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Falsifications de l'Histoire

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Lutfi
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MessageSujet: Falsifications de l'Histoire   Dim 2 Mar 2008 - 14:03

Bon, j'ouvre ce fil parce que je crois que c'est une question vraiment importante. Cette question, c'est celle de savoir si l'histoire réelle est connue ou non, et si il y a des falsifications dans l'Histoire officielle, non celle de l'URSS, mais celle de nos démocraties.

Les lecteurs de Guénon savent l'importance qu'il attachait à la véritable histoire de ce temps.
Mais si on peut évidemment parler des clefs que Guénon a pu donner sur la question, il est clair que le sujet en lui-même embrasse tous les faits historiques que l'on considère comme évidents.

On peut aussi rappeler que la falsification ne provient pas forcément du mensonge sur les faits, mais aussi du mensonge par omission.
Cela fait longtemps que je pensais ouvrir un tel fil, ce qui me l'a rappelé, c'est la video où Eric Zemmour accuse Sacco et Vanzetti d'avoir été des agents soviétiques. Seulement là, il ne s'agit pas d'Histoire officielle.

En revanche, sur le fil qui concerne le fascisme, j'ai rappelé que si depuis 1945 on parle de "crimes fascistes" à tout propos et hors de propos, les seuls crimes de masses avérés du régime fasciste, on n'en parle jamais, et il s'agit de l'utilisation du gaz moutarde (entre autre) contre des populations civiles sans défense. Sous ce rapport, on peut parler d'une véritable falsification de l'Histoire.

Puisque l'on en est au fascisme, je rappellerais que selon Guénon, les origines du fascisme sont à chercher du côté de certaines loges maçonniques noires, or, malgré l'immense importance de la fonction de René Guénon dans la Franc-Maçonnerie (ceux qui en douteraient pourront lire avec profit le livre de Denys Roman René Guénon et les destins de la Franc-Maçonnerie), malgré cela, le rapport entre le fascisme et la Maçonnerie est toujours occulté, notamment dans les livres consacrés à l'Histoire de la Franc-Maçonnerie.

Mais enfin il est clair que le sujet des falsifications de l'Histoire va très au delà de la question du fascisme. En réalité, un tel sujet concerne vraiment l'ensemble de l'Histoire de l'Humanité. Il est certain que les périodes clefs au point de vue "idéologique" sont particulièrement importantes, et on peut penser spécialement aux révolutions et à la conquête coloniale. Mais les falsifications de l'Histoire du Moyen Âge, notamment celles qui furent dénoncées par Régine Pernoud, ne sont pas moins importantes. Et que dire de l'Histoire des rapports entre l'Orient et l'Occident.

De plus, certains sujets ont longtemps été occultés, ou tout simplement ignorés, qui ont peut-être plus d'importance et d'influence réelle même aujourd'hui qu'on ne serait tenté de le croire. Et on peut se demander si ce n'est pas le cas de l'histoire du faux Messie Sabbataï Zvi, histoire à peu près inconnue de la plupart pendant longtemps, mais qu'il est désormais possible de mieux connaître grâce aux travaux de Gershom Scholem.

Ces exemples sont loin d'être exhaustifs, et même si je compte revenir sur certains d'entre eux, j'espère que d'autres thèmes seront lancés par d'autres forumiens, car le sujet est vaste.
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MessageSujet: Re: Falsifications de l'Histoire   Lun 3 Mar 2008 - 1:33

Etrange, mais j’ai comme l’impression que la première falsification (involontaire j’espère) serait ici celle du texte de présentation de ce fil qui ne correspond pas vraiment à son intitulé. En effet, savoir si « l’histoire réelle est connue ou non » relève plutôt de ce qu’on pourrait appeler l’histoire cachée (ce qui ne se dit pas parce ne peut pas se dire ou n’arrive pas à se dire) et non pas de la falsification proprement dite qui suppose une intention, même seconde, secrète ou inconsciente. Or, se demander si l’histoire réelle est connue en présupposant de nécessaires falsifications est déjà une vision complotiste que je récuse.

