LE FORUM DES VRAIS HOMMES



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Un homme, un vrai

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MessageSujet: Un homme, un vrai   Sam 16 Fév 2008 - 19:32

Puisque cet espace virtuel se nomme (temporairement ou définitivement) forum des vrais hommes, interrogeons-nous sur ce que nous voulons dire lorsque nous employons aujourd’hui le mot « homme ». Par exemple, de qui parlons-nous quand nous défendons les droits de l’homme ou quand nous parlons des sciences de l’homme ? Non seulement nous ne disposons d’aucune réponse claire à cette question, mais nous ne savons pas dans quelle direction aller ni selon quelle démarche engager la recherche.

Dans la cacophonie ambiante, nous ne disposons plus des éléments d’orientation que fournissaient les anciennes autorités (comme la religion) tombées en désuétude, mais c’est aussitôt pour nous en réjouir puisque la démocratie, pensons-nous, laisse enfin à l’homme la liberté de penser ce qu’il veut de lui-même.

Et c’est ainsi que, dans notre désir de répondre rapidement à une question somme toute évidente - et parce qu’un forum de discussions n’est pas une succursale de Paris 4 – nous allons ignorer gaiement la philosophie et sauter à pieds joints par-dessus une enquête interminable pour associer, comme allant de soi, l’homme et la modernité. Parbleu ! Les droits de l’homme sont ceux de l’homme moderne. Et il faut bien vivre avec son temps.

Si donc c’est en tant que moderne que l’homme se détermine, alors la question de l’homme n’a plus qu’un intérêt « historique », et - comme nous ne sommes pas non plus historiens - nous pourrons en faire l’économie. D’accord, nous ne savons pas ce qu’est l’homme (grosse prise de tête, très peu pour moi), mais nous savons du moins ce qu’est l’homme moderne puisque nous en sommes. Point barre.

Ah oui, mais alors, si je ne pose pas la question de l’homme (faute de temps, d’énergie, de courage, etc.), comment saurais-je que l’homme moderne est effectivement un homme, un vrai homme ?

Stop ! Assez ! Je sais bien que je suis un homme. C’est du bon sens, et le bon sens sait toujours très bien ce qu’il sait, donc aussi ce qu’est un homme. Un vrai. A-t-on besoin d’aller plus loin ?
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ALM
Banni(e) parce que je le vaux bien
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Lun 18 Fév 2008 - 20:59

Il me vient a l'esprit cette phrase de l'Empereur Alexandre Ier de Russie : ''Celui qui ne reconnait pas que tout ceci vient d'en-haut ne merite pas le nom d'Homme...''. Tiens, c'est un Empereur qui a dit ca, Vindex. Ton idée de fil sur l'Empire est décidément la bienvenue.
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MEDIATOR
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mar 19 Fév 2008 - 3:36

Papy Un jour, un vieux professeur de l'École Nationale d'Administration Publique (ENAP) fut engagé pour remplacer un autre Prof indisponible, pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.

Ce cours constituait l'un des 5 ateliers d'une heure de leur journée de formation. Le vieux prof n'avait donc que ce court temps pour transmettre son enseignement. Debout, devant ce groupe d'élite (qui était prêt à noter tout ce que l'expert allait lui enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : "Je vous propose de réaliser une expérience".

De dessous le bureau qui le séparait des stagiaires, le vieux prof sortit un grand pot de verre de plus de 4 litres qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda : "Est-ce que ce pot est plein ?". Tous répondirent : "Oui".

Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment ?". Alors, il se pencha de nouveau et sortit alors un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis agita légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux... jusqu'au fond du pot. Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question : "Est-ce que ce pot est plein? ". Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège. L'un d'eux répondit : "Probablement pas !". "Bien !" répondit le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla combler les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il redemanda : "Est-ce que ce pot est plein ?". Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent : "Non !". "Bien !" répondit le vieux prof.

Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit alors un pichet d'eau et remplit le pot jusqu'à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : "Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? "

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit : "Cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire".

"Non !" répondît le vieux prof. "Ce n'est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite".

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos. Le vieux prof leur demanda alors :

"Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxer ? Prendre le temps... ? Ou... tout autre chose ?

Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir... sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie. Alors, n'oubliez pas de vous poser à vous-même, la question : Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ? Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)"

D'un geste amical, le vieux professeur salua son auditoire et quitta lentement la salle. Space

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grib
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mar 19 Fév 2008 - 11:32

il me semble que l'on peut mettre plus de sable et de gravier avec les douze cailloux dans le pot, en faisant un melange eau-gravier-sable et en alternant une couche du mélange suffisament fluide avec des cailloux et ainsi de suite pour qu'arrivé au bord du pot on puisse placer encore deux cailloux qui seraient stables hors du pot, alors que du sable sec se deverserait.
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el spirito
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mar 26 Fév 2008 - 21:14

Un bon dessin vaut mieux qu'un long discours....ce prof est une perle!!!! Hep
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Jeu 28 Fév 2008 - 2:35

Ô Mediator... On dirait cette vieille série de quand j'étais un kid : Kung Fu !! Je me sens Petit Scarabée... Amen
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Le Bordelleur
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Jeu 28 Fév 2008 - 3:19

S'il y a des cailloux qui dépassent
Sors le marteau
Réduis les en miette
Et tout rentrera dans l'ordre

------------------------------------------------------------------------
Citation:
Un proverbe nord-coréen, non ?


Je plussoie MDR. Effectivement c'est bien dans l'esprit Nord Coréen...
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mer 5 Mar 2008 - 11:01

Entre l’homme – pouvons-nous dire homme pré-moderne, homme traditionnel ou homme tout court ? – et l’homme moderne dont nous ne savons qu’il est un homme que parce qu’il est moderne, entre l’absence et la présence de la conscience de soi (qui permet de réclamer des droits), avons-nous affaire au même substantif ? L’homme comme espèce vivante et pensante, comme animal rationnel, l’homme comme nature et substance, doit céder la place à un autre genre d’être. Et encore cette dernière expression convient-elle ? En effet, si l’homme (ancienne version) se définissait selon le genre et l’espèce, selon la différence spécifique, si l’homme était dit communément « être ceci » ou « être cela » ou simplement « être », la philosophie moderne en vint finalement à rejeter toutes ses expressions que la philosophie classique avait chargée de sens, et selon lesquelles le langage ordinaire s’articule. On alla donc jusqu’à rejeter le vocable homme, pour le remplacer par la conscience-de-soi, la volonté de puissance, le Dasein, etc.

Le sentiment ou la conscience d’être moderne ; il n’est pas un seul d’entre nous, même le plus « réactionnaire », même le plus à « droite », même le plus ennemi du « monde moderne », même le plus guénonien, surtout le plus guénonien [parce que Guénon est – ô combien – un symptôme de la modernité] qui ne l’éprouve et ne l’éprouve comme une grâce. Le sentiment de cette grâce douce-amère peut être plus ou moins doux, plus ou moins amer, il ne nous quitte pas ; en tant que modernes, nous nous sentons supérieurs à ceux qui nous ont précédés.

Même dans l’humiliation (mêlée d’admiration) que nous éprouvons devant le Parthénon ou la cathédrale de Chartres, devinant qu’il nous est devenu impossible aujourd’hui de produire de telles œuvres, même dans la reconnaissance de notre infériorité, nous gardons la conscience et le plaisir secret – inavoué – de notre supériorité de modernes. Nous ne sommes plus au temps de Platon ou de Maître Eckart, mais nous sommes devenus « historiques » par la modernité qui fait l’homme. Les anciens pouvaient avoir plus de grandeur, de force créatrice, de sens de la beauté, de sens du salut, il leur manquait cette conscience qui nous est propre de vivre dans l’histoire (peut-être même de la faire).

Qui a eu une fois ce sentiment – nous l’avons tous *– il en est marqué et, si modeste qu’il soit, glorieux à jamais.

[* même les "Maîtres" dingo autoproclamés]
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Apolitique
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mer 5 Mar 2008 - 13:48

Devant toute cette sagesse, je vais tenter d'apporter mon grain de sable (histoire de rester dans la même metaphore Laughing). En ce qui me concerne, je verrais plutôt les choses comme cela : "Homme moderne" : Je pense qu'il faut s'attarder ici sur le sens du mot "moderne". A partir de quand l'homme est-il considéré comme moderne ? Quelle est la date charnière qui détermine la naissance de l'homme moderne ? "Homme moderne" signifit-il absence d'"Homme "classique"" ? Qu'est ce que la modernité ?

