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| Auteur | Message |
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Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Dim 29 Juil 2007 - 21:34 | |
| J'ai lu Marx, j'ai bien aimé d'ailleurs.
Non, avant les classes moyennes, petits cadres, fonctionnaires votaient socialo, étaient préservés, ils étaient participants à la lutte des classes, mais certainement pas victimes. Le seul à morfler a longtemps été le prolo qui n'était pas représentant syndical !
Quant aux classes plus élevées, hormis les gens du show et quelques intellectuels rentiers, elles votaient RPR, puis UMP avec les agriculteurs pauvres ou riches parce que c'était leur intéret pécunier.
Maintenant les fonctionnaires, notamment les profs, la bourgeoisie aisée vont manger des cailloux aussi !
PS : Tu ne trouve pas que ce qu'ont vécu le père goriot, le cousin Pons, la cousine Bette, Eugénie Grandet, la femmes de trente ans, lucien de Rubenpré... dans l'analyse balzacienne est l'exacte reflet des travers de la bourgeoisie ? |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Dim 29 Juil 2007 - 21:42 | |
| Je t'avais dit sur un topic que le pere goriot, m'était tombé des mains, c'est un grand écrivain, mais j'ai pas accroché préférant le lecture de Zola
Mais si tu le dis, c'est que celà doit être vrai |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Dim 29 Juil 2007 - 22:04 | |
| Pas vu, désolé !
Zola se documentait tellement qu'il est plus sociologue que romancier, mais c'est vrai que les naturalistes sont très intéressants. L'assomoir est mon préféré, il me rappelle mon enfance :P . J'aime bien l'ambiance des Zola. Tu as le journal d'un femme de chambre d'Octave Mirbeau aussi qui est un bon bouquin.
C'est vrai aussi qu'il va bien avec l'esprit de Ravachol (j'ai un ancien oncle, anciennement dans ce groupe Ravachol pendant les années soixante dix ! )
Je n'aime que les anars, l'ultra gauche, le fn et surtout les rois, si tu cherches quelqu'un qui n'aime pas la bourgeoisie surtout marchande, tu es tombé sur le bon client, je ne peux être que d'accord avec toi pour avoir grandi au milieu de la culture, de la misère, du rejet à mon égard de la bourgeoisie ! |
|  | | martin.romain Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 29 Inscrit le : 30 Avr 2007 Messages : 88
 | Sujet: Re: Nationalisme. Dim 29 Juil 2007 - 22:04 | |
| <P> </P> |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Dim 29 Juil 2007 - 22:13 | |
| Quel bel endroit ! ça fait rêver et ça me rendrait corruptible qu'il me soit proposé un tel endroit pour y vivre à l'année en échange d'un retournement de veste !
Y aura t'il Jack Lang crucifié sur la grille d'entrée en guise de bienvenue  |
|  | | Snake Plissken Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 36 Inscrit le : 28 Juin 2007 Messages : 782
 | Sujet: Re: Nationalisme. Dim 29 Juil 2007 - 23:44 | |
| La plus belle définition du nationalisme, et surtout, aussi éloignée du pseudo-nationalisme de 1792 que du nationalisme rance à la ploncard d'assac : celle de De Gaulle :
"que toutes les nations du monde forment des Etats, qui coopèrent entre eux" |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 30 Juil 2007 - 0:33 | |
| | Thundaar a écrit: | Il n'y a pour moi aucun doute pour savoir qui de votre ligne ou de la mienne est la plus rassembleuse. Et cela ne se limite pas à la présentation des idées ni même à leur cohérence. Vous en êtes d'ailleurs conscient, d'où vos attaques. Ce qui m'amuse c'est que vous fustigez les gauchistes, responsables selon vous de beaucoup de maux, alors que sur cette question vous réagissez de manière pavlovienne exactement comme eux.
|
Ce n’était pas une attaque soit dit en passant. Et c’est l’inverse du pavlovisme car c’est réfléchir au sujet du principe de réalité, mais bon si vous pensez que les Français pensent comme vous et que la remigration c’est rassembleur…
| Citation: | Par ailleurs, votre aveuglement sur le FN, que vous présentez par a priori comme un parti anti-système, alors qu'il est en réalité le Goldstein nécessaire à la survie de Big Brother, me permet de douter de votre lucidité en matière politique. |
Le FN est utile à Sarkozy pour paraitre plus « soft » c'est vrai, il était également utile à Mitterrand en servant de Golem. Mais sa politique est antisystème vue qu’elle est anti mondialiste. C’est simple, cela va à l’encontre de la logique Impérialiste. Sinon après c'est se chercher des prétextes pour se convaincre du contraire.
| Citation: | D'ailleurs si Sarkozy a pu le réduire aux acquets aussi facilement, ce n'est pas par la trahison des bourgeois, car beaucoup d'électeurs populaires qui votaient FN ont voté Sarkozy au 1er et au 2nd tour. |
Sur une thématique pillée au FN encore une fois et victoire de la com’ mais j’y viendrai à la fin du post.
| Citation: | | et le nationalisme ruine l'Europe en la divisant alors qu'elle serait indigeste au système si unie. |
Elle peut être une Europe des nations unie sur une thématique antimondialiste.
