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3Rules4Europe Tapette bobo du tertiaire


   Age : 31 Inscrit le : 28 Oct 2007 Messages : 45 Localisation : quelque part en antigravitation
| Sujet: Re: Guillaume Faye Ven 9 Nov 2007 - 10:50 | |
| De son propre aveu, Guillaume Faye n'est pas un idéologue, c'est un théoricien, je pense d'ailleurs que Jean-Pierre Tillenon pourra confirmer.
Il développe des théories dans l'espoir que quelqu'un prendra le relai avec une idéologie convaincante et qui ne sera pas en contradiction avec ce qu'il estime être juste et en adéquation avec la réalité.
Il limite volontairement l'expression de ses théories à ce qu'il lui semble utile, et essaie de laisser de côté ce qu'il juge superflu, ce qui forcément crée la polémique, et les procès d'intention. Vu que ses théories ne manquent pas de pertinence, il crée aussi la jalousie...
Bref ses "idéochocs" ne laissent personne indifférent, en bien ou en mal, mais force est de constater que personne n'a encore pris le relai de son travail...
Parce que c'est difficile en fin de compte. C'est très facile de dire "je suis contre l'islam", "je suis contre Israel", "je suis contre l'Amérique", "je suis contre les états-nations européens fossoyeurs des identités charnelles" mais c'est beaucoup plus difficile de dire "je suis pour quelque chose", parce que ce quelque chose a intérêt à être neuf, et à n'avoir jamais été tenté, au moins sous sa forme actuelle. Si tu montres, ou si tu laisses simplement penser que tu pourrais être pour quelque chose qui a déjà existé, tu tomberas toujours sur quelqu'un qui aura une dent contre ça. D'où la difficulté du travail d'idéologue : comme dirait Guillaume Faye lui-même encore une fois, l'idée de révolution est en friche, elle fait peur, il n'y a plus beaucoup de candidats...  _________________ SOYEZ NOSTALGIQUES... DU FUTUR! |
|  | | l'Omnivore Sobriquet Idiot utile


   Age : 42 Inscrit le : 02 Déc 2006 Messages : 811 Localisation : France
| Sujet: Re: Guillaume Faye Ven 9 Nov 2007 - 11:57 | |
| Cher Tillenon, tu n'argumentes pas, tu dis que tu détiens la clairvoyance par simple agitat de l'hochet 'européen' et que, en ce qui me concerne, "Tu peux toujours te crever les yeux pour ne pas voir le réel. Cela changera-t-il quelque chose ?..." Or ma vision est d'avenir et est charpentée, je la répèterai à l'occasion, mais ça va tourner à la monomanie et je ne souhaite pas clapoter du tambourin tel le Thundar des bois. Donc juste ça, qui nous est si inlassablement jeté à la figure :
| Jean-Pierre TILLENON a écrit: | Je pense qu'il faut être bien naïf pour croire qu’on peut changer quoique ce soit, en général, à l'aide de ce [la nation] qui à toujours été contre ce changement.
Ne faut-il pas être candide, en particulier, pour penser qu’on va construire l’Europe avec des États qui ont toujours tout fait pour la détruire en faisant massacrer ses habitants ou en en faisant aujourd’hui des zombies téléspectateurs manipulés ?... Voir « Le viol des foules » de Serge Tchakhotine… |
En quoi l'échelle provinciale nous protègerait des massacres ethniques, particulièrement massifs ? En quoi l'échelle mafieuse-diasporale, 'familiale' ou communale ou 'des cités' nous protègerait des massacres 'familiaux', des 'quartiers', communautaires, particulièrement cruels et totaux ? En quoi l'échelle impériale, continentale, nous protègerait des massacres impériaux, continentaux, particulièrement massifs ?
Pourquoi l'échelle nationale serait "toujours contre" le changement ?
Pourquoi l'échelle nationale serait par elle-même porteuse de massacres ? alors que justement elle est par construction déjà conciliante entre QUELQUES identités internes rivales (différentiées quoi), et dont sa vie même dépend de la bonne santé de toutes ? Alors que je le répète, une Europe uniquement 'méta-régionale' sans nation avec ses trois cent cinquante douze régions peut parfaitement décider de sacrifier une Corse et demi ou deux aux essais nucléaires grandeurs, c'est structurellement une décision logique et défendable. (défendable par des lobbies, au 'mieux'... Au mieux adaptés à cette myriade centralisée de centaines de petites taches.)
Enfin, en quoi les échelles nationales européennes seraient hostiles à une construction d'échelle continentale intelligente, lucide de ces qualités d'échelle, et... européenne ?? Européenne c'est à dire faite de nations riches et fortes (et belles), de nations fille d'Europe détenant parce que les utilisant au mieux l'essentiel des pouvoirs politiques, y compris internationaux (cosmiques mêmes!). L'échelle continentale peut avoir des pouvoirs ou des 'points d'appuis' politiques, mais il faut qu'elle soit viable, donc faite de nations (sinon c'est le caprice aztéco-pharaoniste chinois, avec 'pleins de tâches'), et sa principale vertu est de dire la civilisation, européenne. La rappeler et éventuellement trancher les différents rares entre nations souveraines, européennes quoi. Oui, ça vaut le coup.
Mais je me répète... _________________ Les frontières créent les responsabilités. |
|  | | Celtic Zaku Valet apatride du Grand Capital


   Age : 27 Inscrit le : 12 Mar 2007 Messages : 242 Localisation : Essonne
| Sujet: Re: Guillaume Faye Sam 10 Nov 2007 - 13:10 | |
| Moi à titre personnel , je considère la Fraznce comme l'un des pays qui a le plus trahi sa propre civilisation . Déja , pendant la monarchie , François Ier et Louis XIV avaient déja trahi leurs frères Européens en s'alliant aux Ottomans qui assiégaient Vienne . Qu'aurait été l'Europe si les Ottomans avaient gagné ?
La France a toujours trahi l'Europe . Ce que j'aimerai dire surtout , c'est que la France a toujours tourné le dos à la Civilisation Européenne . La page coloniale en Afrique du Nord et Afrique Subsaharienne en est un bel exemple . Tout comme l'envoi de milliers de tirailleurs Noirs et Maghrébins , jetés dans le front par les Français contre d'autres peuples Européens . Il n'y a pas plus grande trahison que d'envoyer d'autres peuples tirer contre des frères ... La France s'en est vantée , mais aujourd'hui la France paye pour ses trahisons . Mais le plus triste est que , dans sa chute continuelle , la France risque d'entrainer toute l'Europe de l'Ouest dans sa mort inéluctable .
Car , sans vouloir me répéter , aujourd'hui , c'est quoi être Français ? Ben tout simplement , adhérer à une idée vague d'universalisme de bas étage , utopique de sucroit , utopie mortelle , ce qui est encore pire . La vérité est que la France n'a plus d'identité . Elle n'est plus Européenne , car depuis le XVIème siècle , elle est "Anti-Européenne" par définition . Tout a été fait pour que les Français ne se sentent pas Européens , mais se sentent les "gardiens" d'un paradis universel qui n'existe pas . La France a tué son identité charnelle , en écrasant la culture Bretonne , qui malheureusement pour la France , est toujours vivace . Je ne parle pas des autres identités régionales comme la Corse , l'Alsace , la Savoie , etc ... Et oui , on peut dire avec fierté que le Jacobinisme moralisateur , égalitariste , utopique et destructeur n'a pas réussi à tuer celles-ci , et on peut s'en féliciter .
