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La revue Rébellion

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Pertinax
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Jeu 12 Juil 2007 - 12:56

L’Europe pourra en effet tenir compte de moins en moins de l’Amérique, ou plutôt en tenir compte différemment [rapport de force modifié] lorsqu’elle aura achevé son processus d’unification continentale, avec ou sans les nations d’ailleurs. Mais pas avant. Le risque d’incident global [réaction en chaîne] restant très élevé jusque là, à cause de la poudrière moyen-orientale, mais pas seulement. C’est pourquoi l’inversion des flux migratoires tel que vous l’envisagez ne pourrait se réaliser qu’après la constitution d’une Europe puissance. Or vous faîtes du transfert des populations un préalable à la Nation-Europe.

Il y a donc, mon cher Thundaar, une contradiction dans votre exposé.

Mais je ne veux pas vous donner tort sur toute la ligne. Et si l’inversion des flux est souhaitable et humainement envisageable dans la future Europe organique et non totalitaire [et vous voyez que je n’emploie pas le mot « empire » pour ne pas vous froisser], alors pourquoi pas ?

D’ici là, comme le dit et l’explique Quai Branlix, « le renvoi à l’envoyeur est impossible ».

Si la gauche nationaliste échoue (dans sa version républicaine ou sa version NR), nous pourrons tourner la page. Aujourd’hui en France, Soral est notre dernière chance. Après, ce sera en effet le ghetto, doré ou putride (ou les deux à la fois), selon les moyens de chacun. Mais d’un côté ou de l’autre de la cage, il y aura toujours des barreaux. Le monde ressemblera à un vaste camp de travail ou de loisir, avec bien sûr tout en haut, les hyperclasseux qui feront du profit sur le matériel humain. Quelle belle utopie. Mais restons optimistes (mouais !)

Intéressante remarque sur la durée de vie décroissante des systèmes politiques hautement organisés. Sur la question du destin des Etats-Unis et du rôle de l’Amérique du Sud [et sur ce point Thundaar n’a pas compris pourquoi Chavez est important pour nous], je vais poster quelque chose à la première occasion. Quand au « christianisme [éternellement] résiduel », je vois qu’il va falloir remettre les pendules à l’heure.

Pour ce qui est de « l’intégration rapide des ressources extra-terrestres dans notre bilan systémique » et la question brûlante de l’exploitation du « minerai astéroïdique », je suggère à Quai Branlix de créer un topic « Sectes ufologiques » où nous pourrions disserter savamment de l’Ordre de Melchisédec, de Rampa, ou de l’Ange de la Planète Cyclamen. Venant moi-même de l’ultra-gauche pangnostique (tendance ufologique), je discuterais volontiers de ces questions. Mais attention !!! Je ne tolérerai pas une seconde que l’on conteste l’existence des soucoupes volantes. Vous voilà tous prévenus. Négationnistes, ce forum n’est pas pour vous !!!


Dernière édition par le Jeu 12 Juil 2007 - 15:49, édité 1 fois
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Thundaar
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Jeu 12 Juil 2007 - 15:49

juju333diablo a écrit:
Pourquoi polluer ce sujet d'avantage ?

Il serait préfèrable de créer un sujet dans mondo.


C'est pas faux.

La suite donc ici:
http://vraishommes.frbb.net/Mondo-2007-f5/De-l-euro-socialisme-debat-Pertinax-Thundaar-t1537.htm?highlight=


Dernière édition par le Jeu 12 Juil 2007 - 16:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Jeu 12 Juil 2007 - 16:04

Pertinax

Citation:
Pour ce qui est de « l’intégration rapide des ressources extra-terrestres dans notre bilan systémique » et la question brûlante de l’exploitation du « minerai astéroïdique »,


Wtf précisait tout de même que cette exploitation serait sur le long terme, si vous parcourez un peu la discussion dans le fil de Subversiv.com, il envisage le même raisonnement pour tous les processus civilisationnels, cela devait sembler une gageure de cultiver la terre il y'a 12 000 ans, et le Pertinax de l'époque aurait pu dire "Pourquoi perdez vous votre temps à faire pousser des graines au lieu de chasser le gibier ?" Wink , je vous charrie bien sûr, là n'est pas votre réflexion, mais il ne faut pas minimiser les sauts technologiques dont les effets bouleversent l'avenir de manière radicale (de la domestication du cheval à celle de l'energie atomique), et la difficulté des laboratoires français à recevoir les fonds adéquats est alarmante sur ce point, car nous subirons les avancées technologiques des autres nations sans avoir le temps de répliquer (voir l'obscurantisme anti-ogm, pourtant pertinent sur quelques aspects)... Il y a cependant des arguments très justes dans le même fil portant sur l'incapacité flagrante de l'homme à prospérer dans son habitat originel sans y verrouiller son destin de manière définitive, cela rejoint très justement votre scepticisme sur les colonies extraterrestres....

Digression ufologique terminée

Pour revenir au sujet, c'est aussi un défi lancée aux NB russes, dont le souhait est de faire revenir à la mère-patrie la plupart des scientifiques de l'ex-URSS désormais exilés aux USA, car un cerveau pèse d'avantage dans une guerre moderne que mille bras armés....
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Le père peinard
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MessageSujet: Orientations Nationales Bolcheviques II   Jeu 12 Juil 2007 - 20:03

Editorial Rébellion 25 Juillet/Août à paraître d'içi deux semaines maxi....

Orientations Nationales Bolcheviques II

(On lira utilement en premier lieu, les « Orientations nationales bolcheviques I » publiées au sein ce même numéro.)

« Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne font qu’exprimer, en termes généraux, les conditions réelles d’une lutte de classes qui existe, d’un mouvement historique qui se déroule sous nos yeux. ».
Marx. Manifeste du Parti Communiste.


A propos d’une question de terminologie.


I
Le terme de national bolchevisme est repris dans l’en-tête de ce texte à titre de marque de continuité avec ce que nous avions écrit en 2003 (« Orientations nationales bolcheviques I » republiées dans ce numéro). On le comprendra comme étant synonyme de communisme national, c’est-à-dire, l’expression, nous semble-t-il, la plus adéquate pour signifier la position critique des communistes révolutionnaires face à la situation historique actuelle, la mondialisation et son corrélat idéologique la mondialisme (décliné sous diverses formes de droite et de gauche).

II
Une mise au point est nécessaire (sous forme de bref retour en arrière) concernant la falsification de ces termes au cours du vingtième siècle. Il y eut dans les années 30 et 40, en France, le Parti National Communiste de Pierre Clémenti, transformé en Parti National Collectiviste durant la période de collaboration. Cette formation fasciste de gauche ne peut en aucun cas être considérée comme ayant été nationale bolchevique ou communiste nationale. Ses options antimarxistes et antieurasistes, par son engagement aux côtés de l’impérialisme hitlérien, la situent aux antipodes de la tradition révolutionnaire que nous défendons. A la même époque, les nationaux bolcheviks allemands subissaient une terrible répression de la part du système national socialiste. De même, certains, afin de semer la confusion, rattachent le Front Noir de Otto Strasser au national bolchevisme. Cette organisation s’étant, certes, opposée au national socialisme –c’est tout à son honneur- ne fut jamais qu’une formation socialiste nationale de type réformiste, ne reconnaissant pas l’existence de la lutte des classes (ligne de clivage essentielle). Pour en finir sur ce point, signalons l’existence, ces dernières décennies, de groupes ayant été qualifiées par les médias officiels ou par eux-mêmes de nationaux bolcheviks. C’est là, également, une supercherie consistant à identifier fascisme de gauche (on connaît l’appréciation critique de Niekisch sur ce courant, son rejet total de sa part) et communisme national. L’absence de référence, de la part de ces groupes, à la lutte des classes et au problème de la valorisation du capital, témoigne de leur confusion doctrinale, véritable pain bénit pour la classe dominante.


Où en sommes-nous ?