Beaucoup de questions se posent... Mais mon faible niveau de connaissances philosophiques m'interdit de donner un élément de réponse à ces questions puisque je sais déjà que cet élément risque fortement d'être faux Mad Vous me suivez ? Pour moi, il y a un lien entre "Homme moderne" et "Société moderne" de sorte qu'un homme moderne est un homme qui applique les principes de la Société moderne (consommation à outrance, individualisme, recherche de la facilité, jouissance matérielle, etc...)

Vindex a écrit:
(...)nous nous sentons supérieurs à ceux qui nous ont précédés.(...)

[Avant de réagir à ce propos, je tiens à préciser que je ne suis pas pour un retour à une Société archaïque.]

Je n'ai pas l'impression de me sentir supérieur à ceux et celles qui étaient présents avant nous. Au contraire, je pense que plus la Société avance dans la modernité que j'appellerais "contingente" plus l'Homme est aspiré par elle et par conséquent est éloigné des "vraies" valeurs. L'Homme moderne est perverti par la Société moderne. Les Hommes précédents, n'avaient pas cette perversion en eux et c'est pour ça que je ne les méprise pas et meme c'est pour ça que je les respecte. Je pense que si la Société continue d'évoluer de cette manière, un jour viendra où les gens adopteront un mode de vie en rupture avec les aspects nefastes de la modernité. Ce qui commence déjà à venir...
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"L'innovation a besoin de situations sociales extrêmes. Tant que les hommes mènent une vie répondant à la normalité, ils inventent peu. Mais lorsque les circonstances s'améliorent ou se détériorent sensiblement, l'innovation apparaît"

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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mer 5 Mar 2008 - 14:22

Je suis assez d'accord avec Apolitique, et perplexe devant le post de Vindex. D'abord l'emploi du "nous" me paraît incongru. Vindex, si vous vous sentez effectivement supérieur aux anciens, cela ne vous autorise pas pour autant à prêter cet état d'esprit à tout un chacun.

Je ne me sens, pour ma part, supérieure en rien aux générations passées, des très anciennes aux plus récentes. Et je ne crois pas que l'humanité actuelle ait des raisons de se sentir supérieure à elles. Ni inférieure d'ailleurs.

Le simple fait de supposer des degrés d'infériorité ou de supériorité au sein de l'humanité, que ce soit dans l'espace ou dans le temps — j'insiste sur ce point —, est une pensée qui m'est profondément étrangère.

Quant à la conscience de la modernité (j'appelle plutôt cela l'illusion d'une modernité), d'être "historique", je ne vois pas en quoi son absence chez les anciens pourrait être assimilé à un manque. J'y vois plutôt, moi, le signe d'un rétrécissement du champ de conscience humaine, une fâcheuse illusion menant l'homme à porter sur le passé un regard forcément faussé et injuste. Une excroissance poussée sur la connerie humaine et dont celle-ci n'avait pas besoin, en plus.

Dès qu'on parle, en matière d'homme ou d'humanité, de supérieur ou d'inférieur, c'est curieux, la supériorité est toujours du côté de celui qui parle, ou du lieu ou du temps où il se situe. Trop facile.
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MEDIATOR
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mer 5 Mar 2008 - 18:50

Le concept d'Homme est apparu récemment dans l'histoire, il disparaîtra ainsi le moment opportun.

Encore un effort Vindex pour être "anti-humaniste" ! Smile


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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mer 5 Mar 2008 - 18:54

Vous ne m'avez pas compris, Nada, ce n'est pas moi qui me sent supérieur aux anciens, c'est - en chacun de nous - l'homme moderne que nous sommes, depuis le début de l'histoire qui nous a chassé des sanctuaires de l'origine. C'était même le contempteur du monde moderne que je suis qui s'exprimait avec une amère ironie. Ce que je voulais dire, c'est que nous nous sentons encore supérieurs quand nous nous croyons inférieurs. J'y reviendrai. C'est au contraire un chemin d'humilité que je voulais indiquer. Et que je vais poursuivre sur ce fil.
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mer 5 Mar 2008 - 19:32

Citation:
Le sentiment ou la conscience d’être moderne ; il n’est pas un seul d’entre nous, même le plus « réactionnaire », même le plus à « droite », même le plus ennemi du « monde moderne », même le plus guénonien, surtout le plus guénonien [parce que Guénon est – ô combien – un symptôme de la modernité] qui ne l’éprouve et ne l’éprouve comme une grâce. Le sentiment de cette grâce douce-amère peut être plus ou moins doux, plus ou moins amer, il ne nous quitte pas ; en tant que modernes, nous nous sentons supérieurs à ceux qui nous ont précédés.