Ravachol
| Citation: | | Lestat : Crois tu que JMLP n'est pas dans l'esthétique ! ( ne serait-ce que sa vie simple, soi disant à saint cloud avec le fameux héritage Lambert. |
Il n’est pas dans l’esthétique révolutionnaire, il est arrivé au second tour en 2002 chose que ne fera probablement jamais un membre du PT(0.5% bordel !) Après ce bonhomme a des défauts et dis n’importe quoi parfois mais je me refuse de critiquer un type auquel on me donne l’ordre de détester. La génération des 20/30 ans on est né avec l’anti-lepénisme le plus primaire, formaté à cracher sur la « bête immonde » le Belzébuth de la politique. Et bien moi justement lorsque l’on me somme d’une chose cela me donne l’envie d’aller à l’encontre, et dans son cas cela me le rend sympatique... Attend le mec ça fait des décennies qu'il s'en prend plein la tronche et il est toujours là, à braver insolemment c'est fort quand meme. Psychologiquement faut tenir le coup c'est pas facile. Y'en a un paquet je suis sur à sa place qui se serait suicidé déjà regarde Bérégovoy...
Ta solidarité prolétarienne t’honores Ravachol, mais écoute. Qu’est ce qui fait le plus chier le système, que tu restes chez toi ou que tu votes Gluckstein (ce qui revient au même) ou bien que tu déposes un bulletin pour le parti honni ? L’abstention, le système s’en tape à part quand cela peut être favorable au FN. Pour moi c’est un grand doigt d’honneur aux « allogènes» de la Raie-publique qui veulent éduquer les sous-chiens blancs dans la repentance perpétuelle, aux moralisateurs gauchistes de merde, aux libéraux atlantistes bref à tout ce système avec le vote Fniste.
Après pour tout le reste je suis d’accord avec toi. Et je te dirai même que si ça ne tenait qu’à moi, et bien l’anarchie serait totale. C’est pas le karcher que je passerai à l’Elysée mais le napalm. Avec comme linceul leur traité simplifié et leur drapeau euromondialiste. Les libéraux atlantistes et idiots utiles du grand capital pendus aux lampadaires avec leurs propres boyaux.
Zatopek
| Citation: | ..un véritable parti "hors système" financerait sa "participation" aux élections uniquement avec la contribution de ses adhérents ou d'un travail sur le terrain... REFUS de tout financement public ! |
C’est vrai il faudrait qu’il soit totalement indépendant du système, et pour cela encore 2 ou 3 héritages Lambert assureraient son indépendance…:P
| Citation: | Folantin
D'accord avec Zatopek... Petite précision à ce sujet : le PT (Parti des Travailleurs) a fait inscrire au Journal Officiel que l'argent que l'Etat lui donnait dans le carde des campagnes électorales (je vous rappelle qu'on ne peut pas le refuser) serait versé sur un compte à part afin d'organiser du soutien financier à desmilitants victimes de la répression dans le monde... Il a donc refusé que cet argent aille dans ses caisses. Il est bien le SEUL... |
Faut pas non plus s’étonner ensuite de ses 0,5% si ça ce n’est pas de l’esthétisme… C’est un véritable suicide politique et même Thundaar sur ce point sera d’accord avec moi je pense. Quand tu veux prendre le pouvoir, tu craches pas sur le moindre revenu qui t’es offert. Là ce n'est que de la pureté révolutionnaire mais ce n'est pas comme ça que l'on gagne des élections. Lorsque tu regardes les sommes dépensées par les deux finalistes on constate bien que c’est une pure victoire de la com’. Ravachol l’a bien dit ce n’est que du show et de la communication bref du fric.