La position communiste nationale revêt, paradoxalement en apparence, un caractère d’actualité et de nécessité politique. Le bloc de l’Est ne s’est pas effondré « tout seul », par un effet systémique ou structurel, contrairement à ce qu’affirme la propagande des historiens et des sociologues bourgeois, tendant à montrer que le « communisme n’est pas viable » ou opprimerait les « citoyens », « la société civile » ou les « nationalités ». Tout au plus, il en resterait un « bel idéal » (propagande de « Lutte ouvrière »). Le rôle d’une bourgeoisie de Parti et d’affairisme antinational a été déterminant (encore une fois les rapports de classes). Celle-ci a bradé (facteur, certes, non exclusif) les acquis de la Révolution d’Octobre (problème de la période post stalinienne). Parallèlement à son offensive à l’Est, le capital entamait une restructuration à l’Ouest, devenue nécessaire à partir du moment où son processus d’accumulation rendu possible par les effets à long terme du plan Marshall, commençait à se gripper. La course effrénée à de nouveaux marchés tous azimuts était lancée ; le capital cherchant à dénicher la moindre poche à valorisation, soit dans des opérations financières à court terme, soit dans des investissements dans des pays à bas coûts salariaux (délocalisations). De fait, le prolétariat subit de plein fouet et dans tous les pays, les effets désastreux de la mondialisation. Dans ce contexte, les classes intermédiaires sont également sacrifiées sur l’autel de l’Internationale capitaliste. L’Europe n’est qu’un vaste marché sans projet géopolitique et la terre entière une chasse gardée du grand prédateur américano sioniste. Le cadre de la Nation doit donc éclater afin de sauver l’existence des classes dominantes.
Face à cette situation, les authentiques antimondialistes réactualisent le combat pour la Nation, non pas dans une optique passéiste, ethnique, nationalitaire (lutte pour les nationalités au XIX° siècle), irrédentiste etc., mais dans une stratégie de résistance à l’exploitation du plus grand nombre et d’offensive pour imposer une orientation politique anticapitaliste. Les communistes nationaux sont le fer de lance de cette offensive et montrent que la lutte des prolétaires n’est pas indifférente au sort de leur nation. « Dans la forme mais nullement dans le fond, la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie revêt tout d’abord un caractère national ». Marx. Engels. Manifeste du Parti Communiste. (1). Il n’y a pas de projet socialiste viable à partir du moment où la bourgeoisie arriverait à dissoudre les travailleurs, c’est-à-dire leur points de repère, dans le règne absolu de la marchandise. Les prolétaires n’ont plus de patrie, dit « Le Manifeste », mais il leur faut conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dominante de la Nation afin d’avoir une patrie socialiste, garante d’une existence à conquérir, et cela, pourquoi pas ultérieurement, dans une fédération socialiste européenne, union des républiques socialistes d’Europe. Qu’on le veuille ou non, le politique ne s’évanouira pas du jour au lendemain.


Les tâches politiques actuelles et à venir.

Sur le plan doctrinal, nous ne cessons de dire qu’il faut détruire le faux clivage droite/gauche. La propagande politique doit y insister. Il faut démasquer les intentions de la classe dominante et les incompréhensions idéologiques se manifestant à travers les diverses apparitions concrètes de la droite et de la gauche. L’expression de « Révolution conservatrice » apparue dans l’Allemagne de Weimar n’était pas sans intérêt. Elle était même prémonitoire, en ce sens qu’elle anticipait sur le mouvement d’autonomisation du capital qui ne laisse subsister de l’être que ses propres présuppositions et qu’elle y opposait la solution révolutionnaire et le maintien d’acquis éthiques et culturels inhérents à ce qui est proprement humain tant sur le plan des particularités que de l’universalité. Cet exemple éclaire notre critique des concepts de droite et de gauche. S’il s’agit de « valeurs », nous pouvons reconnaître le bien fondé d’un certain nombre d’entre elles provenant de droite ou de gauche mais il ne s’agit plus là véritablement d’attitudes politiques mais de références éthiques. Il est donc nécessaire de s’exprimer sur le plan politique, de viser l’essentiel. Les concepts utilisés doivent servir à désigner la pratique d’individus agissant, tissant, reproduisant des rapports de classes, leur évolution et non ce qu’ils s’imaginent, se représentent à leur sujet (fonction de l’idéologie). Le communisme national est la mise en œuvre de la critique du système et de ses représentations autojustificatrices. Rien de plus, rien de moins.


II

Il paraîtra curieux à certains que nous affirmions que le prolétariat doive s’emparer du pouvoir politique. Le prolétariat aurait même disparu. Si l’on veut dire par là qu’il ne ressemble plus à celui du XIX° siècle décrit, par exemple, par F. Engels dans « la situation de la classe laborieuse d’Angleterre », c’est là un truisme. Le contraire serait même étonnant. Néanmoins, s’imagine-t-on que la bourgeoisie vit de l’air du temps et que les institutions politiques sont l’affaire de philanthropes tout occupés du salut des âmes. Ces pièges pour naïfs ont pour fonction de faire oublier la complexité des rapports sociaux d’exploitation dans les sociétés postmodernes et l’efficacité du contrôle politique et idéologique sur la masse exploitée et aliénée. Tout conspire à présenter la fatalité de la mondialisation en marche et à neutraliser toute démarche politique consciente s’y opposant.
Ainsi le pouvoir politique n’est pas, à nos yeux, question de « gouvernance » plus ou moins optimale. Il est enjeu d’un rapport de force entre des classes agissantes. Les classes ne sont pas des entités sociales transcendantes, des objets sociologiques extérieurs à des individus vivant dans des situations concrètes. Elles traduisent les conditions d’action et d’existence d’individus particuliers qui vivent dans des conditions semblables. Ceux-ci se trouvent donc avoir des visées communes. « « Dans la loi, écrit Marx, les bourgeois doivent savoir se donner une expression générale, précisément parce qu’ils dominent en tant que classe ». Ils s’organisent donc politiquement grâce à des institutions, des partis, etc., acquièrent ainsi une unité véritable plus ou moins réalisée/réalisable et du moins conçoivent et visent leur unité idéale. Ils ont par conséquent une longue expérience historique à leur avantage. C’est ce dispositif politico idéologique que nous devons dynamiter.
L’avantage que la bourgeoisie possède sur le prolétariat quant à la conscience de sa situation, repose sur la conscience du maintien de sa condition et des moyens dont elle dispose à cet égard. Elle vise à la reproduction optimale de cette dernière : la loi et le pouvoir politique sont à sa disposition. Dans la destruction du vieux monde, les prolétaires, selon la formule bien connue n’ont que leurs chaînes à perdre mais un monde à y gagner. Et c’est bien là, la difficulté. Ils ont une conscience de classe à élaborer afin que de fragmentaire, plus ou moins obscurcie, celle-ci devienne complète : « Le concept de classe qui implique la prise de conscience par elle-même de la classe, devient un concept politique lorsque cette prise de conscience est accomplie, lorsque la classe se pense et se vise elle-même comme une unité, lorsqu’elle pense et agit comme telle ». Michel Henry. (2). Pour le prolétariat, cela suppose l’élaboration de la voie (et des moyens d’y parvenir) en rupture avec la domination du capital.


III

Actuellement, quelles sont les conditions de la mise en œuvre d’une action politique propre aux travailleurs ? La plupart des formations politiques s’accordent sur le maintien de la domination capitaliste. Il existe des contestations « marginales » se situant aux pôles opposés de l’échiquier politique. Il s’agit d’insister sur la ligne de fracture par laquelle le bel édifice du système pourrait se lézarder. Celle-ci est l’antimondialisme conséquent (et non pas l’altermondialisme). Concrètement, cela met en avant l’union des classes et couches de la population les plus affectées par le processus de mondialisation, c’est-à-dire par la libéralisation, les privatisations, l’atteinte à la souveraineté nationale et la mise à disposition de la puissance politique de la France au service de l’axe américano sioniste. Ceux qui se retrouvent dans ces points essentiels doivent s’unir politiquement afin de créer la force capable de renverser le cours des choses. Il est, par ailleurs, nécessaire que le prolétariat forge ses propres armes afin d’être, peu à peu, la force politique hégémonique au sein de ce processus n’excluant pas certains éléments appartenant à des classes intermédiaires « fragilisées » par la mondialisation. « Le prolétariat doit tout d’abord s’emparer du pouvoir politique, s’ériger en classe nationale, se constituer lui-même en tant que nation. Par cet acte, il est, sans doute, encore national, mais nullement au sens de la bourgeoisie. ». Marx. Manifeste du Parti Communiste. (3).
De nos jours, une réelle défense des intérêts du prolétariat, passe par la reprise en main de l’indépendance et de la souveraineté nationales comprises en tant qu’obstacles à la domination sans fard du capital. Le cadre de la nation n’est pas neutre, il peut servir à l’élaboration de formes d’existence sociales différentes de celles vécues jusqu’à maintenant. C’est le sens de la lutte des communistes nationaux.

La rédaction, Juillet 2007.



> NOTES
1). Marx. Economie. T1. P.172. Ed. Gallimard. Coll. Pléiade.
2). Michel Henry. Marx. T1. Une philosophie de la réalité. P. 236. Ed. Gallimard. Coll. Tel.
3). Marx. Op. cité. P.180.
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Le père peinard
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Jeu 12 Juil 2007 - 20:09

Je remet là le premier texte de l'orientation..histoire d'avoir la vue globale du texte doctrinale.


