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Sociologie du forumeux

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Corto
Valet apatride du Grand Capital
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MessageSujet: Re: Sociologie du forumeux   Dim 15 Juin 2008 - 21:46

Nada, je suis d'accord avec vos analyses à propos de l'atomisation sociale.
En fait le défi pour moi et quelques autres se pose de considérer en quoi nous pouvons à juste titre nous inquiéter à propos de de la déliaison sociale à l'oeuvre aujourd'hui et de ses rapports avec un type d'économie dérégulée sans pour autant être du côté des nostalgiques du passé. C'est souvent ce que l'on entend dire.
Le problème n'est pas tant je crois de se prononcer pour ou contre un présent ou un passé qui seraient mieux adapté à l'homme, plus ou moins propice à son bonheur( la définition de ce dernier variant selon les époques) mais de nous demander quelles nouvelles problématiques fait surgir la situation actuelle. En effet, tout choix, qu'il soit personnel ou social, inconscient ou conscient, implique un renoncement. On ne peut pas être tout à la fois, tout avoir.
Il convient donc de nous poser les questions sur ce que certains auteurs appelllent en s'inquiétant à juste titre le déclin de la fonction paternelle. J'ai parlé de "fonction paternelle" et d'un constat d' évacuation du père dans les sociétés néolibérales occidentalisées : qu'une certaine forme d'autorité soit évacuée et qu'elle appartienne au passé parce qu'elle n'a plus de sens aujourd'hui, c'est une chose. Qu'il faille en conclure que la place du père soit elle-même à évacuer et que l'on puissse se passer de tout "tiers médiateur", voilà ce à quoi des auteurs comme Jean-Pierre Lebrun ou Dany-Robert Dufour nous invitent à réfléchir.
Tirer des sonnettes d'alarme ne veut pas dire que nous soyons nostalgiques du passé (vaste mot qu'il faudrait aussi nuancer) mais nous demander si le type de société vers lequel nous allons avec fatalisme ne met pas en cause des invariants de l'espèce humaine.
Je soulève juste la question en espérant que d'autres vont participer.
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Edgar
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MessageSujet: Re: Sociologie du forumeux   Mar 17 Juin 2008 - 12:59

A la lueur de quelques lectures et réflexions récentes, je me demande de plus en plus si plutôt que de déclin de la fonction paternelle, ou de « féminisation », il ne s’agit pas en réalité tout simplement de la négation de plus en plus marquée de l’idée de hiérarchie.
Qui incarne l’autorité dans le foyer ? Traditionnellement, le père. On peut discuter de la légitimité de cet état de fait mais il me semble que la subordination de l’ensemble du foyer au père est quelque chose d’omniprésent dans les sociétés humaines. (mais n’y voyons pas de la « domination » comme ce cher Bourdieu)
On peut aussi parler de « respect des anciens », il me semble qu’il y a là aussi quelque chose de récurent. Pour parler en terme guénoniens, les ancêtres seraient « l’autorité spirituelle » du foyer et le père serait le « pouvoir temporel », celui ci tirant sa légitimité du premier.

On peut donc tabler qu’un foyer bien organisé aurait à son sommet les grands parents, comme conseillers et guides. Le père assurerait à la fois la protection vis-à-vis de l’extérieur et le maintient du bon ordre au sein du foyer. La femme serait la pourvoyeuse d’affection, l’organisatrice, la tempérance. L’enfant, enfin, serait « soumis », en tant qu’adulte en devenir, à l’autorité de tous les autres, en suivant la hiérarchie indiquée. Il n’aurait en principe rien à dire sur rien au sein du foyer.

Que se passe-t-il en Occident depuis maintenant un bon moment ? D’abord,a été déniée la légitimité de l’autorité spirituelle. Puis on a considéré l’exercice du pouvoir comme une « domination » si il n’y avait pas de consultation « démocratique ». C’est plus ou moins le processus qui a conduit à l’avènement de la modernité selon Guénon. (j’ai simplifié à outrance, je m’en excuse)

N’est ce pas cela qui se reporte à présent au sein du foyer ?
Les ancêtres sont considérés au mieux avec pitié, au pire comme des boulets séniles. Ce qu’ils auraient à dire ne peut être que « réac ». Les seuls vieux qui font l’objet d’admiration sont ceux qui essaient de se comporter comme des jeunes.
Les pères autoritaires sont considérés comme des tyrans, illégitimement détenteur du « pouvoir » sur le foyer.