Pour illustrer cela : Nicolas Sarkozy a fait la campagne la plus chère. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20070727.OBS8452/nicolas_sarkozy_a_faitla_campagne_la_plus_chere.html
Dernière édition par le Lun 30 Juil 2007 - 0:43, édité 3 fois |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 30 Juil 2007 - 2:04 | |
| Lestat : Je suis comme le Louis Pointe du Lac en t'écoutant ; je n'ai jamais dit que je haissais Le Pan ; je ne suis pas d'accord avec lui et ses manipulations ; j'ai vu ici , des mecs qui sont au smic, ou rmistes, et je trouve que c'est un peu "Le joueur de Flûte de Hamelin",
C'est vrai que Gluckstein est à 0,5 %, mais tu dis toi même que la politique est lié à l'argent, donc selon une logique marxiste ( ne plus voter, ou faire la révolution ), ensemble, des milliers, puis des millions, ne serait-ce que dans les entreprises, qui est devenu ( je bosse ) l'aliénation ultime et la servitude complête de tout âme....., tu voies les "Managers", quand y t' parle tu croirais des sémaphores, comment t'as envie de leurs foutres un taquet, et leur rappeller "qui fait l'homme et la femme"
Ludo : J'aime lire Zola, car comme tu le dis si bien, c'est un sociologue de son époque avant un écrivain ( naturaliste ), j'ai lu l'assommoir, chef d'oeuvre de la description de la misère et de l'alcoolisme, jamais égalé, Gervaise que l'on retrouve à la fin dans le corridor par l'odeur, m'a ému aux larmes, il te décrit les personnages ( habits, modes, trait, caractère ) les faisant évoluer dans une espèce de vaudeville qui ne peut que les rendre attachant, la terre avec coupeau dans le perche, l'oeuvre sur la peinture impressioniste, oui zola m'a éduquer sur un fait culturel |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 30 Juil 2007 - 2:10 | |
| Réflexions contre le financement public des partis : - Il est illégitime que les deniers de l'Etat (donc mes impôts) servent à financer des partis politiques que je ne soutiens pas, voire que je combats... - Qui paie commande... |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 30 Juil 2007 - 3:20 | |
| | Ravachol/Slayer a écrit: | | Lestat : Je suis comme le Louis Pointe du Lac en t'écoutant ; je n'ai jamais dit que je haissais Le Pan ; je ne suis pas d'accord avec lui et ses manipulations ; j'ai vu ici , des mecs qui sont au smic, ou rmistes, et je trouve que c'est un peu "Le joueur de Flûte de Hamelin", |
Je ne t’ai pas compris par cette métaphore « vampirique »... Qu'entends tu pas Louis de la Pointe du Lac en m'écoutant ? Sinon je sais que tu ne le déteste pas contrairement à ces chiens de pavlov car tu n'es pas comme ces gamins se la jouant « rebelle » avec leur A anarchiste sur le T-shirt, pfff de la rebellitude, caricatures grotesques moralisateurs et plus à gauche qu'à gauche.
Tu sais je me fais pas d’illusion, j’y suis Rmiste je sais ce que c’est. JMLP est un instrument, un trublion pas la panacée qui répondra aux maux. Faut être réaliste, il ne sera jamais président.
| Citation: | C'est vrai que Gluckstein est à 0,5 %, mais tu dis toi même que la politique est lié à l'argent, donc selon une logique marxiste ( ne plus voter, ou faire la révolution ), ensemble, des milliers, puis des millions, ne serait-ce que dans les entreprises, qui est devenu ( je bosse ) l'aliénation ultime et la servitude complête de tout âme....., tu voies les "Managers", quand y t' parle tu croirais des sémaphores, comment t'as envie de leurs foutres un taquet, et leur rappeller "qui fait l'homme et la femme" |
Faire la révolution j’y crois encore moins à JMLP président pour te dire… Les pétasses lolitas-profiter en strings et les merdeux en crêtes Vivelle dop et ceinture D&G sa se révolte pas ça. C’est intéressé par le dernier Motorola ça. Ou alors ramene des Serbes et des Russes, des mecs avec des couilles... Sinon le reste de la population sont tout simplement des lâches, jamais ils n’oseraient se rebeller. Et puis quand tu es formaté depuis ta toute jeune enfance à travers la scolarité à te la fermer, à te soumettre à l’ordre, à ne pas faire preuve d’ingérence face à l’autorité sinon t’es puni, ça finit par te conditionner malgré toi.
Les managers des petits chefaillons qui jouissent d’avoir un grade minable , ça leurs donnent un sentiment de domination sur autrui. Pour moi ce sont des kapos point.
PS : j’ai lu aussi l’Assommoir j’arrivais pas à décrocher du bouquin quelle tragédie : Coupeau, la banban-Gervaise et sa fille qui se prostitue... quelle histoire tellement représentative de la condition populaire de l’époque. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 30 Juil 2007 - 7:29 | |
| Lestat : QUOI TU NE CONNAIS PAS LOUIS LA POINTE DU LAC !!!
Allez je t'aide 'entretien avec un vampire' et le buuuuu et le bû.......uuuuuu, j'me pâme comme les "dindes pétasses-profiter-motorola-forfait à tongues" Brad Le pitre  |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 30 Juil 2007 - 17:31 | |
| | Ravachol a écrit: | | Lestat : QUOI TU NE CONNAIS PAS LOUIS LA POINTE DU LAC !!! |
Si, si... j'ai lu et je connais Pandora, Marius, Vittorio, Akasha etc. tout le gang west coast yo"fucking nigga"...je n'avais pas compris le sens de la métaphore. En tout cas Brad le pitre tu te fout bien le doigt dans l'oeil si t'espères que Lestat te suce.......le sang  |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Jeu 9 Aoû 2007 - 15:38 | |
| J'ai lu avec beaucoup de plaisir vos échanges sur la nation, spécialement les posts de Pertinax avec qui visiblement nous avons beaucoup en commun..
Là aussi, et parce que ça été fait, de manière a faire un peu le tour de la question, j'aimerais ici vous faire part de notre point de vue puisqu'il a été longuement question de Maurras (bravo Pertinax ... pour votre pertinence...), il n'est sans doute pas inutile que nous nous exprimions collectivement à ce sujet... puisque si je prends part a vos débat c'est aussi occasionnellement au nom de mes camarades que j'invite a vous rejoindre en ces lieux...