Orientations Nationales Bolcheviques


La référence au national-bolchevisme paraîtra anachronique à certains. Néanmoins, ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Europe et à son destin devraient considérer autrement la question. Le XX° siècle vit notre continent secoué par deux guerres civiles européennes, la première révolution communiste, le déclin de la suprématie économique et politique de l’Europe au profit des Etats-Unis et corrélativement en fin de siècle l’éclatement de l’empire soviétique. D’une manière ou d’une autre l’Allemagne fut toujours concernée par l’ensemble de ces évènements. Elle était considérée par Lénine comme étant la clef de la révolution communiste en Europe et d’une certaine façon comme détenant entre ses mains l’avenir de la révolution russe. C’est dans la période suivant la Première guerre que naquit le national-bolchevisme en Allemagne, en particulier au sein du KAPD (Parti Communiste ouvrier d’Allemagne) au sein de la tendance conseilliste de Hambourg. Ainsi se développa la théorie des « peuples jeunes », de « Nation prolétaire » et de la convergence avec la révolution bolchevique, « orientation à l’Est » (Moeller van den Bruck). Sans entrer dans des détails n’ayant pas leur place ici, nous pouvons affirmer, néanmoins, que le national-bolchevisme a présenté une alternative pertinente au chaos qui allait se développer au cœur de l’Europe. C’est en Allemagne que sont se sont joués l’échec de l’extension de la révolution communiste à l’Ouest du continent et la tentative impérialiste hitlérienne ayant débouché sur la bipartition de l’Europe sous l’hégémonie soviétique et étasunienne. Les nationaux-bolcheviks constituaient l’aile la plus radicale, anticapitaliste du mouvement de la Révolution Conservatrice allemande. Sur certains points, ils s’en distinguèrent essentiellement. Ils furent porteurs d’une haute idée de l’Europe, novatrice en leur temps. Lucides sur la décadence de l’Occident capitaliste soumis aux valeurs mercantiles, ils ne voyaient pas le mal absolu dans le communisme soviétique devenu peu à peu un communisme national. Il ne s’agit pas pour nous de revendiquer ni d’excuser les erreurs inhérentes à ce dernier et propres à toute entreprise humaine. Néanmoins, il serait tout à fait vain d’ignorer la complexité de la réalité soviétique. Des tendances favorables à la constitution d’un bloc eurasiste ont toujours existé en URSS et cela reste pour nous une idée d’avenir. Cette idée était portée par des nationaux-bolcheviks comme Ernst Niekisch, par exemple. Celui-ci se rallia en 1935 à l’idée impériale et à la constitution d’un grand espace germano-slave, dépassant ainsi le concept de nation. Ernst Jünger lui-même écrivait ; « Le mot nationalisme est un drapeau, fort utilisable pour fixer clairement la position de combat originale d’une génération pendant les années chaotiques de transition ; ce n’est aucunement comme le croient encore beaucoup de nos amis et aussi de nos ennemis, l’expression d’une valeur supérieure : il désigne une condition, mais pas notre but ». De même, pour nous, la nation peut être un mythe mobilisateur dans la défense des intérêts des travailleurs face aux attaques incessantes qu’ils subissent de la part du système mondialiste, mais le but est la transfiguration de l’Europe par l’idée impériale. Ce projet peut paraître lointain mais ne relève pas de la rêverie lorsque nous l’articulons à ce que nous appelons le national-bolchevisme.

Comment concevoir de façon raisonnable, ce dernier, de nos jours ?

C’est là le second axe de notre réflexion et qui repose sur le trinôme : Europe-Socialisme-Identité. Un certain nombre d’individus ayant abandonné les lubies nationalistes classiques d’essence droitiste, font référence à l’Europe et à notre identité sans pour autant s’intéresser aux positions nationales-bolcheviques. De fait, ils se placent dans un contexte de défense de l’identité européenne face à l’immigration extra européenne tout en accusant le mondialisme de broyer les peuples. En conséquence de quoi on développe toute une réflexion sur la renaissance de nos racines, patries charnelles et traditions. Il est incontestable que tout cela représente un intérêt dans la perspective de la « longue mémoire » mais qui n’en reste pas moins en grande partie muséal. Comment articuler le trinôme dont nous parlions précédemment à une activité politique efficace ? Pour ce faire il faut désigner clairement l’ennemi. Il est possible, évidemment, de dénoncer quelques maux, symptômes du système, et de rassembler des mécontentements. Le combat contre l’immigration relève de ce dispositif. Mais qui ne voit les limites de ce dernier ? Diaboliser l’immigration à la manière de Guillaume Faye en une vision fantasmatique et ethniciste de l’Islam censé mener une offensive mondiale contre les peuples blancs, paraît tout à fait réducteur et plutôt servir les intérêts américano sionistes. L’Islam n’est pas cause de l’immigration pas plus qu’il n’est cause de l’autodestruction des européens au cours du XX° siècle. Il est bien connu que les Etats-Unis ont joué la carte de la décolonisation, de manière hypocrite et intéressée, contre les puissances européennes en Afrique et qu’ils ont largement instrumentalisé des groupes fondamentalistes musulmans en Algérie, ex-Yougoslavie, Afghanistan, Caucase, là où leurs intérêts géostratégiques étaient en jeu. Il nous faut donc frapper au cœur du système, et ce cœur est le capitalisme. Qui est actuellement le fossoyeur de l’identité européenne ? C’est le capital ! Qui a révolutionné totalement la planète ? C’est le capital ! C’est le seul système économico-politique qui ait jamais réussi à pousser ses révolutions jusqu’au bout ! Après avoir détruit la féodalité en instaurant des Etats nationaux, il lui devient urgent de saper l’existence de ces mêmes Etats nationaux. Cependant ne soyons pas dupes d’une certaine illusion : le gouvernement mondial à venir. En réalité, c’est l’ampleur de l’hégémonie qui cause cette illusion. Cette hégémonie est celle des Etats-Unis. Ceux-ci appellent de leurs vœux un monde unipolaire dans lequel subsisteraient, certes, d’autres Etats mais fort diminués, à l’image de l’Europe technocratique qu’on nous bâtit avec ses projets micro nationalistes régionaux. Nous ne ferons pas ici de prospective concernant de futures hégémonies concurrentes, nous savons uniquement que le capitalisme n’est pas porteur d’avenir vivable pour l’humanité et que celle-ci est composée d’une riche diversité d’identités linguistiques, ethniques, politiques, articulées à de grandes civilisations dont la nôtre et que nous ne voulons pas que celle-ci disparaisse (tout comme les autres) dans l’homogénéisation et/ou sous une hégémonie étrangère à notre identité (étant admis que celle-ci est un héritage articulé à un devenir ouvert sur les possibles du réel).
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Jeu 12 Juil 2007 - 20:09

En quoi le socialisme est-il une solution ?

