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Marxisme, foi, tradition et modernité

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grib
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 19 Jan 2008 - 20:47

Citation:
chez Ibn Arabi joue un rôle prépondérant, et Henry Corbin a été le premier commentateur d'Ibn Arabi à en parler amplement dans son ouvrage-référence (Voir infra : Bibliographie) l'Imagination créatrice dans le soufisme d'Ibn Arabi. Ce livre représente une lecture philosophique à vocation phénoménologique pour explorer un thème central, jamais étudié jusque là. Ce thème est l’imagination qui a donné lieu à l’invention de plusieurs termes connexes comme "imaginal" et "le monde imaginal" ou mundus imaginalis.


désolé, mais n'ayant presque jamais ouvert un livre, je ne pourrais pas poursuivre le discution sur tous ces points....
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 19 Jan 2008 - 21:08

Je t'avoue que je n'ai pas lu Corbin non plus. Ceci dit, ce à quoi je pensais, c'était au modes de la logique, et à ce qui caractérise la logique marxiste.

Pour revenir à celle-ci, je crois qu'il est important de souligner en quoi elle fausse le jugement, en prétendant ramener toutes choses à des considérations économiques. Et il y a aussi une fausseté inhérente à toutes les théories qui présupposent que l'homme est passif, que l'on considère qu'il est mu exclusivement par des facteurs sociaux, par la libido, ou par la génétique. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas une influence réelle de ces choses (facteur social, libido, etc.), mais que cette influence ne peut être exclusive.
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grib
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 19 Jan 2008 - 21:23

bein, moi en croyant, je sais que le vide actuel est un effet fort déplaisant, horrible et sans dimension, impalpable...un enfer moderne, avec fille de joie, pour soutenir le desespoir..
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MAGGLE
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Dim 27 Jan 2008 - 1:22

Beaucoup de choses ont été dites sans que j'intervienne.

Il y aurait trop à dire si je voulais répondre à tous les posts.

J'essaierais donc d'être méthodique en avançant étape par étape.

Voici quelques pages extraites d'une brochure de la CGT qui me semblent synthétiser de façon suffisamment pédagogique certains points de l'analyse marxiste. Sans aller jusqu'à en faire l'alpha et l'omega de tous les rapports humains, êtes-vous néanmoins d'accord avec ceux-ci ? Si non, quelles sont vos objections ?

C'est un peu long mais ça me semble indispensable à la poursuite du débat.














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Protea
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Dim 27 Jan 2008 - 12:35

Lufti, pourrais-tu nous dire où tu as entendu parler du rapprochement entre Ibn'Arabî et Marx ? Je crois qu'un des ouvrages de référence sur la logique (outre La Science de la logique de Hegel) est : La Logique des orientaux de Christian Jambet (Le Seuil, 1983). Je ne l'ai pas lu.

Pour Corbin, le dogme de l'incarnation a autorisé l'inscription de Dieu dans l'Histoire; il aboutit dans le christianisme à la divination de l'Histoire. C'est ainsi que sont nés à l'époque moderne par la laïcisation de la théologie, les philosophies de l'Histoire (Hegel, puis Marx) qui idolâtrent selon lui le devenir des sociétés humaines et légitiment leurs contraintes.

D'autre part, le Dieu unique est compris comme la totalité de ce qui est (et là, il faudrait développer). Aussi chaque créature est-elle appelée à se soumettre à sa loi et à obéir à ses représentants. Ainsi la religion peut se transformer en politique totalitaire. Corbin oppose à cette voie les leçons des gnoses chrétiennes et islamiques où le Dieu caché de l'ontologie intégrale déploie une dramaturgie théogonique.

Il oppose à la "phénoménologie de l'Esprit" de Hegel une "phénoménologie de l'Esprit-Saint comme Ange de l'humanité".
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Dim 27 Jan 2008 - 13:29

Je n'en ai pas entendu parler Protea, c'est une impression que j'ai eue. Donc cela n'engage que moi.
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Dim 27 Jan 2008 - 16:27

Merci Maggle, bonne doc. Je vais lire ça.
En attendant, droit dans le fil, une brève :
///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Le communisme contre l'Eglise


Deux informations s'entrechoquent :


  • La première provient de radio Vatican et relate les terribles violences dont ont été victimes les catholiques vietnamiens qui réclamaient leurs biens confisqués par la dictature communiste.
  • L'autre nouvelle, c'est la restitution par le gouvernement tchèque des biens spoliés à l'Église par le régime communiste.