Pourquoi la fameuse assimilation ne marche pas ? Oui oui celle prôné par Saint-Soral et la Sainte-République : Tout simplement parce que l'universalisme dit "Français" n'a jamais été une identité valable , qu'elle a toujours été creuse , et surtout abstraite . Comment adhérer à la culture dite "Française" si les immigrants ne la trouvaient pas ? Tout simplement parce que les identités "charnelles" avaient été vilipendés , mise au pilori Jacobin .
Je connais un bon exemple d'assimilation concrète : Une amie d'origine Cambodgienne s'identifiant à la Bretagne , mariée à un Breton et dont le fils s'appelle Erwan et connaissant , un peu certes , la langue Bretonne .
J'attend toujours un exemple concret d'assimilation via l'Universalisme Jacobin que les Soraliens défendent bec et ongle . Il doit bien y avoir des exemples , mais quels sont ils ? De simples adhésions à un corpus juridique compliqué (plus de 500.000 lois pour la Ripoublique Française , on peut pas faire plus totalitaire , à part le Communisme ou l'islam peut-être ...) dont finalement , on ne sait plus trop comment s'assimiler à la France , tant il est vrai que tout cela est flou , surtout pour des gens extra-européens . Si vous y ajouter le nombre exponentiel , cela rend le problème insoluble ...
N'oublions pas non plus que c'est la France et son Républicanisme Jacobin qui a mis le feu aux poudres en 1914 . La IIIème république (ou Ripoublique) a poussé à la guerre afin d'imposer son utopie et écraser les Grandes Aristocraties , héritières de "l'Ordre Européen" , chose fort réussie par ailleurs ... Avec le résultat que l'on connait : Ecrasement d'une certaine identité Européenne (véritable) , des millions d'Européens morts pour une guerre inutile , sauf pour les Jacobins illégitimes , bien sur , qui eux ont détruit l'unité de l'Europe et dont la seule motivation était de "récupérer l'Alsace-Lorraine à ces Sales Boches ..." et de détruire une bonne fois pour toutes les Grandes Aristocraties , héritière de l'esprit Européen , aristocratique par nature .
Et puis en 1918 , cela doit vous faire plaisir chers Soraliens Jacobins : En 1918 , c'était les Etats-Unis qui passaient devant les Nations Européennes et qui finirent par les soumettre , sauf l'Allemagne .
En 1871 , à titre personnel , j'aurai applaudi à la victoire des Prussiens , Européens fiers comparés aux Français traitres .
La bataille de Sedan , le Chemin des Dames ... Que de belles sonorités dans mon oreille ... Quand la France Jacobine perd , c'est l'Europe en général qui se sent mieux .
Donc , pour conclure je dirais que les Etats-Nations sont complètement dépassés , devenus des méduses molles et inertes , vidés de tout sens quelqu'il soit , mais tout cela est une très bonne chose .
Je déteste l'Europe de Bruxelles qui est l'Anti-Europe par excellence , mais par bien des égards , cette construction Européenne fut le fruit de la France Jacobine et d'une Allemagne soumise (aux diktats Etatsuniens et Français) et que ladite construction n'est en fait que le prolongement idéologique ... De la France Jacobine ?
L'Europe des Nations , c'est bel et bien celle-ci , celle de Bruxelles , désolé . Voila vous l'avez !
Alors oui , comme Tillenon , John , Thundaar ou d'autres , je préfère aussi la Grande Europe , celle qui va de Brest jusqu'aux Iles Sakhalines et que cette Europe doit il est vrai , se faire , sur un projet révolutionnaire avec des grandes "régions" (je déteste le terme région , véritable mot-piège ...) centrées autour d'un Fédéralisme Européen puissant .
Pour ce genre de projet , je pourrai le comparer à l'Empire Allemand , qui était divisé en plusieurs principautés , avec à leurs t^tes les "Princes-Electeurs" ... Une belle ébauche pour la Grande Europe .
Je crois de plus en plus que la révolution Européenne ne fera pas avec la France républicaine . Les Soraliens ne sont pas révolutionnaires mais des réformateurs d'un système mort , alors que pour l'Europe tout est à faire .
Bien Cordialement |
|  | | l'Omnivore Sobriquet Idiot utile


   Age : 42 Inscrit le : 02 Déc 2006 Messages : 811 Localisation : France
| Sujet: Re: Guillaume Faye Sam 10 Nov 2007 - 13:28 | |
| | Celtic Zaku a écrit: | | La France a toujours trahi l'Europe . |
La France s'est toujours opposée à l'empire. _________________ Les frontières créent les responsabilités. |
|  | | l'Omnivore Sobriquet Idiot utile


   Age : 42 Inscrit le : 02 Déc 2006 Messages : 811 Localisation : France
| Sujet: Re: Guillaume Faye Sam 10 Nov 2007 - 13:57 | |
| | Celtic Zaku a écrit: | Pour ce genre de projet , je pourrais le comparer à l'Empire Allemand , qui était divisé en plusieurs principautés , avec à leurs têtes les "Princes-Electeurs" ... Une belle ébauche pour la Grande Europe . |
Que l'on prenne l'empire allemand avec ses principautés ou la RFA actuelle avec ses Länder, il y a un point très important qu'il faut voir : c'est la taille. Le changement de taille. Ce qui marche bien (supposons..) dans la RFA actuelle, c'est que des Lânder, il n'y en a que neuf (environ.) Même chose, environ, pour les principautés du Reich. Garder ses Länder comme briques de base de l'Europe c'est en fait tout changer. Parce que conservés à l'identique, ces Länder ou eurorégions passent au nombre de 350 environ, ce qui change tout. Relativement entre l'entité centrale et ses briques constituantes, tout change selon que celles-ci sont une table ronde de neuf ou un troupeau de 350. Si l'on veut conserver la bonne proportion, alors il faut agrandir ces 'Länder', jusqu'à... ce qu'ils aient la taille des état-nations européens actuels, France, Espagne etc. Et alors fatalement ceux-ci engloberont QUELQUES régions distinctes et auront donc deux jambes, deux bras, des mains agiles et une forte tête. Ces nations seront de part leur taille seule, des 'hommes', et n'auront besoin de personne pour accomplir le meilleur et surtout pas d'un hangar à bestiaux.
J'ai avec les 'européïstes' le même rapport qu'avec les régionalistes identitaires, c'est à dire que j'apprécie leurs motivations et compétences propres, de leur échelle favorite. Pour l'Europe-le continent, c'est la civilisation, c'est la paix gendarme entre 'les hommes' (les nations), toujours susceptibles par leur vertus propres de graves échauffourées, voire de haines tenaces et raisonnées; l'Europe dispose d'autre part de 'l'échelle supermarché' et est donc un partenaire privilégié pour fournitures diverses (le catalogue complet.) La région, elle, c'est le dolmen, c'est la soupe au pistou, la racine, et l'ethnie. Les uns et les autres me conviennent tant qu'ils n'oublient pas l'échelle nationale, tant qu'ils ne se méprennent pas à son endroit, tant qu'ils ne cherchent pas à la trucider. _________________ Les frontières créent les responsabilités. |
|  | | 3Rules4Europe Tapette bobo du tertiaire


   Age : 31 Inscrit le : 28 Oct 2007 Messages : 45 Localisation : quelque part en antigravitation
| Sujet: Re: Guillaume Faye Sam 10 Nov 2007 - 18:21 | |
| Si on trucide l'échelle nationale française, moi non plus, je ne la regretterai pas, parce que comme le dit Celtic Zaku, ce n'est pas un modèle assimilateur viable, ou du moins qui n'est plus viable.