Tout d’abord, parce qu’il est historiquement européen ! Il ne faut pas le confondre avec des formes d’existence sociale plus ou moins communautaires qu’ont connues par le passé certaines aires culturelles. Le capitalisme industriel est né dans nos murs ; y est apparu également son contrepoison. Les contre-révolutionnaires voient dans le socialisme le frère jumeau du capitalisme, les deux gravitant autour des idées de Droits de l’Homme, d’égalité, de jacobinisme, etc. C’est vrai si l’on considère que le capital a engendré le socialisme, ce qui n’est somme toute qu’une vérité de La Palisse. En effet, le socialisme est le fruit d’un effort du monde du Travail pour éradiquer l’aliénation de l’homme engendrée par le développement monstrueux du capitalisme, réduisant les travailleurs à n’être que des forces de travail aliénables comme n’importe quelle autre marchandise mais ayant cette qualité particulière de rendre possible par leur labeur, la valorisation du capital toujours plus en quête de par son mode de production (problème du taux de profit analysé par Marx), de productivisme accru. Il est la réponse des travailleurs conscients et organisés à l’exploitation inhérente au rapport social capitaliste. Au XIX° siècle, la France a été au cœur de la formation de l’alternative entre le socialisme et la barbarie capitaliste. La réponse a été à la hauteur du défi posé par l’ampleur de la nouvelle organisation du travail, des conquêtes techniques, mises au service de la productivité et de l’extension du marché à l’échelle mondiale. Il est donc inutile de vouloir un capitalisme tempéré, humain, etc. La lutte de classes est une réalité, même si nous n’en faisons pas l’explication ultime du cours de l’histoire universelle. C’est ce qui nous distingue entre autres choses du marxisme fossilisé tel qu’il s’est peu à peu imposé au sein du mouvement ouvrier. Marx pensait que puisqu’il avait trouvé que le capitalisme prenait le relais des luttes de classes antérieures à son avènement et qu’il simplifiait ces luttes en les poussant à son paroxysme ultime, il engendrerait alors la solution à ses nombreuses contradictions en produisant une classe sociale qui ne pourrait se reconnaître qu’en tant que dernière classe universelle apte à la domination afin d’engendrer la fin de la domination sociale et économico politique. En ce sens, Marx ne pouvait que se réjouir du triomphe du libre échange, seul acteur capable d’établir les bases nécessaires au communisme. « Mais, en général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l’extrême l’antagonisme entre les bourgeois et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C’est seulement dans ce sens, Messieurs, que je vote en faveur du libre échange. » (Discours sur le libre échange). Et dire que de nos jours, certains viennent de s’apercevoir que le capitalisme c’est la mondialisation des échanges ! Nos gauchistes ont cent cinquante ans de retard ! Pourquoi leur discours antimondialisation –d’ailleurs de plus en plus édulcoré en altermondialisation- est-il toujours corrélé à des positions immigrationnistes, féministes, etc. ? Parce qu’ils ne sont que l’extrême gauche du régime, c’est-à-dire la tendance la plus libertaire de celui-ci, qui rêve d’un monde qui ne serait plus lesté par les pesanteurs humaines, leurs résistances, leurs racines, leur histoire. C’est le rêve du capital financier qui ne serait plus que croissance exponentielle pendant que les prolétaires européens seraient ramenés à un niveau d’existence proche de celui du Tiers Monde et que les miséreux de la planète seraient conviés à planifier l’autogestion de leur misère lors de carnavals du style de Porto Alegre. Nous sommes socialistes parce que nous savons que ce sont nos ancêtres qui ont produit les richesses de tous ordres dont l’Europe a hérité. Le capital se permet de piller les efforts des générations successives de nos peuples (privatisations en tous genres, spoliation par une foule d’impôts, etc.) afin de poursuivre sa course à la valorisation et de distribuer subsidiairement des miettes à des immigrés ou aux classes dominantes de leurs pays d’origine pour obtenir une relative tranquillité sociale sur le territoire national et pouvoir continuer la course aux marchés dans les moindres recoins de la planète. (1). Nous avons toute la légitimité attachée à l’héritage des luttes ancestrales des travailleurs européens pour refuser cette logique de mépris des peuples et en particulier de leurs classes laborieuses. La solidarité des travailleurs entre nations (2) ne consiste pas à accueillir passivement sur notre sol de pauvres hères réduits pour certains au rang de « lumpenproletariat » et pour beaucoup au rang de néoprolétaires atomisés. La plupart d’entre eux ne disposent pas d’une conscience de classe résultant des luttes organisées contre le capitalisme (3), conscience qui a eu son poids sur notre continent. On peut faire confiance aux représentants de la classe dominante d’avoir évalué cela lorsqu’ils prirent la décision de faire appel de plus en plus largement à de l’immigration essentiellement extra européenne. La générosité du bourgeois trouve ses limites dans l’évaluation de son intérêt à la domination. Nous n’avons aucune culpabilité à entretenir envers ces peuples jadis colonisés, non plus. Les capitalistes oui, les travailleurs pas le moins du monde. Il est à ce sujet très significatif de constater comment les belles âmes du système, lorsqu’elles évoquent la période de la colonisation oublient singulièrement l’existence des classes sociales pour ne plus parler alors que d’Europe, d’Occident, voire d’homme blanc en tant qu’agents de l’exploitation des peuples colonisés. La finalité de tels discours antiracistes ne nous échappe pas : prolétaires européens, tenez-vous tranquilles, laissez-vous noyer dans le magma informe de la mondialisation et des déplacements de population afin d’y être atomisés ; pendant ce temps-là, vous ne vous organiserez pas pour lutter réellement contre ce système incohérent. Le capitalisme peut être tout à tour raciste et antiraciste selon ses intérêts historiques.

Quelle stratégie devons-nous adopter pour ébranler le système ?

Les représentations que les hommes se donnent de la réalité sociale font partie de cette réalité. Agir sur ces représentations permet d’infléchir celle-ci. La représentation politique centrale de la mystification capitaliste démocratique est la bipolarisation politique entre la Droite et la Gauche , celle-ci étant liée au processus de développement du capital et accompagnant sa domination croissante sur la société depuis le XIX° siècle. Seul le capital a pu subvertir toutes les formes ancestrales d’existence sociale en déracinant les hommes et en les transformant en prolétaires. La droite a toujours représenté l’arrière-garde de ce mouvement de destruction sous la forme passéiste, nostalgique ou réactionnaire selon les cas, les occurrences historiques. La gauche a toujours représenté l’avant-garde de ce processus, avec l’idée de construire l’homme nouveau, plus ou moins sans attachement au passé selon les écoles, les sensibilités. En ce sens, celle-ci fut peu ou prou inspirée par l’idée du communisme, théorisée par Marx, cela au détriment des autres approches du socialisme (l’école proudhonienne en France, Sombart en Allemagne, etc.). La force du marxisme réside dans le projet de réalisation d’un homme total ayant surmonté toutes les aliénations ; Marx a projeté sur un plan profane –la réalisant ainsi- une ancestrale idée initiatique de réintégration par l’homme de toutes ses facultés développées et harmonisées. C’est le noyau le plus fascinant de la doctrine. (4). Cet aspect n’était pas étranger aux autres courants de la pensée socialiste mais il y était relié à une conception de la justice sociale. Cette dernière préoccupation n’est pas fondamentale pour Marx, ce qui l’intéresse c’est la révélation du sens de l’histoire matérielle des hommes. Certaines formulations de celui-ci laissent à penser qu’il la percevait, analogiquement, à la manière du développement d’une loi naturelle, les hommes dans leur activité aliénée n’étant pas entièrement conscients des résultats engendrées par leur action. Cela explique en grande partie l’idéologie et la pratique des partis communistes ayant accédé au pouvoir : le relatif sacrifice de certaines générations dans l’optique d’un avenir radieux. Pour nous, le socialisme authentique instaure la propriété à un niveau adéquat au système de production moderne, sous forme de participation, de socialisation et de maîtrise croissante sur l’économie. Pour cela, il combat, en particulier, le capital financier anonyme, cosmopolite. L’Etat garantit la puissance de la Nation (quelle que soit l’extension de celle-ci, un Etat ou une fédération socialiste européenne, par exemple ; l’essentiel étant la portée de la souveraineté politique), lui donne un avenir. Il cristallise un projet pour le peuple, pour l’ensemble de la communauté politique, il est son idée, lui donne sa réalité substantielle, effective. C’est pour toutes ces raisons que nous disons que tout combat pour l’identité européenne restera vain si nous ne mettons pas au cœur de notre doctrine, la critique du capitalisme et l’option socialiste dans un esprit réellement patriote. Comme le pensait Niekisch, il faut créer un lien naturel entre lutte prolétarienne et passion nationale, et cela, de nos jours, dans un cadre vraiment européen (aux antipodes de l’européisme). Ne craignons pas d’évoquer la lutte des classes sans en faire un absolu mythique, comme le fait l’extrême gauche, ces fainéants de la révolution, qui ne feront jamais que le sale boulot que leur dictent leurs employeurs capitalistes. Groupons nos tirs sur l’axe « Ni droite, ni Gauche » en intervenant dans les luttes sociales. (5). C’est également de cette manière que nous rendrons service à la cause de tous les peuples asservis à la trajectoire démente du capital.

« Seule la volonté de lutte des classes, en tant qu’organe politique et réceptacle national de la volonté de vie, libère les peuples. ». Ernst Niekisch. Lutte des classes. 1932.

> Cet article sera re-publié dans le prochain Rébellion n°25, juillet Août 2007

Notes.