VINDEX, je ferai quelques remarques, assez différentes les unes des autres.

D'abord, Guénon n'est pas un symptôme de la modernité. je dirais qu'il y a deux aspects de son oeuvre, dont l'un est au contraire une manifestation de l'Eternité, et c'est celui qui concerne la métaphysique et le symbolisme. Mais en un sens, on peut dire qu'une partie importante de son oeuvre est un "symptôme de la modernité". Je ne dirais pas que j'aimme vraiment cette expression, mais tout ce qui concerne la crise du monde moderne et les signes des temps est bien un symptôme de la modernité.

Ensuite, on ne peut oublier que, au point de vue traditionnel, l'expression "homme véritable" désigne un très haut niveau spirituel devenu fort rare. Ai-je rencontré des hommes véritables ? Peut-être, en Orient. Mais si je sais que mon Maître de Karaté est un homme, suis-je sûr d'en être un ?

Ensuite, je me placerai à un niveau très différent, et beaucoup plus accessible. J'aime beaucoup le cinéma. Les acteurs d'une certaine génération, pour moi, étaient des hommes. Et ils le sont toujours. Je pourrais citer, juste pour illustrer, certains acteurs qui m'ont marqué, Burt Lancaster, Kirk Douglas, Orson Welles, John Wayne, Gary Cooper, Jean Gabin, Lino Ventura, etc. Je pourrais en citer beaucoup d'autres. Et puis, il y a eu une autre génération d'acteurs qui ne m'ont jamais donné l'impression d'être des hommes, mais des garçons: Brad Pitt, Johnny Depp en sont des représentants typiques.

Et lorsque je parlais de cela à un ami qui a comme moi la quarantaine passée, nous avons conclu ensemble que les "hommes" de notre génération étaient des garçons, non des hommes. Et nous nous incluions dans cet ensemble.

Donc c'est une impression. Je viens de voir un film terrible et extraordinaire. Un des films de guerre les plus durs que j'ai vus, Requiem pour un massacre, d'Elem Klimov, film soviétique de 1985. On y voit un garçon, un adolescent, se transformer en vieillard au spectacle des horreurs qui ont lieu. J'avais envie d'en parler à la rubrique cinéma, ce que je ferai peut-être. Mais je retiens cette idée d'adolescents qui deviennent des vieillards. Mais ceux qui le deviennent parmi nous ne le deviennent pas à cause de la guerre, mais au contraire de l'étrange paix contemporaine.

Voilà. Ce qui ressort de ces remarques, c'est que les hommes sont devenus de plus en plus rares. Ce serait évident si on faisait référence aux qualités spirituelles et intérieures des anciens. Mais même en prenant pour référence les visages et les voix qui ont marqué le cinéma du siècle dernier, cela me parait évident et comme palpable. En tout cas, c'est la perception que j'en ai. Quant à la fierté d'être moderne, c'est une chose que je dois reconnaitre n'avoir jamais ressenti. Sinon, je retiens avec reconnaissance l'histoire des caillous de MEDIATOR. C'est une histoire à ne pas oublier. J'espère ne pas avoir oublié de mettre les principaux caillous. Si Dieu le veut.
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Apolitique
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Mer 5 Mar 2008 - 19:39

Vindex a écrit:
Ce que je voulais dire, c'est que nous nous sentons encore supérieurs quand nous nous croyons inférieurs.

Question

Je pense qu'on peut vivre dans une Société moderne sans pour autant avoir les attributs d'un Homme moderne.Je me considère comme un homme moderne (et j'essais de ne pas appliquer les effets nefastes de cette modernité), ce n'est pas pour cela que je me sens supérieur aux "Anciens". Je pense que ce sont deux choses incomparables car elles sont sorties de leur contexte.

