
Snake Plissken a écrit:
Bon, mon cerveau étriqué pense que tu n'a pas de bagage politique pour comprendre ce que je dis,donc, j'en reste là, comprenne qui pourra.

Tant que les philosophes qui sont liés à l'existence sont souvent repris par les politiques et surtout les extrêmes...pour justifier ci ou çà. Laissons la philosophie à la philosophie et la politique à la politique ( surtout quand on c'est ce que c'est ) langue de bois politique, magouille, menteur, escroc, lêche cul, socio traitre, loi conjoncturelle, vision à 2 balles vaut bien les aphorismes nietzscheen. Donc aucune leçon à recevoir


Surtout que l'association Nietzsche=nazi ce n'est pas nouveau...
Après Boucher c'est le cas du philosophe moustachu de passer (une nouvelle fois) pour la bete immonde en ce moment... Siffle

Source Wiki:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche

Citation:
Nationalisme, nazisme et fascisme

Les écrits de Nietzsche, trente ans après sa mort, ont servi de caution au régime nazi, comme bien d'autres classiques de la culture allemande (Goethe, par exemple, qui n'avait pas non plus bonne opinion des vertus allemandes). Cette utilisation ne fut cependant possible qu'au prix d'une falsification des textes, dont Alfred Baümler fut l'un des principaux artisans, et d'une condamnation de certains des aspects de sa pensée que les nazis ont perçus comme anti-germaniques et philosémitiques.[114]

La doctrine de Nietzsche critique l'idée d'un asservissement de l'individu d'exception à la masse. À coté d'un réel mépris pour les systèmes démocratiques (aspect exploité par le régime nazi) dans la mesure où l'égalitarisme prétend s'imposer en tout domaine, il existe chez Nietzsche un mépris au moins équivalent pour les systèmes totalitaires, qui épuisent les peuples et les dépossèdent de leur avenir en détruisant les germes de la culture. Nietzsche exprima également son mépris des idéologies raciales (il parle ainsi de « fumisterie des races »), et dénonce sans ambiguïté les affabulations du mythe aryen (« balourdise aryenne » qui n'existe que par une falsification de l'histoire). Il existe ainsi de nombreux aphorismes dans lesquelles Nietzsche dénonce les différents aspects de ce qui allait devenir le fascisme italien et le nazisme : l'État fort, l'antisémitisme, le racisme, le nationalisme, le militarisme, le populisme, etc.

Par exemple, Nietzsche écrit dans Le Voyageur et son ombre, en 1878[115] :

« Partout où l’ignorance, la malpropreté et la superstition sont encore coutumières, partout où le commerce est faible, l’agriculture misérable, le clergé puissant, on rencontre encore les costumes nationaux. »

L'esprit national, qui s'exprime dans des costumes traditionnels, n'existe donc que par la pauvreté et l'ignorance d'un peuple dominé par une caste dont l'intérêt est de maintenir la population dans la misère.

En 1882, dans Le Gai Savoir, il développe la même opinion :

« [...] mais d’autre part nous sommes bien loin d’être assez « allemands » — tel qu’on emploie aujourd’hui le mot « allemand » — pour être les porte-paroles du nationalisme et de la haine des races, pour pouvoir nous réjouir des maux de cœur nationaux et de l’empoisonnement du sang, qui font qu’en Europe un peuple se barricade contre l’autre comme si une quaran­taine les séparait. Pour cela nous sommes trop libres de toute prévention, trop malicieux, trop délicats, nous avons aussi trop voyagé : nous préférons de beaucoup vivre dans les montagnes, à l’écart, « inactuels », dans des siècles passés ou futurs, ne fût-ce que pour nous épargner la rage silencieuse, à quoi nous condamnerait le spectacle d’une politique qui rend l’esprit allemand stérile, puisqu’elle le rend vaniteux, et qui est de plus une petite politique : — n’a-t-elle pas besoin, pour que sa propre création ne s’écroule pas aussitôt édifiée, de se dresser entre deux haines mortelles ? n’est-elle pas forcée de vouloir éterniser le morcellement de l’Europe en petits États ? »[116]

Les positions de Nietzsche sur ces questions ont depuis très longtemps été remarquées, malgré les manipulations. Dans une recension d'une traduction de textes posthumes de Nietzsche datant de 1935, Henri Sée écrit que ces textes montrent de manière évidente que Nietzsche condamne le nationalisme, le racisme et l'antisémitisme.[117]

Suite à ces écrits où il accable les Allemands, le Reich (qu'il perçoit comme un abrutissement) et toutes les formes de nationalisme, les divergences de la sœur de Nietzsche et les prétendus « écrits précurseurs » du nazisme et du fascisme n'ont plus aucun sens, en tout cas pour le cas Nietzsche.
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MessageSujet: Re: NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée   Mar 7 Aoû 2007 - 15:35

Qu'est-ce qu'ils ont, ces gens, à toujours crier au loup ?
Machin est nazi !
Heidegger, le penseur du nazisme ! Heidegger, l'instigateur de la shoah ! Nietzsche, "le pré-nazisme en pensée" ! Platon, le penseur du fascisme !