Ensuite, pourquoi évacuer d’emblée l’URSS ? Pour ne parler que des « crimes avérés du régime fasciste » ? Avérés c’est-à-dire reconnus vrais. Et là curieusement nous sommes invités à renoncer à notre sens critique. Finis les complots, les mensonges. C’est vrai puisqu’on vous le dit. L’hypothèse d’une quelconque manipulation (même tardive) n’est même pas envisagée. Par contre, la falsification serait le silence relatif sur l’utilisation du gaz moutarde. Pourtant la guerre chimique dans le conflit italo-éthiopien, bien que peu évoquée, l’est encore davantage que d’autres aspects par exemple de la seconde guerre mondiale qui eux sont complètement occultés (sans doute parce que sans rapport avec les armes spectaculaires – réelles ou imaginaires * - de destruction massive). Ceci pour en rester aux « omissions » et toujours sans parler de falsifications. Ce qui est un autre sujet.

De même, les liens – si liens il y a – entre fascisme et « certaines loges maçonniques noires » relèvent encore de l’histoire cachée plutôt que de la falsification de l’histoire.

Il y a donc, sinon falsification, au moins ambiguïté ou imprécision dans la présentation, très tendancieuse, de ce fil.

[* songeons par exemple à la guerre d'Irak]
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Falsifications de l'Histoire   Lun 3 Mar 2008 - 1:51

Qu'il y ait ambiguité sur la présentation de ce fil c'est possible. Je ne vois pas comment je pouvais présenter le sujet autrement, mais on peut en discuter.

Sur l'URSS, c'est un tel cas d'école qu'il ne me semblait pas nécessaire d'en parler en premier lieu.

Sur les crimes du fascisme, je voulais surtout souligner une chose: depuis une soixantaine d'années, la notion de "crime fasciste" conditionne un certain nombre de courants idéologiques qui falsifient les mentalités. Mais les crimes réels du seul régime qui ait vraiment porté ce nom sont systématiquement passés sous silence.

Ensuite, il y aurait de vrais débats sur la différence entre les falsifications volontaires, et celles qui sont dues au subconscient, mais occulter certains faits et falsifier le sens des mots, c'est toujours contribuer à falsifier les mentalités, quelque soit l'intention de départ.

Et c'est vrai que je n'ai fait que mentionner des exemples qui me venaient à l'esprit. On en pourrait trouver d'autres sans problèmes.

Mais pourquoi hésiter à parler de falsification de l'histoire? Comme en URSS, l'enseignement de l'Histoire est présenté comme objectif, alors que ce n'est qu'un instrument de propagande, et cela est vrai au moins depuis 1789. Je dis au moins. Je suis loin de nier les falsifications antérieures.
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MessageSujet: Re: Falsifications de l'Histoire   Jeu 6 Mar 2008 - 16:03

Juste pour info, une foule de liens là-dessus, certains très discutables, en rapport avec les polémiques actuelles sur le site de Michel Collon :

http://www.michelcollon.info/archives_articles.php?log=lautrehistoire

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@ Lutfi : J'irai plus loin que Vindex quant à mes réserves sur ce fil. Je crois que n'est pas du tout pris en compte en quoi l'histoire (comme discipline) a nécessairement un caractère construit, que celle-ci s'inscrit certes dans l'horizon d'attentes du présent mais n'en a pas moins une autonomie relative qui la rend quelque peu résistante aux manipulations ou passions collectives (idéologie victimaire par ex.).

Je crois même que lancer un tel sujet est tout sauf innocent. Soyons rêveurs, certains vont-ils par exemple évoquer Dilthey et la querelles des méthodes (distinction expliquer/comprendre) ou vont-ils plutôt évoquer le rapport histoire-pouvoir sans rien comprendre aux deux (toujours la même illusion quant au pouvoir considéré comme objet entre les mains des Puissants), le fameux "on nous cache tout, on nous dit rien" ?