Que cette dernière donne espoir aux vietnamiens dans leur détermination de lutter contre ce totalitarisme "intrinséquement pervers", que certains dans le monde refusent malheureusement de condamner et d'interdire.

Lahire

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Par contre, c'est Shamir qui a écrit : "Le communisme avec l'église est invincible." C'est juste qu'il faut changer le 'communisme'. J'ajoute que le science récentes (complexité, chaos..) donne les bâtons, pour battre le clébard, et les outils pour bâtir.
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MAGGLE
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 11:28

Ben alors, Lufti, ALM et les autres, il sent le pâté mon scan de vulgarizèïcheune ?
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 12:09

Mais non, Maggle, il est très bien ton fil. Seulement il implique de très nombreuses questions, et il est un peu difficile de les classer toutes par ordre d'importance, car elles sont toutes liées, tout en restant distinctes.

Il y a un aspect qui est la volonté du marxisme de tout réduire à des questions économiques, et on peut montrer que objectivement, il s'agit d'un point de vue réducteur.

Ensuite, il faut considérer que le marxisme est un messianisme, ce qu'oublient manifestement beaucoup de soraliens: le but du marxisme, ce n'était pas de réduire les injustices sociales, et de donner certaines clefs pour mieux comprendre des déterminismes économiques. Le but, c'était l'accomplissement du Paradis terrestre ici et maintenant, et c'est pour cela que Marx a dit que la religion est l'opium du peuple, puisque dans sa perspective, elle empêche les opprimés de se libérer réellement de leurs chaînes. Et lorsque Marx faisait l'éloge du colonialisme tout en le dénonçant, il était parfaitement cohérent avec lui-même, puisqu'il voulait la destruction de toutes les traditions, afin, encore une fois, de réaliser sur la terre, ce que les religions promettent pour le monde futur. Si on oublie cette dimension du marxisme, on en oublie la nature, pour se servir uniquement des outils qu'il a créé, mais dans un autre but.

Enfin, pour reprendre le thème cher à Alain Soral de gauche sociale et de droite sociétale, il faut rappeler aussi que Marx annonce, comme une chose dont il faut se réjouir, la destruction de la famille et la communauté des femmes: c'est explicite dans le Manifeste du Parti Communiste, mais pas seulement. J'ai parlé des expériences d'Alexandra Kollontaï, mais on peut aussi rappeler que Lénine disait que faire l'amour devrait être aussi facile que de boire un verre d'eau, et les trotskystes dénoncés par Soral sont cohérents quant ils se rendent compte que la société libérale réalise cette dissolution de la famille d'une manière plus efficace que le système stalinien, car Staline est revenu en arrière sur bien des choses.

Le marxisme authentique, c'est aussi la gauche sociétale, et c'est le renversement de la perspective traditionnelle dans tous les domaines:
-suppression de la transcendance: athéisme
-renversement des hiérarchies, et non pas une simple affirmation de l'égalité qui pourrait êtrelégitime, au moins en tant qu'aspiration, sinon réalisable dans les conditions actuelles, car la caste dont Marx attend le salut, son peuple élu, c'est la caste des Sudras, dont il dit qu'elle va réaliser le Paradis sur terre.
-négation de la famille, qui est à la fois une cause et une conséquence de la libéralisation des unions interdites

Cette perspective est évidente chez Marx, chez Lénine, chez Trotsky, chez un Guy Debord, et on pourrait en citer bien d'autres. En revanche, il y a des marxismes partiels, qui utilisent le marxisme comme outil dans des circonstances déterminées, et c'est le cas du marxisme chinois, qui, si il a des côtés sinistres que l'on ne peut nier, a permis de maintenir et restaurer l'Empire. Mais Staline avait dit que les Chinois étaient comme les radis: rouges à l'extérieur, blancs à l'intérieur. Le blanc devant bien sûr s'entendre avec la signification qu'il eut au cours de la Révolution russe.