1). « Désigner par le nom de fraternité universelle l’exploitation à son état cosmopolite, c’est une idée qui ne pouvait prendre son origine que dans le sein de la bourgeoisie. Tous phénomènes destructeurs que la libre concurrence fait naître dans l’intérieur d’un pays se reproduisent dans des proportions plus gigantesques sur le marché de l’univers. ». Marx. Discours sur le libre échange. 2). C’est cela l’internationalisme qu’il ne faut pas confondre avec le cosmopolitisme. Le préfixe « inter » en latin signifie : entre, parmi, au milieu de… Source : dictionnaire Latin Français, Gaffiot. Donc, solidarité des travailleurs entre, parmi et au milieu des nations. N’est-ce pas suffisamment clair ?! Cosmopolitisme : citoyen du monde, expression utilisée la 1° fois par Diogène le cynique dans l’antiquité. Idée à la mode au 18° siècle, conceptualisée par Kant. « Alors que le romantisme prit souvent un caractère fortement nationaliste, le mouvement socialiste, avec Marx, substitua l’internationalisme prolétarien au cosmopolitisme entendu comme attitude propre à la bourgeoisie et comme ‘nihilisme national’. ». Encyclopédie de la Philosophie. LGF 2002. « Nihilisme national », cela ne vous dit-il rien ? [Note de juillet 2007.] 3). Cela ne nous fait pas oublier la lutte grandiose que certains militants des pays colonisés ont menée contre le capital. Beaucoup de ces luttes n’ont pas débouché sur une solution viable à long terme, d’autres ont partiellement réussi. Certaines figures lumineuses comme celle de Patrice Lumumba pour l’Afrique (peu évoquée de nos jours et ce n’est pas un hasard…) restent dans la mémoire des révolutionnaires. [Note de juillet 2007.] 4). On lira à ce sujet avec profit, le livre de Michel Henry : Marx. I. Une philosophie de la réalité. II. Une philosophie de l’économie. En particulier, dans le vol. I, le chap. II, 3° la théorie du prolétariat et la révolution, dans lequel l’auteur montre l’héritage de la métaphysique allemande (de l’alchimie à Jakob Boehme, de Luther à Hegel en passant par Schelling) dans la pensée marxienne, notamment pour ce qui concerne la signification de la dialectique, de ses divers niveaux d’interprétation et d’application. « A sa manière le prolétariat s’engage dans l’histoire dramatique des contraires et l’accomplit, accomplit le sacrifice, le dépouillement de soi-même, la perte complète de soi qui conduit au rachat, qui constitue la reprise et la reconquête de l’être véritable, le regain et la régénération. ». Op. cit. T 1, p.144. [Note de juillet 2007]. 5). Il est évident que puisqu’il est utile de se désigner, nous pouvons nous qualifier de communistes nationaux. [Note de juillet 2007.]
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Lun 16 Juil 2007 - 23:24

La Gauche nationale existe !

Ils lisent aussi bien le situationniste Guy Debord qu’Alain De Benoist, rendent hommage aux communards et admirent Hugo Chavez, écoutent du Punk rock comme de la musique industrielle, ils sont actifs sur le terrain et pourtant encore peu visibles, mais qui sont ces partisans d’une nouvelle « famille » du paysage politique français? Regroupés sous le vocable de « Gauche Nationale », de « Sociaux patriotes » ou de « gaucho-lepenistes », ils refusent pourtant toute étiquette. Ne se retrouvant pas dans l’Extrême Droite classique, ils s’affirment fièrement au-delà du clivage Droite/Gauche. Rencontre avec un objet politique volontairement non identifié.

Une Nouvelle Génération

Dans les années 80-90, la mouvance Nationaliste Révolutionnaire avait été une des composantes des plus virulentes et activistes de la jeunesse nationaliste. Son éclatement et sa disparition, après la dissolution d’Unité Radicale (son ultime avatar) en 2002 laissaient un vide. Celui-ci fut progressivement rempli par l’émergence d’une nouvelle génération animée par de jeunes néophytes ou de vieux militants, souvent passés d’un Extrême à l’autre. En parallèle, de nombreuses personnes issues du mouvement communiste, écoeurées par le virage libéral du PCF et par le naufrage de l’Extrême Gauche, cherchent à trouver dans la Nation un nouvel espace révolutionnaire.

Plus qu’une véritable unité doctrinale ou qu’une structure organisée, c’est une sensibilité commune qui unit cette galaxie d’individus. Un anticapitalisme acharné et un socialisme patriotique revendiqué fondent la démarche de la majorité d’entre eux. La défense du Peuple et de la Nation est une priorité pour tous. Ainsi les intéressés ne jugent pas appartenir à la « Droite », assimilée au libéralisme ou au conservatisme. Ils préfèrent se définir comme « Ni Droite, Ni Gauche » (même si certains d’entre eux affirment se reconnaître dans une « Gauche Nationale », par opposition à la ringarde « Droite Nationale »), pour représenter leur rupture avec les anciens clivages politiques du système. La méfiance pour les étiquettes est toujours très présente quand on aborde cette tendance : pour ses partisans le refus d’être enfermés dans des classifications politiques est une expression d’une indépendance d’esprit et non d’une confusion intellectuelle. La filiation idéologique de cette « Gauche Nationale » est donc difficile et complexe à établir. Elle varie même considérablement entre les personnes que l’on regroupe plus ou moins dans cette mouvance. Mais on retrouve dans leur « Panthéon » les grands ancêtres du « Socialisme Français » que sont Proudhon, Blanqui ou Georges Sorel, et le souvenir des insurrections populaires qui s’incarne dans la Commune de Paris de 1870. De même, la référence aux sans-culottes et aux soldats de l’an 02 de la Révolution française revient chez les plus imprégnés de l’idée républicaine héroïque.

Au niveau plus théorique, ils n’hésitent pas à se définir comme marxistes. Les analyses d’auteurs appartenant aux sphères non orthodoxes de ce courant (comme Castoriadis, Luckacs, Debord) alimentent leur réflexion. Les travaux du MAUSS comme de l’essayiste Jean Claude Michéa apportent une actualité à ces bases théoriques.

Parmi les éléments fédérateurs (avec toute une palette de nuances), se trouvent le combat pour une économie affranchie de la dictature du profit, l’ambition de faire naître une société communautaire basée sur l’unité de la nation et le rejet du Nouvel Ordre Mondial incarné par l’impérialisme américano-sioniste et son corollaire la mondialisation libérale. La sympathie affichée pour la révolution bolivarienne du président vénézuelien Hugo Chavez, les résistances palestinienne et irakienne ne laisse place à aucun doute sur le peu d’amour qu’ils portent aux tenants de la « Pax americana ».

Ce milieu, où les jeunes sont nombreux, cultive aussi des goûts communs en matière culturelle. En littérature (Jules Vallès, L.F Céline, Orwell, Jack London) comme en musique (avec une forte influence d’Outre Manche avec le punk, le ska, l’electro ou la musique industrielle), on retrouve un même attachement à une « contre-culture prolétarienne ».

Une galaxie qui s’organise

Une des choses les plus paradoxales est que cette sensibilité, par sa nature, peine encore à s’incarner dans une organisation reconnue par ses diverses composantes. Beaucoup de ses partisans préfèrent encore rester autonomes et garder leur indépendance par rapport aux grandes structures. Mais tous se reconnaissent dans la personnalité de l’écrivain sociologue Alain Soral. Depuis son engagement aux côtés du FN comme conseiller de Jean Marie Le Pen, ce marxiste atypique est parvenu à fédérer autour de lui un noyau de sympathisants actifs. Avec le lancement de son association, Egalité & Réconciliation, il veut mettre en place un réseau d’initiatives pour donner les moyens à cette tendance de peser sur l’avenir de notre pays.

http://rebellion.hautetfort.com/

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Snake Plissken a écrit:
MICHEA marxiste?

Et pas qu'un peu ! Militant communiste et actuel fer de lance des néo-marxistes français.

Une interview de 1999 de Michéa : à la sortie de "l'enseignement de l'ignorance". Tout simplement rare donc précieux.

http://attaceducidf.gardiendutemps.org/docshtm/entretienmichea99.htm
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Mar 17 Juil 2007 - 19:52

Thundaar a écrit:
Une question, monsieur l'émule d'Emile Pouget, comment conciliez vous votre européanisme, affirmé clairement dans "Rébellion", avec le soutien à des mouvements de gauche nationale comme E&R voire de gauche internationale gallocentrée ?

Investir le champ de la Nation pour en faire un espace révolutionnaire et donner la voie aux autres nations pour se débarasser du Capitalisme.

Pas d'Europe forte sans Nations fortes. Et comme nous le soulignons dans nos positions au sein de la revue : Une Europe fédérale respectueuse des Nations, des peuples, des régions ; Europe à vocation impériale et non impérialiste.

Dans l'immédiat, pour essayer de peser sur le réel des travailleurs français il est primordial d'affirmer notre patriotisme.

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Snake Plissken a écrit:
que pensez-vous de la corée du nord?

Sincèrement c'est assez obscur pour moi si je reste objectif. Me suis pas vraiment intéressé à la question. Mais si cela te botte, ouvre un topic "Corée du Nord"... içi c'est d'orientations NB dont il est question.
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Mar 17 Juil 2007 - 22:45

Citation:
Pas d'Europe forte sans Nations fortes.


