| | Les Quatre Sens de la vie | |
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Lutfi A la recherche du grand Tout


 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 1298 Localisation : Stratosphère
| Sujet: Les Quatre Sens de la vie Mar 25 Mar 2008 - 8:32 | |
| Les quatre sens de la vie est le titre d'un des ouvrages les plus importants d'Alain Daniélou, et on peut le concevoir en se référant au seul titre, puisqu'il s'agit des quatre buts de la vie humaine selon la tradition hindoue.
On peut facilement concevoir que la crise de notre époque, selon les doctrines traditionnelles, résulte de l'oubli de ces quatre sens ou tout au moins de leurs rapports hiérarchiques.
Ces quatre sens sont généralement présentés dans l'ordre suivant: Artha qui est la recherche de la richesse, de la fortune, au sens économique du terme Kâma qui est le plaisir, et notamment le plaisir sexuel Dharma que l'on pourrait traduire imparfaitement comme l'accomplissement de la vertu, des actes justes, en accord avec la Loi divine Moksha la Délivrance, c'est-à-dire la Réalisation métaphysique.
Il peut être intéressant de souligner que ces quatre sens correspondent rigoureusement à la doctrine de l'Islam: le Prophète fut un commerçant, et donc rechercha la richesse. Il fut marié, et selon son enseignement, le plaisir sexuel, dans son cadre légitime, est une bonne action. Pour ce qui est de l'accomplissement de la vertu, cela se passe d'explications: il est évident que toute religion enseigne à se comporter de manière juste. Et, en ce qui concerne la Délivrance, elle est le but du Taçawwuf, ou Soufisme.
On remarquera que la situation de l'Occident moderne est sous ce rapport anormale, puisque la Délivrance n'est même pas envisagée. Elle peut l'être par des individus, bien sûr, et en général il s'agit de personnes qui ont connaissance des doctrines orientales, mais, à l'échelle de la société, la Délivrance est totalement ignorée, même dans l'enseignement religieux, dont l'objet se limite généralement à la considération de ce que la doctrine hindoue appelle Dharma.
Pour ce qui est du plaisir, on pourrait dire que, au contraire, il semble être devenu l'objet principal de toutes les recherches, seulement il l'est en dehors de la religion, et même souvent en opposition avec elle. Ceci poserait d'ailleurs de nombreuse questions sur la manière dont fut compris le Christianisme, surtout après le Moyen Âge.
Quant à la richesse, il faut rappeler que l'Eglise n'a jamais considéré que le fait de gagner de l'argent soit illégitime en soi, que d'ailleurs, dans la Bible, le Prophète Salomon est montré comme fort riche, et que cela est présenté en bien. Et on peut rappeler aussi que dans beaucoup de paraboles du Christ il est question d'un Maître et de ses serviteurs, et qu'aucune de ces paraboles ne remet en cause le rapport hiérarchique normal. Sans parler de la parabole des talents qu'il est difficile d'interpréter dans un sens égalitariste, même si il est évident que l'argent y symbolise tout autre chose.
De tout ceci, il découle clairement que l'idée de nivellement par le bas n'est pas légitime sur le plan traditionnel, et que l'idée que la richesse soit coupable est injustifiable sur le plan éthique. Evidemment, je reviens, sur ce point, à des discussions qui ont eu lieu sur d'autres fils, mais dans un contexte polémique qui ne permettait pas d'arriver à une véritable clarification, puisqu'il s'agissait de discussions en rapport avec des faits d'actualité. Or ici, il ne s'agit pas d'une question d'"actualité" au sens que l'on donne habituellement à ce mot aujourd'hui: c'est bien sûr une question d'actualité, dans le sens où c'est une question d'actualité permanente. Mais elle est bien évidemment indépendante de ce que l'on peut penser de tel ou tel événement contemporain, puisqu'il s'agit d'une question de principe.