Donc utiliser l'outil marxiste, c'est une chose. Mais la véritable nature du marxisme, c'est, si l'on veut reprendre la terminologie d'Alain Soral, la gauche sociétale. Et pour employer une terminologie plus claire, c'est une étape qui mène de l'anti-tradition à la contre-tradition.
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MAGGLE
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 12:28

Oui Lufti, j'ai bien compris ta position.

Mais moi, ce qui m'intéresse avant tout dans ce fil, c'est : En quoi ce que je retiens du marxisme serait il incompatible avec mon christiannisme ?

C'est pour ça que je préfère procèder par étapes.

Donc la question était : Sans pour autant faire de l'économie l'Alpha et l'Omega de toutes les relations humaines et plus si affinités, l'analyse marxiste des rapports économiques en terrain capitaliste que j'ai scanné plus haut te semble-t'elle juste ou fausse ? Pour l'instant, c'est tout ce qui m'importe avant d'aller plus loin.
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 13:14

Pour répondre à ta question sur la validité de l'analyse marxiste que tu as postée, sur un plan purement économique, il faudrait être plus calé en économie que je ne le suis. Quand je travaille dans des domaines scientifiques et que je vois à quel point la moindre nuance peut avoir de l'importance du point de vue des spécialistes, j'hésite à me prononcer sur une analyse dans un domaine que je n'ai pas étudié.

Mais admettons que cette analyse soit juste, elle serait tout de même fausse sur l'essentiel, si elle veut dire que l'oppression essentielle que subissent les gens est économique, parce qu'il est écrit: "l'homme ne se nourrit pas seulement de pain".

Cela ne veut pas dire que la dénonciation des injustices sociales, quand ce sont réellement des injustices, n'est pas légitime, mais que la réduction des problèmes à cette dimension matérielle ne l'est pas.

On pourrait d'ailleurs faire une analyse de tous les problèmes de société très graves qui existent actuellement, et qui ne sont pas d'ordre économique, mais dès que l'on aborde ces questions dans la France d'aujourd'hui, cela fait scandale, à moins que les gens ne s'endorment. Peu importe que dans certains cas il s'agisse de matérialistes de gauche qui ne peuvent se résigner au fait qu'il y a des gens qui ont plus d'argent qu'eux, ou qu'il s'agisse de matérialistes de droite qui se plaignent surtout des augmentations d'impôt: une telle humanité qui ne pense qu'à l'argent est tombée aussi bas que possible et court à sa perte.

A l'heure actuelle, l'humanité occidentale vit dans un état de richesse matérielle sans précédent dans l'histoire de l'humanité, et les gens qui vivent dans des HLM bénéficient d'un confort matériel que n'ont pas connu les rois de France, et qu'ignoraient à plus forte raison les seigneurs du Moyen Âge, pourtant, tout ce que l'on peut voir lorsque l'on prend le métro, c'est que les gens ne sont pas heureux. Ce que l'on peut observer, c'est une augmentation de la consommation des drogues (toutes drogues confondues, y compris l'alcool et les médicaments), et les dépressions nerveuses, les dépressions de toutes sortes touchent riches et pauvres. La misère spirituelle, la misère intérieure augmente partout où se répand la modernité, malgré l'augmentation des avantages matériels dont elle est synonyme. Sur ces questions, quelles sont les réponses de la CGT, du PCF ou des partis trotskystes? Ils n'en ont pas.

J'ai connu de très prêt une famille communiste qui a été confrontée à une de ces questions auquel le Parti ne répond pas, la mort d'un enfant. Et là, il importe peu de savoir si cette famille était riche ou pauvre, parce que l'on est toujours pauvre quant on perd ceux que l'on a aimé. Alors non. Non le marxisme ne répond pas à ces questions, et il est incapable d'expliquer pourquoi il y a un véritable bonheur dans des villages en Inde, où les gens ne gagnent pas en un an ce qu'un ouvrier qualifié gagne en un mois en France. Le marxisme ne donne pas d'explication sur le succès des drogues dans les sociétés les plus avancées. Et on pourrait écrire des milliers de pages sur toutes ces questions auquel le marxisme n'a jamais eu aucune réponse. Et si on se limitait aux problèmes collectifs d'une société donnée, comme la société française d'aujourd'hui, ce qui réduit de beaucoup le champ d'investigation, on verrait quand même beaucoup de choses.