Voici un article qui situe notre nationalisme... a la lumière des enseignements de l' école d' Action française qui ne se résume pas à Maurras (malgré son immense puissance intellectuelle...) mais inclu aussi des génies tels que Bainville, Bernanos , Boutang pour la métaphysique et l'aspect évangélique et métaphysique qui "manquait" à Maurras dites-vous (ce qui se discute...) dont vous nous avez entretenu, et bien d'autres....
Bonne lecture.
Le NON au référendum du 29 mai dernier a procédé de désirs plus ou moins conscients d’un retour à la nation. Néanmoins il demeure, même chez les souverainistes déclarés, une réticence à se réclamer du nationalisme. Cette réserve provient essentiellement d'une méconnaissance des véritables fondements du nationalisme français et de confusions qu'il est urgent de dissiper.
Il existe deux versions libérales du nationalisme, deux modes d’érection de la nation en individu : le nationalisme jacobin, qui postule l’égalité de toutes les nations et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, quelles qu’en soient les conséquences, fussent-elles les plus catastrophiques, le nationalisme allemand ensuite, qui est un impérialisme, un panisme (1) (le "pangermanisme"). Nous récusons ces deux formes d’expression nationale, qui portent en elles des germes pouvant se révéler désastreux.
Faux modèles Il faut d’abord écarter le modèle allemand, la nation organiciste, fondée sur le sang et la culture, d’Herder et de Fichte (Discours à la nation allemande), qui est une vision forgée dans un objectif politique précis : le pangermanisme. Elle postule que les nations sont des individus puisque comme le résume Louis Dumont, « Herder transforme l’individualisme […] au plan d’identités collectives ». L'Allemagne devient pour Fichte la seule vraie patrie (Heimat), le seul vrai peuple, destiné qu'il est à guider l'Humanité. Comme l'écrivait Maurras, qui refusait, lui, de déifier la nation : « On a vu d'autres nations se décerner le rang divin, une déesse Rome, une déesse France, une sainte Russie, se loger elles-mêmes dans la niche sacrée. Elles n'ont rien à voir avec l'apothéose, que dédia Fichte à la sienne, l'endemain d'Iéna, pendant qu'il y avait un gouverneur français à Berlin. Aucune nation n'aura prétendu comme celle-ci aux attributs exclusifs du Dieu unitaire et métaphysique, de l'absolu juif et chrétien ; seule, la mère Germanie aura survolé Olympe ou Walhalla pour s'asseoir au plus haut des cimes en se proclamant l'Identique au vrai, au beau et au bien. Ne parlons pas du Messianisme d'un peuple de Dieu, le modèle juif est encore dépassé, disons : le Peuple-Dieu ». On sait sur quelles conséquences terrifiantes et meurtrières ont débouché ces théorie allemandes au XXe siècle.
Notre nationalisme ne procède pas non plus, n’en déplaise à Jean de Viguerie, de la vision jacobine et abstraite de la nation-contrat, issue en droite ligne de Rousseau et de Siéyes, que rejoint Ernest Renan dans sa célèbre conférence Qu’est-ce qu’une nation ? (1882) lorsqu’il fait de la nation « un plébiscite de tous les jours ». Cette définition jacobine, volontariste et idéologique de la nation conduit là encore à une absolutisation dont s'est toujours gardée l'école contre-révolutionnaire.
Ces deux formes de nationalisme dévoyé s'accompagnent de principes destructeurs de l'ordre international : le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et le principe des nationalités, tant défendus par Napoléon III et qui furent si utiles à Hitler dans l'affaire des Sudètes. On en a encore récemment vu les conséquences dramatiques en Yougoslavie. Nous ne sommes pas égalitaristes, donc nous ne nous voilons pas la face : toutes les nations ne se valent pas et le fait que certaines n'accèdent pas à la souveraineté (comme dans l'empire austro-hongrois) peut éviter bien des malheurs à leurs propres membres.
Un État peut avoir des droits et des devoirs historiques sur des régions à fort particularisme. C'est le cas en France : Corse, Bretagne, Alsace... Parler de "nationalisme corse" est donc une aberration journalistique. Ce ne sont pas des nationalistes mais des séparatistes.
Synthèse maurrassienne Le nationalisme de Maurras est issu, via la médiation de son ami Frédéric Amouretti (2), de la définition de la nation comme communauté politique formulée par l’historien Fustel de Coulanges (3) dans sa lettre à Mommsen d’octobre 1870, à l’occasion du débat sur l’appartenance nationale de l’Alsace : « Ce qui distingue les nations, ce n’est ni la race, ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances. Voilà ce qui fait la patrie. »
Une communauté politique, ne se décrète pas, elle se constate. Pour Maurras la nation constitue « le plus vaste des cercles communautaires qui soient, au temporel, solides et complets ». La nation est ici une communauté historique et politique naturelle. Il serait dangereux pour ses membres de la remettre en cause, puisque ce serait se détacher du réel au profit d’utopies dont la construction européenne est le meilleur exemple.