L'oubli de la Délivrance, de Moksha, qui est la raison d'être suprême de l'existence humaine, est la raison pour laquelle le monde moderne est illégitime, et on peut même ajouter que si cet oubli était réparé, le monde moderne cesserait immédiatement d'être le monde moderne, car c'est cette ignorance qui le définit. Mais il est évident que l'on pourrait aller très loin dans l'analyse et la compréhension de la crise de notre époque en l'étudiant à travers le prisme des quatre sens de la vie, et de leur rapport avec les différentes castes. |
|  | | JOHN Austère anachorète


   Age : 32 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 828 Localisation : Un monde de (sales) cons
| Sujet: QUESTION DU SENS DE LA VIE Ven 28 Mar 2008 - 0:03 | |
| Le post de Lutfi, semble poser la question du « sens de la vie » en fonction (de la doctrine) des castes (du point de vue de la « doctrine Traditionnelle ») ; cela dans la mesure où chacune a ses propres valeurs avec son mode ou style de réalisation propre… Ce qu’Evola a souvent illustré en donnant cet exemple : qu’un paysan fidèle à sa fonction – relativement à sa caste (et aux valeurs/lois de celle-ci) – est supérieur à un Roi qui trahirait sa fonction…
Mais d’un point de vue plus général/classique, sur la question (ô combien fondamentale et « philosophique ») du « sens de la vie » (tout court), déjà pour permettre de vraiment y répondre, il faudrait pouvoir connaître la réponse à (la question de) « l’origine de la vie »… Or à ce sujet (force est de constater que) c’est l’ignorance... le flou total !... On l’oublie trop souvent... Tout au mieux les dernières révélations théories de la "SCIENCE MODERNE" que se succédent les unes aux autres (et qui ne répondent à rien)...
Question (de l’origine de la vie) à laquelle, d’un côté, les religions (en particulier plus certaines que d’autres) prétendent apporter leurs révélations réponses…
Tandis que (du côté de) « la science » – malgré des progrès techniques considérables dans divers domaines (énergie atomique, envoyer des sondes vers d’autres planètes, etc.) – n’a toujours pas donné de réponse (ni de « preuve ») satisfaisante de cette origine… Seulement des « théories » !... que se partagent les partisans du « hasard » d’un côté ; et de l’autre ceux qui rejoignent (plus ou moins) l’idée (néo-"religieuse") d’une intelligence (ou d’une force) « supérieure » à l’origine de la vie et de l’univers…
Tant qu’on n’a pas répondu une bonne fois pour toute à cette question (de l’origine de la vie), comment pouvoir répondre sérieusement à celle de son « sens » ?!... ***
Et c’est précisément parce que ni l’une (religion) comme l’autre ("science") n’ont prouvé trouvé de réponse, que le monde a pu être partagé (ou divisé) entre tant d’idéologies... bien qu’actuellement ce soit celle de la « démocratie de marchés de cons(ommation) » qui domine – car c’est celle qui a triomphé et s’est imposée via les USA – depuis 1945… Les idéologies étant elles-mêmes des sortes (de substitues des (réponses apportées par les)) religions…
*** Comme on ne peut compter sur la science ** (pour donner une réponse) – laquelle « répond » par de jolies « essais » plus ou moins « vulgarisés » (sorte de littérature scientifique) nous étalant les belles (dernières) théories sur l’univers et sa naissance, etc. – ne reste plus alors plus que la (spéculation) métaphysique… (ou bien le deuil – conscient ou non – de trouver un jour une réponse…)
** Celle-ci ne pouvant décrire que des processus (sans jamais pouvoir en donner l’explication ou la raison... sinon par l’identification de « forces » naturelles W, Y, Z, mais sans donner l’explication finale de ces forces) ; au mieux identifier des lois… Pour celles de la vie il s’agit de : 1° (la lutte pour) la survie biologique ; 2 ° (la lutte pour) la reproduction/perpétuation de sa race « l’espèce » : chaque race société se développe à partir de ces deux lois/bases… ou bien disparaît… _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran) |
|  | | Lutfi A la recherche du grand Tout


 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 1298 Localisation : Stratosphère
| Sujet: Re: Les Quatre Sens de la vie Ven 28 Mar 2008 - 7:25 | |
| Ce que dit Evola sur la supériorité d'un paysan qui est vraiment un paysan sur un roi qui n'est à la hauteur de sa fonction est important. Evola a parlé d'équation personnelle, et il est possible qu'il ait voulu ainsi traduire le mot sanskrit Swadharma, qui désigne la loi propre d'un être. Le Swadharma est en fait le Dharma appliqué à l'individu, ou éventuellement à une communauté d'individus.