En tant que chrétien, il me semble que la misère d'un adolescent au bord du suicide ou de la folie doit te toucher autant que les ennuis matériels de certains. Et tu n'expliqueras pas l'augmentation des dépressions par une analyse de la théorie de la plus value.
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Protea
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 16:07

Lutfi a écrit:
il faut considérer que le marxisme est un messianisme, ce qu'oublient manifestement beaucoup de soraliens (...) Le but, c'était l'accomplissement du Paradis terrestre ici et maintenant, et c'est pour cela que Marx a dit que la religion est l'opium du peuple (...) Le marxisme authentique, c'est aussi la gauche sociétale, et c'est le renversement de la perspective traditionnelle dans tous les domaines (...) Donc utiliser l'outil marxiste, c'est une chose. Mais la véritable nature du marxisme, c'est, si l'on veut reprendre la terminologie d'Alain Soral, la gauche sociétale. Et pour employer une terminologie plus claire, c'est une étape qui mène de l'anti-tradition à la contre-tradition.


Oui, et c'est pourquoi Soral cherche à utiliser l'outil marxiste, sans se réclamer de la gauche sociétale (mais au contraire de la droite). On peut donc (éventuellement) considérer qu'il n'est pas un "vrai" marxiste au sens où son marxisme n'est justement pas un messianisme, comme tu le dis justement. Serait-cela que lui reprochent certains marxistes "orthodoxes" pour lesquels la religion (christianisme et islam par ex.) est encore et toujours l'opium du peuple ?

Mais il y a aussi des marxistes qui ne sont pas athées. C'est évidemment leur point de vue qu'on attend sur ce fil avec le plus d'impatience.
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 16:58

Citation:
Oui, et c'est pourquoi Soral cherche à utiliser l'outil marxiste, sans se réclamer de la gauche sociétale (mais au contraire de la droite). On peut donc (éventuellement) considérer qu'il n'est pas un "vrai" marxiste au sens où son marxisme n'est justement pas un messianisme, comme tu le dis justement. Serait-cela que lui reprochent certains marxistes "orthodoxes" pour lesquels la religion (christianisme et islam par ex.) est encore et toujours l'opium du peuple ?


D'accord Protea. Mais est-ce que tu ne crois pas qu'Alain Soral devrait lui-même éclaircir sa position sur le sujet, ce qui nécessiterait un certain travail théorique? Quant aux reproches des marxistes "orthodoxes", je suis aussi d'accord avec toi, et si Alain Soral était plus clair sur sa position, il les obligerait peut-être à le dire franchement.
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grib
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 17:07

Soral cite Jésus, au moins dit-il le mot, je crois pouvoir dire qu'il estime "le personnage" comme le plus important de l'humanité, comme il se doit...
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 17:21

Soral a dit des choses très bien sur ces sujets, mais d'autres plus contestables, et il y a aussi une question de cohérence d'ensemble: on a parfois l'impression qu'il a l'intuition juste, mais qu'il n'approfondit pas. C'est cela qui est dommage.
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JOHN
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 19:30

Dans le 1er post de la page 2 :
Lutfi a écrit:
Guénon [1886-1951] a souvent parlé du marxisme, mais en général sans le nommer : il a parlé des dialectiques issues de la dialectique hégélienne, il a parlé du matérialisme historique, et aussi du bolchevisme.