D'après vous Lufti, dites-moi à quoi vous vous attendiez le plus ? Si c'était tendre la perche à certains, c'est dommage, un membre laudatif de manière insistante sur les éditions akribeia vient de nous quitter pour incompatibilité de caractère. Oui, je suis curieux, avant de nous inviter à débat sur les falsifications de l'histoire, c'est-à-dire en dépassant le catalogue des exemples réels, probables ou imaginaires, seriez-vous vraiment en mesure de nous dire ce que signifie pour vous "enseigner l'Histoire" ?

Oui, éclairez notre lanterne à la flamme vacillante, Lutfi, en quoi la dimension historique demanderait-elle de tout autres repères pour être appréhendée et comprise que la grille de lecture guénonienne dont vous vous réclamez constamment ? Ou bien alors dites-nous humblement, ce qui ne me gênerait en rien, que vous avez lancé ce sujet sans vraiment vous donner la peine de savoir en quoi, sur quoi et pourquoi pouvaient participer la majorité des membres de bonne volonté qui auraient compris l'enjeu de cette question ambitieuse spéculativement et pratiquement. Sauriez-vous mettre à distance les partisans des théories du complot qui détourneraient le débat ou bien cherchiez-vous (peut-être involontairement) au sens large ce type d'auditoire ?

Ne voyez pas là un faux-procès cher Lutfi, je vous sais de bonne foi, vous le savez, c'est bien pour cela que je vous demande basiquement d'interroger votre interrogation. L'histoire, si elle est vraiment history et pas story, n'obéit-elle pas à un autre registre narratif que celui de la Tradition (avec un T majuscule, sous-entendu Tradition primordiale) ? N'est-ce pas là d'ailleurs ce qui faisait votre point d'achoppement avec Abellio (dans son éventuel rapport avec le nazisme que vous souleviez dans un fil que j'ai recombiné pour ne pas surcharger avec celui consacré à cet auteur pour lequel le matérialisme historique est comme vous le savez une "physique de l'Histoire"), bref n'est-ce pas là ce qui dessine en vous ce point aveugle quant à votre approche (et qui vous fait manquer ce qui pourrait être entendu par "histoire invisible", thème sur lequel je reviendrai dès que possible, promis) ?
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Falsifications de l'Histoire   Mer 12 Mar 2008 - 20:19

Citation:
Oui, éclairez notre lanterne à la flamme vacillante, Lutfi, en quoi la dimension historique demanderait-elle de tout autres repères pour être appréhendée et comprise que la grille de lecture guénonienne dont vous vous réclamez constamment ? Ou bien alors dites-nous humblement, ce qui ne me gênerait en rien, que vous avez lancé ce sujet sans vraiment vous donner la peine de savoir en quoi, sur quoi et pourquoi pouvaient participer la majorité des membres de bonne volonté qui auraient compris l'enjeu de cette question ambitieuse spéculativement et pratiquement. Sauriez-vous mettre à distance les partisans des théories du complot qui détourneraient le débat ou bien cherchiez-vous (peut-être involontairement) au sens large ce type d'auditoire ?

Ne voyez pas là un faux-procès cher Lutfi, je vous sais de bonne foi, vous le savez, c'est bien pour cela que je vous demande basiquement d'interroger votre interrogation. L'histoire, si elle est vraiment history et pas story, n'obéit-elle pas à un autre registre narratif que celui de la Tradition (avec un T majuscule, sous-entendu Tradition primordiale) ? N'est-ce pas là d'ailleurs ce qui faisait votre point d'achoppement avec Abellio (dans son éventuel rapport avec le nazisme que vous souleviez dans un fil que j'ai recombiné pour ne pas surcharger avec celui consacré à cet auteur pour lequel le matérialisme historique est comme vous le savez une "physique de l'Histoire"), bref n'est-ce pas là ce qui dessine en vous ce point aveugle quant à votre approche (et qui vous fait manquer ce qui pourrait être entendu par "histoire invisible", thème sur lequel je reviendrai dès que possible, promis) ?


Cher MEDIATOR, je vais essayer de répondre à vos questions, mais si ma réponse est incomplète, n'hésitez surtout pas à me le dire.
D'abord, sur les rapports entre l'Histoire et la Tradition, si ce sont deux choses distinctes, elles ne sont à aucun degré incompatible. Et l'on peut signaler que Guénon est aussi l'auteur d'un livre qui est strictement historique, il s'agit de son ouvrage sur le Théosophisme, et ce livre applique bien les règles de l'histoire au sens classique.