Cela s'explique sûrement rien qu'au niveau de l'histoire de France elle-même. Qu'est-ce que la France? C'est un pays qui a été créé par les Francs, sur une portion du territoire de l'ancien Empire romain, conquise sur les Gaulois, qui eux-mêmes s'étaient installés sur le territoire des Ligures, etc... Bref, il y a peu de pays en Europe, qui ait eu à subir autant de couches de modèles assimilateurs. Je ne dis pas que cela a été complet à chaque fois, mais c'est un phénomène ancien, et comme tout ce qui est ancien, il est normal que cela ait fini par casser plus tôt... Je dirai au moment de la Révolution française, quand on essayé de remplacer la (trop) vieille religion catholique romaine par le pseudo-culte pagano-maçonnique de l'Etre suprême, entre autres conneries de l'époque...
Gratter les couches susmentionnées me paraît une idée politique intéressante, à partir du moment où cela n'aboutit ni à des microrégionalismes paralysants, ni à un jacobinisme grand-européen. Je serais plutôt favorable à des courants irrédentistes intereuropéens, de nombre limité mais de grande ampleur, susceptibles de constituer des PILIERS à partir des BRIQUES que seraient les régions, et outrepassant les trop simplistes (et encore entachées de sang frais!...) divisions entre Celtes-Latins-Germains-Slaves, peut-être en prenant pour point de référence des éléments encore plus archaïques.
C'est sûr qu'il y aurait du boulot à faire, rien qu'au niveau linguistique, mais je pense que ce n'est pas le plus insurmontable. Qui se ressemble s'assemble, et à coeur vaillant rien d'impossible...
Franchement, quand je vois la tête d'un Auvergnat et que je la compare à celle d'un Piémontais ou d'un Croate et quand je vois la tête d'un Normand et que je la compare avec celle d'un Norvégien, ou d'un Danois, je me dis pourquoi ces gens ne pourraient pas se réunir, d'abord chacun de leur côté, et ensuite dans un cadre grand-européen, plutôt que de continuer à vivre sous un drapeau sur lequel tout le monde crache, et à chanter un hymne national que tout le monde siffle?!... _________________ SOYEZ NOSTALGIQUES... DU FUTUR! |
|  | | Misanthrope modéré Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 07 Oct 2007 Messages : 63
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 4:43 | |
| | l'Omnivore Sobriquet a écrit: | | Celtic Zaku a écrit: | | La France a toujours trahi l'Europe . |
La France s'est toujours opposée à l'empire. |
Je dirais plutôt "la France s'est toujours opposé à ce qu'un autre pays qu'elle ne soit l'empire". François Ier s'est bien porté candidat au trône du Saint Empire Romain Germanique. Donc, les Capétiens, s'ils avaient pu être empereurs universels, n'auraient pas dit non, à mon avis. C'est de cette façon qu'il faut comprendre, à mon sens, la maxime : "le Roi est empereur en son royaume" : "faute de pouvoir l'être dans l'absolu, ce qui serait encore mieux".
Il serait certainement naïf de penser que quiconque à la place des Rois ne raisonnerait pas ainsi au fond de lui. Il est d'autant plus confortable d'être "particularistes" que nous ne sommes pas en situation de bénéficier des bienfaits de l'universalisme(/impérialisme/colonialisme ou ce que vous voudrez).
C'est pourquoi je pense que le "souverainisme" ne saurait sérieusement être entendu comme un absolu, un concept se suffisant à lui même. Pour Jean Bodin, le grand théoricien de la souveraineté française face à l'Empire et la Papauté :
| sens-public.org a écrit: | | la souveraineté n'est parfaite que si elle est entière et ne subit aucune exception, c'est-à-dire qu'elle ne peut être ni divisée, ni partagée, n'avoir ni supérieur ni égal, ni se heurter à la résistance de ses sujets. |
http://www.sens-public.org/spip.php?article385
Mais, à ce moment là, puisque la souveraineté ne saurait être que parfaite, on se demande bien pourquoi elle admettrait quelque limite géographique que ce soit. Pourquoi une souveraineté parfaite (pléonasme, donc) se bornerait-elle aux frontières de "l'Hexagone" ? Dès lors que la souveraineté est un concept à ce point absolu, il paraît difficile de justifier un apologie générique de "la souveraineté des nations", c'est-à-dire un souverainisme à la fois stato-national dans son objet et universel dans sa portée, en amont de tout parti pris en faveur d'aucune nation particulière. Pour le dire autrement, un principe universel de souveraineté nationale dont procéderait, comme corollaire seulement, la défense de chaque souveraineté nationale à égalité avec les autres.
Au contraire, puisque chaque souveraineté ne se conçoit guère qu'absolue, je considère qu'un nationaliste ne défend la souveraineté des autres nations que de manière intéressée, dans la mesure seulement où défendre la souveraineté des autres face à quelque empire fait le jeu, éventuellement, de notre souveraineté à nous. Dans cette optique, l'on peut opposer une fin de non-recevoir à ceux qui nous disent :
-> Si vous êtes cohérents en tant que souverainistes, vous devez vous opposer à l'impérialisme/sionisme et défendre tout peuple opprimé. -> Si vous êtes cohérents en tant que souverainistes, vous devez défendre l'Etat-nation israélien qui n'a pas moins le droit d'exister que les autres Etats-nations.
Tout Etat-nation naît fatalement d'une violence arbitraire, dont témoigne encore le dessin également arbitraire des frontières qui le séparent de l'extérieur. Il est vain de vouloir laver ce "péché originel" de l'Etat-nation. Les tentatives pour théoriser la légitimité des frontières indépendamment de la force sont intéressantes mais aucune ne paraît sans faille (ni le principe des nationalités de Wilson, ni l'ethnisme de François Fontan, etc.). Si l'on pose qu'aucune nation ne saurait en opprimer une autre, comment empêcher que telle fraction d'une population excipe de je ne sais quel particularisme pour revendiquer sa sécession d'avec l'Etat central accusé de "colonialisme" ? Ce fut le cas de la Padanie, qui ne voulait pas payer d'impôts pour les Napolitains. Selon ce principe (proudhonnien, il me semble) que n'importe quelle collectivité doit pouvoir faire sécession d'une autre, l'on pourrait, en procédant par dichotomie, "descendre" jusqu'à l'individu. Et c'est d'ailleurs bien le raisonnement de certains libertariens "anarcaps", qui entendent s'allier avec les gentils micro-nationalismes contre les méchants jacobinismes et impérialismes, ce qui leur paraît la meilleure stratégie pour combattre "l'étatisme" honni. Si, au nom du respect absolu du principe d'autodétermination, l'on en arrivait là, les "anticolonialistes" (qu'ils soient tiers-mondistes ou régionalistes antifrançais) se rendraient compte :
-> soit que l'application de leurs idées fait le jeu du libéralisme, contre lequel ils prétendent généralement lutter (si l'on admet que diverses souverainetés micro-nationales voire individuelles peuvent subsister juxtaposées - les anarcho-capitalistes invoquent en effet cette juxtaposition des souverainetés actuelles, semblable à une "anarchie", pour transposer ce principe aux relations interindividuelles).
-> soit que le chaos résultant de l'application intégrale du principe d'autodétermination déboucherait sur l'émergence d'un Léviathan succédant aux défuntes souverainetés nationales.