En ce qui concerne Julius Evola (1898-1974) il y a ce livre récemment publié : Phénoménologie de la subversion (2004) qui rassemble quelque uns des principaux textes d’Evola de critiques (philosophiques) du Marxisme :
http://editions-hommelibre.com/achat/produit_details.php?id=14

Sur la notion traditionnelle de Hiérarchie voir aussi (de guénon et Evola) :
http://editions-hommelibre.com/achat/produit_details.php?qte=1&id=33
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"N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Sam 2 Fév 2008 - 20:02

Dans (la 2ième partie de) son 4ième post de la page 2 :
Lutfi a écrit:
Le problème chez Hegel, c'est l'identité des contradictoires, qui est une aberration logique. Ensuite, il y a un vrai danger intellectuel, je crois, à considérer que, parce que l'erreur est le "contraire" de la vérité, le contraire de l'erreur nous permettrait de retrouver celle-ci.
(…)

Le type même de l'intellectuel qui croit trouver le juste en cherchant le contraire du faux, c'est BHL : (…)

Dans un sens voisin il y a ce passage de Cioran (1911-1995) dans Cahiers, p915 :
Citation:
On ne peut chercher la Vérité, si on n'a pas connu pendant longtemps le dégoût de la ["fausse"] vie.
Ce dégoût est exigeant, et seule la passion du vrai peut le satisfaire et le calmer.

La Vérité (on a pourtant honte d'employer, en l'occurrence, la majuscule) a été toute ma vie mon unique souci – ou plutôt la peur de me tromper, d'être dans l'illusion, qui, n'étant qu'une recherche indirecte de la Vérité, explique pourquoi je n'ai pas pu la rencontrer. » *

* + dans De l’inconvénient d’être né (1973), chap. X :
« La peur d’être dupe est la version vulgaire de la recherche de la Vérité. »


Dans son 4ième post de la page 2 :
Lutfi a écrit:
En ce qui concerne Marx, je ne suis pas sûr qu'il ait commis une seule erreur, mais c'est peut-être vrai que son erreur centrale, et celle qui conditionne les autres, c'est de réduire l'homme à l'Homo Economicus.

Ci-dessus :
Lutfi a écrit:
On pourrait d'ailleurs faire une analyse de tous les problèmes de société très graves qui existent actuellement, et qui ne sont pas d'ordre économique, mais dès que l'on aborde ces questions dans la France d'aujourd'hui, cela fait scandale, à moins que les gens ne s'endorment. Peu importe que dans certains cas il s'agisse de matérialistes de gauche qui ne peuvent se résigner au fait qu'il y a des gens qui ont plus d'argent qu'eux, ou qu'il s'agisse de matérialistes de droite qui se plaignent surtout des augmentations d'impôt : une telle humanité qui ne pense qu'à l'argent est tombée aussi bas que possible et court à sa perte.

A l'heure actuelle, l'humanité occidentale vit dans un état de richesse matérielle sans précédent dans l'histoire de l'humanité, et les gens qui vivent dans des HLM bénéficient d'un confort matériel que n'ont pas connu les rois de France, et qu'ignoraient à plus forte raison les seigneurs du Moyen Âge, pourtant, tout ce que l'on peut voir lorsque l'on prend le métro, c'est que les gens ne sont pas heureux. Ce que l'on peut observer, c'est une augmentation de la consommation des drogues (toutes drogues confondues, y compris l'alcool et les médicaments), et les dépressions nerveuses, les dépressions de toutes sortes touchent riches et pauvres. La misère spirituelle, la misère intérieure augmente partout où se répand la modernité, malgré l'augmentation des avantages matériels dont elle est synonyme. Sur ces questions, quelles sont les réponses de la CGT, du PCF ou des partis trotskystes? Ils n'en ont pas.

(…) Et on pourrait écrire des milliers de pages sur toutes ces questions auquel le marxisme n'a jamais eu aucune réponse.

Comme parfaite illustration, il y a ce passage de Julius Évola (1898-1974) dans Chevaucher le Tigre (1961, éd. Guy trédaniel) au chapitre « Couverture du nihilisme européen. Le mythe économico-social » p39-41 :
Citation:
L'erreur et l'illusion de chacune des idéologies économico-sociales (qu’elles soient marxistes, socialistes ou néo-libérales) sont identiques : elles consistent à penser sérieusement que la misère existentielle se réduit à souffrir, d'une façon ou d'une autre, de l'indigence matérielle, du paupérisme dus à un système économico-social donné ; qu’elle est donc plus grande chez le déshérité ou chez le prolétaire que chez celui qui bénéficie de conditions de vie faciles ou privilégiées ; qu'en conséquence, elle doit disparaître automatiquement avec la « délivrance du besoin », avec l'élévation des conditions matérielles d'existence.