Si j'ai parlé de falsifications de l'Histoire, c'est pour plusieurs raisons.
D'abord, il est exact que l'histoire officielle est sujette à caution, et il serait intéressant de revenir au "Révisionnisme". Je parle d'abord du mot.
Beaucoup d'intellectuels ont remarqué, à l'époque où fut instaurée la loi Gayssot, que l'histoire est par définition révisionniste, la recherche conduisant toujours à modifier les conclusions antérieures. Je me souviens d'ailleurs de précisions sur ce sujet par Alain Finkielkraut, qui rappelait en effet que l'histoire est révisionniste.
Mais personne n'a, à ma connaissance, souligné un élément très significatif, qui est l'emploi d'un mot qui appartient au vocabulaire stalinien, pour désigner ces thèses, car le terme "révisionnisme" appartient bien au vocabulaire stalinien. Et que Gayssot, l'auteur de la loi en question soit lui-même un membre du PCF est assez révélateur.

Je pense que tout le monde s'accordera à reconnaître que l'histoire, telle qu'elle fut enseignée en Union Soviétique, ne fut pas un modèle de vérité. Mais il serait peut-être intéressant de se poser la même question sur la manière dont l'histoire est enseignée dans les fameuses démocraties.

Des exemples? Il serait peut-être intéressant d'y venir, mais le sujet est vaste. Si il en faut un, je rappellerai les travaux de Régine Pernoud sur le Moyen Âge, livres qui ne sont pas contestés pour l'essentiel, à ma connaissance, mais qui dénoncent cependant bien des conclusions de l'histoire telle qu'elle fut enseignée pendant des décennies, si ce n'est des siècles. Et il est toujours curieux, pour un lecteur de Régine Pernoud, de constater que les erreurs qu'elle a dénoncées sont toujours diffusées dans les ouvrages de vulgarisation et dans les médias.

Je pourrais citer bien d'autres exemples de ce genre de falsifications, mais je voudrais surtout souligner ceci: les travaux de Régine Pernoud ne sont pas censurés, mais simplement on laisse subsister les thèses contraires dans l'enseignement ordinaire. Cela ne suscite-t-il pas des questions?

Il y a d'autres types de falsifications possibles, mais je tiens d'abord à souligner celle-là, qui consiste effectivement à autoriser la diffusion de la vérité, mais en faisant en sorte que certaines vérités ne soient jamais reproduites dans les livres d'histoire officiels et dans les ouvrages de vulgarisation. Il a déjà été question, sur ce forum, des persécutions qu'a subi un historien qui a écrit sur les atrocités commises par les Républicains contre les Vendéens.

Mais ensuite, on peut s'interroger sur le caractère falsificateur de certaines méthodes employées par les historiens, comme celle qui consiste à ne reconnaître que les documents écrits. Guénon l'a effectivement souligné, mais il n'est nul besoin d'avoir lu Guénon pour être conscient de l'existence de nombreuses falsifications historiques.

Les sujets seraient vraiment trop nombreux. On pourrait rappeler que l'on a longtemps enseigné que Gütemberg était l'inventeur de l'imprimerie, alors que l'on savait pertinemment que celle-ci était connue en Chine avant jésus Christ. Mais combien de travaux ont-ils été faits depuis, dans de nombreux domaines, et fondés sur des documents vérifiables, et dont les historiens officiels semblent s'acharner à ne pas tenir compte?

J'ai quelques exemples en tête, mais je préfère les citer plus tard, dans d'autres posts.