Pour Maurras, la nation demeure la voie d'accès privilégiée à l'universel : « Pour rêver à la monarchie universelle et pour s'élever jusqu'à la sphère métaphysique de la Cité de Dieu, Dante n'en est pas moins l'exact citoyen de Florence ; Sophocle l'Athénien et Sophocle l'universel ne sont pas deux figures contraires qui s'excluent mais bien le même personnage. Et ainsi de Goethe à Weimar, dans la mesure où ils atteignent le génie classique. »
Loin d'être un enfermement, l'enracinement national est une condition d'ouverture de l'homme au monde. Comment apprécier les autres cultures nationales si on ne connaît pas d'abord la sienne ? L'appartenance nationale est une, mais pas la seule, des identités constitutives de la personne humaine.
Accès à l'universel La particularité du nationalisme maurrassien est d'avoir articulé nationalisme et royalisme en un "nationalisme intégral" c'est à dire à la nécessité pour la nation française de retrouver un régime monarchique seul garant à long terme, du salut public. Il a expliqué ce cheminement dans Pour un jeune Français (1949) : « La France, l'Unité française, Unité de quoi ? Unité de langue ? De bons Français, Alsaciens, Flamands, Bas-Bretons, Basques, Corses différaient de langue. La langue d'oc était une langue française, il y en avait au moins deux ! L'unité de langue nous manquait donc. Notre race était-elle une ? Moins encore, de toute évidence. La religion ? Non plus [...] Nous ne pouvions pas nous fier, comme l'aurait voulu Renan, à l'arbitraire de nos volontés conscientes : elles laissaient à la merci de reniements et de rupture la chose même qu'il s'agissait d'en préserver ; la plus forte habitude de la vie commune ne sauverait pas d'un divorce. Où donc placer une sauvegarde de l'Unité nationale qui rende compte de ses droits et de nos devoirs ? J'entrevoyais bien ce qui me satisfaisait mal. Notre longue fraternité pouvait ne pas sortir d'une cause unique comme la langue, la race, la religion, mais résulter de la convergence de leurs accords successifs, capitalisés. Encore fallait-il trouver le principe de l'ordre de ces accords ! ». Ce principe, Maurras le trouvera dans le lent et acharné travail politique de nos rois, véritable matrice millénaire du fait national français.
Maurras n'a eu de cesse de critiquer le nationalitarisme (terme forgé par René Johannet) c'est à dire le nationalisme offensif, expansionniste et idéologique. Son nationalisme reste exclusivement défensif. Jamais l'Action française n'a réclamé l'annexion de la Wallonie, de la Suisse romande ou du Val d'Aoste (ce qui nous distingue de certains souverainistes jacobins) ! Elle n'a en revanche jamais transigé sur la défense de nos départements et territoires d'Outre-mer, qu'un déjà long passé commun unit à la métropole.
Classique, politique, réaliste, notre nationalisme n'a pas à rougir de ses fondements. À nous, royalistes d'Action française, d'expliquer et de démontrer à nos camarades souverainistes qu'il est de salut public. La véritable restauration de la souveraineté française sera acquise lorsque l'héritier des Capétiens sera monté sur le trône, lorsque la monarchie sera à nouveau instaurée en France.
(1) Panisme : terme forgé par les géopoliticiens pour caractériser une volonté de rassemblement politique sur un critère identitaire fort : panarabisme, panslavisme, panturquisme...
(2) Frédéric Amouretti (1863-1903) fut le secrétaire de Fustel de Coulanges avant de rédiger avec Maurras la Déclaration des félibres fédéralistes puis de collaborer à la Revue grise d'Action française.
(3) Sur Fustel et l'A.F. lire François Hartog, Le XIXe siècle et l'Histoire. Le cas Fustel de Coulanges, PUF, 1988.