La vérité, au contraire, c'est que le sens de l'existence peut manquer aussi bien aux uns qu'aux autres, qu'entre la misère matérielle et la misère spirituelle il n'existe aucun rapport. Ce n'est qu'aux couches les plus basses que l'on peut arriver à faire croire que le secret du bonheur et de la plénitude humaine réside dans ce qu'on appelle à juste titre « l'idéal animal », dans un bien être presque bovin. Hegel a écrit avec raison que les époques de bien-être matériel sont des pages blanches du livre de l’histoire, et Toynbee a montré que le défi que constituent pour l’homme des conditions de milieu et des conditions spirituelles dures et problématiques, provoque très souvent l’éveil de forces créatrices et fait naître des civilisations. (1)

Dans certains cas, il n’est pas du tout paradoxal d’affirmer que l’homme vraiment compatissant devrait essayer de rendre la vie difficile à son prochain. Que la vertu la plus haute s’émousse et s’atrophie dans un climat de facilité, c’est-à-dire quand l’homme n’est pas contraint de s’éprouver lui-même d’une façon ou d’une autre, c’est là un lieu commun – et peu importe, pour le résultat final, que dans ces conditions, par le jeu d’une sélection naturelle, une bonne partie tombe et se perde.

Constatons, pour ne pas trop nous éloigner de notre sujet, que c’est précisément aujourd’hui, dans le cadre d’une civilisation de prosperity, que se sont manifestées les formes les plus aiguës de la crise existentielle moderne : reportons-nous, en particulier, à ces tendances des nouvelles générations dont il a été question plus haut, où la rébellion, le dégoût et la colère se sont manifestés, non seulement au sein d’un sous-prolétariat misérable et opprimé, mais souvent aussi chez des jeunes à qui rien ne manquait, même chez des fils de multimillionnaires.

Il est significatif, entre autres, et ceci est attesté par les statistiques, que l'on se suicide beaucoup plus rarement dans les pays pauvres que dans les pays riches : ceci veut dire que le caractère problématique de la vie est plus sensible dans les seconds que dans les premiers. Ce que l’on appelle le « désespoir blanc » pourrait bien guetter le messianisme économico-social à la fin de sa course, comme à Mahagoni, cette île de l’utopie d’une comédie musicale, où l’on a tout : « jeu, femmes et whisky », mais où revient toujours le sentiment du vide de l'existence, le sentiment qu'il « manque pourtant quelque chose ».

Concluons en répétant qu’il n’existe aucun rapport – sinon peut-être, un rapport inverse – entre le sens de la vie et le bien-être économique. Exemple insigne : celui qui, sur le plan métaphysique, dénonça le vide de l'existence et les tromperies du « dieu de la vie », et indiqua la voie du réveil spirituel, le Bouddha, n'était ni un opprimé, ni un affamé, ni un représentant de couches sociales semblables à cette plèbe de l'empire romain à laquelle s’adressa en premier lieu la prédication chrétienne révolutionnaire ; ce fut, au contraire, un prince de race, dans toute la splendeur de sa puissance et toute la plénitude de la jeunesse.

(1) Cioran (1911-1995) dans Histoire et utopie (1960), Chap. L’âge d’or », V :
Citation:
Rétif et à son bonheur et à celui des autres, [l’homme] agit comme s’il souhaitait l’instauration d’une société idéale ; qu’elle se réalise, il y étoufferait, les inconvénients de la satiété étant incomparablement plus grands que ceux de la misère. Il aime la tension, le perpétuel cheminement : vers quoi irait-on à l’intérieur de la perfection ? […] Dégagés de soucis, et de toute entrave, nous serions livrés à nous-mêmes ; le vertige que nous en tirerions nous rendrait mille fois pires que ne le fait la servitude.