Pour ce qui est des sciences, je crois qu'il est trop évident qu'elles ne peuvent donner la réponse sur le sens de l'existence, parce que leur objet, c'est essentiellement le "comment", non le "pourquoi". Les religions donnent une réponse, mais en fait, on pourrait aussi dire qu'elles donnent un substitut de réponse, pour la masse, et que cette réponse est insatisfaisante pour tout intellectuel. Il y a un proverbe chinois qui dit: "Honorez la religion, défiez-vous des religions."
Et sur le mot "révélation", il faut rappeler que ce mot a le double sens de "voiler" et de "dévoiler", c'est-à-dire que les religions voilent et cachent la vérité en même temps.
Est-ce qu'il ne reste plus que la spéculation métaphysique, John? En un sens oui, je crois, qu'il ne reste que la métaphysique. Mais justement, les traditions orientales supposent qu'il est possible d'aller au delà de la spéculation pour entrer dans la réalisation métaphysique. On peut se demander si Nietzsche n'a pas assenti cela lorsqu'il a parlé du Surhomme, parce que le mot Sur-homme a été appliqué aussi au Sage taoïste, donc au Réalisé.
On peut ajouter que les traditions orientales connaissent le cas de personnes qui ont suivi une voie de réalisation métaphysique, mais qui, à un moment, ont apparement sombré dans la folie, ce qui ne signifie pas qu'elles n'aient pas atteint un certain niveau de réalisation. Cela pourrait expliquer la folie de Nietzsche à la fin.
Mais sur le sens ultime de la vie, oui, je crois que la réponse ne peut être que dans la métaphysique.
Les sociétés modernes, issues de la Révolution Française se posent uniquement des questions relatives aux moyens d'existence, et en fait, elles n'envisagent guère que deux sens dans la vie: Artha, la fortune, et Kâma, le plaisir. Cela peut-être mis en rapport avec la domination des Vaishyas, dont le rapport avec la fortune est trop évident, puisque c'est la caste des commerçants, et le plaisir avec les Shudras.
Au contraire, une société dominée par les Brahmanes maintient que le sens de l'existence, c'est justement de poser cette question. Un homme était venu voir Shrî Ramana Maharshi et lui demanda pourquoi le monde avait-il été créé. Shrî Ramana Maharshi a répondu: "pour poser cette question."
Ce qui fait la différence entre l'Inde, par exemple, et les sociétés occidentales modernes, c'est que l'inde maintient que le but de l'existence, c'est de poser cette question, c'est la recherche spirituelle.
C'est important si l'on considère les critiques occidentales sur l'Inde, quand ce sont des critiques sociales. Des Occidentaux vont critiquer des "injustices", sans jamais se demander si ce sont de vraies injustices, d'ailleurs, mais, même quant il s'agit de vraies injustices, sans se rendre compte que leur critique porte à faux, parce que ce n'est pas la question.
Il est trop évident que si toutes les "injustices" sociales étaient résolues demain, cela ne résoudrait en rien la question de l'être. Qui suis-je? Pourquoi suis-je en ce monde? Si c'est la question urgente, c'est d'elle que nous devons nous occuper de toute urgence. |
|  | | Lutfi A la recherche du grand Tout


 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 1298 Localisation : Stratosphère
| Sujet: Re: Les Quatre Sens de la vie Ven 28 Mar 2008 - 7:51 | |
| Bon, je reviens sur quelques questions relatives à nos échanges avec Maggle, pour déblayer un peu le terrain, si nous voulons revenir à la question qui a été posée sur le fil TIBET.