La démocratie propose l’exercice du pouvoir par le bas, pose comme base que chaque voie en vaut une autre. Et je pense qu’à l’heure actuelle, on en est venu à croire que plus une voix vient d’en bas, plus elle a de choses à dire.
On peut donc facilement transposer l’analyse guénonienne de la décadence occidentale au foyer occidental : il y a eu un inversement hiérarchique. C’est l’enfant qui a été placé au sommet, et l’ancêtre qui a été éjecté. Et l’autorité n’est plus exercée par le père, mais soit par personne, soit de façon désordonnée par n’importe qui, à la manière « démocratique »

Donc encore une fois, je crois que parler de féminisation est faux. C’est de disparition de la hiérarchie qu’il s’agit. De nivellement par le bas. D’uniformisation au plus petit dénominateur commun. Immaturité perpétuelle… Infantilisation.
Et, comme pour l’éducation, c’est un cercle vicieux. Des personnes élevées sans (re)pères seront probablement incapables d’en donner, et etc…

Disons pour résumer que ce que nous constatons au sein du foyer pourrait bien n’être en fait qu’une transposition de ce qui se passe à l’échelle de la société : plus d’autorité spirituelle, un pouvoir temporel illégitime et anarchique. Et en définitive, une prise de pouvoir par le bas.
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MessageSujet: Re: Sociologie du forumeux   Mar 17 Juin 2008 - 13:34

Tiens, je n'y avais jamais pensé de cette manière mais je trouve cette explication très bonne... Bravo
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MessageSujet: Re: Sociologie du forumeux   Mar 17 Juin 2008 - 14:31

Edgar a écrit:
Donc encore une fois, je crois que parler de féminisation est faux. C’est de disparition de la hiérarchie qu’il s’agit. De nivellement par le bas. D’uniformisation au plus petit dénominateur commun. Immaturité perpétuelle… Infantilisation.
Et, comme pour l’éducation, c’est un cercle vicieux. Des personnes élevées sans (re)pères seront probablement incapables d’en donner, et etc…

Disons pour résumer que ce que nous constatons au sein du foyer pourrait bien n’être en fait qu’une transposition de ce qui se passe à l’échelle de la société : plus d’autorité spirituelle, un pouvoir temporel illégitime et anarchique. Et en définitive, une prise de pouvoir par le bas.

Je crois en effet qu'on se rapproche d'une vision plus claire.
Une prise de pouvoir par la bassesse spirituelle, pas nécessairement par le "bas" au sens social, puisque l'autorité est toujours exercée par des classes dirigeantes, qui mettent en œuvre (grégairement, sans conscience, donc sans complot — pas besoin de complot). Le "haut" social, la couche décisonnaire, est animée de visions et de sentiments bas, son action est essentiellement abaissante, nivelante.
Plutôt que de parler de hiérarchie dans le domaine familial, je parlerais de rôles fonctionnels (pas nécessairement essentiels). Disparition des rôles fonctionnels dans la famille et dans la société, c'est déjà regrettable. J'ai autant de méfiance pour la notion d'autorité spirituelle que pour celle de pouvoir temporel. L'assignation de rôles spirituels n'est pas moins arbitraire que celle de rôles de pouvoir temporels, l'important est que les systèmes soient équilibrés en vue de l'épanouissement de chacun dans son cadre social et non indépendamment de lui, et pour cela il n'est pas particulièrement besoin de "spiritualité". On peut être parfaitement heureux dans une société laïque, du moment que les besoins humains fondamentaux sont pris en considération et les personnes respectées quel que soit leur niveau social. Je développerai plus tard car je manque de temps.
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Edgar
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MessageSujet: Re: Sociologie du forumeux   Mar 17 Juin 2008 - 15:38

Nada a écrit:


Je crois en effet qu'on se rapproche d'une vision plus claire.
Une prise de pouvoir par la bassesse spirituelle, pas nécessairement par le "bas" au sens social, puisque l'autorité est toujours exercée par des classes dirigeantes, qui mettent en œuvre (grégairement, sans conscience, donc sans complot — pas besoin de complot). Le "haut" social, la couche décisonnaire, est animée de visions et de sentiments bas, son action est essentiellement abaissante, nivelante.


Oui, c'est vrai que je me suis mal exprimé. C'est bien du "bas spirituel" dont il s'agit. En l'occurence, l'enfant et l'adolescent, qui ne savent encore rien et ont tout à apprendre. Comment pourraient-ils apprendre quoi que ce soit si ils n'ont pas le minimum d'humilité nécéssaire face à celles et ceux qui savent ?


Citation:
Plutôt que de parler de hiérarchie dans le domaine familial, je parlerais de rôles fonctionnels (pas nécessairement essentiels). Disparition des rôles fonctionnels dans la famille et dans la société, c'est déjà regrettable. J'ai autant de méfiance pour la notion d'autorité spirituelle que pour celle de pouvoir temporel. L'assignation de rôles spirituels n'est pas moins arbitraire que celle de rôles de pouvoir temporels, l'important est que les systèmes soient équilibrés en vue de l'épanouissement de chacun dans son cadre social et non indépendamment de lui, et pour cela il n'est pas particulièrement besoin de "spiritualité". On peut être parfaitement heureux dans une société laïque, du moment que les besoins humains fondamentaux sont pris en considération et les personnes respectées quel que soit leur niveau social. Je développerai plus tard car je manque de temps.