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MAGGLE
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Dim 3 Fév 2008 - 1:56

Faudra quand même bien que vous admettiez sans chichiter que ces analyses économiques sont profondément justes. D'ailleurs elles ont beau être marxiste, elles sont aussi tout simplement comptables. Ces analyses, n'importe quel patron les fait dans son arrière boutique. La seule chose qu'il ne vous dira pas, c'est que c'est tout simplement du vol.

On dirait que ça en emmerde certains de tourner autour du pot en répétant plusieurs fois ce que j'avais déjà compris.

Allons donc un peu plus loin : Je comprends tout à fait les nostalgiques des sociétés traditionelles, notamment en raison des gardes fous dont elles étaient porteuses. Mais les gardes fous ces sociétés étaient-ils suffisants pour ne pas permettre la malhonnêteté de ce processus d'accumulation individuelle de capital ? Et ça, ça n'a rien à voir avec de la jalousie mais avec la Justice.

Je veux bien revenir en aval sur les critiques soulevées en amont (qui ne me semblent pas forcément impertinentes), mais ça me semble vain si vous n'admettez pas au préalable ces petits faits têtus.

Vos réponses me font penser à celles de Ratzinger qui s'en prends aux risques de l'analyse marxiste revue par les théologiens de la libération sans jamais ni admettre, ni réfuter le cœur de ce qui les intéresse dans cette analyse.
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Dim 3 Fév 2008 - 5:30

Merci à John pour ces citations, surtout celles d'Evola.

Maggle, je te ferai remarquer que je n'ai pas réfuté ces analyses, j'ai même expliqué qu'elles pouvaient être justes, j'ai seulement dit, et c'est aussi le sens des citations de John, qu'elles ne résolvent rien ou presque rien.

Maintenant, il y a des pays où la misère économique existe, et où ces analyses peuvent expliquer une partie de la misère. Mais même là, elles n'expliqueront pas tout. C'est plutôt toi qui semble vouloir échapper à ce fait.

J'ai vécu dans un pays socialiste, sans misère économique. J'y ai vécu une semaine. Des années plus tard, j'ai rencontré un habitant de ce pays, je lui ai dit que j'avais vécu chez lui. Il m'a demandé combien de temps. J'ai répondu la vérité: une semaine. Il m'a répondu: "c'est suffisant". Ce qui m'a frappé. Ce pays, c'est Singapour. Confort, richesse, climat idéal. Et emmerdement perpétuel.

Et en réalité, il serait intéressant de savoir si il y a des dépressions à Singapour.

La question, c'est que ce qui fait la plénitude de l'être, la plénitude de la vie, ce n'est pas la réalisation de la justice économique. Oui, en tant que justice c'est important. Et dans certains cas, c'est l'injustice majeure et la plus visible. Pour voir ce qu'est le prolétariat européen à l'époque de Marx, il faut voir Oliver Twist de Polanski. Et à la fin du film, quand l'enfant est accueilli dans une famille bourgeoise, dans une belle maison, c'est l'image du Paradis. Seulement dans la réalité, les enfants nés dans ces maisons souffrent autant de dépressions que les autres. Ce n'est pas chercher à échapper aux questions que de le dire.

Il y a des injustices, et tu t'intéresses à certaines d'entre elles qui t'ont frappé. Mais il y a bien d'autres injustices que tu sembles perdre de vue. Et même en supprimant les injustices en général, es-tu sûr que nous pariendrions au bonheur, à la plénitude?

Nous parlions ailleurs de la peine de mort. Mais comment expliques-tu le fait que des gens qui ont tout le confort moderne et ne sont victimes d'aucune injustice se soumettent volontairement au risque de la mort, à une peine de mort effective, en pratiquant l'alpinisme, ou en partant à l'aventure en Amazonie? Tu parles de pauvreté, mais comment expliques-tu que des riches renoncent aux richesses pour devenir moines? En Inde, l'idéal de tous, c'est le renoncement. C'est pour cela qu'un riche n'est pas envié: ceux qui sont enviés, ce sont les mendiants, si ce sont des Sadhus, des renonçants. On envie un milliardaire... si il a renoncé à ses richesses pour aller mendier sur les routes. Et d'ailleurs au fond, on ne l'envie pas plus qu'un autre Sadhu.