Si le sens de la vie, c'est Artha, comment puis-je juger ma situation? Si le sens c'est Artha, ce n'est pas terrible, car je voudrais être milliardaire (en Dollars ou en Euros), et ce n'est pas le cas. Si le sens de la vie c'est Kâma, alors, ce qu'il faudrait, c'est que je puisse m'adonner à tous les plaisirs que j'aime, ce qui nécessite a priori Artha, la fortune, mais pas forcément: un homme qui a peu d'argent, mais qui travaille peu, qui vit sous un climat agréable, avec une femme qu'il aime, dans un pays qui donne des fruits exquis me semble plus enviable qu'un millionaire qui travaille beaucoup et n'a même pas le temps de profiter de son argent.
Mais si le sens de la vie, c'est Dharma, les choses prennent un tout autre aspect: la fortune peut être un obstacle et une grande épreuve pour suivre la voie juste, et cela se comprend de soi-même. Et il en va de même du plaisir. Il est trop évident que l'argent et le plaisir sont souvent les pires obstacles à la vertu, surtout si on la comprend avec tout le sens du mot Dharma.
Et si le but, c'est Moksha, qui veut dire la Délivrance de ce monde, on peut rappeler que toutes les traditions spirituelles insistent sur l'importance du détachement. Et il est dit, en général, qu'il y a deux obstacles au cheminement spirituel, qui sont la richesse, et la grande pauvreté. Il y a une prière en Islam, où nous demandons à Dieu de nous préserver de la pauvreté, et de la richesse. La pauvreté est un obstacle, parce qu'elle ne permet pas la contemplation: celui qui a besoin de lutter pour survivre ne peut consacrer de temps aux questions essentielles: quant on meurt de soif, on ne se pose pas la question du sens de l'existence, on cherche de l'eau fraîche. La richesse est un obstacle, parce qu'elle ne fait que renforcer l'attachement à ce monde.
Donc les questions se posent d'une toute autre manière que dans la société moderne. |
|  | | Lutfi A la recherche du grand Tout


 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 1298 Localisation : Stratosphère
| Sujet: Re: Les Quatre Sens de la vie Ven 28 Mar 2008 - 19:20 | |
| Bon, je reviens sur certaines questions, et là, je prend un ton plus personnel, parce que c'est le seul moyen de dire certaines choses. Cela touche à la question du communisme, et à des remarques d'Ananda K. Coomaraswamy et de Daniélou. Mais je préfère en parler à partir d'un point de vue personnel.
Supposons que je prie ce soir, et que Dieu m'exauce, et que ma prière ait consisté à demander le bonheur le meilleur, tel que je le conçois en ce monde. Et que Dieu l'exauce, mais en le donnant à l'humanité entière. Je serais heureux. Et nous aurions tous la même chose. Mais je serais le seul à être heureux vraiment, parce que nous n'avons pas les mêmes goûts. Alors bien sûr, il y a des gens à qui cela plaierait quand même pas mal. Mais je ne crois pas que ce serait la majorité. Et si c'était Maggle, dont la prière était exaucée, c'est pareil: tout le monde ne serait pas heureux, loin de là. Déjà, tant qu'il y aura un seul être humain comme moi, le communisme de Maggle échouera. Parce que le vrai communisme supposerait le bonheur, et que je serais malheureux.
Et ici on rejoint la question des castes et des races, parce que cela joue, énormément. Selon notre caste, et notre race, nous sommes différents, et ce qui fait le bonheur de l'un fait le malheur de l'autre. Farrakhan a dit que le paradis d'un blanc était l'enfer d'un noir. C'est peut-être exagéré, mais il y a une part de vérité là-dedans. Et même pour des races moins différentes, comme les Chinois et les Tibétains, cela ne marche pas. La seule doctrine traditionnelle qui paraisse envisager le communisme comme son idéal social, c'est le Taoïsme, et son communisme a une base raciale.
Il serait trop facile par ailleurs de montrer qu'il en va de même pour les castes, et peut-être même encore plus que dans le cas des races. Et en plus, il faut tenir compte des sous-castes, car en réalité, il y a bien plus de 4 castes, si l'on envisage les degrés.
Si on souhaite vivre un certain communisme de manière authentique, ce ne serait possible qu'avec des gens de sa caste et de sa race.
L'échec flagrant de l'intégration dans les pays occidentaux en est un exemple, et c'est pour cela qu'il y a spontanément du communautarisme, c'est-à-dire comme une restauration parodique des castes. Parodique, ou, en tous cas, très imparfaite.