Oui, je veux bien que tu développes un peu plus (peut-être pas dans ce fil ?)
Pour les rôles fonctionnels, je te suis entièrement. Pour la hiérarchie, c'est une pente savoneuse. Je pense être d'accord avec ce que tu dis, parce que pour moi, l'apparente "domination" de l'homme a une contrepartie qu'on ne peut pas voir. Il y a peut-être une hiérarchie apparente (qui choque tant les féministes), mais finalement, je pense que c'est d'équilibre qu'il s'agit.

Pour la suite, en revanche... Est-ce qu'une telle société, laïque, sans principe supérieur, est possible ? (je pourrais même aller jusqu'à dire, souhaitable ?) Là encore, je vais me fier à Guénon: il n'y a visiblement qu'en Occident qu'une telle chose a existé et existe, et nous en vivons les conséquences aujourd'hui. Je ne dis pas qu'on ne peut pas être heureux à l'heure actuelle en occident. Au niveau individuel, c'est surement possible, mais à l'échelle de la société, c'est catastrophique. Enfin, j'attend que tu m'en dises plus avant de me lancer là dedans...
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ALM
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MessageSujet: Re: Sociologie du forumeux   Mar 17 Juin 2008 - 16:47

Une ou deux remarques s'imposent me semble t-il:

L'un des écueils majeurs de la modernité réside précisément dans sa volonté de distinguer le "fonctionnel" de l'"essentiel". En réalité, et quelque soit l'approche adoptée, une fonction dépend nécessairement d'une nature ou d'une essence (ici la terminologie est discutée depuis longtemps), ce qui fait que, lorsque l'on veut faire la part des choses, on retombe ipso-facto dans le "chaos social" décrit ici. Quant aux rapports "homme-femme", et si le patriarcat et le matriarcat ont bien co-existés, remarquez qu'à chaque fois la nature propre de chacun était valorisée...

La question du "bonheur" est chose bien relative il faut le dire. Quels sont les besoins fondamentaux en question? De quel respect, substanciel si je lis bien, parlons nous? A tous points de vue, il n'y a de bonheur que dans l'adéquation. On peut vivre heureux aujourd'hui de bien des manières, mais toutes ont pour objet la conformité avec un ordre, réel ou fantasmé. Tel homme sera en paix pour épouser fidèlement la dynamique actuelle, tel autre pour s'en écarter au profit de son propre système de valeurs... Là où certain disent que c'est dans cette liberté d'objet que réside la perfection d'une société, je fait partie de ceux qui affirme, avec St Augustin par exemple, que, l'asservissement étant co-extensif à notre nature, et que la liberté telle qu'on l'entend de nos jours est en réalité réaffirmation de celui-ci, qu'il n'y a de perfection et de "quiétude" que dans l'acceptation de la réalité, du cosmos , et non dans le simple épanouissement (pour reprendre le terme consacré) des fantasmes ou des lubies individuelles, qui entendent au final remplacer un ordre par un autre (si temps est que l'on puisse encore parler d'"ordre"...). Je ne crois pas nécessaire de devoir insister plus encore sur ce qu'il nous faut entendre par cosmos et conformité (cf notamment http://vraishommes.frbb.net/fosse-de-babel-f17/perspectives-traditionnelles-t3001.htm#63511 )

Sur la prépondérance de telle ou telle fonction, spirituelle ou temporelle, il n'y a donc point d'arbitraire. Si il faut bien connaître pour agir et si le monde dépend bien d'un Principe supérieur, la logique veut que la hiérarchie s'établisse, la encore, en conformité avec l'ordre "naturel", et non de manière illusoire; et force est de constater que l'ensemble des sociétés humaines ainsi fonctionnèrent jusqu'à l'avènement de l'humanisme libéral moderne...

Je suis donc pour le reste assez d'accord avec Edgar.
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Corto
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MessageSujet: Re: Sociologie du forumeux   Mer 18 Juin 2008 - 15:14

Bonjour Edgar,

votre réponse précise mes posts à ce sujet. Est-ce que la "féminisation" ne serait pas finalement une sous-partie d'un phénomène plus global d'effacement de la hiérarchie ?
Je parle de hiérarchie traditionnelle dont fait partie la fonction éducatrice, le fait d'instituer l'enfant en tant qu'être humain ( apprentissages nécessaires à la vie sociale ).