Permettez moi d'y voir un oxymoron. Quand les nations étaient fortes, cela n'a amené qu'à la ruine de l'Europe entière. Le problème est qu'il s'agit de forces centripètes, qui donc se déchaînent sur le centre au lieu de permettre l'expansion. Une Europe formée de nations fortes, c'est une Europe qui s'auto-détruit, et l'histoire l'a hurlé à plusieurs reprises.

Je crois que vous voulez unir sincèrement les travailleurs européens, mais en choisissant de flatter l'ego national traditionnel. C'est d'une certaine manière, et avec toutes les nuances qui s'imposent, une union des socialismes nationaux, union qui me paraît en définitive bien plus utopique qu'un socialisme européen unitaire, avec qui plus est certaines notions typiquement néo-droitières et/ou nationales-révolutionnaires comme la vocation "impériale".

Tout cela reste en définitive selon moi très contradictoire.

Cordialement :)
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Mer 18 Juil 2007 - 17:03

Cela peut te paraître contradictoire...mais faut-il encore savoir de qu'elle Nation forte nous voulons ?

Et bien, en tant que socialiste révolutionnaire ( terme générique ) nous sommes pour l'abolition des classes. Parceque nous aspirons à une autre société ( qui se fera progressivement ) nous voulons détruire le règne de la Marchandise. Détruire la valeur marchande. MAis avant cela, si nous fédérons toutes les forces sociales patriotiques ( aspirant à un INTER-nationalisme ) sincèrement anticapitalistes, nous pouvons penser raisonnablement que l'Europe socialiste se fera par les Nations. La boucle est bouclée en quelque sorte.

En clair : Travaillons d'abord à isser un mouvement populaire social et patriotique en France toujours dans une optique non belliqueuse ( Soral à parler de Nationalisme pacifiste, non belliqueux il me semble bien...) pour donner conscience aux travailleurs ce sentiment de travailler pour une communauté et non pas pour son simple profit individualiste ( que nous sommes malheureusement tous, actuellement ). Puis ce sentiment d'appartenance national se fera progressivement au travers de l'Europe fédérale, grande communauté de destin.
Je ne vois pas comment nous pouvons aspirer à une guerre fraticide en ayant un discours socialiste et se basabt sur la la lutte des classes.

Je te rappelle tout de même au passage, que les guerres ont éclaté entre les peuples pour le profit de la bourgeoisie internationaliste. Pas au profit des travailleurs, qui eux ont fini dans un trou ou dans la misère....
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Mer 18 Juil 2007 - 17:18

Citation:
Cela peut te paraître contradictoire...mais faut-il encore savoir de qu'elle Nation forte nous voulons ?


Une nation européenne forte mais juste. Quant à l'abolition des classes, il y a différentes méthodes pour obtenir le résultat, et je pense que nous divergeons sur ce point.

Citation:
MAis avant cela, si nous fédérons toutes les forces sociales patriotiques ( aspirant à un INTER-nationalisme ) sincèrement anticapitalistes, nous pouvons penser raisonnablement que l'Europe socialiste se fera par les Nations. La boucle est bouclée en quelque sorte.


Soit, je comprends ce positionnement. Je crois davantage à l'émergence d'un patriotisme européen anticapitaliste comme moyen d'obtenir l'Europe socialiste. L'objectif est alors commun, la méthode diffère profondément.

Citation:
Puis ce sentiment d'appartenance national se fera progressivement au travers de l'Europe fédérale, grande communauté de destin.


Sur le papier c'est très bien, mais dans les faits j'ai bien peur que vous négligiez l'effet anti-domino, à savoir qu'un mouvement révolutionnaire installé dans un pays a un effet répulsif dans les autres. Ce qui veut dire qu'en admettant que votre schéma réussisse, il n'aura pas les conséquences souhaitées. Je pense pour ma part qu'il faut envisager la révolution socialiste directement à l'échelle de l'Europe, même si le parti peut connaître une dynamique régionale partagée (style: fort à x, faible à y).

Citation:
Je ne vois pas comment nous pouvons aspirer à une guerre fraticide en ayant un discours socialiste et se basabt sur la la lutte des classes.


Bien sûr, je ne vous accuse pas du tout de cela, je dis simplement que vous ne seriez pas forcément maîtres des phénomènes que vous auriez enclenché. Tout comme vous, j'aspire à une Europe meilleure, plus juste pour ses citoyens, mais je ne crois pas que nous l'obtiendrions en réactivant, même en version bien plus sociale, le nationalisme classique d'antan. Selon moi, et je ne veux en aucun cas être vexant ou condescendant, je pense que vous n'avez pas assez rompu avec un discours national "droitier", "cocardier", discours réactivé par le ralliement complexe de Soral au FN où vous avez cru déceler une opportunité politique. C'est toute la différence entre la gauche nationale et la gauche européenne, différence qui n'est certes pas insurmontable, puisque vous avez clairement montré que l'objectif était au final commun, le socialisme (révolutionnaire) européen.

Citation:
Je te rappelle tout de même au passage, que les guerres ont éclaté entre les peuples pour le profit de la bourgeoisie internationaliste. Pas au profit des travailleurs, qui eux ont fini dans un trou ou dans la misère....


Non, on ne peut pas résumer la guerre, inhérente à la nature humaine, à des considérations sociales de la sorte. Ce serait négliger tous les hasards de l'histoire. Que tous n'aient pas été égaux face à la guerre, que certains s'y soient enrichis quand d'autres ont pourri dans les tranchées, bien sûr, mais Hegel qualifiait la guerre d'hygiène du monde, et Héraclite disait qu'elle était mère de toutes choses, et donc non la guerre peut exister pour des raisons économiques, pour des raisons sociales, mais son moteur principal est la nature humaine.

Mais il est indéniable que les boucheries du XXème siècle ont renforcé le grand capital, et qu'elles ont été d'une inutilité sans nom.

Bien cordialement, et merci pour votre message très précis et éclairant :)
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Jeu 19 Juil 2007 - 16:23

L'effet anti-domino est un risque en effet, et c'est pourquoi on peut être INTER-nationaliste (alternationaliste), vouloir des nations fortes sans pour autant considérer l'Europe des Nations comme le point omega. Les nations doivent se subsumer dans la forme impériale. Celle qu'évoque le Père Peinard (dans sa réponse à Thundaar) par exemple. Mais il y en a d'autres. N'en rejetons aucune à priori (sauf bien sûr tout ce qui ressemble de près ou de loin à l'impérialisme). Quant à rester maître des phénomènes que l'on a déclenché, la prise de risque me parait beaucoup plus grande avec l'Euro-Nation qu'avec l'empire. Chérissons les nations, et en particulier la nôtre, pour le bien commun de tous les Européens.
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Ven 20 Juil 2007 - 0:12

Citation:
la prise de risque me parait beaucoup plus grande avec l'Euro-Nation qu'avec l'empire


Risque maximal = gain maximal. Mais ensuite, il faut être très conscient des conséquences éventuelles.
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MessageSujet: La revue Rébellion   Sam 29 Sep 2007 - 0:12

martin.romain a écrit:
LOUIS ALEXANDRE udt 2007 E&R - les trotskystes contre la classe ouvrière.


Louis Alexandre E&R -les trotskystes part1



UDT les trotskystes partie 2
envoyé gentillement par hatehaine



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Le Rébellion 26 est disponible !



Au sommaire :

> L’orientation communiste nationale de notre combat Socialiste Révolutionnaire
> L’immigration : un piège capitaliste
> L’acculturation à l’Occident ou la fin des chocs de civilisations(2) par C. Karnoouh
> La troisième guerre mondiale est commencée par Jean Parvulesco
> Entretien avec Alain DE BENOIST
> Chroniques livres et culture


Voici l'édito du numéro pour vous mettre en appétit.

L’orientation communiste nationale de notre combat Socialiste Révolutionnaire

Le terme de « Communiste National », utilisé pour définir notre orientation politique dans le précédent éditorial de Rébellion, appelait certaines précisions. Nous ne sommes pas des « fétichistes des mots », les étiquettes ne nous intéressent pas et nous nous méfions de ceux qui veulent à tout prix nous ranger dans un de leurs cartons de classification politique. Nous trouvons vain de rechercher la reconnaissance officielle des politologues. Mais nous considérons important de présenter le contenu de notre démarche. Les questions de vocabulaire sont parfois secondaires (certaines luttes peuvent aller vers le Socialisme Révolutionnaire sans en employer le mot), mais révélatrices des confusions d’une époque ou d’une précision et efficacité redoutables, selon les cas.

Nous savons que les mots n’ont plus aujourd’hui le même sens que jadis, que l’idéologie libérale a vidé de leur contenu originel nombre d’entre eux et impose ses propres définitions. Il est dès lors nécessaire d’affronter ce nouveau langage officiel (la « novlangue »). Cela passe par une définition claire des idées, des concepts qui, dialectiquement, fondent notre action et en dérivent.