La différence entre les mentalités humaines va beaucoup plus loin que ne l'imaginent les modernes, et d'ailleurs, il suffit de voir comment la plupart se comportent en Inde, par exemple, pour voir qu'ils fuient tout ce qui leur montrerait que l'"égalité" dont ils sont si infatués n'a jamais existé. Et il faut noter que ce sont les plus égalitaristes qui évitent le plus soigneusement de fréquenter les Indiens. C'est très comique de les voir et de les entendre répéter les poncifs de l'égalitarisme et de l'antiracisme dans un pays dont ils évitent à tout prix de connaître les habitants.
Quant à l'égalité, alors là, évidemment, entre un Brahmane qui conait la métaphysique et dont il est dit que c'est un Déva parmi les hommes, et des gens qui sont fermés à toute spiritualité, et en tout cas ignorants de la doctrine, cela fait sourire.
Oui, à un certain niveau, tous les êtres ont la nature du Bouddha. Mais là, il s'agit de tous les êtres, y compris des animaux.
Et effectivement, quant on sait cela, on sait parfaitement que toutes les tentatives d'assimilation sont condamnées à l'échec en Occident. Les gens qui la souhaitent arriveront peut-être à créer une sorte de Brésil qui est une image du capitalisme absolu, et qui n'est pas pour rien le rêve de Besancenot.
Mais encore une fois, quant on a une réelle conscience de certaines réalités, il est évident que ce projet ne peut conduire qu'à l'échec, et d'autant plus sûrement qu'il n'envisage que la partie la plus grossière des activités humaines, la seule qui se pèse et qui se compte, alors que l'essentiel, justement, c'est ce qui ne se pèse ni ne se compte. |
|  | | JOHN Austère anachorète


   Age : 32 Inscrit le : 09 Déc 2006 Messages : 828 Localisation : Un monde de (sales) cons
| Sujet: Re: Les Quatre Sens de la vie Jeu 3 Avr 2008 - 16:53 | |
| Dans son avant avant dernier post de ci-dessus :
| Lutfi a écrit: | | Au contraire, une société dominée par les Brahmanes maintient que le sens de l'existence, c'est justement de [pouvoir continuer à se] poser cette question. |
= Cioran (1911-1995) : http://vraishommes.frbb.net/filousophie-f36/le-nazisme-de-heidegger-sous-titre-soyons-serieux-t1329-20.htm#22738
| Lutfi a écrit: | | Un homme était venu voir Shrî Ramana Maharshi et lui demanda pourquoi le monde avait-il été créé. Shrî Ramana Maharshi a répondu : "pour poser cette question." |
= Céline (1894-1961) dans Voyage au bout de la nuit (1932), p. 214 (de l’éd. folioplus) :
| Citation: | | C’est triste des gens qui se couchent, on voit bien qu’ils se foutent que les choses aillent comme elles veulent, on voit bien qu’ils ne cherchent pas à comprendre eux, le pourquoi qu’on est là. Ça leur est bien égal. Ils dorment n’importe comment, c’est des gonflés, des huîtres, des pas susceptibles. |
+ dans Entretiens avec le Professeur Y (1955), p. 59-60 :
| Citation: | | Y a que les « crève-la-faim » qui sont réveillés, les autres dorment… tous les gens sûrs du lendemain dorment… on les voit partout, en auto, au bureau, à la campagne, en ville, dans le monde, en croisière… ils se font balader beaucoup… blablater beaucoup, ils ont l’air de faire quelques chose, ils font rien, ils dorment… |
+ Cioran (1911-1995) dans Aveux et anathèmes (1987), chap. « Face aux instants » :
Source : http://vraishommes.frbb.net/boite-a-lettres-f15/caracteristiques-du-genie-authentique-t250.htm#4316 _________________ "Il n’existe dans la nature que quelques rares espèces d’oiseaux pour se démontrer aussi peu instructifs, aussi cons, aussi faciles à duper que ces enfiotés de souchiens d’Aryens…" (Céline) "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran) |
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