D'autre part, il est important de souligner qu'il y a deux choses distinctes qui sont la falsification et la désinformation. La distinction, ici, se rapporte à l'intention. La falsification suppose une volonté de tromper. La désinformation est un concept et un mot introduits dans la langue française par Vladimir Volkoff, et donc nous pouvons nous reporter à cet auteur pour la définition. Parmi les exemples donnés par Volkoff, il y a le fait que quelqu'un dise: il fait froid ici, non parce qu'il fait vraiment froid, mais tout simplement parce qu'il est frileux (ce n'était pas exactement cet exemple, mais le sens était le même). Donc on pourrait peut-être modifier l'angle d'approche en parlant des désinformations dans l'Histoire officielle, ce qui intègrerait les "falsifications inconscientes". Cependant, je pense que malgré tout le terme de falsification est en général un terme plus juste. J'ai été trop souvent le témoin de falsifications opérées sur le vif, si j'ose dire, par ceux qui m'ont enseigné l'histoire, soit dans le primaire, soit dans le secondaire, soit à l'Université, et ces falsifications n'étaient jamais sans lien avec l'idéologie de l'enseignant, quelle qu'elle soit, car j'ai assisté à ce genre de comportements de la part de professeurs de gauche comme de professeurs de droite.

Maintenant, vous avez parlé de la question de ceux qui adhèrent à la théorie du complot. Mais cette expression n'est-elle pas elle-même falsificatrice? Entendons-nous. Qu'il y ait des gens qui adhèrent à des théories du complot parfaitement aberrantes, c'est évident. Mais les complots, cela existe. En quoi serait-il irrationnel de le reconnaître? Quel que soit le jugement que l'on porte sur de tels complots d'ailleurs. On peut reconnaître qu'il y a eu un complot communiste pour la saisie du pouvoir mondial, par exemple, et d'ailleurs les communistes ne s'en cachaient pas, et un tel complot pouvait leur paraître parfaitement légitime sur tous les plans, y compris sur le plan moral. En réalité, si l'on adhérait à l'idéal communiste marxiste, c'est plutôt le fait de ne pas comploter pour réaliser la société sans classes qui serait illégitime moralement.

Le complot des Illuminés de Bavière, lui aussi, est un fait historique parfaitement connu. On peut peut-être discuter la question de savoir si ce complot, ayant échoué, fut sans lendemains, ou si les Illuminés eurent et ont une postérité, mais le fait historique en lui-même n'est pas contestable.

Mais laissons la question pour le moment, et revenons aux falsifications. Disons que ces falsifications peuvent être dans certains cas tout à fait inintentionnelles. On peut considérer en effet, que certaines falsifications n'ont eu lieu que parce que les personnes qui ont témoigné ont mal perçu les choses, ou ne les ont tout simplement pas remarqué. Il y a un test qui est facile à faire, pour peu que l'on ait un lecteur de vidéos ou de dvd. Montrer à plusieurs personnes une scène assez courte d'un film qu'elles n'on jamais vu. Puis leur offrir des boissons (non alcoolisées), et parler de choses et d'autres pendant une demi heure. Puis leur demander de raconter la scène. Tous les tests qui ont été effectués sur ce sujet montrent de grands écarts entre la vérité et les témoignages, alors que dans un tel cas, les témoins n'ont aucun intérêt à mentir, puisque le seul résultat qu'ils peuvent ainsi obtenir, c'est de prouver qu'ils ne sont pas attentifs, ou que leur mémoire est déficiente.

On peut encore considérer les choses à un autre point de vue, et dire que bien des lectures de l'histoire sont falsificatrices, non parce que ce qu'elles disent serait littéralement faux, mais tout simplement parce que certaines données essentielles ont échappé à ces historiens, pour la simple raison qu'ils en ignoraient l'importance. Et l'on pourrait dire que la falsification est alors due à l'esprit de système, dès lors qu'une seule grille de lecture est imposée, à l'exclusion des autres. Ici, on peut considérer que le travail de l'historien devrait être proche de celui du policier qui enquête sur une affaire criminelle. Et la question peut être de savoir si le policier avait les clefs. Dans une enquête policière, c'est souvent un détail d'apparence insignifiante qui donne la clef. Qu'est-ce qu'un mégot de cigarette? Rien. Enfin si, mais bon, en général, on s'en fiche. Dans une enquête policière, c'est peut-être un indice important. Peut-être l'indice le plus important. En irait-il différemment dans l'Histoire de l'Humanité? Sommes-nous sûrs d'avoir vraiment inspecté la pièce, et d'avoir fait attention à tous les détails?