L'Action Française 2000 - 28 juillet 2005
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|  | | Lepante Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 13 Juin 2007 Messages : 71 Localisation : 86
 | Sujet: Re: Nationalisme. Sam 11 Aoû 2007 - 17:44 | |
| | BIen vu Decker mais à l'heure actuelle c'est le compromis nationaliste qui compte : unir tous ceux ( et d'abord les petites gens) qui défendent la nation contre le mondialisme , le cosmopolitisime et la poutocratie apatride. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 20 Aoû 2007 - 13:13 | |
| | Snake Plissken a écrit: | d'autre part, il y a un point ou je suis violemment antimaurrassien (et surtout antibainvillien), c'est sur la notion du droit des peuples
comment se considérer nationaliste et dénier le droit des NATIONS de l'autriche-hongrie à recouvrer leur indépendance? |
C'est très simple : le nationalisme intégral part d'une inégalité de principe, celle de la prééminence des intérêts de la France (c'est l'idée de la France seule...) sur ceux de ses partenaires. Il ne s'agit pas de se conforter à un droit intangible, a priori, valable pour tous, tout le monde et sous toutes les latitudes à l'autodétermination, mais de lire l'ensemble des relations internationales en fonction des bénéfices qu'elles peuvent rapporter au pays. S'il est plus conforme à l'intérêt national de diviser la nation allemande et de prévenir la formation d'états nationaux à partir de l'Autriche Hongrie, alors banco, Politique d'abord. Bainville -je suis bainvillien- comme Maurras se situent plus du côté du réalisme dans les relations internationales que de l'idéalisme, qu'il soit libéral ou socialiste. |
|  | | Lepante Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 13 Juin 2007 Messages : 71 Localisation : 86
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 20 Aoû 2007 - 19:47 | |
| De nations dans l'Autriche-Hongrie n'existaient que la Bohème-l'Empereur étant Roi de Bohème-la Hongrie et la Croatie; l'erreur des Empereurs habsbourgeois fut de ne satisfaire que les intérêts des Hongrois. On sait que l'archiduc François-Ferdinad souhaitait une monarchie plus fédérale, mais le destin en a fait que les choses ont évolué autrement... Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est une absurdité car le peuple est une abstraction qui n'a pas de volonté, c'est un slogan de groupes politiques qui veulent s'approprier le pouvoir : les franc-maçons tchèques par exemple qui poussèrent à la création de la mythique Tchécoslovaquie. |
|  | | Lepante Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 13 Juin 2007 Messages : 71 Localisation : 86
 | Sujet: Re: Nationalisme. Lun 20 Aoû 2007 - 19:47 | |
| De nations dans l'Autriche-Hongrie n'existaient que la Bohème-l'Empereur étant Roi de Bohème-la Hongrie et la Croatie; l'erreur des Empereurs habsbourgeois fut de ne satisfaire que les intérêts des Hongrois. On sait que l'archiduc François-Ferdinad souhaitait une monarchie plus fédérale, mais le destin en a fait que les choses ont évolué autrement... Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est une absurdité car le peuple est une abstraction qui n'a pas de volonté, c'est un slogan de groupes politiques qui veulent s'approprier le pouvoir : les franc-maçons tchèques par exemple qui poussèrent à la création de la mythique Tchécoslovaquie. |
|  | | Vindex L'Œil


 Inscrit le : 10 Fév 2008 Messages : 120
 | Sujet: Re: Nationalisme. Mar 18 Mar 2008 - 12:46 | |
| Retour sur Maurras, pour mieux cerner le rapport du religieux au politique (et donc au nationalisme)  Quelque soit les circonstances, la manière de Maurras demeure toujours plus d’expérience et d’observation que de philosophie ; plus souvent narrative que synthétique, même dans ses démonstrations, plus volontiers poétique que pédante. Prenons l’exemple de la « démocratie religieuse » ; cette notion, cet objet, qui domine son époque (et plus encore la nôtre depuis le concile Vatican II), Maurras la combat là où il la rencontre, sur le terrain politique, et seulement là, parce qu’il en reste à son domaine de compétence. Mais comme il n’ignore pas qu’une définition politique resterait insuffisante, il en appelle – lui l’agnostique – aux définitions théologiques de Pie X. Et par les seules forces de l’intelligence, il pressent l’effet d’une erreur qui n’est pas seulement politique, mais aussi une aberration religieuse. C’est là tout le sens de sa lutte contre Marc Sangnier que viendra confirmer la Lettre sur le Sillon du pape. L’affaire du Sillon apporte ainsi la démonstration religieuse du pressentiment politique de Maurras ; avec la « démocratie religieuse », on se trouve en présence d’un phénomène politique résultant d’une erreur religieuse. Quelle erreur ? Elle est triple. Elle consiste premièrement à croire en l’avènement de la démocratie universelle non point par réflexion politique mais par une sorte d’acte de foi (christianisme dilué aux contours flous), une croyance arbitraire introduite par extrapolation dans le domaine politique : un messianisme temporel (judaïsant). Elle consiste secondement à imaginer avoir découvert, grâce au progrès moderne qui fait artificiellement retour à une « tradition » reconstruite, que tout à la fois le sens, l’essence et l’avenir temporel de la religion chrétienne résident dans la démocratie. A quoi Pie X répond : « L’avènement de la démocratie universelle n’importe pas à l’action de l’Eglise dans le monde. » Elle consiste enfin à fonder la démocratie politique sur l’impératif catégorique d’une insurrection morale (moralisante) contre l’ordre naturel et surnaturel. La critique politique de Maurras est donc en pleine consonance non seulement avec son siècle mais aussi avec la critique théologique. Jamais, il ne subordonne le religieux au politique ; il