Mais d’où proviennent ces préjugés qui font hurler au retour du totalitarisme dès qu’est évoquée l’idée de Socialisme ? Après la chute du Bloc Soviétique, nous avons assisté à une criminalisation de toutes les pensées rebelles et au triomphe du capitalisme. A peine le mot de communiste était-il prononcé que l’on vous renvoyait à la face ses « crimes ». Si l’on osait évoquer l’idée que le libéralisme sauvage n’était peut-être pas le meilleur système pour atteindre le bonheur universel, on vous soupçonnait, dès lors, de vouloir rouvrir les goulags. Si en plus, vous vous hasardiez à évoquer le rôle positif de la patrie dans la résistance à la mondialisation, on vous traitait de « Rouge-Brun ». Ce degré zéro de la pensée est malheureusement loin d’avoir été dépassé, ces réflexes ont la vie dure dans les mentalités. Le système a bien fait son travail en nourrissant pendant des années, des générations de jeunes, de ses propres valeurs individualistes et mercantiles ; aidé en cela, par les « repentis » soixante-huitards, reconvertis dans les affaires, et par les faux révolutionnaires gauchistes actuels. Ces derniers sont très intéressants à observer dans leurs contradictions, ils s’affirment souvent les héritiers d’un folklore révolutionnaire mais rougissent dès qu’on leur demande de se définir politiquement. A l’exemple de la LCR, qui tente de gommer toutes ses références au communisme (jusque dans le projet, régulièrement évoqué dans ses congrès, de changer le nom de l’organisation. « Vous comprenez « Ligue Communiste Révolutionnaire » ça fait un peu peur au bourgeois quand même … ») et met en avant un discours des plus plats sur le citoyennisme réformateur. Devions-nous imiter de tels bouffons ?

Non ! Nous avons opté pour une affirmation franche de notre orientation. Une définition nécessaire qui n’est pas un appel au dogmatisme. Nous avons trop souvent constaté que les minorités qui se veulent radicales s’enferment dans des discours grandiloquents, qui cachent mal leur absence totale d’action. Pour d’autres les idées sont inutiles, dans un monde où la rapidité de la communication virtuelle empêche de prendre le temps de raisonner. Cela n’est pas notre avis. Les mots comptent : « les idées s’améliorent, le sens des mots y participe ». Il s’agit de donner un sens aux pratiques de notre engagement. A longueur de numéros de notre revue, nous désignons clairement notre ennemi : le capital, c’est-à-dire, un rapport social nous paraissant obsolète, devenu une pathologie grave pour le devenir de l’humanité dans sa diversité. Nous ne lui opposons pas une nouvelle utopie messianiste garantissant le bonheur universel. C’est le caractère fétichiste de la marchandise qui, en fait, est la nouvelle religion messianiste, « pleine d’arguties théologiques » comme l’écrivait Marx. Les voies, les possibles de l’histoire humaine sont multiples, sur tous les plans mais il n’y a pas une foule d’alternatives au règne sans partage de « la valeur en procès » ; la rupture réelle, pratique, radicale s’appelle le communisme. Ce terme, forgé par Cabet au XIX° siècle, a représenté une doctrine concurrente du socialisme, à l’origine. Du point de vue doctrinal, il recouvrait un contenu plus collectiviste que ce dernier, propre à un certain nombre de conceptions politiques souvent utopistes, du passé. Certains éléments se trouvent chez Platon, More ou Campanella par exemple. Le socialisme représentait quant à lui, un idéal de justice sociale, de souci de résolution de problèmes liés aux classes sociales, de répartition des produits du travail, d’harmonisation de l’association et de la liberté. Alors comment se retrouver dans ce foisonnement de termes et de conceptions ?

En premier lieu, en rejetant le dogmatisme. Ce que fit correctement, Marx, à cet égard en critiquant parallèlement les conceptions utopistes des théories socialistes et communistes de son temps tout en reconnaissant la valeur de leurs évaluations critiques concernant la domination capitaliste. Ainsi, il rejettera aussi bien les fantaisies phalanstériennes du socialiste Fourier que les élucubrations du « communisme de caserne » de Cabet. Par là même, il ouvrait la voie à une démarche critique, scientifique et non scientiste (on connaît son ironie à l’égard des « marmites de l’avenir » concoctées par le positiviste Auguste Comte) à l’égard du capitalisme malgré, parfois, certaines concessions à l’esprit du temps fort empreint d’industrialisme, de technicisme. Mais même sur ce dernier point, sa pensée est plus nuancée qu’il n’y paraît parfois (plus lucide que celle de Engels).

En second lieu, en définissant le communisme pour ce qu’il est : l’objectif de rendre l’individu à lui-même, dans sa pratique. C’est une philosophie de l’individu pratique, vivant, agissant, tissant des liens sociaux et qui est en rupture avec la métaphysique de la subjectivité débouchant sur l’atomisme social et « l’arraisonnement du monde » dont la figure parachevée est celle du capital, domination sans bornes et sans voiles du règne de la valeur.
Ainsi que retiendrons-nous de ces termes ? Le socialisme est un terme fort général, recoupant des positions défendant la primauté du bien général sur l’intérêt égoïste de tel ou tel particulier. Nous insistons alors sur l’accent révolutionnaire que nous voulons lui imprimer pour le distinguer de ses variantes réformistes. Puis entrant dans le détail quant à la question du lien social, nous posons la question du rapport social : les individus sont livrés à la contingence des rapports de classes, de leur appartenance à celles-ci, dans une pratique liée au travail, largement dominée par la contrainte du salariat (tout est marchandise, de la force de travail aux produits du travail). Nous proposons alors, l’orientation communiste, ce qui a le mérite de dire la rupture avec le mode de production dominant qui est la domination de l’économie sur la pratique vivante des individus. La rupture ne peut être que le bouleversement des conditions actuelles de production et d’existence des individus (Marx envisageait des stades dans ce profond changement : « première phase de la société communiste, quand elle ne fait que sortir de la société capitaliste », et « phase supérieure de la société communiste » dans La critique du programme du parti ouvrier allemand.). Enfin, nous disons que la « lutte de classe est nationale, non pas dans son contenu, mais dans sa forme ». Ce qui ne signifie pas s’enfermer dans le cadre étroit de la Nation puisque nous pensons qu’il y a une identité européenne en devenir et que si celle-ci veut exister, elle ne pourra pas le faire en dehors d’une volonté socialiste révolutionnaire. Voilà le cadre d’action politique que nous désirons mettre en avant.

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Le numéro est disponible contre 3 € à l'adresse postale suivante :

Rébellion (Bimestriel socialiste révolutionnaire européen)
SRE - BP 62124 31020 Toulouse cedex 2


http://rebellion.hautetfort.com
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MessageSujet: "Rébellion" : Entretien avec l'Alliance Sociale   Dim 7 Oct 2007 - 18:46

Paru il y a quelques mois déjà, cet entretien de Rébellion avec deux des principaux responsables de l'Alliance Sociale, mouvement que l'on peut qualifier de "catholique social", gagnerait à être lu, tout comme ER (qui se veut "transcourant") gagnerait peut-être à se rapprocher de l'association, car des idées concrètes pour sortir de la société libérale sont avancées. En résumé, les auteurs opposent une société des marchés, localisés et enracinés, à la société de marché, globalisée et indistincte.
Nous avons ici aussi une illustration des longs et copieux entretiens qu'offre Rébellion, dont le dernier, avec Alain de Benoist, s'annonce prometteur !




Citation:
Entretien avec Benjamin Guillemaind et Arnaud Guyot-Jeannin paru dans le journal Rébellion


Conçue comme un cercle de réflexion, l’Alliance Sociale (11 rue du Bel Air 94230 Cachan) développe des idées qui nous sont chères (principe de subsidiarité, fédéralisme....). Recherchant une société qui respecte les solidarités organiques, les libertés et les responsabilités personnelles, ses travaux ne pouvaient que retenir notre attention. Même, si nous divergeons sur certains points importants (pour nous, impossible d’aménager le système actuel, et seule une alternative socialiste est capable de construire un avenir pour notre temps) nous avons ouvert un débat avec Benjamin Guillemaind (Maître artisan carreleur pendant 40 ans, Membre fondateur de l’Alliance Sociale et Président de Sauvegarde et Promotion des Métiers. En outre, il dirige le bulletin Hommes et Métiers et anime depuis 1991 Le Libre Journal des Artisans à Radio-Courtoisie) et Arnaud Guyot Jeannin (Membre actif de l’Alliance Sociale. Journaliste et essayiste, il dirige la collection « Vu autrement « à l’Age d’Homme qui a publié trois ouvrages collectifs : Aux sources de l’erreur libérale avec Benjamin Guillemaind (1999), Aux sources de la droite (2000) et Aux sources de l’éternel féminin (20001). (Lire la suite)
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Molodoi
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MessageSujet: Anciens n° de Rébellion encore disponible   Lun 8 Oct 2007 - 19:32

Pour répondre à une question qui revient trés souvant sur notre mail, voici la liste des anciens numéros du journal encore en stock …

Chaque exemplaire est disponible contre 3 euros (frais de port compris) a notre adresse postale : RSE – 62124 – 31020 TOULOUSE - cedex 2.