On pourrait d'ailleurs poser la question ainsi: n'y a-t-il pas falsification de l'histoire dès que l'on considère que l'enquête est close et que l'on sait tout? Bien sûr, dans certains cas, il est possible de dire qu'un historien semble avoir fait le tour d'une question, et qu'il ne semble pas possible d'aller plus loin, étant donnés les documents dont nous disposons. Mais dans combien de cas cela est-il vrai?
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Falsifications de l'Histoire   Jeu 13 Mar 2008 - 23:51

Pour reprendre le sujet, je dirais que j'ai jusqu'ici oublié de mentionner un aspect très important sur les falsifications de l'Histoire. Il y a bien sûr les falsifications sur les faits: le mythe de l'invention de l'imprimerie par Gütemberg en est un, puisque nous savons que l'imprimerie était connue en Chine avant l'ère chrétienne.
Mais un autre type de falsification existe, et plus subtil, il s'agit tout simplement de l'interprétation des faits et gestes des hommes d'une autre civilisation, d'une autre époque à travers la mentalité de notre époque.
Là, on trouverait des exemples bien plus nombreux, et d'ailleurs il ne s'agirait plus seulement de l'Histoire, mais de l'actualité, car cela concerne aussi les rapports entre l'Orient et l'Occident.
Cela concerne aussi tout spécialement l'"histoire des religions" telle qu'elle est faite à notre époque.

Sur la falsifications des faits, on peut donner de nombreux exemples, et j'en ai donné quelques uns. En signalant notamment les nombreuses mises au point de Régine Pernoud, qui ne concernent que le Moyen Âge, mais il s'agit d'une époque importante, et même essentielle, puisque ce fut la dernière époque où l'Occident fut traditionnel.

Pour des époques plus récentes, on peut rappeler que en temps de guerre, le mensonge est une nécessité, et que certains dossiers sont classés: en se limitant à ce point, qui n'est qu'un point parmi d'autres, on peut dire qu'il serait profondément naïf de croire que nous connaissons l'Histoire réelle de ce temps.

Quant à la falsification due à l'incompréhension des mentalités différentes, elle me parait évidente, mais on pourrait développer. A quelques exceptions, et qui ne se trouvent généralement pas parmi les historiens, encore moins les spécialistes de la politique, la mentalité des peuples d'Orient, qu'il s'agisse des Indiens, des Extrême-Orientaux, ou des musulmans, cette mentalité, ou ces mentalités, si l'on veut insister sur les différences, sont complètement étrangères aux Occidentaux. Or, si l'on remarque que les peuples occidentaux des époques passées étaient bien plus proches des peuples orientaux, on peut comprendre que cette incompréhension n'a pas seulement des conséquences dans les rapports entre l'Occident et les autres civilisations aujourd'hui, mais dans la compréhension que les Occidentaux ont de leur propre passé. Par exemple, pour comprendre les religions de la Grèce antique ou des Celtes, la connaissance de l'Hindouisme ou de la mentalité hindoue serait beaucoup plus essentielle que la simple connaissance livresque (qui apporte assez peu de choses pour ce qui est des Celtes).
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JOHN
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MessageSujet: Re: Falsifications de l'Histoire   Sam 15 Mar 2008 - 15:06

Lutfi a écrit:
Pour des époques plus récentes, on peut rappeler que en temps de guerre, le mensonge est une nécessité, et que certains dossiers sont classés : en se limitant à ce point, qui n'est qu'un point parmi d'autres, on peut dire qu'il serait profondément naïf de croire que nous connaissons l'Histoire réelle de ce temps.