C'est pourtant à l'une de ces deux conséquences que conduirait la "cohérence" d'un souverainisme générique attribuant la même valeur au droit à l'indépendance de toute entité vis-à-vis de "l'impérialisme", "l'empire" ou "l'universalisme jacobin".
Voilà, je profitais de ce sujet pour répondre à divers arguments avancés sur ce forum invitant les souverainistes français à prendre parti dans la querelle israélo-palestinienne au nom de la "cohérence" de leurs principes souverainistes. Du point de vue du souverainisme français, on ne saurait donner de réponse "cohérente" ou conforme à quelque principe universel de Justice à la question de l'indépendance du Tibet, par exemple. Par contre on pourra avancer certains arguments favorables ou non à cette indépendance au prisme de la défense hic et nunc des intérêts français. De même pour la Tchétchénie. De même, peut-être, pour la question israélo-palestinienne. De même, on l'imagine, pour le Québec ou la Wallonie.
Quant à votre argument sur la pertinence de l'Etat-nation (en l'occurence français) s'appuyant sur une notion de "taille optimale", je n'ai rien contre. Il paraît cependant difficile de parvenir à des conclusions très nettes à partir de telles spéculations. Un tel argumentaire sera donc fatalement perçu comme une défense ad hoc des nations qui ont intérêt au statu-quo au contraire de certains nationalismes "régionaux".
Pour être franc, ce n'est pas en raison de la dimension actuelle de son territoire que je suis attaché à la France. J'en prends acte mais je ne me repens pas de ce qu'elle a entrepris par le passé pour l'agrandir. Y aurait-elle mieux réussi que je n'y aurais vu aucun inconvénient. On peut me dire par exemple que l'hubris napoléonienne ne nous a pas profité. J'accepte tout-à-fait cet argument, puisque il repose, au fond, sur une sorte d'eudémonisme national. Mais se défier de l'aventurisme bonapartiste n'impliquait pas nécessairement que la France renonce à exercer le plus d'influence possible sur le reste de l'Europe, de manière plus indirecte, comme c'était le cas avant la Révolution. Voilà pourquoi il ne me paraît pas utile d'aborder les questions relatives à la souveraineté nationale, et à la meilleure échelle pour l'exercer, de manière trop dogmatique. |
|  | | Misanthrope modéré Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 07 Oct 2007 Messages : 63
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 4:43 | |
| | Citation: | | Je ne parle pas des autres identités régionales comme la Corse , l'Alsace , la Savoie |
On peut se demander de quelle légitimité se réclame le particularisme savoyard. Des hasards des partages entre maisons royales, peut-être mais pas de raisons culturelles ou anthropologiques plus solides.
De même, les indépendentistes bretons devraient-ils logiquement ne revendiquer que la Bretagne bretonnante et pas gallaisante.
| Citation: | | Je ne dis pas que cela a été complet à chaque fois, mais c'est un phénomène ancien, et comme tout ce qui est ancien, il est normal que cela ait fini par casser plus tôt |
Etrange. D'un point de vue identitaire, ce qui est ancien devrait bénéficier logiquement de davantage de légitimité plutôt que l'inverse. Et puis l'argument que la France a toujours été une terre de brassage me paraît contestable, car son peuplement est resté stable pendant de longues périodes (la France n'est pas vraiment la Gaule), outre que cet argument se retrouve plutôt chez les "antiracistes".
| Citation: | Je connais un bon exemple d'assimilation concrète : Une amie d'origine Cambodgienne s'identifiant à la Bretagne , mariée à un Breton et dont le fils s'appelle Erwan et connaissant , un peu certes , la langue Bretonne .
J'attend toujours un exemple concret d'assimilation via l'Universalisme Jacobin que les Soraliens défendent bec et ongle . Il doit bien y avoir des exemples , mais quels sont ils ? |
Si si, forumiquement parlant, je connaissais un Arabe (libanais homosexuel, il faut dire) assimilé à la France autant que votre Vietnamien à la Bretagne. Mais je suis d'accord, l'assimilation ne fonctionne plus d'une manière générale. Mais enfin, je ne vois pas trop à quoi mène la dépréciation du cas français par comparaison avec d'autres états-nations occidentaux comparables. OK, au Royaume Uni, les minorités sont moins encouragées à s'assimiler, ce qui serait censé provoquer de moins gros dégâts dans l'identité des "Blancs". Bon, d'accord, si l'on considère que la promiscuité avec des minorités ethniques en grand nombre, non-assimilées mais non moins vindicatives fait une si grande différence...
| Citation: | | N'oublions pas non plus que c'est la France et son Républicanisme Jacobin qui a mis le feu aux poudres en 1914 . La IIIème république (ou Ripoublique) a poussé à la guerre afin d'imposer son utopie et écraser les Grandes Aristocraties , héritières de "l'Ordre Européen" , chose fort réussie par ailleurs ... Avec le résultat que l'on connait : Ecrasement d'une certaine identité Européenne (véritable) , des millions d'Européens morts pour une guerre inutile , sauf pour les Jacobins illégitimes , bien sur , qui eux ont détruit l'unité de l'Europe et dont la seule motivation était de "récupérer l'Alsace-Lorraine à ces Sales Boches ..." et de détruire une bonne fois pour toutes les Grandes Aristocraties , héritière de l'esprit Européen , aristocratique par nature . |
Votre argumentaire contre la France me paraît à charge quand même. Il semble mélanger plusieurs légitimités :
- une tradition "réac", chrétienne (Jacobins illégitimes par rapport à quoi ?)
- une sensibilité nietzschéenne (références à Thundaar, John...), teintée de racialisme (le sang européen que la France aurait trahi).
Oui, sauf que la Révolution Française n'est pas moins légitime que l'ordre chrétien "sémite" qu'elle a balayé, si l'on va par là, comme vous le dirait Thundaar.
Pour être franc, prendre un parti sur ces questions, je m'en fiche un peu, mais ce qui me gène, c'est que vous attaquiez la France d'estoc et de taille, et non au nom d'une tradition précise, ce qui rend plus suspectes vos motivations (OK, si vous la défendiez d'estoc et de taille au lieu de l'attaquer, je vous le reprocherais moins).
Quant aux alliances de revers avec les "orientaux", l'Anglo-sphère s'en est rendu "coupable" aussi souvent que nous, mais on semble beaucoup moins le lui reprocher, je ne sais trop pourquoi.
En accord avec vous sur la bêtise de la guerre de 14, cependant.
Enfin, sur l'Allemagne que nous opprimerions de conserve avec les Etats-Unis pour lui faire suivre nos désidératas, il me semble que c'est plutôt l'Allemagne (par repentance ?) qui s'obstine dans la fidélité atlantiste, alors que nous avons longtemps (avant Sarkozy) plaidé en sens contraire. La France bien moins que d'autres (Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et, spectaculairement, la Pologne) n'excipe de je ne sais quelle dette vis-à-vis de l'Allemagne. Nous considérons que les comptes sont soldés avec ce pays depuis longtemps.
| Citation: | Je déteste l'Europe de Bruxelles qui est l'Anti-Europe par excellence , mais par bien des égards , cette construction Européenne fut le fruit de la France Jacobine et d'une Allemagne soumise (aux diktats Etatsuniens et Français) et que ladite construction n'est en fait que le prolongement idéologique ... De la France Jacobine ?
L'Europe des Nations , c'est bel et bien celle-ci , celle de Bruxelles , désolé . Voila vous l'avez ! |
Oui enfin bon, là quand même...