observe l’apparition sur le terrain politique d’une certaine idée de la démocratie, il en examine les évolutions, et cette observation lui fait voir que le phénomène étudié n’a pas une cause politique, il a une cause religieuse ; plus précisément, qu’il est la traduction et l’instrument politiques d’intérêts religieux ; et que ces intérêts religieux sont hostiles au catholicisme. Cette démarche, venant d’un agnostique, au service de l’Eglise, est admirable ; à son niveau politique, Maurras est un gêneur parce que sa rigueur intellectuelle, sa patience, son honnêteté et son courage le font s’opposer mortellement à « de grands intérêts religieux qui sont tout à la fois anticatholiques et extranationaux ». Il l’a d’ailleurs payé très cher, et aujourd’hui encore, de pauvres hères (dans la presse ou sur les fora) viennent baver leur ressentiment, n’ayant toujours pas pardonné à celui qui a vu clair dans l’ attitude mentale et morale des « métaphysiciens » de pacotille. Les racines de la pensée maurassienne se trouvent au contraire dans les réalités durables, dans les réalités sublimes qui sont supérieures à la volonté de l’homme, et que l’homme libre veut aimer et servir. « L’Action française enracine ses théories, qui n’ambitionnent pas d’être belles mais d’être justes, dans les réalités (…) vivantes : l’amour de la patrie, l’amour de la religion, l’amour de la tradition, l’amour de l’ordre matériel, l’amour de l’ordre moral. » Evidemment, il n’est pas question des Heykhalot, Ma’aseh Bereshit et autre littérature de magie. On ne se demande pas non plus si un judaïsme réduit aux proportions de la loi naturelle pourrait convenir à l’humanité tandis que le degré supérieur d’initiation serait réservé à un « peuple de prêtres ». Ce genre de débats qui agite les loges répugne à Maurras. Ce qui frappe quand on le lit aujourd’hui, c’est la distance qu’il veut mettre entre lui et tous les monstres de démesure et d’artifice qui gangrènent la société et y développent une stratégie d’influence, quand ils n’ont pas encore fait main basse sur elle. Alors inactuelles ou actuelles la grandeur d’âme, l’intelligence de Maurras ? Privé de la foi catholique, l’incroyant Maurras en garde ce que l’impiété moderne y attaque le plus. Il en aime et défend ce que les égarés de la modernité croient redécouvrir dans les théories fumeuses des ennemis de l’Eglise. Les modernistes d’avant 1914, comme ceux d’après le second concile du Vatican, avaient honte du passé de l’Eglise, qu’ils imaginaient comme ils l’imaginent aujourd’hui sous les traits d’une longue complicité avec les puissants de ce monde, une complicité pour asservir les pauvres gens, et pour les exploiter. Ils se trompent sur l’exploitation, sur la pauvreté, sur l’asservissement, sur la puissance temporelle. Ces maux ne seront jamais pires que ce qu’ils sont déjà de manière inchoative. Les discours néo-traditionnels, qu’ils viennent – parfois hélas !- du Vatican ou des représentants autoproclamés d’une Tradition (née en… 1886 !) nous préparent à devenir les prisonniers volontaire d’une autre religion, qui n’est plus la religion catholique. Les propos lus, ici ou là, tantôt fielleux, hypocrites et flatteurs, tantôt hautains, menaçants et haineux, révèlent bien ce toupet, cette indécence, cette boursouflure et cette bassesse si caractéristiques d’un état d’esprit contre lequel « l’Eglise de l’Ordre » comme disait Maurras est bien « la seule Internationale qui tienne. » Et en attendant (si nous le pouvons) d’aimer l’Eglise incapable de s’aimer elle-même au point de s’autodétruire, souvenons-nous – avec Maurras – que la pratique politique est un « désespoir surmonté. »
Dernière édition par Vindex le Mar 18 Mar 2008 - 16:13, édité 4 fois |
|  | | Lutfi A la recherche du grand Tout


 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 1252 Localisation : Stratosphère
 | Sujet: Re: Nationalisme. Mar 18 Mar 2008 - 13:10 | |
| | Citation: | | Les racines de la pensée maurassienne se trouvent au contraire dans les réalités durables, dans les réalités sublimes qui sont supérieures à la volonté de l’homme, et que l’homme libre veut aimer et servir. « L’Action française enracine ses théories, qui n’ambitionnent pas d’être belles mais d’être justes, dans les réalités (…) vivantes : l’amour de la patrie, l’amour de la religion, l’amour de la tradition, l’amour de l’ordre matériel, l’amour de l’ordre moral. » Evidemment, il n’est pas question des Heykhalot, Ma’aseh Bereshit et autre littérature de magie. On ne se demande pas non plus si un judaïsme réduit aux proportions de la loi naturelle pourrait convenir à l’humanité, tandis que le degré supérieur d’initiation serait réservé à un « peuple de prêtres ». Ce genre de débats qui agite les loges répugne à Maurras. Ce qui frappe quand on le lit aujourd’hui, c’est la distance qu’il veut mettre entre lui et tous les monstres de démesure et d’artifice qui gangrènent la société et y développent une stratégie d’influence, quand ils n’ont pas encore fait main basse sur elle. |
Si la pensée de Maurras c'est cela, cela serait amplement suffisant pour confirmer tout ce que j'en ai pu écrire, et de manière assez précise. Libre à toute personne de considérer que l'amour de la religion est une réalité sublime, quand cette religion est vidée de son contenu, mais on peut aussi penser autrement. Pour ce qui est de l'amour de la tradition, encore faudrait-il savoir ce que l'on entend par tradition, car ce mot, dans bien des cas, peut être complètement dépourvu de toute signification.
Et ce qui fait la vanité complète de la pensée de Maurras, c'est bien son incompréhension absolue à l'égard de toute métaphysique. Qu'il n'ait rien compris à l'interprétation métaphysique du Sefer Bereshit, c'est-à-dire du Livre de la Genèse, n'est pas pour surprendre.