Pour le psychiatre Jean-Pierre Lebrun, cette hiérarchie a partie liée avec la capacité d'intégrer l'autre et donc avec la santé du lien social. C'est parce que je suis éduqué, parce que j'ai compris que tout n'est pas possible et que mon égo n'est pas la mesure de toutes choses que l'autre peut exister, que nous pouvons vivre ensemble. Dans "Les perversions ordinaire", Lebrun rend compte des changements majeurs intervenus dans nos sociétés et de leurs conséquences : refus du recours au tiers, illusion d'une nouvelle autonomie subjective, et même tentative de vivre "sans autrui".

L'autorité n'est pas le pouvoir. Elle demande d'abord que l'on abdique une partie de son pouvoir personnel. Elle a quelque chose à voir avec la responsabilité et le devoir envers les autres.

Nous sommes actuellement méfiants vis-à-vis des hiérarchies que nous confondons avec la domination. Ou plutôt nous n'envisageons la hiérarchie que sous l'angle de la domination et des abus possibles sans considérer d'autre part son côté structurant tant pour l'individu que pour la société.
Votre exemple concernant la famille est très bien choisi.
Vous décrivez bien ce qu'il est convenu d'apeler le culte de l'"enfant-roi" dans les sociétés occidentales actuellement. Les éducateurs, les parents, les professeurs, sont facilement soupçonnés d'être des abuseurs potentiels. Certaines familles pratiquent le conseil démocratique familial : les enfants y sont invités à prendre part à des décisions familiales qui étaient naguère le domaine des adultes. Des parents prennent leurs enfants comme confidents, et même pire si l'on en croit les témoignages du pédiatre Aldo Naouri dans sa pratique quotidienne....le pis est que lesdits parents ne pensent pas faire "mal" puisqu'il n'y a pas de violence ouverte, comme si la violence manifeste étaient seule à nuire au développement des enfants.
Les parents ne se posent plus comme parents de crainte de "tyranniser" les petits. Contrairement à ce que l'on a cru, cela ne rend pas service aux enfants qui se trouvent chargés d'une responsabilité d'adulte trop lourde pour eux (voter au "conseil de famille", se gouverner eux-mêmes sans avoir appris à le faire, comprendre des choses qu'ils ne peuvent comprendre, tirer de leur propre fond ce qui devait leur être transmis...). On assiste à une confusion des places, à une indifférenciation entre les générations. René Girard a montré que l'indifférenciation dans une société est propice à l'escalade de la violence par rivalité mimétique.

Dans le domaine éducatif, on traite de plus en plus l'enfant comme s'il avait dès le plus jeune âge les moyens de penser par lui-même. On privilégie l'expression de sa "spontanéité" et l'on réduit l'apprentissage autoritaire ou rébarbatif au minimum. Les adultes traitent avec l'enfant par "contrats".
Quel instituteur aujourd'hui fait encore apprendre par coeur ? Les heuires de français en primaire ont été réduites de moitié en une trentaine d'années ! On s'étonne ensuite que des gamins arrivent en sixième sans savoir écrire...
Dans un tel contexte on peut parler de séduction de l'enfant mais pas d'éducation. C'est ce qu'observe Aldo Naouri ("Eduquer ses enfants, une urgence aujourd'hui"). L'éducation, dit-il, implique une forme de frustration puisqu'il faut poser des interdits à l'enfant, l'aider à se construire et à intégrer la réalité, lui apprendre les règles de base de la vie en société ; cela ne donne pas aux parents le beau rôle dans un contexte de fun et d'éclate où chaque pub vous enjoint de ne plus "freiner vos envies" et vous rappelle que "tout est possible".

En tant que mère je peux témoigner de la culpabilisation permanente dont on fait l'objet (essentiellement de la part des femmes, ces "championnes" du sentiment) pour peu que l'on dise "non" et que l'on soit conséquent dans son éducation. Naouri dit d'ailleurs que la fonction maternelle est vivifiante à court terme et que la fonction paternelle l'est à long terme.

Je suis assez d'accord avec ce que dit Alm citant St Augustin. Il y a aujourd'hui une confusion permanente à propos de la signication du mot "liberté" : nous confondons "vivre nos envies sans entraves" avec "nous comporter en hommes libres".
Un homme libre selon la tradition classique est un homme qui ne se laisse pas gouverner par ses appétits, par ses passions. Il a été éduqué .Il a accepté le fait que son savoir, que son humanité, lui soient donnés par d'autres envers qui il a une dette symbolique. La liberté ne peut s'excercer que dans un cadre, elle ne saurait être synonyme d'absence de contraintes.

Le philosophe Dany-Robert Dufour montre dans "le Divin Marché" que les injonctions d'épanouissement personnel et d'émancipation de notre économie de marché représentent en fait de libération une nouvelle forme d'asservissement. La véritable religion est celle du marché qui a besoin de notre asservissement à nos pulsions. On peut donc dire qu'en rejettant les hiérachies ou l'orde symbolique, loin de nous libérer, nous fonçons vers un nouveau maitre, la logique marchande.
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