Pour finir, je ne me sens ni supérieur ni inférieur aux "Anciens", j'estime que j'évolue dans une conjoncture différente, ce qui ne me permet donc pas de faire de comparaison comme je viens de le dire. Concernant la définition d'Homme, je pense que beaucoup de définitions de mots évoluent ou changent radicalement avec le temps. A mon sens, l'"Homme" fait partie de ces mots. Il n'y a pas, pour moi, de définition universelle pour ce mot.
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Jeu 6 Mar 2008 - 23:06

Vindex a écrit:
Vous ne m'avez pas compris, Nada, ce n'est pas moi qui me sent supérieur aux anciens, c'est - en chacun de nous - l'homme moderne que nous sommes, depuis le début de l'histoire qui nous a chassé des sanctuaires de l'origine. C'était même le contempteur du monde moderne que je suis qui s'exprimait avec une amère ironie. Ce que je voulais dire, c'est que nous nous sentons encore supérieurs quand nous nous croyons inférieurs. J'y reviendrai. C'est au contraire un chemin d'humilité que je voulais indiquer. Et que je vais poursuivre sur ce fil.

Si ce qui précède est une clarification, je crois au contraire que j'avais bien compris. Ça ne m'incite pas à dévier de ce que j'écrivais précédemment, à savoir que votre emploi du "nous", du "en chacun de nous", me semble abusif. Quant à "se croire inférieur", cela me semble relever de la même problématique, dans laquelle après tout il vaut mieux que je n'entre pas, tant elle m'est étrangère. Je laisse donc cette discussion à ceux qui manient mieux que moi cette dialectique hiérarchisée.

Edit du 6 mars : Si je peux me permettre, le sujet de ce fil est "un homme, un vrai". Pas "qu'est-ce qu'un homme moderne ?" Les propos ont dérivé vers une notion de modernité qui mériterait il est vrai qu'on ouvre un sujet spécialement pour elle, mais dont il n'est pas spécialement question ici.

Selon que l'on donnera au mot "homme" le sens vir ou homo, le débat pourra s'orienter différemment. C'est à dessein — tout en recalant les discours dans leur trajectoire initiale — que je laisse cette distinction de côté : ce double sens me paraît également présider à l'enseigne de ce forum et c'est très bien ainsi. Dans les deux cas, la notion de "vrai homme" m'intéresse au plus haut point. Je vous invite donc à donner vos avis. Il peut être utile de préciser, soit dit en passant, le sens que prendra le mot "homme" dans votre propos. Je sais bien que depuis le début de ce fil, c'est plutôt du sens homo qu'il est question. Mais l'ambiguïté vir/homo est contenue dans le titre même. Il n'est donc pas interdit de prendre l'une ou l'autre direction.
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Apolitique
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Ven 7 Mar 2008 - 23:34

Si par "Un Homme un vrai", on pose la question : "Qu'est ce qu'un homme ?", sans vraiment répondre à la question de fond, j'essai d'y répondre sur la forme. Pour moi, les définitions d'"Homme" ou de "Femme" sont liées à la conjoncture dans laquelle la personne qui définit ces mots évolue. En effet je pense que la définition d'un Homme à l'antiquité grèque est différente à celle d'aujourd'hui car les critères de définition n'étaient pas les mêmes. De même qu'a travers l'espace, la définition d'Homme peut varier selon les "critères asiatiques ou européens par exemple" Par conséquent, je pense qu'avant de tenter de donner une définition de l'Homme, il faudrait chercher quels sont ces critères contemporains qui permettent d'élaborer une telle definition.

Pour conclure, je ne pense pas qu'il y ait une définition universelle de l'Homme qui puissent convenir à tout les segments spacio-temporels de notre Histoire commune. Donc sans vraiment répondre à la question, il est justement pour moi très difficile d'y repondre car ces "critères" permettant d'éloborer une définition ne sont pas figés dans l'espace et le temps. Alors, dès, qu'on essai de répondre à la question "Qu'est ce qu'un Homme" on peut donner une réponse qui serait "bonne" au moment "M" mais sans doute pas au moment "M-1" ou "M+1". Mais moi je dis ça, je dis rien...
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MessageSujet: PSEUDO PROGRES   Sam 15 Mar 2008 - 17:50

I) Par rapport à la légère digression sur la question de la (prétendue) « supériorité » des modernes par rapport aux anciens :
Apolitique a écrit:
Vindex a écrit:
(...) nous [« modernes »] nous sentons supérieurs à ceux qui nous ont précédés.(...)

(...)
Je n'ai pas l'impression de me sentir supérieur à ceux et celles qui étaient présents avant nous.
Au contraire, je pense que plus la Société avance dans la modernité que j'appellerais "contingente" plus l'Homme est aspiré par elle et par conséquent est éloigné des "vraies" valeurs. L'Homme moderne est perverti par la Société moderne. Les Hommes précédents, n'avaient pas cette perversion en eux et c'est pour ça que je ne les méprise pas et même c'est pour ça que je les respecte.