Quant à l'ordre moral, il faudrait savoir aussi ce qu'il signifie, de la part de quelqu'un qui a déclaré qu'il fallait condamner un innocent. Et, comme je ne suis pas spécialiste de Maurras, je demanderai seulement, toujours dans le registre de la morale, ce qu'il en est de cette affaire de délation sous le régime de Vichy, et qui se trouve mentionnée dans le journal de Léautaud. |
|  | | MEDIATOR L'Œil


 Inscrit le : 23 Jan 2008 Messages : 605 Localisation : QHS
 | Sujet: Re: Nationalisme. Mar 18 Mar 2008 - 15:25 | |
| Un homme souvent cité par Demada dont aujourd'hui c'est l'anniversaire-hommage de sa mort. Je me suis dit que cela méritait un signalement sur ce fil. L'hypothèse la plus vraisemblable concernant son assassinat reste la piste des barbouzes "gaullistes" pour empêcher la parution de son livre sur le financement alors occulte des grands partis politiques (le modèle fdu genre restant paraît-il Gaston Deferre à Marseille).
30 ans déjà… Hommage à François Duprat !

Mardi 18 mars, ce jour, à 12 h 30, Jean-Marie Le Pen et une délégation du Front national seront au cimetière Montmartre pour rendre hommage à François Duprat, historien et membre du Bureau politique du FN assassiné en 1978.
Le 18 mars 1978, sur la départementale menant à Caudèbec-en-Caux (Seine-Maritime), une explosion retentit et pulvérise la voiture de François Duprat. Il se rendait au collège où il enseignait l'histoire quand une bombe télécommandée, placée sous le siège du conducteur, explosa. Sa femme, Janine, assise à ses côtés, grièvement blessée, échappera miraculeusement à la mort mais est restée lourdement handicapée.
Cet attentat sera immédiatement revendiqué par deux groupes terroristes inconnus des services de police, le « commando du souvenir habiroux » et le « groupe habiroux révolutionnaire ». Revendications qui furent rapidement jugées fantaisistes par les enquêteurs. Trente ans après sa mort, la vérité sur les commanditaires de cet assassinat n'est jamais sortie du puits et toutes sortes d'hypothèses, souvent contradictoires, ont été avancées: une piste proche-orientale du fait notamment de liens tissés par Duprat avec le parti Baas syrien, une piste barbouzarde puisque le frontiste s'apprêtait à publier un livre contenant des révélations fracassantes sur le financement des partis politiques de droite, intitulé Argent et politique. Cet ouvrage n'est finalement jamais paru. D'autres y ont vu la main de l'extrême gauche ...
Né à Ajaccio le 26 octobre 1940, Duprat entra en politique à l'âge de 16 ans. Secrétaire de Maurice Bardèche, - il dirigera sa revue. Défense de l'Occident -, documentaliste de Roland Gaucher pour son ouvrage L'Opposition en URSS 1917-1967, il militera à Jeune Nation en 1958, créera une section GAS à Toulouse -- ce qui lui vaudra quelques mois d'emprisonnement - rejoindra par la suite les rangs d'Occident puis d'Ordre nouveau avant d'adhérer au FN à sa création en 1972 où il anime la tendance national-révolutionnaire avec Alain Renault.
Diplômé d'études supérieures en histoire, grand spécialiste des mouvements nationalistes français et étrangers, historien anticonformiste doué d'une puissante capacité de travail, Jean-Marie Le Pen garde le souvenir d'un Duprat « hirsute, brillant et myope ».
Assassinat jamais élucidé
Le président du FN souligne aussi que la mort de ce dernier est intervenue en pleine campagne des législatives, à une période de grande violence politique - l'appartement du Président du FN, villa Poirier à Paris, avait été soufflé par une bombe deux ans auparavant, là aussi les auteurs n’ont jamais été retrouvés. « Quelques jours avant l'attentat contre Duprat, je m'étais vu interdire de meeting à Assas par des militants du PFN qui arboraient dans le hall de la faculté une effigie de Duprat pendu à un gibet » se souvient-il encore. « La mort de François Duprat fut un choc pour les militants du FN, d'autant que le bilan de cet attentat aurait pu être beaucoup plus lourd puisque François et Janine devaient prendre dans leur voiture ce jour-là une voisine et sa petite fille qui, coup du destin, ne montèrent finalement pas dans le véhicule parce qu'elles n'étaient pas prêtes » ...
« Pourquoi et par qui a-t-il été exécuté ? Peut-être le saura-t-on un jour, il y a maintenant prescription ... Le sacrifice de François Duprat, victime du terrorisme, mérite de ne pas être oublié, il y a aussi une exigence de justice et de vérité » souligne Jean-Marie Le Pen. Le Président du Front national sera aux côtés des militants et dirigeants parisiens de son Mouvement le mardi 18 mars à 12 h 30 au cimetière Montmartre où il prononcera une allocution au pied de l'ultime demeure de l'historien frontiste, qui repose dans le même carré que le grand cinéaste et ex-député FN Claude Autant-Lara.
Serge OMARA, National Hebdo du 13 au 19 mars 2008 |
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