Donc peut-être que cette analyse économique est juste. Mais elle ne résout rien. Elle ne résout pas le problème fondamental. Si c'est un fait que les dépressions et les névroses sont aussi nombreuses chez les riches, chez ceux qui sont du bon côté de la plus value, que vas-tu résoudre en rendant les pauvres riches? Tu vas résoudre un problème et tu en auras oublié 1000.

Tu veux dire qu'il y a des injustices économiques? Oui, il y en a. Mais il ya bien d'autres injustices, et qui ne sont pas la résultante d'injustices économiques, et c'est à ce problème que les marxistes essayent toujours d'être confrontés. Donc il serait peut-être intéressant d'y revenir, et c'est ici qu'il pourrait être intéressant de revenir à la peine de mort. Et on pourrait remarquer que à l'époque où règnait la noblesse, cette noblesse aimait à se soumettre volontairement à la peine de mort en se soumettant volontairement au duel. Et là, il n'y a pas d'explication marxiste ou freudienne, parce que Marx et Freud n'ont jamais conçu d'autre bonheur que le bonheur bourgeois. Mais peut-être aussi parce qu'ils n'ont jamais conçu le bonheur? Car l'idéal de Marx, c'était d'aller à la pêche le matin, et de faire de la critique le soir. Or la critique, c'est la négation de l'amour: celui qui aime une femme ou une oeuvre d'art vit une plénitude, et ne critique pas. Quant à Freud, celui qui ne voit dans l'enfant qu'un pervers polymorphe ignore le bonheur et la plénitude de l'enfance. Et les systèmes marxistes aussi bien que la psychanalyse n'ont engendré qu'une humanité de névrosés.
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MessageSujet: Re: Marxisme, foi, tradition et modernité   Dim 3 Fév 2008 - 5:50

Citation:
Allons donc un peu plus loin : Je comprends tout à fait les nostalgiques des sociétés traditionelles, notamment en raison des gardes fous dont elles étaient porteuses. Mais les gardes fous ces sociétés étaient-ils suffisants pour ne pas permettre la malhonnêteté de ce processus d'accumulation individuelle de capital ? Et ça, ça n'a rien à voir avec de la jalousie mais avec la Justice.


Pour répondre à cette question de façon précise, je dirais que non, les sociétés traditionnelles dans notre cycle n'évitent pas toute injustice, même si l'injustice n'est pas économique au départ. La première société traditionnelle, dans la Bible, c'est celle d'Adam et Eve, et la première injustice est commise par leur fils ainé, Caïn, et ce n'est pas une injustice économique, c'est un meurtre, un meurtre commis par envie, parce que le fruit de son sacrifice n'est pas agréé.

Toutes les Ecritures portent le témoignage d'injustices pratiquées dans les époques traditionnelles, sauf bien sûr dans l'Âge d'Or, le Paradis terrestre. Il y a des injustices que rapporte la Bible, et c'est vrai du Râmâyana, du Mahabharata, de toutes les Ecritures.

On peut d'abord noter que la première injustice, ce n'est pas l'inégalité sociale, la première injustice, encore une fois, dans la Bible, c'est le meurtre. Et le Râmâyana est entièrement centré sur le drame du viol. On est loin des questions économiques. Mais il y a des injustices, et c'est par une réalisation intérieure, la réalisation spirituelle, qu'il est possible de les dépasser, même si le Réalisé doit aussi réaliser la justice dans la société, en combattant les coupables.

Or la cause du premier meurtre, c'est bien le meurtrier, effectivement, et la cause première, ce qui fait du meurtrier un meurtrier, c'est l'envie, parce qu'il voit qu'il a moins reçu que son frère. Le problème, ce serait donc non pas l'injustice des conditions humaines, mais le fait de considérer l'inégalité des conditions comme une injustice.
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Marxisme, foi, tradition et modernité

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