Cioran (1911-1995) dans Précis de décomposition (1949), Chap. « Le décor du savoir » :
Citation:
Nos vérités ne valent pas plus que celles de nos ancêtres. (…) Le Savoir – en ce qu’il a de profond – ne change jamais : seul son décor varie. (…) Un attirail de formules remplace seulement la pompe des anciennes légendes, sans que les constantes de la vie humaine s’en trouvent modifiées, la science ne les appréhendant guère plus intimement que les récits poétiques.

(…) Pour ce qui est des grands problèmes, nous n’avons aucun avantage sur nos ancêtres ou sur nos devanciers plus récents : on a toujours tout su, au moins en ce qui concerne l’Essentiel ; la philosophie moderne n’ajoute rien à la philosophie chinoise, hindoue ou grecque.

Hegel est le grand responsable de l’optimisme moderne. Comment n’a-t-il pas vu que la conscience change seulement ses formes et ses modalités, mais ne progresse nullement ? Le devenir exclut un accomplissement absolu, un but : l’aventure temporelle se déroule sans une visée extérieure à elle, et finira lorsque ses possibilités de cheminer seront épuisées.

Le degré de conscience varie avec les époques, sans que cette conscience s’agrandisse par leur succession. Nous ne sommes pas plus conscients que le monde gréco-romain, la renaissance ou le XVIIIe siècle ; chaque époque est parfaite en elle-même – et périssable. ***

Il y a des moments privilégiés où la conscience s’exaspère, mais il n’y eut jamais éclipse de lucidité telle que l’homme fût incapable d’aborder les problèmes essentiels, l’histoire n’étant qu’une crise perpétuelle, voire une faillite de la naïveté.

*** + = Nietzsche (1844-1900) dans L’antéchrist (1888), §4 :
Citation:
L’humanité ne représente pas un développement vers le mieux, vers quelque chose de plus fort, de plus haut, ainsi qu’on ne le pense aujourd’hui.

Le « progrès » n’est qu’une idée moderne, c’est-à-dire une idée fausse. Dans sa valeur l’Européen d’aujourd’hui reste bien loin au-dessous de l’Européen de la Renaissance. Se développer ne signifie absolument pas nécessairement s’élever, s’intensifier, se fortifier.

En un autre sens, il existe une continuelle réussite de cas isolés, sur différents points de la terre, au milieu des civilisations les plus différentes.

Autrement, le véritable sens de l’histoire du point de vue de « la Tradition » – avec la doctrine des 4 âges : d’or/d’Eden, d’argent, de bronze et de fer (ou âge sombre) – est un sens involutif… c’est-à-dire que du point de vue civilisationnel/spirituel, ce sens plutôt que d’évoluer vers le progrès (ou quelque âge d’or), au contraire, tend à s’éloigner d’un principe supérieur avec le temps, et par conséquent – excepté du (seul) point de vue du progrès technique – à régresser de plus en plus… :
http://vraishommes.frbb.net/pluriversum-f12/la-fin-du-monde-en-2012-t2685.htm#55953

Nada a écrit:
Dès qu'on parle, en matière d'homme ou d'humanité, de supérieur ou d'inférieur, c'est curieux, la supériorité est toujours du côté de celui qui parle, ou du lieu ou du temps où il se situe. Trop facile.

Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p. 210 :
Citation:
« Chaque génération vit dans l'absolu, c'est-à-dire qu'elle réagit comme si elle était parvenue au sommet de l'histoire.
Le grand secret de tout : se sentir le centre du monde. C'est exactement ce que fait chaque individu. » *

* Repris dans De l’inconvénient d’être né, chap. VIII (1973) :
« Chaque génération vit dans l'absolu : elle se comporte comme si elle était parvenue au sommet, sinon à la fin de l'histoire. »


II) Sinon la formation d’un « vrai homme » passe nécessairement par une certaine (véritable) éducation (assez différente de celle "moderne" actuelle)…

Dans les sociétés Traditionnelles il y a des rites de passages (parfois doublés d’épreuves physiques risquées) qui permettent le passage (de l’adulte) à l’état d’homme "véritable" (entraînant une sorte de saut qualitatif psychologique de maturation intérieure)…