Si l'Europe était jacobine, elle ne serait pas "des nations", soyons logique. Ici aussi vous attaquez d'estoc et de taille. Si l'Europe était jacobine, les nations n'y conserveraient aucune souveraineté mais seraient considérées comme des départements traités à coup de pied au cul par les préfets du pouvoir central européen. Donc on ne peut à la fois se plaindre que l'Europe serait trop "jacobine" (trop centralisée) et "des nations" (trop divisée).
De plus, je trouve au contraire de vous que l'Europe actuelle serait plutôt trop peu française, car ce sont actuellement les pays partisans du libre-échangisme mondial et de l'atlantisme qui y sont majoritaires contre les orientations françaises (Sarkozy est vu comme "pas assez libéral", c'est dire ! Quant à son atlantisme, il doit pour une grande part son élection aux effets du cordon sanitaire atlantiste de nos zamis européens, obligeant la France à s'aligner sur leurs orientations). Si la France pouvait davantage faire entendre sa voix en Europe, cette dernière serait plus proche de l'Europe-puissance que de l'Europe offerte, c'est-à-dire
> moins atlantiste > plus protectionniste > et, rêvons un peu, moins libérale, mais je ne sais pas si la France aurait raison de pousser dans ce sens dans le monde actuel
Si la France pouvait orienter davantage la construction européenne dans cette direction, à laquelle je ne vois guère d'inconvénients, le souverainisme paraîtrait moins pertinent. N'oublions pas que la France, que vous rendez responsable de la stagnation européenne, a contribué pour beaucoup à cette construction, et qu'à part l'Allemagne, pour des raisons historiques spécifiques, les Etats-nations d'importance comparable seraient plutôt plus souverainistes que nous. Pourquoi ne reprochez-vous pas au Royaume-Uni sa trahison de l'Europe, par exemple ?
| Citation: | | Alors oui , comme Tillenon , John , Thundaar ou d'autres , je préfère aussi la Grande Europe , celle qui va de Brest jusqu'aux Iles Sakhalines et que cette Europe doit il est vrai , se faire , sur un projet révolutionnaire avec des grandes "régions" (je déteste le terme région , véritable mot-piège ...) centrées autour d'un Fédéralisme Européen puissant . |
Mais Thundaar, même s'il pense que la France est morte, est suffisamment politique pour ne pas flétrir sa... mémoire. La France n'est peut-être pas éternelle, mais vous ne convaincrez pas les Français de s'intéresser à ce qui pourrait lui succéder si vous dépréciez ce à quoi leurs ancêtres ont oeuvré.
Pour recourir à une métaphore économique triviale, lorsqu'on veut persuader des actionnaires d'accepter une fusion de leurs entreprises respectives, on essaye de les convaincre que l'opération sera "relutive" (et non dilutive) pour leur capital. De même, si l'on pense que la France devrait se fondre dans une entité plus vaste, serait-il judicieux d'expliquer qu'il ne s'agira pas pour elle de renier ce qu'elle fût.
Enfin, moi, si je voulais défendre la cause européenne auprès des Français, je m'astreindrais à cela. Autrement, l'on défend l'Europe non comme une fin, mais comme le meilleur moyen d'en finir avec les nations, ou certaines nations, ce qui ne donne pas envie à ceux qui sont attachés auxdites nations d'envisager leur continuation dans le cadre européen. |
|  | | Snake Plissken Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 36 Inscrit le : 28 Juin 2007 Messages : 815
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 6:39 | |
| bon, l'histoire de françois Ier, c'est pas sérieux....il n'y a jamais eu de volonté constante des capétiens vers l'empire. (il aura fallu attendre naboléon buonaparte pour ça)
le génie français s'exprime dans les années 843-987, alors que le royaume du Germanique veut foncer dans le rêve romain, le royaume du Chauve n'y pense même plus, et pire, rejette le dernier caroligien, trop allemand, au profit du neustrien (i.e. mérovingien) hugues de france
note un peu HS, mais on assimile souvent de gaulle à bainville, ce qui me semble faut : bainville avait une vision racornie et égoistement bourgeoiso-concervatrice de la politique française, alors que de gaulle se plaçait résolument dans le sillage du trop calomnié napoléon III et sa géniale théorie du droit des peuples à former des état nations |
|  | | 3Rules4Europe Tapette bobo du tertiaire


   Age : 31 Inscrit le : 28 Oct 2007 Messages : 45 Localisation : quelque part en antigravitation
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 11:39 | |
| | Misanthrope modéré a écrit: | | 3Rules4Europe a écrit: | Je ne dis pas que cela a été complet à chaque fois, mais c'est un phénomène ancien, et comme tout ce qui est ancien, il est normal que cela ait fini par casser plus tôt |
Etrange. D'un point de vue identitaire, ce qui est ancien devrait bénéficier logiquement de davantage de légitimité plutôt que l'inverse. Et puis l'argument que la France a toujours été une terre de brassage me paraît contestable, car son peuplement est resté stable pendant de longues périodes (la France n'est pas vraiment la Gaule), outre que cet argument se retrouve plutôt chez les "antiracistes". |
Non ce n'est pas étrange, c'est archéofuturiste, car ancien n'est pas forcément synonyme d'archaïque, mais plus souvent de "moderne en son temps", ce qui veut dire ringard avant l'heure...
Et a contrario des antiracistes si j'admets que la France a été une terre de mélange, au peuplement stable depuis les Francs seulement d'ailleurs, j'admets que cela a toujours été un mélange entre ethnies européennes, relativement proches, cousines germaines dirons-nous. Mais de la même façon que dans une même famille, tous les membres n'ont pas le même tempérament et les mêmes affinités, il existe des différences mentales entre européens, qui même si elles sont tangibles, n'en sont pas moins bien moindre que vis-à-vis des peuples extra-européens.
Il conviendrait toutefois d'en tenir compte.
Pour en revenir à la question de l'archéofuturisme, le futurisme doit réactualiser l'archaïsme à intervalles réguliers, si l'on ne veut pas voir ce dernier tomber dans la poubelle de l'histoire. Et force est de constater que l'histoire européenne (française en particulier) récente n'a pas brillé par ce processus de réactualisation. Je vais prendre volontairement un exemple "Thundaarien" : qu'y a-t-il de commun entre la déesse de la fertilité Luzina des Ligures et la chaste fée Mélusine des légendes médiévales vaguement tolérée par le clergé de l'époque? A la fois tout et rien... Il s'agit de la même entité spirituelle qui a habité l'imaginaire de gens très divers au cours des siècles, mais les valeurs qu'elle portait à l'origine se sont perdues : exclusivité ethnique, séparation de la conjugalité et de la sexualité, vision cyclique et non linéaire du temps, etc... En attendant une chose est certaine : le retour de ces valeurs archaïques ne se fera pas par un décalcomanie des rituels religieux de l'âge du bronze... Il faudra quelque chose d'un peu plus substantiel et profond. _________________ SOYEZ NOSTALGIQUES... DU FUTUR! |
|  | | Misanthrope modéré Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 07 Oct 2007 Messages : 63
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 19:23 | |
| | Snake Plissken a écrit: | | bon, l'histoire de françois Ier, c'est pas sérieux....il n'y a jamais eu de volonté constante des capétiens vers l'empire. |
Donc, cela n'exclut pas que l'idée ait ressurgi à l'occasion (François Ier a quand même bien dépensé une tonne et demi d'or - contre deux pour Charles Quint - pour acheter les Grands Electeurs de l'empire).