O N°23 (Derniers exemplaires) :
>Notre position face aux candidats du système
>BAYROU, l’imposteur
> Les contradictions internes du système
>Entretien avec Benjamin Guillemaind et Arnaud Guyot-Jeannin
>Le cinéma américain.

O N°22 (Derniers exemplaires) :
>Edito : Nous ne serons les idiots utiles de personne !
> Appel pour une alternative véritablement populaire
> Affaire Soral : Je ne hurlerais pas avec les loups
> L'état de l'opinion en France. Une élection pour rien ?
>> Belles promesses, triste réalité...
> Entretien : Claude Beaulieu ( Comité Valmy)
>Guy Debord, le théâtre des opérations
>Un urbanisme alternatif.

O n° 20 ( Derniers exemplaires):
>Dossier sur la situation au Proche-Orient
>Entretiens avec Claude Karnoouh et Denis Gorteau
>Proudhon et Marx
> Voyage à Cuba


O N° 18 :
# La nouvelle génération après le CPE
# Retour sur les caricatures de Mahomet
# Presse & dissidence : un divorce interminable ?
# Déshumanisation urbaine
# Entretien avec Jean Loup Izambert
#Jack London

O N° 16 :
# Edito : I want a white riot .
# Dossier émeute : ni flic, ni racaille
# Urbanisme : Du béton sur la plaine et dans les coeurs.
# Décembre 1995 : Un si long hiver…
# Dernières nouvelles de Russie.
# Bosnie-Herzegovie : un protectorat américain au coeur de l'Europe.
# VOX Populi… La leçon de Gramsci
# John King


O N°15 :
# Edito : Les Mille et une nuits du Lumpenprolétariat
# Dossier : Drogues
# Débat : L’Europe existe-t-elle ?
# Les nouveaux habits éthiques du Libéralisme
# Chiapas : Il était une fois la révolution Zapatiste
# Cinéma militant : Ken Loach

O N° 14 :
# Edito : London’s Burning.
# Le nouveau visage capitalisme : chômage,
flexibilité, précarité.
# Le MEDEF attaque.
# Ce que nous devons à Michel Houellebecq.
# La nouvelle économie de l’intime.
# Hugo Chavez, la révolution en marche.

O N° 13 :
# Edito : Vive les Peuples européens !
# Un référendum révocatoire.
# La grande défaite de la pensée unique.
# Rencontre avec Louis Dalmas de Balkans infos.
# Le Soleil se lève à l'Est...
# La Rose Blanche, refuser et résister.
# Sultan Galiev, figure d'un révolutionnaire
socialiste et patriote.
# Entretien avec Flav du groupe Paris Violence.

O N° 12 :
# Edito : Quand l'esprit vient au Peuple.
# Les dynamiques du NON. Bolkesten non merci !
# Entretien avec André Bellon
# Construisons l'Europe de demain.
# Le régionalisme à l'heure européenne.
# Pour une ligne de front anticapitaliste : s'unir pour vaincre le système.
# Les vagabonds du béton : la réalité de la rue et de l'exclusion.
# William Morris : la beauté est révolutionnaire.

O N° 11 :
# Edito : Qui sème la colère, récolte la révolte.
# La globalisation : La phase terminale du cancer américain.
# La grande crise des classes moyennes
# Les fléaux de la société de consommation…
# La question de la Valeur et de la Marchandise chez Marx.
# La révolution bolivarienne de Hugo Chavez.
# Le retour des Mods.

O N° 9 ( Derniers exemplaires):
# Edito : Vivement la révolution !
# Madrid 11 Mars 2004 - retour sur un mensonge d'Etat.
# Dossier Impérialisme Américain :
# Hugo Chavez, une vie au service de la révolution populaire

O N° 8 (Derniers exemplaires) :
# Edito : Non à la Turquie en Europe
# Dossier : l'Italie des années de plomb
# Georges Darien, l'ennemi du peuple.
# "Joy Division, requiem pour la joie".

O N° 7( Derniers exemplaires) :
# Edito : Manipulations
# Entretien avec Alain Soral
# « Votre royaume est une prison » : le nouveau contrôle social
# GAL : vol au-dessus d’un nid de barbouzes.
# Georges Orwell, un socialiste contre les totalitarismes.

O N°6 :
# Edito : Le libéralisme de caserne.
# En finir avec les illusions de la démocratie.
# Droits de l’Homme : Au-delà du miroir aux alouettes.
# Focus sur l’Ecologie - L’impasse électoraliste pour les écologistes.
# Vietnam.
# Anton Pannekoek et les conseils ouvriers.
# Jules Grandjouan, un artiste révolutionnaire.

Avec dans chaque n°, l’actualité des luttes sociales et de la culture alternative. Règlement par chèque à l’ordre de « Pour la renaissance du socialisme européen » ou par timbres.

N° gratuit contre deux timbres tarifs LETTRE pour les frais de port.

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Simplicius
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Dim 11 Nov 2007 - 1:47

Repêché aillleurs, un extrait de l'entretien du n°26 pour cogiter uno pocco :

L’aliénation se définit aujourd’hui plus que jamais comme un phénomène de fausse conscience. Les gens ont intériorisé l’idée qu’au fond, il n’y a pas d’autre société possible. Ils ressentent un profond malaise à vivre dans cette société, mais ils y vivent sous l’horizon de la fatalité. Les plus cultivés ont à l’esprit tout ce qui a pu être tenté dans le passé et qui n’a pas marché (ou qui a débouché sur le pire). Ils en déduisent qu’il n’y a rien à faire, sinon peser pour obtenir un peu d’amélioration à la marge. lls sont de ce fait tous devenus réformistes. Dans le meilleur des cas, les salariés participent d’un vaste « ras-l’bol » mal défini qui s’exprime dans le « vote protestataire », sans aller au-delà. Ajoutez à cela que nous ne sommes plus à l’époque des explosions, mais des implosions. A l’ère de la société hygiéniste, festive, aseptisée, ceux qui la sont en désaccord profond avec ce qui les environne ne cherchent plus à faire la révolution. Leur rébellion s’exprime plutôt dans le retrait : ils se retirent du jeu. Dans le meilleur des cas, ils se disent que la vraie vie est ailleurs et ils s’efforcent de se construire un « ailleurs » à leur mesure. Ce peut être l’aventure ou le cocon.
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franck
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Dim 11 Nov 2007 - 11:32

Simplicius a écrit:
Repêché aillleurs, un extrait de l'entretien pour cogiter uno pocco :

Leur rébellion s’exprime plutôt dans le retrait : ils se retirent du jeu. Dans le meilleur des cas, ils se disent que la vraie vie est ailleurs et ils s’efforcent de se construire un « ailleurs » à leur mesure. Ce peut être l’aventure ou le cocon.


Un peu comme le Waldgänger :
http://www.lerecoursauxforets.org/spip.php?article48
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MessageSujet: Re: La revue Rébellion   Lun 12 Nov 2007 - 10:49

Snake Plissken a écrit:
deux questions aux auteurs de la revue
-quelle forme prendrait votre communisme?
-qu'entendez-vous par "le devenir européen"?
parce que j'y sens un relent thundaarien, là scratch


Le journal Rébellion existe depuis cinq ans, il est né de la prise de conscience de la crise des diverses tendances en opposition avec le système.

Quand nous avons défini notre démarche comme socialiste révolutionnaire nous avions ajouté européen pour mettre en avant notre volonté de construire une "voie européenne" vers le socialisme (c'est-à-dire adaptée à l'état des sociétés européennes modernes). Pour nous le "devenir européen" n'est pas un délire racialiste, mais mettre en place une communauté de destin fondée sur des liens culturelles entre les diverses patries européennes. Cela n'impliquant pas la destruction des nations, mais leurs renaissance dans un cadre unitaire et socialiste.

Au sujet de notre Communiste, je me permets de te renvoyer aux textes déjà parus. Mais pour nous, cela serait un socialisme non totalitaire qui abolirait les valeurs de l'argent et du marché.
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Le père peinard
Tapette bobo du tertiaire
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