Dans les sociétés modernes, les rites de passages traditionnels ayant quasiment disparu (sans doutes pas jugés assez « égalitaires » ou « démocratiques »), les individus (en particulier masculins) sont prolongés dans une espèce d’état adolescent(rique) voire infantile, atteints (d’immaturités psychologiques chroniques) quasi-indéfini... cela même quand ils se croient « adultes »…

De sorte que cette phrase de l’eugéniste du biologiste, prix Nobel de médecine, Alexis Carrel (1873-1944), semblerait plus que jamais "moderne" d’actualité :
Citation:
« Beaucoup d’individus, soit en France, soit aux Etats-Unis, ne dépassent pas l’âge psychologique de dix ans. La majorité n’atteint jamais la majorité mentale. » (Réflexions sur la conduite de la vie, p.12)

Ceci pouvant expliquer cela… (en premier lieu certains résultats « électoraux »…)

Pour le métaphysicien Frithjof Schuon (1907-1998) un « homme véritable », vraiment équilibré et viril, est aussi un homme ayant conservé (ou bien intégré) sa part enfant(ine)... cela, contrairement à ceux qui se prennent vraiment au sérieux pour soi-disant "adultes"...

Ainsi qu’il l’écrit dans L’œil du cœur (Gallimard 1950; seconde édition (revue et corrigée), Dervy-Livres, 1974 ; troisième édition, L'Âge d'Homme, 1995), au chap. « De l’oraison et de l’intégration des éléments psychiques », p. 123 :
Citation:
Dans trop de cas, la possibilité psychologique de l’enfance n’arrive pas au terme de son épanouissement normal ; la manifestation nécessaire de cette possibilité est arrêtée, le plus souvent, par les méfaits de l’éducation scolaire, et subsiste comme étouffée ou écrasée, ou semblable à un noyau rétréci et durci, durant tout le développement ultérieur de l'individu.

D’où un déséquilibre psychique qui se manifestera par l'absence apparente de l'élément enfantin d'une part, et par des réactions enfantines d'autre part, réactions que ne subira pas l'homme équilibré, puisque sa possibilité virile se sera intégrée la possibilité enfantine, et que celle-ci sera comme l'arrière-plan de sa virilité.

La virilité – virtus – est toujours l'aspect et le fait d'un équilibre ; l'homme qui n’est qu'adulte, c'est-à-dire qui l'est à l'exclusion de tout élément enfantin, ne l'est qu'imparfaitement et en quelque sorte par incapacité de rester enfant ; or, une incapacité n’est jamais une supériorité.

Il faut dépasser l'état d'enfance par intégration, par « digestion » si l’on peut dire, et cette nécessité est déjà indiquée par le fait qu'il y a une parfaite continuité entre les différents âges ; cela signifie que l'individu doit jouir à tout âge de tout ce que les âges précédents comportent de positif, et qu'il réagira donc à l'égard des événements, non pas d'une manière qui dépendra étroitement de son âge, mais en plein équilibre, unissant par exemple la spontanéité de la jeunesse à la pondération de l'âge mûr ; en d’autres termes, il possédera son « moi » temporel à l'état intégral ; toute attitude positive, qu'elle soit enfantine ou autre, est nécessaire et précieuse.

Du fait de cette carrence, sur la pathologie engendrée sur les hommes (lourdeur), voir la citation de (Nicole Debrie citant elle-même) Céline tout à la fin de ce post
_________________
"Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline)
"N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)


Dernière édition par JOHN le Ven 13 Juin 2008 - 22:15, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Un homme, un vrai   Sam 15 Mar 2008 - 23:52

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir

Si tu peux être amant sans être fou d'amour
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et te sentant haï, sans haïr à ton tour
Pourtant lutter et te défendre

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
travesties par les gueux pour exciter les sots
Et d'entendre sur toi mentir leur bouche folle
Sans mentir à ton tour d'un mot

Si tu peux rester digne en étant populaire
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Si tu peux aimer tous tes amis en frères
Sans qu'aucun d'eux ne soit tout pour toi

Si tu peux observer, méditer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, mais sans jamais laisser le rêve être ton maître
Penser sans n'être qu'un penseur

Si tu peux être dur sans être en rage
Si tu peux être brave sans être imprudent
Si tu peux être bon, si tu peux être sage
Sans être moral ni pédant

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront

Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et ce qui vaut mieux que les rois et la gloire
Tu seras un homme, mon fils

Rudyard Kipling
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Un homme, un vrai

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