On pourrait reformuler ceci, aussi bien, comme suit :

« On peut rappeler que même en temps de « Paix » – dans la mesure où l’on considère que l’état de guerre est permanent (voire est l’état normal de la vie) : la « Paix » n’étant qu’un simple état intermédiaire de l’état de guerre – le mensonge est (très souvent) « une nécessité », et que certains dossiers (n’en) sont (pas moins) classés (ou cachés)
_________________
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"N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." (Cioran)


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MessageSujet: Re: Falsifications de l'Histoire   Lun 17 Mar 2008 - 8:39

Juste un lien. Sur un témoignage. Dont je ne crois pas qu'il se trouve dans les livres d'Histoire, pour la préparation du Bac.

http://atheturk.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=262&Itemid=153

J'y reviendrai, si il y a des lecteurs qu'il inspire.
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Lutfi
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MessageSujet: Re: Falsifications de l'Histoire   Mer 19 Mar 2008 - 16:01

Nada a écrit:

Citation:

Malgré l'étymologie de son nom, l'archéologie n'est pas définie par la notion d'ancienneté (et pas davantage par la notion de déterrer des objets ensevelis).

Elle se définit par rapport à l'histoire par le fait qu'elle s'attache à l'étude des objets fabriqués et non des sources écrites. Ses types d'analyse sont à même de discerner des éléments historiques qui n'ont jamais été consignés par écrit ou de pallier l'absence de source écrite. L'absence ou la présence d'un objet, sa configuration, etc., peut dire des choses très différentes de celles que peut dire un texte, et souvent parle plus vrai puisque les textes sont souvent sujets à caution (de tout temps, on n'a en fin de compte écrit que ce qu'on a bien voulu écrire).

La notion d'archéologie du monde moderne est partie d'un constat simple : étant donné qu'on prétend comprendre, par exemple, les Grecs anciens à partir de leurs coutumes funéraires et de leurs cimetières, il n'y a aucune raison pour qu'on ne puisse également comprendre nos contemporains ou les générations récentes à travers l'étude de leurs cimetières et de leurs coutumes funéraires (ce champ d'étude étant donné comme exemple). Par exemple les Auvergnats ruraux, longtemps, se sont souvent fait enterrer avec leur parapluie : aucun texte n'existe sur ce détail. À étudier donc.

Autre exemple, qui n'est d'ailleurs pas restreint à notre époque : à quelques décennies de nous, si l'on essaie de comprendre notre époque exclusivement à partir des articles de presse qu'elle a produits, on obtiendra une image non seulement fausse mais aussi incohérente, compte tenu de la falsification quasi générale de la réalité du monde à travers la presse de notre temps. En revanche une étude de l'univers technique du début des années 2000, de notre rapport aux objets, au matériel, à l'espace, aux couleurs, etc., pourvu qu'elle s'exerce sur un champ suffisamment documenté, sera d'un bien plus grand secours. Ce qui ne dit rien est plus parlant que ce qui dit (...) il arrive que les données archéologiques (l'étude de l'univers technique) contredisent les sources écrites. Dans ce cas il est clair que c'est l'univers technique qui dit la vérité puisqu'il n'a pas vocation à dire. Cela dit la falsification de l'histoire peut aussi passer par les images mais c'est un autre problème


Bon j'ai fait le copié-collé, car je crois que c'est un point vraiment important à souligner: le fait de ne tenir compte que du document écrit peut complètement falsifier notre perception de l'Histoire.
Je crois que le sujet est assez vaste, et il serait intéressant d'ajouter d'autres exemples concrets.

Je pense, par exemple, que certains films nous en disent plus sur certaines périodes de l'histoire récente, parce qu'ils rendent compte de tout ce qui est absent dans l'écrit: le parfum, l'ambiance d'une époque, liés aux modes vestimentaires, à des attitudes.

Une remarque de Michel Tournier: chaque époque a son visage. Et c'est vrai qu'il y a quelque chose de particulier dans les visages des gens de certaines époques, et souvent, cela est frappant dans les reconsitutions filmées après coup: on peut se rendre compte que les photos d'un village français en 1900 sont en fait récentes, non à cause des costumes, qui sont identiques à ceux de l'époque, ni à la qualité de la photo, qui peut être imitée, mais à un je ne sais quoi dans les regards (je ne dis pas que cela marche toujours).

Et c'est vrai qu'il y a l'architecture, les objets, et le rapport à ceux-ci.
Cette histoire de parapluies dans les cercuils est vraiment curieuse.
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Falsifications de l'Histoire

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