Tenez, à ce propos, je colle un texte parodique, de H. France-Lanord, où il reprend l'hypothèse de travail du livre de E. Faye ("Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie") et l'applique à Descartes.


Citation:
La générosité cartésienne
comme légitimation du racisme nazi

Descartes n’hésite pas à affirmer que « la bonne naissance contribue à la vertu ». Ainsi, Descartes établit, comme le fera Rosenberg environ 274 ans plus tard, un racisme de principe dont nous retrouvons la formulation à peine dissimulée dans la lettre du 14 août 1649 qui figure en tête de l’ouvrage et en éclaire la vraie finalité : « mon dessein n’a pas été d’expliquer les passions en orateur, ni même en philosophe moral, mais seulement en physicien. » Par cette phrase monstrueuse Descartes s’exclut lui-même du champ de la philosophie et énonce une fois de plus sa vieille haine contre toute la morale qu’il n’a jamais considérée autrement que comme provisoire, c’est-à-dire comme devant être à terme supprimée pour laisser place à une vraie hiérarchie des êtres humains à partir de leur seule force naturelle ou vertu (du latin virtus : la force martiale).

C’est cette dernière hiérarchie qu’esquisse Descartes dans ce terrible § 161, lorsqu’il déclare sans autre forme de procès que « toutes les âmes que Dieu met en nos corps ne sont pas également nobles et fortes ». Par la hiérarchisation des êtres clairement posée ici, Descartes nie ce qui est le principe même de la Déclaration des Droits de l’homme, à savoir l’égalité, et invite ainsi à la formation d’une nouvelle noblesse (ce que seront les SS sous le IIIe Reich) dont le critère de sélection est désormais la seule force. On n’est dès lors pas étonné de voir que tout le livre lui-même est adressé à une Princesse que Descartes présente comme une sorte de Führer supérieur dont lui ne serait que le conseiller privé (lettre du 4 décembre 1648 : « […] je ne l’avais composé que pour être lu par une Princesse dont l’esprit est tellement au-dessus du commun qu’elle conçoit sans aucune peine ce qui semble être le plus difficile à nos docteurs »).

Mais c’est dans la parenthèse que ce qu’a d’effrayant le § 161 apparaît au grand jour. Descartes justifie le principe de la hiérarchisation des êtres grâce au nom en apparence inoffensif de « générosité ». Il ne faut pourtant pas se laisser aveugler par ce terme, et nous devons révéler les intentions cachées de Descartes à partir de l’entente du véritable sens de la générosité que nous ne pouvons comprendre qu’à partir de l’arbitraire ontologisation de la langue qui s’effectue ici.

Descartes affirme en effet qu’il a nommé la vertu – la force martiale, future Haltung nazie – « générosité, suivant l’usage de notre langue, plutôt que magnanimité, suivant l’usage de l’École ». Or, faire ici valoir l’usage de la langue contre l’usage de l’École, c’est clairement prendre le mot à partir de son étymologie (gens = la race), c’est-à-dire FAIRE DE LA GENEROSITE UN PRINCIPE RACIAL.

Tous les commentateurs qui pratiquent aveuglément l’hagiographie de Descartes font obstinément silence sur ce point essentiel de la doctrine cartésienne, qui seul permet de comprendre le vrai sens de la « disposition de ses volontés » dont parle Descartes au § 153 (« En quoi consiste la générosité »), et, surtout, de ce qu’il nomme « une ferme et constante résolution ». La résolution, qui inspirera le juriste nazi Carl Schmitt dans sa théorie de la décision, cette résolution qui caractérise le principe racial de la générosité, préfigure donc ici clairement pour lui donner son assise la théorie hitlérienne de l’Entschluß telle qu’elle sera exposée dans Mein Kampf.




Tout ça pour dire que les accusations du type "X n'est pas un philosophe, c'est un nazi" nous en disent souvent plus sur l'accusateur que sur l'accusé. Surtout quand celui-là (lachement) refuse tout dialogue pour cause de "manque de culture politique".
Et pourtant, il y aurait des arguments, un peu plus solides que les quelques extraits choisis, à apporter à la thèse "Nietzsche nazi", et on pourrait facilement s'en faire l'avocat. Ca aurait pu être intéressant si snake machin n'était pas juste un troll.
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NIETZSCHE, ou le prénazisme en pensée

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