Cela dit, je suis bien d'accord avec l'idée que la (vraie) France n'est pas celle de Charlemagne mais commence avec le Partage de Verdun. Je me demande simplement si la notion d'opposition à l'empire a été embrassée par les Rois avec le plus grand enthousiasme ou si elle leur a été dictée par la géographie de leur royaume - amenant ainsi leurs juristes à théoriser cette situation à leur avantage. Les Rois seraient-ils restés fidèles à cette notion, si, par les hasards de la fortune, ils avaient pu agrandir leur territoire au point que le rêve impérial ait enfin semblé à portée ?
Et même sans agrandissement territorial de la France au delà du Rhin, L'Europe de l'époque de Louis XIV parlait français. Les autres peuples européens auraient pu s'irriter de notre "impérialisme culturel" comme nous nous irritons aujourd'hui de l'influence américaine. Cela est bien différent de l'expansionnisme territorial, dira-t-on (cela en souligne même le caractère contreproductif) mais cela nous invite aussi à ne pas nous figurer la souveraineté des Etats-nations comme une puissance illimitée à l'intérieur de leurs frontières et distribuée en compartiments étanches entre eux (ce qui pourrait être l'idéal du souverainisme stato-national).
Si la langue française était aussi hégémonique aujourd'hui qu'à l'époque de Louis XIV, les patriotes français, même ceux qui rejettent à juste titre l'expansionnisme territorial, s'opposeraient-ils de toutes leurs fibres à ce que nous acculturions de la sorte nos frères européens ? J'en serais quand même étonné. Nous pouvons peut-être nous inspirer de ces considérations pour appréhender la psychologie du monde anglo-saxon actuel.
| Citation: | | note un peu HS, mais on assimile souvent de gaulle à bainville, ce qui me semble faut : bainville avait une vision racornie et égoistement bourgeoiso-concervatrice de la politique française, alors que de gaulle se plaçait résolument dans le sillage du trop calomnié napoléon III et sa géniale théorie du droit des peuples à former des état nations |
Mais vous deviez penser à quelque chose en apportant cette précision (?).
Sinon, Napoléon III a été "réhabilité" ces derniers temps, en effet. Mais n'a-t-il pas signé un traité de libre-échange avec le Royaume-Uni ? Reprendriez-vous à votre compte cette politique (en ayant à l'esprit les conditions de l'époque, bien sûr) ? Plus généralement, Napoléon III est-il exempt de tout "esprit bourgeois" (lequel n'a pas forcément que des mauvais côtés) ? |
|  | | Misanthrope modéré Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 07 Oct 2007 Messages : 63
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 19:24 | |
| | Citation: | Mais de la même façon que dans une même famille, tous les membres n'ont pas le même tempérament et les mêmes affinités, il existe des différences mentales entre européens, qui même si elles sont tangibles, n'en sont pas moins bien moindre que vis-à-vis des peuples extra-européens.
Il conviendrait toutefois d'en tenir compte. |
Vous prêchez un converti. C'est bien pourquoi on ne saurait fonder l'Europe en attendant de ses nations, notament de la France, qu'elles se renient. Les "euro-mondialistes" ont souvent la roublardise de présenter l'Union européenne comme un levier garantissant mieux les intérêts des nations vis-à-vis des tiers que ces dernières ne le feraient seules (voir la campagne de Séguéla pour Maastricht). Il serait donc dommage que les européens "authentiques" envisagent l'Europe comme la condamnation de telle ou telle nation. Il faudrait distinguer cette question (que je qualifierais comme celle de la "piété filiale") du souverainisme, problème qui ne se pose qu'en second lieu, à mon sens.
| Citation: | | En attendant une chose est certaine : le retour de ces valeurs archaïques ne se fera pas par un décalcomanie des rituels religieux de l'âge du bronze... Il faudra quelque chose d'un peu plus substantiel et profond. |
ça, ça doit être une pique pour le père Thundaar. C'est un débat qui m'échappe un peu. :)
Sur le fond, je pense que sa démarche est généalogique. Les Etats-nations et religions actuels de l'Europe sont plus récents que d'autres identités avec lesquelles notre continent est amené à interagir. Je pense à une certaine identité en particulier, forte de sa mémoire et de sa résilience. En recherchant s'il n'existe pas des coutumes, des ethos, des lois naturelles caractérisant une identité plus fondamentale de l'Europe au moins aussi ancienne que les Juifs, puisqu'il s'agit d'eux, Thundaar pense peut-être établir l'identité européenne comme existant en soi, et non seulement par contraste avec ce qui lui serait antérieur.
Importe-t-il vraiment que les Européens croient aux Dieux ? Pas forcément, mais l'athéïsme qui suit le polythéisme n'est pas le même que celui qui suit le monothéisme, notamment "judéo-chrétien". Donc, pour que nous devenions de bons athées post-polythéistes, encore faut-il que le polythéisme ait été restauré en Europe au moins... une seconde ?
Puisque l'identité possède une dimension religieuse, et que même les athées d'une société sont influencés par la dimension religieuse de cette dernière, Thundaar se dit peut-être qu'il faut occuper tout le spectre de l'identité, ce qui implique de ne pas laisser des spiritualités "étrangères" en squatter le segment religieux (j'aurais bien dit métaphysique, mais T. rejette cette notion). On peut se dire "tout ça n'est pas bien important" (c'est mon cas) mais certains types d'esprits ont peut-être besoin de cette dimension de l'existence, et l'on pourrait craindre qu'ils n'aillent chercher dans des expériences trop "exotiques" la fameuse quête du sens qu'ils jugeraient ne pouvoir accomplir "à domicile".
Voilà, c'est mon exégèse personnelle de la démarche thundaarienne, mais je pense comme vous qu'il sera difficile de faire "renouer" authentiquement les Européens avec leur paganisme ancestral. Un nationaliste avec lequel je discutais ailleurs remarquait une incohérence entre le nietzschéisme dont T. se réclame et son refus d'acter la mort du paganisme, alors pourtant que Nietzsche exhorte à "pousser ce qui tombe".
Quoi qu'il en soit, je ne partage pas (toutes) les convictions et préoccupations de Thundaar, mais c'est certainement une personnalité intéressante. Je saisis donc cette occasion pour exprimer, avec un peu de retard, mon regret qu'il ait été banni du forum.
Cordialement. |
|  | | Snake Plissken Banni(e) parce que je le vaux bien


   Age : 36 Inscrit le : 28 Juin 2007 Messages : 815
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 19:38 | |
| oui, je pensais aux thérories de bainville "il faut sauver l'empire des habsbourgs", ce genre de trucs
de gaulle et louis-napoléon sont plus cohérents : des état-nations partout ou c'est légitime |
|  | | Misanthrope modéré Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 07 Oct 2007 Messages : 63
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 21:00 | |
| | Snake Plissken a écrit: | oui, je pensais aux thérories de bainville "il faut sauver l'empire des habsbourgs", ce genre de trucs
de gaulle et louis-napoléon sont plus cohérents : des état-nations partout ou c'est légitime |
Mais De Gaulle était bien pour le principe des nationalités lorsqu'il arrangeait la France, mais ne se pressait pas de demander son application lorsqu'il la dérangeait.
> Il a proposé à la population du Val d'Aoste de rejoindre la France, mais pas à la Bretagne bretonnante de s'en séparer. > Il a proposé aux gens de la Sarre de se rattacher à la France alors qu'ils ne sont pas "ethniquement" français (Ne parlons même pas du cas de l'Alsace-Moselle). > Pour autant De Gaulle n'a pas fait des pieds et des mains pour que la Wallonie se rattache à la France, car il pensait que c'était aux Wallons eux mêmes de se saisir éventuellement de cette question.
D'une manière générale, la France a beau être une nation "à taille humaine", il n'est pas sûr qu'elle ait grand chose à gagner à invoquer le principe des nationalités. Considérons simplement le cas de l'Occitanie. Les partisans de la langue d'Oc ne semblent pas très nombreux, ni constituer un fait identitaire tel que la France doive se pencher d'urgence sur la question. Mais si l'on se fie au principe des nationalités, puisque la langue d'Oc est bien une langue et non un dialecte, un mouvement indépendantiste occitan serait légitime en vertu de tels critères.
Bien sûr, on peut arguer d'une certaine prescription, de l'idée que la francisation est un fait accompli. Et d'ailleurs, cette notion de prescription est l'un des arguments que l'on pourrait opposer d'une manière générale au principe des nationalités : qui est légitime au Kossovo, les Albanais ou les Serbes, sachant que les premiers ne s'y sont pas toujours trouvés aussi nombreux ?
Toujours est-il que l'on peut reprocher à la France de s'être constituée de manière assez "artificielle", voire "colonisatrice" dans son histoire, malgré son hostilité au Saint-Empire. Et certains ne se privent pas de le faire. Donc l'argument du principe des nationalités ne nous aide pas tant que ça (certains soupçonnent l'Allemagne d'avoir davantage intérêt à encourager ce type d'argumentaires aujourd'hui).
Alors il nous reste à nous replier sur les notions moins solides de "frontières naturelles", ou de "taille humaine". Mais quitte à retomber sur un cliché, la phrase de Michelet "La France aurait pu ne pas être" me semble finalement la plus juste.
Cordialement. |
|  | | 3Rules4Europe Tapette bobo du tertiaire


   Age : 31 Inscrit le : 28 Oct 2007 Messages : 45 Localisation : quelque part en antigravitation
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 11 Nov 2007 - 21:13 | |
| | Misanthrope modéré a écrit: | Vous prêchez un converti. C'est bien pourquoi on ne saurait fonder l'Europe en attendant de ses nations, notament de la France, qu'elles se renient. |
Le problème, c'est que c'est la France elle-même qui a renié ses propres enfants. Quand j'ai vu mon grand-père qui avait trimé dans les fermes dès l'âge de 8 ans, qui avait fait la guerre de 40 et s'était retrouvé au stalag, finir sa vie à l'hosto où on lui refusait une malheureuse couche-culotte sous prétexte que ça coûtait trop cher, et qu'après cela j'entends des putains de cocos et de bobos, tous à des positions dirigeantes, aujourd'hui dire que les mecs de Seine-St-Denis sont dans la misère alors qu'ils se balladent avec des 2000 balles de fringues sur le dos, je dis qu'il y a des coups de pied au cul qui se perdent, et qu'il n'y a plus rien à attendre de la France. Je n'attends absolument pas qu'elle se renie, mais il ne faudra pas qu'elle s'étonne si un jour elle termine éparpillée en morceaux façon puzzle...
| Misanthrope modéré a écrit: | Importe-t-il vraiment que les Européens croient aux Dieux ? |
Il importe que les Européens SOIENT des Dieux!... L'identité européenne véritable se trouve dans la tentation surhumaniste, prométhéenne, avec laquelle en effet, un Thundaar (ou plutôt Stahler) a l'air plutôt brouillé, ou plutôt n'est pas prêt d'accepter tout ce que cela implique (encore une fois, on peux se rendre compte que beaucoup de soi-disants païens pensent en fait comme des Chrétiens...). _________________ SOYEZ NOSTALGIQUES... DU FUTUR! |
|  | | l'Omnivore Sobriquet Idiot utile


   Age : 42 Inscrit le : 02 Déc 2006 Messages : 811 Localisation : France
| Sujet: Re: Guillaume Faye Mar 13 Nov 2007 - 7:47 | |
| | Misanthrope modéré a écrit: | C'est pourquoi je pense que le "souverainisme" ne saurait sérieusement être entendu comme un absolu, un concept se suffisant à lui même. Pour Jean Bodin, le grand théoricien de la souveraineté française face à l'Empire et la Papauté :
| sens-public.org a écrit: | | la souveraineté n'est parfaite que si elle est entière et ne subit aucune exception, c'est-à-dire qu'elle ne peut être ni divisée, ni partagée, n'avoir ni supérieur ni égal, ni se heurter à la résistance de ses sujets. |
http://www.sens-public.org/spip.php?article385
Mais, à ce moment là, puisque la souveraineté ne saurait être que parfaite, on se demande bien pourquoi elle admettrait quelque limite géographique que ce soit. Pourquoi une souveraineté parfaite (pléonasme, donc) se bornerait-elle aux frontières de "l'Hexagone" ?
Dès lors que la souveraineté est un concept à ce point absolu, il paraît difficile de justifier un apologie générique de "la souveraineté des nations", c'est-à-dire un souverainisme à la fois stato-national dans son objet et universel dans sa portée, en amont de tout parti pris en faveur d'aucune nation particulière. Pour le dire autrement, un principe universel de souveraineté nationale dont procéderait, comme corollaire seulement, la défense de chaque souveraineté nationale à égalité avec les autres.
Au contraire, puisque chaque souveraineté ne se conçoit guère qu'absolue, je considère qu'un nationaliste ne défend la souveraineté des autres nations que de manière intéressée, dans la mesure seulement où défendre la souveraineté des autres face à quelque empire fait le jeu, éventuellement, de notre souveraineté à nous. |
Je dirais simplement que, comme pour un homme, ma liberté s'arrête là où commence celle des autres. C'est très acceptable. Une nation peut très bien le respecter. Ce que tu décris est, transposé à l'individu, le cynisme pur du "j'vais tous les baiser", avec la variante de réclamer la liberté ('souveraineté) générale pour obtenir la sienne propre, "de manière intéressée", pour en fait "tous les niké." C'est trop simpliste, les hommes eux-mêmes ne fonctionnent pas si bêtement. Pour les nations, la souveraineté ne peut pas être 'absolue', elle s'arrête là où commence celle des autres. C'est un bon concept, on peut vivre et vivre bien avec ça. _________________ Les frontières créent les responsabilités. |
|  | | Jean-Pierre TILLENON Tapette bobo du tertiaire

 Inscrit le : 16 Nov 2006 Messages : 8
| Sujet: Re: Guillaume Faye Mar 13 Nov 2007 - 10:38 | |
| | Jean-Pierre TILLENON a écrit: | BRAVO !
C’est d‘autant plus vrai que c’est tout simplement comprendre et respecter la langue parlée sur ce forum. En effet, c’est le sens même du mot « Eur Opt », comme je l’ai dit plus haut. L’ancien grec « Eur » se retrouve dans « Her » comme « Heros », « Herakles » etc… Il vient de « Gour », « Grand ». Il donne « Gourou », « Maître ».
D’où l’intérêt de connaître le sens des mots. Sinon, ce n’est plus la peine de parler.
Pour avoir une idée de quel État l’Europe a besoin, il nous faut redéfinir, redécouvrir simplement, ce qu’est l’Europe. Le mot « Europe » désignait la déesse « Gour-opt », « Eur-opt ». Ce qui veut dire la déesse aux grands yeux. "opt" se retrouve dans le français "optique". C’est-à-dire l’archétype de la supervision, de la clairvoyance, de l’intuition, de l'"éveil", du « buddhi » en sanscrit. C’est donc un concept philosophique, spirituel et non pas seulement économique ou anthropologique. Selon la tradition indo-européenne de l’Europe, et non pas judéo-chrétienne de l’Occident, le stade buddhi de l’humanité est le stade du sixième développement de ladite humanité à l’intérieur de sa cinquième évolution. C’est le développement de son intuition après le développement de son intelligence (manas), de sa raison (kama-manas), de son émotion (linga), de son énergie (prana), de son physique (stula) depuis des dizaines de millions d’années et ceci avant le septième et dernier développement, celui de la volonté (atma). Le révolutionnaire européen est donc un philosophe, un combattant philosophe traditionnel pour faire évoluer l’humanité. C’est donc un « chevalier ». Son esprit, son Être éveillé, doit dominer son corps, sa personnalité, son « cheval ». La finalité de sa vie est spirituelle et non pas matérielle. C’est un artiste historien, un créateur dans l’histoire. Il cherche à créer dans l’histoire de l’humanité un État philosophique, une renaissance. C’est-à-dire un État à finalité spirituelle et non pas uniquement matérielle comme le sont aujourd’hui les États nations décadents matérialistes de l’union euroricaine. Le révolutionnaire européen est donc un philosophe, un « chevalier ». C’est l'individu qui cherche naturellement la sagesse, au sens de la connaissance juste. C’est un politique qui, étant philosophe, se consacre à certaines étapes de sa vie, à aider ses semblables qui sont moins favorisés, à les éveiller. Il veut que tous puissent devenir un jour philosophes, chevaliers à leur tour, donc « Révolutionnaires européens » |
|
|  | | Misanthrope modéré Valet apatride du Grand Capital


 Inscrit le : 07 Oct 2007 Messages : 63
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 18 Nov 2007 - 0:25 | |
| | l'Omnivore Sobriquet a écrit: | | Je dirais simplement que, comme pour un homme, ma liberté s'arrête là où commence celle des autres. |
Et celle des autres s'arrête là où commence la mienne, ce qui ne nous dit pas exactement où. Je vous crois conscient que cette affirmation, à moins de l'inclure dans un système intellectuel plus vaste, est une tautologie...
| Citation: | | C'est très acceptable. Une nation peut très bien le respecter. Ce que tu décris est, transposé à l'individu, le cynisme pur du "j'vais tous les baiser", avec la variante de réclamer la liberté ('souveraineté) générale pour obtenir la sienne propre, "de manière intéressée", pour en fait "tous les niké." C'est trop simpliste, les hommes eux-mêmes ne fonctionnent pas si bêtement. |
Je n'en sais rien. Michéa a l'air de penser que, sans être une fatalité anthropologique, une telle conception atomistique de l'humanité est au moins une potentialité tendant à s'actualiser, désormais, puisque elle caractérise le libéralisme tel qu'il se déploie (même si le triomphe du libéralisme réel détruit le type humain qui l'a rendu possible). On n'en est peut-être pas encore tout-à-fait là, me direz-vous...
Quoi qu'il en soit, la question n'est pas tant "comment les hommes fonctionnent" (descriptif, être) que "comment ils devraient fonctionner" (normatif, devoir être). Vous avez donc tout-à-fait le droit de penser que c'est Mal.
| Citation: | | Pour les nations, la souveraineté ne peut pas être 'absolue', elle s'arrête là où commence celle des autres. |
Ah mais voilà. La souveraineté "n'est pas absolue".
Elle est donc subordonnée à un (ou des) principe(s) plus important(s).
Je disais simplement qu'un nationaliste intégral ou "cohérent" privilégierait logiquement la souveraineté de son pays à celle des autres, en cas de conflit d'intérêts. Ce n'est donc pas par la cohérence du nationalisme, ou du souverainisme, que l'on peut justifier le refus du colonialisme. Voilà simplement mon propos.
Je trouvais simplement un peu culottés les argumentaires du type : "si vous êtes des nationalistes "cohérents" vous devez être anticolonialistes". Un nationaliste français cohérent devrait-il donc encourager la sécession de la Bretagne ? Pourquoi pas, à la limite ? La sécession de l'Occitanie, etc. Un nationaliste chinois "cohérent" devrait-il demander la liberté du Tibet ?
Cela dit, je ne prétends pas qu'il faille être un nationaliste absolu, tel que je comprends cette notion. Mais si nous prenons en compte les aspirations à la souveraineté d'autres peuples ou entités, ce n'est pas la conséquence de notre nationalisme, mais la conséquence d'autres principes auxquels nous voulons bien le subordonner.
S'il s'agit de définir une morale susceptible de borner la souveraineté nationale, je suis assez convaincu par la morale de la pitié schopénauerienne, pour ma part. J'apprécie cette réflexion parce qu'elle démontre le côté "intéressé" (eh oui !) des conceptions plus transcendantes de la morale, dès lors qu'elles reposent sur la peur de la sanction après la mort.
En effet, selon la définition schopenauerienne de la morale, un acte n'est moral que pour autant qu'il est commis dans la perspective de coûter un prix à son auteur. Si, de quelque façon, ce dernier pense que l'acte en question lui profitera, ou lui évitera une nuisance, alors cet acte ne saurait être dit moral. La morale est ce qui nous pousse, par empathie, à nuire à nos intérêts au bénéfice de notre prochain.
Voilà, moi, de quelle façon, j'établirais les limites de la souveraineté : par la prise en compte empathique des intérêts des nations ou individus tiers. Cette définition laisse une certaine marge d'appréciation en fonction des différentes situations géopolitiques.
Si l'on veut définir plus précisément les limites légitimes de la souveraineté, comme je le disais, l'on risque de ne rien trouver entre la souveraineté individuelle des libertariens et la possibilité d'un Etat mondial. Les frontières des nations sont fatalement issues de rapports de force. On peut vouloir les justifier par des considérations plus "ethnistes", mais, les frontières ethniques n'étant pas gravées dans le marbre, cela ne nous dit pas quand une épuration ethnique est légalisée par prescription, par exemple.
Cordialement. |
|  | | Invité Invité
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 18 Nov 2007 - 1:02 | |
| | Citation: | | > Il a proposé aux gens de la Sarre de se rattacher à la France alors qu'ils ne sont pas "ethniquement" français (Ne parlons même pas du cas de l'Alsace-Moselle). |
tu sais ce qu'elle te dit l'Alsace-Moselle ?
plein le cul des français de l'intérieur qui nous veulent quand on est allemands, et nous refusent la " francitude " une fois qu'ils nous ont. mon grand-père a été enrôlé de force à 15 ans dans l'armée allemande, il s'est évadé de Tchécoslovaquie à vélo, ma grand-mère, comme beaucoup de gens ici, portait une croix de Lorraine à son béret, au péril de sa vie, ça n'est pas pour qu'aujourd'hui un putain d'internaute vienne me dire qu'on est pas français ! |
|  | | l'Omnivore Sobriquet Idiot utile


   Age : 42 Inscrit le : 02 Déc 2006 Messages : 811 Localisation : France
| Sujet: Re: Guillaume Faye Dim 18 Nov 2007 - 1:53 | |
| | Misanthrope modéré a écrit: | | Mais si nous prenons en compte les aspirations à la souveraineté d'autres peuples ou entités, ce n'est pas la conséquence de notre nationalisme, mais la conséquence d'autres principes auxquels nous voulons bien le subordonner. |
La simple existence des autres nationalisme. Rien d'autre. Je subordonne les nationalismes à l'existence des (autres) nationalismes... On avance grave là... _________________ Les frontières créent les responsabilités. |
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